Il y a plusieurs façons de comprendre l’actualité.
La plus banale : Kim Jong-Un vend des armes à Poutine.
La plus journalistique : Kim Jong-Un sort de son isolement en rencontrant Poutine.
La plus tordue : Kim Jong-Un au secours de Xi Jinping.
La plus fine : Poutine est un con.
Le lecteur n’est pas obligé de suivre ce raisonnement jusqu’au bout.
Sur la première lecture, tout le monde est d’accord. Poutine manque de munitions pour arroser l’Ukraine. C’est embêtant pour lui d’apparaître un peu faible. Mais, après tout, tout le monde le sait et il est bien obligé de s’approvisionner quelque part.
Sur la seconde aussi. Jusqu’à présent, Kim Jong-Un n’a pour interlocuteur que l’Empereur de Chine. Ce n’est pas mal mais pas facile pour gagner un peu en autonomie. Kim n’est plus un ado. Il ne veut plus demander la permission à personne pour aller en boîte. Il veut montrer qu’il est un grand garçon.
Sur la troisième, il peut y avoir matière à discussion. Xi Jinping semblait n’avoir besoin de personne pour dire oui ou non à Poutine. Sauf que Xi voit loin. D’abord, il n’a jamais voulu prendre directement part au conflit ukrainien assurant son ami éternel de toute sa compassion et de tout son soutien tant que compassion et soutien sont compatibles avec ses propres affaires. Mais fâcher les Etats-Unis dans une période de tension économique, très peu pour lui. Il se réserve de le faire, mais à son heure et pour le sujet qu’il choisira. On sait sur quel sujet portera la revendication, mais on ne sait pas quand.
Alors oui, sans en faire son petit télégraphiste, il n’a pas interdit au petit Kim de faire sa première sortie publique, son bal des Debs… Il faut que jeunesse se passe et Poutine ne peut pas moufeter. Après tout, ça ne mange pas de pain !
Quant à la dernière lecture, elle peut paraître un peu abrupt au lecteur habitué à des chroniques un peu plus policées.
Et pourtant. Lorsque Poutine semble trouver la solution miracle, il se présente en pénitent comme Henri IV, Empereur du Saint Empire Romain-Germanique devant le Pape à Canossa. Sauf que le Pape n’est pas là. Il lui envoie juste un petit légat. Pas même un nonce.
Le Tsarillon obtiendra bien sûr quelques joujoux capables de faire bobo aux Nazis ukrainiens, mais non sans ouvrir aux Américains la possibilité d’en finir avec lui avec les bonnes vieilles armes traditionnelles. Plus de menace nucléaire. La Chine ne veut pas en entendre parler. Kim n’a que la permission de minuit.
Et Poutine passe pour un con.
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