Tous les articles par Claude Reichman

L’air de France peut nous sauver !

L’air de France peut nous sauver !

Qu’est-ce qu’un complotiste ? C’est quelqu’un qui n’est pas d’accord avec le gouvernement. C’est en tout cas ce que je crois avoir compris en entendant les voix officielles. Celles-ci laissent entendre que ceux qui s’opposent au pouvoir ne sont pas mus seulement par des idées opposées aux siennes, mais qu’ils sacrifient aussi à on ne sait quel culte méphitique né dans des marécages idéologiques qui rappellent « les heures les plus sombres de notre histoire ».

Aucun individu sensé ne peut croire à ces sornettes. Et pourtant tous ceux qui gravitent dans l’orbite officielle les répètent à l’envi. En fait, la connerie est devenue un cri de ralliement. Le ralliement d’une majorité d’Allemands au nazisme a longtemps été un mystère. Aujourd’hui on l’explique très bien. Les nazis se sont imposés par la violence et non par la conviction. C’est cette violence qui a convaincu les Allemands qu’il leur fallait devenir nazi. Si demain la violence s’impose en France, ceux qui la dirigent deviendront sans difficulté les maîtres du pays. Jusqu’à ce qu’une violence adverse les détruise.

Le pouvoir actuel en France n’a aucune assise démocratique. Il repose sur un président qui n’est là que pour se faire admirer et sur des élus – aujourd’hui minoritaires – dont on se demande de quelle catégorie sociale ils viennent. Bref, il s’agit d’un pouvoir artificiel, qui ne repose sur aucun socle solide. Ce qui ne l’empêche pas de revendiquer haut et fort une légitimité qu’il n’a pas.

Ce que les observateurs n’ont pas encore compris, c’est qu’une telle structure de pouvoir appelle inéluctablement la guerre civile. La première évidence est qu’un pouvoir aussi intolérant est incompatible avec la minorité politique. Les incidents de vote à l’Assemblée démontrent que le pouvoir use d’expédients éculés pour faire passer ses idées ou empêcher le vote de celles des autres. Le spectacle est délétère pour la démocratie.

La seconde évidence est que la coexistence d’une immense classe de fonctionnaires, qui a droit à tout, avec le reste du peuple français, qui n’a droit à rien, ne peut aboutir qu’à une immense révolte. Quant à la troisième évidence, elle nous dit sans fard que la haine que le peuple éprouve pour ses dirigeants ne peut conduire qu’à la destruction de ces derniers, y compris à leur destruction physique.

La seule interrogation qui demeure, est la date prévisible de ces évènements chaotiques. Elle dépendra d’une erreur supplémentaire du pouvoir, de cette fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase.

En ce moment, le pouvoir iranien subit une révolte de la jeunesse, le pouvoir chinois voit les travailleurs des usines se révolter contre la tyrannie sanitaire, le pouvoir russe affronte l’indignation des mères de famille qui ne veulent pas voir leurs fils mourir dans une guerre stupide et criminelle. Partout dans le monde, des peuples prennent la parole, et parfois les armes. Rien d’étonnant. Avec 8 milliards d’hommes sur terre, la planète sent la poudre !

Tout cela n’empêche pas l’incoyable Macron (oui, j’ai bien écrit « incoyable », puisque c’est ainsi que le mot se prononçait sous le Directoire et que notre président ne dépare pas dans la faune de l’époque) de faire ses cabrioles, ses mimines et ses hurlements sous la lune afin de séduire un peuple abasourdi par tant d’inconscience et qui se demande comme tout cela va se terminer.

Comment ? Nous le savons tous. Ca va chauffer. La seule façon d’éviter le chaos, c’est qu’émerge un individu en qui les Français se reconnaissent et qu’il ramène la sérénité par des propositions raisonnables et par une énergie que l’on ressente jusqu’au cœur de nos villes et de nos villages.

La France n’est pas un mystère. C’est un superbe et vieux pays que tout Français aime au plus profond de son cœur. Ses échecs nous désolent, mais ne tuent pas notre espérance. Parce qu’il en est ainsi de l’amour humain : c’est un sentiment à la force incomparable, qui ne disparaît pas avec les corps et qui, comme le dit cette magnifique chanson, « flotte dans l’air à la ronde ». Oui, l’air de France peut nous sauver. Il suffit de le respirer à pleins poumons !

Claude Reichman

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On ne sait vraiment pas où l’on va !

On ne sait vraiment pas où l’on va !

Un troupeau de moutons court vers un but inconnu. L’un d’eux interroge celui qui court à côté de lui. « Qui a donné l’ordre ? », lui demande-t-il. Et l’autre répond : « Quel ordre ? ».

Il s’agit évidemment d’un dessin humoristique. Nos deux moutons seraient français que cela ne nous étonnerait pas. Tant il est vrai que notre pays ne sait manifestement pas où il va. Certes nous avons un président de la République qui multiplie les discours. Nous avons aussi des hommes et des femmes politiques qui parlent à longueur de temps. Et les réseaux sociaux regorgent de déclarations péremptoires. Au bout du compte, on n’est pas plus avancé qu’au début.

L’homme préhistorique était un sacré bavard. Il parlait sans cesse. La raison était qu’il ne prenait pas le temps de réfléchir, et probablement qu’il n’en était guère capable. Il a fallu un million et demi d’années pour que la pensée grecque s’épanouisse. Depuis, l’humanité n’a pas fait beaucoup de progrès intellectuels, sauf bien sûr en matière scientifique au cours des deux derniers siècles, où ses avancées ont été fulgurantes.

La médecine a progressé de façon spectaculaire au cours du dernier demi-siècle. Mais si la science des médecins nous éblouit aujourd’hui, il n’en va pas de même de leurs discours. On a pu le constater au cours de la pandémie de covid 19. Les disputes académiques ont donné une triste image de l’art médical. Les hommes de l’art se sont disputés comme des chiffonniers sur le bon traitement de la maladie, alors que les bases du diagnostic et du traitement étaient évidentes. Et si l’on en était resté à la dispute ! Les politiciens s’en sont mêlés avec passion, comme si leur autorité était mise en jeu par l’administration d’hydroxychloroquine ou d’ivermectine ! La figure haute en couleur (et en savoir) du Pr Raoult a donné au tableau général les teintes éclatantes d’une dispute homérique.

Les chaînes d’information ont donné un spectacle navrant, où d’éminents médecins racontaient n’importe quoi, au mépris de toute logique, et se chamaillaient sans dignité, arbitrés par des journalistes dépassés par les évènements et qui finissaient par trancher les débats du haut de leur ignorance. Mais si les journalistes ont des excuses, n’étant pas omniscients, les professeurs de médecine n’en ont aucune, au moins quand ils parlent de leur discipline.

J’en suis arrivé à réclamer une réforme des études de médecine, où l’on inclurait la philosophie grecque, de façon à permettre aux futurs praticiens de raisonner à la façon d’Aristote.

Quand les élites d’un pays – et Dieu sait que les médecins constituent une élite – en sont arrivées à ne pas mieux se conduire qu’un marchand de frites, il est temps de réagir. Je m’aperçois d’ailleurs que je suis injuste avec les marchands de frites. Ceux qui nous régalaient au sortir de la faculté de médecine méritent toute notre gratitude. Ainsi va l’humanité. La solidarité des hommes est le maître mot. A condition de la laisser entre des mains sincères.

L’aventure humaine a quelque chose de stupéfiant. L’homme est capable de construire n’importe quoi et d’en faire un usage inattendu. Puis de le transformer à nouveau jusqu’à ce qu’il ressemble à un animal apocalyptique. Bref, à force d’inventer, l’homme finit par ne plus savoir où il va.

Mais l’objectif majeur de l’homme est d’aller aussi loin que possible en direction de l’horizon. Puis d’en dépasser la ligne. « Et ainsi de suite », disait Tchékhov. C’est ainsi que les hommes ont atteint le chiffre de 8 milliards et rien ne dit qu’ils s’arrêteront là.

Quant aux hommes qui vont devoir patienter jusqu’au moment de savoir s’ils seront encore plus nombreux, on leur souhaite bien du plaisir ! Il reste encore quelques disciples de Malthus. Mais l’Angleterre ne règne plus sur le monde et leurs propos se diluent dans la masse humaine. Il n’empêche que le problème est posé. Certains pays asiatiques semblent l’avoir résolu. Ils nous annoncent une forte réduction de leur population dans une cinquantaine d’années.

Que l’homme ne sache pas où il va, c’est une évidence. Que l’humanité n’ait pu, jusqu’à présent, faire émerger en son sein de véritables grands penseurs en est une autre. Ce n’est pas faire injure aux penseurs que vénère l’humanité que de leur donner finalement une note médiocre. Au fond, ils n’en savent pas plus que l’homme moyen. Peut-être faudrait-il chercher dans les rangs des humoristes. Leur art de cibler tel trait de caractère ou de comportement nous en dit beaucoup plus sur la nature humaine que les écrits de tel philosophe.

Qu’on me permette de terminer sur un propos de Louis de Funès. Interrogé sur ce qu’il aimerait jouer, alors qu’il a atteint la célébrité, il a répondu que ce qu’il aimerait tourner, ce sont des scènes comme dans « Les belles bacchantes », où il joue un policier et imite les cris du poulet. Bien entendu, De Funès a compris depuis toujours que la dérision et l’absurde nous renseignent sur la condition humaine mieux que de savantes études. Au fond, ce qui nous manque le plus dans les temps de crise, ce sont des acteurs capables de ramener les évènements à leur aspect comique et donc de nous les faire craindre moins. Autrement dit, de nous donner du courage !

Claude Reichman

 

 

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Qui est la jeune fille au tambour ?

Qui est la jeune fille au tambour ?

En fait, il vaudrait mieux dire, si l’on veut être fidèle à l’image, la jeune fille à la grosse caisse. Mais cela fait un titre moins joli.

Tout est parti d’un article du Figaro, le 10 novembre dernier. « Bridé par les écolos, Bridor délocalise un projet d’usine ». Signé par Mathilde Visseyrias, l’article raconte que la société Bridor, présidée par le breton Louis Le Duff, veut créer une usine de boulangerie industrielle à Liffré, en Ille-et-Vilaine. Très implantée en Bretagne, Bridor est un leader mondial de la boulangerie. Mathilde Visseyrias résume ainsi le projet : « Le projet coche toutes les cases : réindustrialisation de la France, création d’emplois et exportation d’un savoir faire français. Las. Malgré la promesse de 500 créations de postes et 250 millions d’euros d’investissement, il est menacé. » Louis Le Duff est consterné : « Face à des opposants au projet, je ne peux encore attendre dix ans sans rien faire.

Samedi dernier une manifestation a réuni 500 personnes à Liffré. La présidente du groupe écologiste à la région Bretagne explique que « le problème essentiel est la consommation d’eau de  l’usine, alors que la ressource est rare en Bretagne. Nous reprochons également au projet l’artificialisation des sols et la destruction de terres agricoles. Il y a aussi une zone naturelle à préserver. » Pourtant, après trois ans de procédures administratives, Bridor a obtenu l’autorisation environnementale du préfet, et la commune a délivré le permis de construire, indique Le Figaro.

Nous voilà donc en plein cœur du mal français. Ne pouvant se développer en France, Bridor, qui possède une dizaine de sites dans le monde, faute de pouvoir créer une usine à Liffré, va le faire en Allemagne ou au Portugal. La photo qui illustre l’article du Figaro montre une petite foule de manifestants portant une pancarte « Bridor dehors », ainsi que des participants jouant de la trompette et du tambour et une jeune femme blonde, joyeuse et décidée qui frappe sur une grosse caisse.

J’ai grande envie d’interroger la jeune fille à la grosse caisse. Qu’attend-elle de la vie ? Espère-t-elle un emploi ? Dans quel domaine ? A-t-elle des parents à la retraite ou près de la prendre ? Oui, j’ai très envie qu’elle parle, pour que nous comprenions mieux encore le désastre français.

Je n’ai évidemment pas de conseils à donner à l’excellente Mathilde Visseyrias, mais ce serait bien qu’elle retrouve cette jeune fille et la fasse parler.

Parce qu’à un moment ou à un autre, il va falloir crever l’abcès français, si l’on veut que notre pays survive. Jusqu’à présent, nos gouvernants n’ont rien fait d’autre que des discours. L’actuel président de la République excelle dans le genre. Il y est si bon, que plus personne ne l’écoute. On se contente de la musique des mots. Mais s’agit-il encore de politique ?

L’éducation du genre humain se fait surtout par l’exemple. Bien entendu, il y a depuis vingt-cinq siècles au moins des enseignants de métier qui doivent en principe faire mieux que les bénévoles que sont les parents. Ceux qui y sont le mieux parvenu sont les instituteurs français de la troisième République, qui menaient leurs ouailles au certificat d’études. Après, les choses se sont gâchées. L’enseignement ne fut plus un sacerdoce, mais un boulot comme un autre, avec pas mal de vacances. Les parents les mieux placés ont parfaitement su pallier les insuffisances de l’éducation nationale. Mais ils l’ont fait pour leurs enfants. Les enfants des autres ont été livrés au hasard d’un bon maître et à la déréliction de tous les autres enseignants.

Et puis la catastrophe finale est arrivée avec la main mise des gauchistes sur les canaux de communication. Même si les grands médias sont la propriété d’industriels ayant une saine conception de l’économie, ceux-ci en ont laissé la direction à des journalistes sommés de ne pas provoquer de troubles dans l’opinion et donc de donner mieux qu’une tribune, un monopole, à tous les braillards de gauche que n’a pas manqué de produire une société où la quête de subvention est le sport roi.

Ainsi les idées de gauche les plus saugrenues règnent dans les médias et produisent des générations de pauvres jeunes gens habitués à vivre dans la stupidité et dressés à militer pour elle.

Tout cela, nous sommes nombreux à le savoir. Mais pas assez nombreux pour en persuader le pays. C’est pourquoi il serait très utile d’interroger la jeune fille au tambour, en espérant que ses drôles d’idées provoqueront dans l’opinion un choc salutaire.

Claude Reichmann

PS Henri Dumas

Je me permets Claude de rajouter, sous ma responsabilité, la photo publique du Figaro. Je le fais par ce PS, les commentaires ne peuvent pas recevoir de photo.

J’avais tant envie de la voir en lisant le billet… Amicalement. H. Dumas

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Les fanatiques sont aux portes du pouvoir !

Les fanatiques sont aux portes du pouvoir !

« Qui eût cru que la tolérance même aurait ses fanatiques ? » Cette remarque désabusée est de Malesherbes, qui eut le courage d’être l’avocat de Louis XVI, avant de finir lui aussi sur l’échafaud. La France était alors sous le régime de la Terreur, un des épisodes les plus honteux de la vie nationale. Même si certains en font porter la responsabilité aux fautes de la monarchie.

Quelques années plus tard, Fouché, le ministre de la police de Napoléon, émit cette pensée ô combien précieuse, un véritable sésame : « N’attaquez pas les sots. En période de crise, ils sont tout puissants. »

Quiconque a vu à la télévision l’épisode du député de couleur de la France insoumise face à une interjection émanant d’un député du Rassemblement national et visant on ne sait qui, aura pu contempler un spectacle de haine pure sur les bancs des mélenchoniens. Bouches tordues, regards injectés, postures menaçantes, tout y était. Et le plus étonnant était que les haineux faisaient semblant de croire à un propos raciste du député adverse, mais ne faisaient pas semblant du tout d’exprimer de la haine. Formidable leçon de choses, formidable leçon de paléoanthropologie. Les spécialistes de cctte dernière discipline se sont demandés si le lynchage en bande existe chez nos plus proches parents, les chimpanzés. La réponse est oui. Nos liens de parenté sont là et bien là. Et l’espèce a ses lois, que nul ne peut nier.

Le fanatisme a du mal à survivre à l’effacement des religions. Alors il s’en crée d’autres. L’écologie est l’une d’elles. « Sauver la planète » est devenu une bondieuserie que l’on place à tout propos dans une conversation pour montrer qu’on est du bon côté de la croyance. L’antiracisme occupe aussi une belle place dans le nouveau panthéon. Il permet d’aimer son prochain en paroles et de s’en dispenser dans les faits. Jean-Jacques Rousseau l’avait dit : « Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins. »

Toute idée est bonne qui permet à l’homme d’exprimer le fanatisme inhérent à sa constitution psychique. Même le football, qui n’est pas une idée mais une occasion de se réunir en foule et d’oublier sa propre personne pour se fondre dans la masse et agir en toute impunité. La politique offre d’aussi belles occasions, comme toute réunion. D’ailleurs le code pénal lui-même utilise l’expression pour qualifier un délit commis « en réunion ».

La foule, comme l’a admirablement expliqué Gustave Le Bon, n’est pas l’addition de ses constituants individuels, mais un être nouveau qui a ses caractéristiques propres. Et c’est ce qui rend si difficile le combat contre le fanatisme, car l’homme est habitué à se battre contre des individus, mais pas contre un élément de foule, fût-il même isolé de celle-ci mais lui appartenant par tous les pores de sa peau.

La guerre est une des plaies de l’humanité. Même quand on la croit disparue, elle ressurgit, comme on le voit en ce moment en Ukraine. Son déclenchement est typiquement un phénomène de foule, même si la responsabilité d’un seul, le chef suprême, peut être mise en cause. Pendant les périodes de paix, les belliqueux ne cessent jamais de s’agiter. Jusqu’à mettre en péril la domination du chef et le pousser à un conflit qu’il ne souhaite pas. Un belliqueux est un individu doté d’un tempérament agressif et qui cherche à celui-ci une occasion de s’exprimer. Le rôle d’un Etat digne de ce nom est de contenir l’agressivité des belliqueux afin de ne pas avoir à déclencher une guerre à tout propos. Mais quand l’Etat est faible, tout devient possible.

La France vit actuellement une de ces périodes à haut risque. La situation économique est à elle seule un facteur de conflit, puisque la moitié du corps électoral est en déshérence, ne parvenant plus à joindre les deux bouts, ses fins de mois commençant le premier. La révolte des gilets jaunes aurait dû pousser le pouvoir à l’action. Elle ne l’a poussé qu’aux discours.

L’arrivée de députés de la France insoumise à l’assemblée nationale est un signe de plus de la déstabilisation du pays. Les solutions qu’ils préconisent ne peuvent qu’aggraver la crise, mais ils n’en ont cure, leur véritable but étant la destruction de la société afin de lui substituer une société idéale à leurs yeux, mais qui a le tort de n’avoir jamais pu réunir des êtres humains.

En période de crise, Fouché avait raison, les sots sont tout puissants. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille renoncer à l’intelligence, qui est quand même le plus bel attribut de l’homme. Le meilleur espoir qu’on puisse nourrir en France est que se constitue autour de quelques personnalités de valeur un groupe actif qui ne se contente pas d’analyser la situation, mais prenne des initiatives de terrain. Car c’est sur le terrain que se gagnent ou se perdent les conflits. Alors, comme le disaient nos gardes champêtres, avis à la population !

Claude Reichman

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Au secours, on se noie !

Au secours, on se noie !

On a rarement vu un peuple se noyer comme le peuple français aujourd’hui. Le pire est que personne ne se jette à l’eau pour le sauver. Il est vrai qu’il s’agit d’un sauvetage à haut risque et qu’il y faut un sauveteur aussi costaud que bon nageur. Pas facile à trouver par les temps qui courent !

Je n’ai pas du tout le culte de l’homme providentiel. Mais quand même un type solide serait le bienvenu. Car il faut être solide intellectuellement et mentalement pour affronter l’océan de stupidités qui submerge la France. S’il faut absolument se référer à quelqu’un, je dirai que c’est vers un Pompidou qu’il faut aller. Je veux dire quelqu’un qui allie la culture, le bon sens et la détermination. Pompidou est hélas mort, mais il ne manque pas dans notre pays d’hommes de sa trempe. Et quand je dis homme, je dis aussi femme.

Point n’est besoin d’élaborer un programme complet de gouvernement. Il faut avant tout, en bon médecin, identifier le mal dont souffre le patient et prescrire un traitement. J’y vais de mon diagnostic : la France souffre d’une grave insuffisance de liberté. A chaque fois qu’un problème se présente à elle, c’est l’Etat qu’elle charge de le résoudre. Ou plus exactement, ce sont les hommes de l’Etat qui se présentent en blouse blanche et, se prétendant docteurs, prennent en main son traitement. Lequel échoue à chaque fois, car on n’a jamais vu un médecin imaginaire guérir un vrai malade.

Or la bonne thérapeutique, c’est de faire confiance aux qualités naturelles du patient et de ne rien faire qui nuisent à sa mise en œuvre. Les Français sont un peuple intelligent et courageux. Plein « d’infinie- ressource- et- sagacité ». L’expression est de Rudyard Kipling, qui ne parlait pas de la France, mais il ne faut pas trop demander à un Anglais. Il n’empêche que la formule qualifie bien notre peuple. Alors c’est à lui qu’il faut faire confiance.

Tant que la France sera enserrée dans les liens enchevêtrés que les années ont noués sur elle, rien ne sera possible. Mais comment faire disparaître les milliers d’administrations, de hautes autorités, de comités Théodule et autres entités indéfinies chargées de missions de service public qui se sont entassées sur le corps souffrant de la nation au fil des décennies ? Le seul moyen est de les priver de ressources. Mais qui, alors, se chargera de leurs missions ? se demandera l’honnête homme qui n’a jamais rien connu d’autre que cet embrouillamini inutile et nuisible. La réponse est simple : personne. Car on n’a pas besoin de ce que ces organismes font. Et si telle ou telle de leurs activités a un intérêt, laissons les citoyens s’en charger.

Le pays soutiendra d’autant plus cette politique que les contribuables bénéficieront de l’argent ainsi épargné. Il s’enclenchera un cycle vertueux ou économies et responsabilité s’allieront dans un élan joyeux. Celui dont l’absence fait du plus gai des peuples un morne troupeau.

Qu’on ne s’y trompe pas. La liberté n’est pas un don du ciel. Elle se conquiert et se défend. Le besoin de liberté est patent en France. Chaque semaine, des cortèges s’ébranlent qui la revendiquent et qui ne se lassent pas de manifester. Malheureusement, beaucoup de ces rassemblements se font au nom de protestations douteuses.

Revendiquer la liberté et dans la phase suivante traiter notre plus ancien allié d’assassin est un slogan qui s’autodétruit. L’Amérique est obligée de mener le monde pour protéger l’Occident, qui est le plus grand espace de civilisation que le monde ait connu. Nous n’avons évidemment pas à nous laisser mener par le bout du nez, ni à cautionner toute initiative de notre allié. Mais n’oublions jamais qu’il y a une grande différence entre un allié et une puissance qui ne vous a jamais défendu.

Et c’est là qu’intervient l’homme qu’il nous faut. C’est à lui, et à ses larges épaules qu’il appartient de tracer la voie juste et de la défendre. La persuasion doit suffire. Et rien de mieux pour persuader qu’un argumentaire que le peuple comprend. Ronald Reagan a abattu le communisme non seulement par la force dissuasive de son armée, la première du monde, de ses fusées et de ses bombes, mais aussi par ses bonnes histoires qu’il aimait raconter dans ses causeries radiophoniques, comme à des amis devant un bon feu de bois. Depuis que l’homme est homme, il a raconté des histoires. Ce sont elles qui ont fini par créer la civilisation.

Alors il faut qu’on nous raconte des histoires de liberté. Pour nous défendre de l’oppression et pour la vaincre. Dans l’histoire de Kipling que j’ai évoquée, c’est l’alliance d’un petit poisson et d’un naufragé qui vainc la voracité de la baleine. Tout lecteur qui y voit un symbole aura mille fois raison.

Claude Reichman

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« La tête entière est malade, et tout le cœur souffrant ! »

« La tête entière est malade, et tout le cœur souffrant ! »

« Tout se paye un jour », dit un proverbe qui semble bien oublié. Oublié en tout cas de ceux qui nous gouvernent. L’horrible drame de la mort de Lola est venu nous rappeler les règles éternelles de l’équilibre des sociétés humaines.

De la horde originelle aux sociétés contemporaines, le progrès a été mince. Nous sommes toujours en proie à des pulsions collectives conduisant parfois à des guerres et des massacres, et parfois seulement à des crimes individuels. Mais la mince couche de morale que certaines religions ont apposée sur l’homme résiste toujours aussi mal à ses instincts primaires.

Dans le monde fini et totalement médiatisé qui est le nôtre, sont apparus des inconnus qui donnent le ton à la société et qu’on appelle des influenceurs. Leur domaine est celui des réseaux sociaux, car ils n’ont pas pignon sur rue dans les grands médias. La simple existence de ces nouveaux leaders pose un problème existentiel à la démocratie.

Traditionnellement, la démocratie a pour base constitutive la désignation de représentants du peuple. Celle-ci passe par l’élection. Mais à partir du moment où l’élection se voit concurrencée par de nouveaux procédés, la démocratie chancelle, faute de légitimité.

La France vit un de ces moments où le destin hésite. Toutes les prédictions sont fragiles, et le pessimisme semble gagner de jour en jour de nouvelles couches de la population. Tant il est vrai qu’à défaut de tout comprendre, faute d’informations le plus souvent, le peuple sait parfaitement se faire son opinion et ne tient plus le moindre compte des docteurs de l’opinion qu’on entend à longueur de temps dans les médias et qui illustrent à merveille l’immortelle formule de Raymond Devos : «  On m’a demandé de faire un discours, mais je tiens à vous indiquer que je vais parler pour ne rien dire. »

Personne aujourd’hui ne peut revendiquer le rôle d’influenceur du peuple. Tous ceux qui s’égosillent en espérant obtenir la faveur du pays et donc le pouvoir le font en pure perte. Certes le hasard d’une élection peut leur faire obtenir la fonction suprême, mais ils ne pourront rien en faire. On peut être élu par défaut, mais on ne gouverne pas par défaut. Le meilleur exemple de cette dichotomie est Emmanuel Macron.

L’actuel président de la République souffre d’un mal congénital à sa première élection. Sans un coup d’Etat judiciaire, il ne pouvait être élu. Il a porté les stigmates de ce viol de la démocratie pendant tout son premier quinquennat, et sa réélection mal acquise ne l’a pas guéri d’un mal qu’il portera jusqu’à la fin de ses jours. Car on ne guérit pas d’avoir trahi la confiance du peuple.

Tous les efforts de M. Macron visant à lui assurer au moins un semblant de confiance sombrent dans son intarissable logorrhée. Il avait formulé, au début, l’idée qu’un président devait être jupitérien, c’est-à-dire parler le moins possible pour que chacun de ses mots soit attendu comme la manne dans le désert. Cette idée n’a pas tenu quelques heures. Et depuis, il parle, parle, parle.

Les Français ont un président qu’ils ne respectent pas. Et aucun de ses rivaux ne bénéficie non plus d’un vrai crédit. C’est pour cela que notre société vacille. Tous les problèmes ne sont pas créés par les politiciens, mais il appartient à ces derniers de les résoudre. Ou à tout le moins d’essayer, avec l’appui du peuple. Malheureusement, tout ce qu’a fait M. Macron a été d’user d’artifices pour séduire le peuple ou pour désarmer sa colère.

On n’a pas suffisamment mesuré à cet égard l’erreur tragique qu’a été la lutte contre la pandémie du Covid 19. L’erreur, la grave faute du président de la République, a été de faire du traitement de cette infection un enjeu de pouvoir. Tous les suppôts de l’Etat se sont voués à dénigrer le traitement du Pr Raoult, voire à l’interdire, alors même que tout médecin de bon sens pouvait juger ce traitement judicieusement construit et appliqué dans le respect du serment d’Hippocrate. Aujourd’hui encore, des médecins sont traînés devant le Conseil de l’Ordre pour avoir soigné, en leur âme et conscience, des malades du Covid. Mais des procès commencent qui verront les accusateurs accusés à leur tour devant la justice, et notamment les responsables gouvernementaux.

Une important partie de la population a refusé et refuse encore la vaccination contre le Covid, la jugeant inappropriée, voire dangereuse. Les révélations récentes semblent leur donner raison. Si cela s’avère devant les juges, ce n’est pas d’une sanction qu’il s’agira, mais d’un séisme.

La confiance du peuple est le bien le plus précieux de la démocratie. Sa défiance ouvre la voie à toutes les aventures, à tous les débordements, à tous les drames. « Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé de fautes, à la race des malfaiteurs, aux fils corrompus. La tête entière est malade, et tout le cœur souffrant. » Quand on gouverne, il n’est pas inutile de méditer le jugement du prophète Esaïe !

Claude Reichman

 

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La France face à 100 000 gendarmes !

La France face à 100 000 gendarmes !

J’ai vu défiler sous la pluie, hier, les internes en médecine. Un troupeau mouillé et malheureux. On traite ces jeunes gens d’élite comme des valets taillables et corvéables à merci. Les énarques du ministère, qui n’ont pas le tiers des années d’études des internes, ont eu l’idée d’imposer aux jeunes médecins une année d’internat de plus et de les affecter ainsi dans ce qu’il est convenu d’appeler les déserts médicaux.

Le régime politique français a pour principale caractéristique l’irresponsabilité des politiciens, et singulièrement des gouvernants. La figure emblématique de cette caste est Georgina Dufoix. Mise en cause en 1991, en tant que ministre des affaires sociales, dans l’affaire du sang contaminé, elle se déclare « responsable mais pas coupable ». Elle a fait école depuis. Tous ceux qui gouvernent la France le font sous cette égide.

Rien n’est plus grave pour la démocratie que la fuite des gouvernants face à leur responsabilité. Refuser d’assortir celle-ci de la culpabilité en cas de faute, c’est ôter tout son sens à la notion de responsabilité. Et c’est bien le vœu profond de la classe politique française, constituée d’individus qui ont fait de la politique un métier et non plus une mission.

Aucun des problèmes qui se posent aujourd’hui à la France n’est imputable à d’autres qu’aux politiciens français. Ce sont leur choix, leurs actions et leur inaction qu’on retrouve à chaque détour de notre vie collective. Le climat de profond mécontentement et de révolte qui règne en ce moment en France est le résultat de plusieurs décennies de mauvaise gouvernance. Il ne s’apaisera pas tant que des élus dignes de considération et efficients n’auront pas pris les rênes du pays.

La première condition au redressement de la France est l’analyse lucide de ses problèmes. Pour le moment, ce n’est pas la voie choisie. On cherche plutôt des boucs émissaires, selon la tradition multiséculaire de l’humanité. Le bouc émissaire a pour caractéristique d’être innocent. Si tel n’était pas le cas, il ne serait qu’un coupable ordinaire, dont la société se débarrasse selon les moyens du temps. Si le bouc émissaire remplit son office, les victimes oublieront leurs souffrances et leur ressentiment. Sinon …

Sinon, c’est la révolte et parfois, beaucoup plus grave, la révolution. Aujourd’hui, en France, les conditions de la révolte sont réunies. Tout le pays est mécontent. Si le peuple se met à défiler, il faudra des changements. Mais s’il s’empare de préfectures et de ministères, ce sera la révolution. Face à elle 100 000 gendarmes et 14 000 CRS. C’est tout. C’est beaucoup face à une émeute. C’est peu, pire ce n’est rien face à des émeutes dans tout le pays.

Le tableau est dressé. Reste à savoir ce que fera la pouvoir. La probabilité est qu’il prendra la fuite. Car face au nombre, on est impuissant. Verra-t-on alors surgir un homme providentiel ? Forcément. Car quand on n’en a pas, on en invente un. Et s’il n’est pas bon, un autre peut prendre la place. Jusqu’à ce que s’installe la  chienlit.

Les politiciens ne peuvent plus grand-chose dans une telle situation. Seuls les médias peuvent conduire à une solution. A condition qu’ils fassent honnêtement leur travail. Vu ce qu’ils font actuellement, on peut être pessimiste. Quant aux réseaux sociaux, ils sont la grande déception de la révolution technologique qui leur a donné naissance. A quelques rares exceptions près, ils ne charrient que des torrents de haine et de déraison.

Tocqueville a dit : «  Ce qui met en danger la société, ce n’est pas la corruption de quelques-uns, c’est le relâchement de tous. » Il n’y a qu’une explication possible au relâchement de tous en France : l’Etat providence. L’abroger est une nécessité vitale pour notre pays. Le faire est d’autant plus nécessaire que l’Etat providence n’est en rien une nécessité pour la France du 21e siècle. L’assurance maladie n’est qu’une assurance banale, qui peut s’obtenir au meilleur coût si on la contracte jeune, l’assurance vieillesse doit surtout se défier de la répartition, qui est le meilleur chemin de la faillite, et ne peut garantir une retraite qu’à la suite d’une capitalisation diversifiée. Quant aux autres subventions à l’inactivité, elles peuvent facilement faire le tri entre les victimes de la vie et les paresseux.

On a presque envie de crier : « Mais enfin, chers compatriotes, un peu de bon sens, un peu de considération pour votre patrie et pour vos concitoyens ! » Mais ce serait crier dans le désert. Si l’on veut être entendu, il faut d’abord agir. Et parmi les actions à privilégier, il y a surtout celles qui vous libèrent. Des abus de l’Etat et des liens qu’ont jetés sur vous ceux qui ne voient de sens à la vie que dans l’asservissement du plus grand nombre au profit d’une caste de voleurs. Il n’y faut qu’un peu de courage. Je suis certain que l’avez !

Claude Reichman

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Le camp de la liberté doit s’unir !

Le camp de la liberté doit s’unir !

J’ai été militaire à l’époque où l’armée française se repliait d’Afrique du Nord. Nous avions noté que lorsque des travaux étaient engagés sur une de nos bases, c’était le signe qu’elle allait être bientôt évacuée. Les chefs militaires n’étaient évidemment pas idiots. Ils obéissaient aux ordres. Et ceux-ci étaient incohérents parce que le pouvoir politique ne maîtrisait pas la situation.

Ces réflexions me viennent quand je vois la police se révolter contre une réforme dont elle ne voit pas les bienfaits et dont elle craint qu’elle désorganise ce qui marche encore à peu près bien.

De quoi s’agit-il ? L’insécurité est devenue un problème brûlant en France. Le ministère de l’Intérieur est donc logiquement mis en cause par l’opinion et il réagit comme toute administration contestée : il fait une réforme. Soyons objectifs. Une réforme est parfois réussie. Encore faut-il qu’elle soit conduite par des responsables compétents et surtout assurés du soutien de la majorité politique et de l’opinion publique. Tel n’est pas le cas aujourd’hui. Les auteurs de la réforme ne sont pas incompétents, mais il n’y a pas de majorité politique et le pays gronde face à l’insécurité qui s’étend partout.

La réforme Darmanin vise à donner plus d’efficacité à la police en la mettant sous les ordres du préfet du département, chargé de centraliser le commandement et d’affecter les hommes aux missions les plus urgentes. A quoi les officiers de la police judiciaire, soutenus par nombre de procureurs et même d’avocats, rétorquent que le banditisme se rit des limites départementales et nécessite souvent des enquêtes longues et difficiles qui demandent de la détermination et de la patience aux policiers. Ils sont donc vent debout contre cette réforme et manifestent publiquement leur hostilité.

Bien entendu, à la conduite de Grenoble subie, à Marseille, par le directeur de la police nationale succède logiquement un acte d’autorité, le limogeage du patron de la PJ locale. Décidément, ils n’ont pas de chance dans le sud : après Raoult, le pouvoir a trouvé sur place une autre tête de turc.

Cet évènement est un signe de plus de l’affaiblissement du pouvoir en France et l’annonce de sa chute prochaine. Les gazettes nous disent que Macron songe à se présenter à nouveau quand il en aura le droit, c’est-à-dire après le mandat de son successeur. Vraiment, le pouvoir rend fou. Ce garçon n’a toujours pas compris qu’il n’a pas les qualités d’un président de la République.

La Ve République souffre d’un mal congénital. Elle a confié le pouvoir à la haute administration et celle-ci a pratiquement tout raté au long de ses soixante années de règne. Le plus grave est qu’elle a laissé la protection sociale étouffer l’économie du pays, produisant déficits, chômage et démoralisation. Aujourd’hui, la France a besoin d’un sursaut salvateur et elle ne voit pas à qui elle pourrait en confier la responsabilité.

J’ai la conviction que le salut ne peut venir que du peuple. A condition qu’on lui rende la conduite de ses destinées. La première condition est de lui laisser la liberté de ses choix de vie. Un Français est parfaitement capable d’assurer personnellement sa protection sociale, qu’il s’agisse de la maladie ou de la retraite. Il est tout aussi capable d’exprimer son opinion, à condition que les chaînes de radio et de  télévision ne donnent pas à quelques invités permanents et peu représentatifs le pouvoir de s’exprimer à sa place. Il sait enfin faire des choix importants, à condition que l’institution du référendum ne dorme pas dans les arcanes de la Constitution.

En définitive, ce qui manque le plus aux Français, c’est la liberté. Celle-ci n’est pas qu’un prétexte à défiler dans les rues. C’est un état d’esprit. Qui ne peut s’établir qu’à la suite de mesures concrètes qui forgent l’âme et les conduites. Il n’est pas acceptable que ceux qui s’expriment dans les tribunes des médias n’abordent jamais les vrais sujets. Certes, les rédactions veillent à les leur interdire (je peux en témoigner), mais pourquoi ne protestent-ils pas ? On le sait bien : parce qu’ils espèrent que la prochaine fois on passera leur article. L’espoir, dit-on, fait vivre. Dans ce cas, il fait aussi mourir.

Lorsque surgit une épreuve, la vraie nature d’un régime politique se révèle. Le Covid n’a toujours pas disparu. En Chine, quand un cas est détecté dans un établissement, les personnes présentes n’ont qu’une hâte : décamper le plus vite possible pour échapper au confinement autoritaire. La Chine est bien une dictature. En France, de lourdes menaces planent sur nos libertés. Le Covid rôde encore et l’électricité risque de manquer. Chaque jour nous apporte l’annonce d’un projet étatique de mesures contraignantes. La France est en train de devenir une dictature.

A un parlementaire qui se félicitait, sur Twitter, qu’une mesure autoritaire ait finalement été repoussée, j’ai écrit : « Non, la liberté n’est pas sauvée. Ils recommenceront encore et encore, tant qu’ils ne seront pas chassés du pouvoir. Le camp de la liberté doit s’unir ! ». Mon message a été massivement approuvé. C’est sans doute parce qu’il disait vrai !

Claude Reichman

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La retraite par répartition est morte !

La retraite par répartition est morte !

La notion de retraite est née au 19e siècle quand les paysans sont partis en masse vers la ville pour être employés par l’industrie naissante. Jusqu’alors, on arrêtait de travailler aux champs quand on n’en était plus physiquement capable et on restait à la ferme, en famille, rendant les services qu’on pouvait. En ville la vieillesse était synonyme d’abandon. De ce fait le besoin d’une assistance, sous la forme d’une pension, devenait une revendication évidente pour les syndicats et ils sont parvenus à l’obtenir des employeurs.

Mais aujourd’hui ? Certes, il n’y a plus beaucoup d’agriculteurs et ceux qui restent ne sont plus le vivier des travailleurs de la ville. Ces derniers ne sont plus exclusivement des travailleurs des usines, mais des employés de bureau. Ils ne doivent pas compter plus qu’avant pour leur vieillesse sur l’assistance familiale, mais leur vie est plus longue et moins dure et ils ont le temps de prévoir ce que seront leurs moyens d’existence à la retraite.

Le monde moderne bénéficie d’une des plus grandes conquêtes de l’humanité : les intérêts composés. Placer de l’argent rapporte d’autant plus que les intérêts, s’ajoutant chaque année aux sommes précédemment épargnées, produisent un cycle vertueux qui culmine au terme des quarante années habituelles d’activité en un capital conséquent qui produit lui-même des intérêts annuels pouvant constituer une pension appréciable.

Bien entendu, ce n’est pas le seul moyen pour un actif de se constituer une retraite. Il peut, s’il a créé une entreprise, la vendre le moment venu, ou avoir placé de l’argent dans divers investissements immobiliers ou commerciaux. Bref, la retraite est restée un problème, mais il existe d’excellents moyens de le résoudre.

Or on continue, en France, d’imposer aux travailleurs une retraite du 19e siècle qu’on a l’incroyable impudence de présenter comme une immense « conquête sociale » qu’il faut préserver à toue force et au mépris des évidences.

Il n’est pas étonnant que la France soit en pointe dans cette religion des retraites. Le type de retraite en vigueur dans notre pays explique tout. La retraite, dans notre pays, doit être collective et par répartition, ce  qui veut dire que toute initiative individuelle dans ce domaine est interdite, tout comme la constitution et le placement d’une épargne personnelle. Bien entendu, vous pouvez toujours le faire, mais après avoir alimenté la retraite collectiviste, donc quand il ne vous reste plus rien à placer. Autrement dit, le travailleur est captif de la collectivité, ce qui est la caractéristique du communisme et n’a rien d’étonnant puisque le régime français de retraite s’est constitué et fonctionne encore sous l’égide du parti communiste et de ses substituts et pseudopodes.

A l’imbécillité doctrinale, s’ajoute l’imprévoyance. Quand vous instituez une retraite par répartition, c’est-à-dire où les actifs paient pour les retraités, votre principal souci doit être le nombre des actifs. Or celui-ci, en France, n’a cessé de se réduire en raison des charges imposées aux entreprises, sous la pression de ceux qui ont institué la répartition. Et que nous en sommes arrivés au point où il n’y a plus que 1,4 cotisant pour un retraité, et que nous allons vers l’égalité complète, ce qui signifie la mort inévitable du régime.

Alors quand on apprend que le président de la République va réformer les retraites, alors qu’on sait que sa seule idée est de retarder à 65 ans la cessation d’activité, on se dit qu’il y a urgence à avoir enfin un vrai débat sur ce sujet. Est-ce que nous allons devoir subir encore longtemps la mort lente de nos retraites ? Est-ce que l’épargne continuera d’être asphyxiée au détriment de l’investissement dans l’économie ? Est- ce que la France continuera d’être aux ordres d’un cadavre, le communisme ?

Autant de questions qu’il n’est pas prévu de poser dans la pseudo-réforme qui vient. Il ne reste plus qu’à espérer qu’un vrai débat s’ouvrira au moins dans les médias. Et finira par convaincre les politiciens qu’il est temps d’être lucide.

Le général Franco agonisait depuis des semaines. Au conseil des ministres, l’un d’eux annonça : « Messieurs, Franco est mort. » Un long silence s’ensuivit. Puis l’un des ministres posa une question : « Oui, Franco est mort. Mais qui va aller le lui annoncer ? ».

Il est vraiment temps d’annoncer aux politiciens  français que la retraite par répartition est morte.

Claude Reichman

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Les femmes ont eu la peau du petit rouquin !

Les femmes ont eu la peau du petit rouquin !

Admirable permanence de l’âme humaine. Les évènements qui se déroulent dans la France contemporaine n’ont rien de très différent de ceux de la Grèce antique au IVe siècle avant JC. La seule vraie différence, c’est que nous n’avons pas encore trouvé l’Aristophane qui les tournera en dérision. Dans « L’Assemblée des femmes », l’auteur grec met en scène la prise du pouvoir par les Athéniennes, au détriment des citoyens mâles qui ne parviennent pas à réformer les institutions de la cité. Inutile de rappeler que les nouvelles institutions vont sombrer dans le ridicule et dans l’égoïsme des intérêts particuliers. Ainsi, les femmes, quand elles sont au pouvoir, ne font pas mieux que les hommes. Ni plus mal, doit-on ajouter, car Athènes avait à nouveau sombré dans la tyrannie alors que les hommes la dirigeaient sans partage.

Dans tout évènement digne de ce nom, il faut une victime emblématique. Là, nous avons « un petit rouquin », comme le dit la belle chanson de Michel Delpech. Il n’est pas antipathique, malgré ses idées, Adrien. Il s’exprime plutôt bien et ne ridiculise pas la classe politique. Mais il a deux défauts. Le premier est d’avoir proclamé il y a peu son extrême aversion pour les violences faites aux femmes. Le second, c’est d’avoir une femme qui a eu envie de le quitter. Alors il s’est un peu mis en colère, Adrien, et, dans une dispute avec Céline, il l’a giflée. Pourquoi Céline, un ou deux ans plus tard, est-elle allée porter plainte au commissariat ? Probablement parce que le divorce n’avançait pas assez vite à son gré. Et c’est alors que la France s’est enflammée.

L’histoire d’Adrien et Céline est des plus banales. Depuis que les hommes et les femmes vivent ensemble, ils se disputent. Ils s’aiment aussi, soyons équitables. Mais les gens heureux, dit-on, n’ont pas d’histoire. Le problème, ici, c’est qu’Adrien est député et qu’il a vocation à succéder à Méluche, dit Mélenchon pour les intimes. C’est donc un garçon en vue, qui a en outre un talent de chanteur de rock et qu’il frappe bien …la batterie. Bref, il y a de quoi faire du bruit.

Et c’est là que, sans le concours d’Aristophane, les Insoumis, puisque tel est le nom de leur parti, nous offrent un spectacle du plus haut comique. Car les femmes du groupe ne défendent guère leur collègue Adrien, qui se voit pousser à la démission, tandis que les hommes en arrivent à dire qu’administrer une gifle à sa femme est moins grave que la battre tous les jours ! Je me souviens d’une phrase que j’ai souvent entendue dans ma jeunesse : « On ne doit toucher à une femme qu’avec une rose. » Adrien ne la connaissait peut-être pas, ou alors il l’a oubliée dans un instant de colère. Le pauvre garçon risque de le payer pendant toute sa vie.

Car nous sommes entrés dans une époque de sorcières. Et pour leur plus grand malheur, les hommes ont pris la place des femmes dans la chasse que l’on fait aux jeteuses de sort. C’est la vie, diront certains. C’est bien fait, diront d’autres. Mais tous feraient bien de se demander pourquoi notre société est entrée en déraison. Car enfin, cela faisait un bon moment qu’on avait cessé de s’attaquer aux sorcières. Mais voilà : le peuple se trouve en face de politiciens qui ne sont jamais responsables de rien. Alors il faut bien trouver des innocents pour payer à leur place. Ce n’est certes pas nouveau. La Grèce antique et la Bible parlent l’une et l’autre du bouc émissaire. Adrien est en bonne compagnie !

Adrien n’est certes pas tout à fait innocent. Mais il est coupable de participer d’un mouvement qui, sous prétexte de protéger les femmes, veut surtout détruire la société actuelle. Celle-ci est bien loin d’être parfaite, et il faut assurément la réformer. Les femmes, en France, ne votent que depuis 1945, et il a fallu attendre le milieu du siècle pour qu’elles puissent ouvrir un compte bancaire sans l’aval de leur époux. Aujourd’hui, les femmes travaillent, sont chefs d’entreprise, pilotes d’avion et officiers dans l’armée. Personne ne s’en insurge, preuve que la société a totalement admis ces évolutions. Il n’en reste pas moins qu’elles sont des femmes, que les hommes sont des hommes, et que leur coexistence n’est pas toujours un chemin de roses, surtout quand ils ont envie de quelqu’un d’autre. A ce moment là, le seul salut des couples est dans la civilisation, qui nous apprend à ne pas gérer nos conflits dans la violence.

Adrien voulait, avec ses amis politiques, imposer aux Français un système qu’ils refusent en majorité. Il aurait mieux fait d’en rabattre un peu et de s’occuper plus de son épouse. Tout se serait mieux passé pour lui. Pauvre petit rouquin. Si coupable et si à plaindre finalement. Même si la politique, depuis toujours, ne connaît qu’une règle : « Vae victis ! »

Claude Reichman

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Le temps des seconds couteaux !

Le temps des seconds couteaux !

Et si la crise française était tout simplement une affaire d’hommes ? La pensée politique moderne raisonne surtout en termes de structures, et à bien des égards ce choix est justifié. D’autant que les structures sélectionnent un certain type d’hommes, qui assurent le maintien des structures dont ils ont les commandes. Et c’est ainsi, comme le dit le langage populaire, que la boucle est bouclée.

La France contemporaine offre un parfait exemple de ce phénomène. L’Etat a progressivement mis la main sur l’économie du pays, régnant actuellement sur 63 % du Pib. Cela signifie que toute entreprise privée ne peut se maintenir qu’en respectant les consignes de l’administration. Il ne s’agit évidemment pas du respect des lois, qui s’impose dans toute démocratie, mais de la paralysie des initiatives qui résulte de l’omniprésence des règlements et des contrôles. Un entrepreneur aujourd’hui ne doit pas être audacieux, mais malin afin de parvenir à contourner les règles absurdes qui lui sont imposées.

De ce fait, les meilleurs esprits et surtout les plus capables se détournent de la vie publique, qui ne peut leur offrir qu’un destin bridé, et cherchent meilleure fortune dans une activité qui ne dépend pas de l’Etat. Il en reste encore, mais surtout à l’étranger. Près de trois millions de nos compatriotes se sont expatriés, désespérant de pouvoir s’accomplir en France. La politique n’a donc plus d’autre choix que d’attirer les moins doués et les moins entreprenants. C’est ainsi qu’on est arrivé à n’être plus régi que par des seconds couteaux.

Macron a bâti son pouvoir en s’appuyant sur trois seconds ou même troisièmes couteaux de la République (Collomb, Ferrand, Castaner) et sur quelques gamins et gamines n’ayant jamais eu de responsabilités. Macron lui-même n’est qu’un employé de banque illuminé, qui croit que la politique consiste à faire des discours. Et voilà comment la France est gouvernée depuis cinq ans et pour cinq ans encore.

L’opposition n’est pas mieux lotie. On ne peut mieux mesurer la dégradation du personnel politique qu’en considérant les candidats à la direction des Républicains. Retailleau et Ciotti se la disputent et ne sont pas des ténors. Voilà ce qu’il est advenu du parti fondé par le général de Gaulle !

Arrêtons ici cet inventaire. Il est suffisamment éloquent. La France va mal, elle a un impérieux besoin de réformes, et elle n’a personne pour les faire. Il ne reste sur le devant de la scène que de médiocres imprécateurs et de laborieux récitants, dont la cacophonie ne finit que par inspirer du dégoût au peuple.

Alors faut-il désespérer ? La réponse est dans le caractère de chacun. Et dans la vie, qui est synonyme d’espoir. Mais elle est aussi dans les actions de libération que certains conduisent. La liberté est la solution à la plupart de nos maux. Car elle permet l’initiative, et donc le changement. De nombreux exemples historiques, dont certains sont récents, montrent qu’un système oppressif s’effondre souvent très vite. Et que ce qui semblait impossible devient soudain évident.

Le plus tyrannique des systèmes est celui qui a le plus à craindre. Car il a à faire non pas à des groupements, qu’on peut toujours disperser, mais à des individus irréductibles. On a beau les emprisonner ou les tuer, il en surgit toujours quelques autres. Si peu nombreux soient-ils, ils empoisonnent l’existence du tyran. Qui ne sait plus quel artifice utiliser pour en finir avec leur contestation, et qui finit par faire une faute qui emporte le régime.

La France n’est pas la Russie de Poutine, ni la Chine de Xi. Mais elle est gravement affaiblie par son absence de démocratie. Or ce ne sont pas les remèdes préconisés par certains, comme le fait de ramener le pouvoir au niveau local ou régional, qui changeront quoi que ce soit au mal français. Ce mal, c’est le pouvoir donné aux structures officielles au détriment non pas d’autres structures, mais au détriment des individus. De Gaulle pensait que les prélèvements obligatoires ne devaient pas dépasser le tiers du produit intérieur. Il avait évidemment raison, même si le régime qu’il a créé a fini par doubler ce prélèvement. Pour revenir au tiers, il faut diminuer précisément d’un tiers ce qu’on prend dans la poche des Français. Et cela, on ne peut le faire qu’en libérant la protection sociale, qui coûte, excusez du peu, plus de 800 milliards d’euros et pèse lourdement sur toute activité.

Pour conclure, je vous propose une chanson :
Rêver un impossible rêve,
Porter le chagrin des départs,
Brûler d’une possible fièvre,
Partir où personne ne part.

C’est « L’homme de la Mancha ».  Eh oui, Don Quichotte. L’éternelle image du combattant.

Claude Reichman

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La reine est morte, mais les politiciens français sont des dieux !

La reine est morte, mais les politiciens français sont des dieux !

La télévision a diffusé à nouveau les images de la reine d’Angleterre et de son fils Charles regardant ensemble et commentant des films de famille. Leurs réflexions n’avaient rien de différent de celles que n’importe quelle famille du peuple peut faire en pareille occasion. C’était d’ailleurs, de la part de la monarchie britannique, le but de cette émission, mais ni Elisabeth ni Charles n’ont joué la scène : ils étaient naturels et comme tout le monde. Et c’est bien là le cœur de nos sociétés, où tout est symbole. La reine Elisabeth a symbolisé, par sa vie empreinte de courage et de dignité, les qualités que le peuple britannique aime croire les siennes, et qui l’ont été souvent dans l’histoire. Mais, au-delà du symbole, la reine n’était, comme nous tous, qu’un pauvre être humain voué à mourir un jour. Et les Anglais, en ces jours de deuil, ne sont qu’un peuple triste, comme tout peuple frappé par la mort.

Ce qu’un homme d’Etat doit respecter avant tout, c’est la dignité du peuple. Dont il doit lui-même donner l’exemple. Toute l’histoire des sociétés humaines le démontre. On est toujours surpris par le comportement des élus qui l’ignorent. Inutile de voyager très loin pour le constater. La France ne cesse de faire la démonstration de l’inconscience de ses dirigeants politiques. Leur ambition personnelle n’est pas la seule explication. C’est le système dans lequel nous vivons qui provoque ces conduites inacceptables.

Il suffit de lire les différents codes, et bien sûr au premier rang le code pénal, pour avoir envie d’envoyer tout valser. Partout la liberté est absente. Etonnez-vous alors que le conflit entre le peuple et ses dirigeants soit permanent ! Certes, tout individu qui réfléchit et qui a un peu d’expérience sait que le monde n’est pas peuplé d’anges. Et que l’autorité doit s’exercer quand la tranquillité est menacée. Mais à quoi bon le faire à propos de bottes, autrement dit quand n’est en jeu que la satisfaction de celui qui veut faire le chef ?

Le régime de M. Macron illustre à la perfection cette permanente déviance. Voyez l’incroyable querelle que subit le Pr Raoult. Les individus fichés S ne sont pas l’objet d’une telle vindicte. Qu’a donc fait Didier Raoult qui mette à ce point en danger la République ? Eh bien c’est très simple. Il a découvert un remède capable de juguler une pandémie virale. Bien entendu, si vous avez la moindre ambition, côté situation, subvention ou décoration, oubliez immédiatement tout ce qui précède : Raoult ne peut être qu’un imposteur, un gestionnaire calamiteux, un individu gonflé d’orgueil et d’insolente prétention. Admettons (pour faciliter la compréhension du problème). Mais en quoi cela gêne-t-il le pouvoir ? Pourquoi cela le met-il en transe ? Pour une raison bien simple : quand il y a panique dans les rangs, celui qui rétablit la sécurité devient naturellement le chef. Et cela, les chefs en place ne peuvent l’admettre. Nous somme donc dans une guerre de pouvoir, et non pas dans un problème de santé.

Vous pouvez faire simplement une bien éclairante expérience. Recensez ceux qui déclarent publiquement que « l’hydroxychloroquine ne marche pas ». Et vous verrez, sans trop vous fatiguer à des recherches, qu’ils sont tous en quête d’un avantage que l’Etat est à même de leur fournir. Le remède du Pr Raoult est le mot de passe qui ouvre les portes de la caverne d’Ali Baba. C’est la première fois depuis que la colonisation espagnole en Amérique du Sud a découvert le quinquina qu’un de ses bienfaisants dérivés est un objet d’opprobre ! Ce qu’aucun grand chef à plumes français n’a jamais pu faire, Macron l’a fait. Et à ce titre, il est digne d’entrer dans l’histoire. Enfin, c’est ce qu’il croit.

Et ce que croient tous ceux qui aspirent au pouvoir dans notre pays, c’est exactement la même chose. Le pouvoir vous met au dessus des hommes, au niveau des dieux. C’est un délice pour l’obtention duquel on doit être prêt à toutes les compromissions, à tous les mensonges, à toutes les bassesses. Le peuple n’est là que pour être dominé, méprisé, malmené. Il gêne. Il devrait disparaître à six pieds sous terre pour oser s’opposer à la grandeur des aspirants au pouvoir. A mort, le peuple. A mort, ceux qui veulent le soigner. Raoult ne voulait pas le pouvoir. C’est un fait. Mais il voulait empêcher les Français de mourir. C’est un crime !

Un régime se juge à sa dignité. Le régime français, à ce critère, ne peut qu’être condamné. Mais ce n’est pas une sixième république qu’il nous faut. C’est une république, tout simplement. Avec à sa tête des républicains, des vrais. Il va falloir en ressusciter l’espèce !

Claude Reichman

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Demandons des comptes à nos dirigeants !

Demandons des comptes à nos dirigeants !

L’écologie rend fou ! La France se prive de l’essentiel de son énergie pour « sauver la planète ». Les Pays-Bas détruisent leur élevage bovin pour la même raison. Et partout en Europe, les Etats détruisent les plus beaux paysages en édifiant de gigantesques éoliennes. Mais qu’est-ce qu’ils ont donc tous ?

Ce qu’ils ont ? Oh, c’est tout simple. Ils ont peur. Peur d’être jugés responsables du réchauffement climatique et du supposé désastre qu’il va produire. Peur surtout de leurs partis écologistes qui pourraient les priver de la majorité politique et donc du pouvoir. Donc, par quelque bout qu’on aborde le problème, ce n’est jamais qu’un souci de chimpanzé qui anime nos dirigeants : ils veulent tous être le mâle dominant !

Or qu’est-ce que l’écologie ? Un substitut de religion. Depuis que Darwin a découvert l’évolution, l’humanité croit de moins en moins à la Genèse. Les Américains, en mal de croisade, tentent bien de donner crédit au créationnisme, rien n’y fait : les religions du Livre sont à la peine, tant il est vrai que la science fait mal à la foi. Alors, comme l’homme est taraudé par la soif de maudire et de punir, il s’est donné une croyance de remplacement : l’écologie. Ce qui lui permet de lancer ce que d’autres appellent des fatwas et de vivre dans le confort de la bienpensance et peut-être même, qui sait, dans la perspective du salut. Bref, rien de nouveau sous le soleil de l’intolérance.

Et c’est à cause de cela, braves gens, que vous risquez de vous geler cet hiver. Ajoutons pour être complet que la construction de l’Europe s’est faite dans l’idée d’y instaurer le plus possible la concurrence et que les mauvais ouvriers qui en ont aujourd’hui la charge n’y comprennent absolument rien et veulent la faire régner même là où elle n’existe pas. Par exemple la France est la seule à disposer d’une production nucléaire d’électricité et elle a donné sa bénédiction à la création artificielle de concurrents, qui ne peuvent toutefois exister que si nous leur fournissons ce qu’ils sont censés produire. Et du coup nous en avons moins, et bientôt presque plus. Au fou !

Arrivés à ce point de « déconstruction », comme disent les penseurs modernes, on se tourne tout naturellement vers nos dirigeants et l’on voit poindre la forte tentation de leur demander des comptes. Ce à quoi ils se refusent catégoriquement. Enfin tout de même, quand même, mais enfin quoi, et de quoi on se mêle, c’est nous les chefs, caltez volaille. On a une sacrée classe dirigeante : pas muets, mais sourds. Volontairement bien sûr.

Bon. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Une révolution ? Ce serait bien nécessaire, mais on est trop pris par Netflix. Alors attendons que se dégage un petit contingent d’activistes qui feront le boulot à notre place. Et continuons naturellement de parler et d’écrire afin de nous donner l’illusion d’être vivants.

Cette révolution, en fait, en quoi consisterait-elle ? S’agit-il de « tout prendre », comme dit Mélenchon, et de s’émerveiller de notre radieuse misère, ou bien de remplacer Machin par Chose pour ne rien changer ? En fait, si l’on veut bien y réfléchir de tout son bon sens, il faut priver l’Etat de son pouvoir de nuisance, qui actuellement s’accroît de façon vertigineuse, en lui enlevant la partie de ses ressources qu’il a abusivement confisquées. Pour cela, il convient de rendre la protection sociale à l’assurance, qu’elle soit particulière ou mutualiste, de supprimer les innombrables agences et autres comités Théodule subventionnés, et de ne plus accepter par principe les déficits budgétaires. Bref, il s’agit de réduire d’un tiers le poids de la sphère publique. Cela peut se faire en quelques brèves années, sous la direction d’un gouvernement persuadé du bien fondé de ces mesures. Pour ce qui est du social, tout est voté, il n’y a plus qu’à exécuter. Pour le reste, il faut convaincre et donc plaider partout où on le peut. Bref, faire enfin de la politique et non plus de la prétendue gestion.

Il n’y a rien d’insurmontable dans ce programme, ni même de difficile. Il y suffit de conviction et de caractère. Il va falloir qu’à un moment ou un autre, la crise devienne aigüe pour que les réflexes salutaires se libèrent enfin. Et bien entendu, comme toujours dans l’histoire, des leaders émergeront. La seule action aujourd’hui utile est celle qui consiste à contester vigoureusement la spoliation étatique, et à le faire au nom de la liberté, qui est le trésor que nous a donné notre Constitution. Où que ce soit, la liberté doit triompher. Les réformes se feront alors naturellement.

Claude Reichman

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On ne peut se contenter de parler et d’écrire, il faut agir !

On ne peut se contenter de parler et d’écrire, il faut agir !

Les sociétés humaines ont tendance à déraisonner. C’est un effet de la psychologie des foules. En ce moment, la France nous donne un terrible exemple de cette dérive. Le mal français n’est pas très difficile à diagnostiquer. L’Etat a mis la main, directement ou indirectement, sur les deux tiers de l’économie du pays. Rien ne peut donc se faire sans lui. Or l’Etat ne sait rien faire. Entendons-nous. Il ne sait rien faire en dehors de l’activité pour laquelle il a été créé : assurer la sécurité des habitants du pays. Tout ce qu’il peut faire d’autre est par nature inutile, car redondant : les habitants sont parfaitement aptes à le faire eux-mêmes, et ils le feront mieux que l’Etat.

Le mal français est donc parfaitement identifié. Et le traitement à lui appliquer coule de source. Mais c’est à ce moment stratégique que l’entreprise réformatrice se bloque. Par un double effet. Celui des tenants et bénéficiaires de l’Etat, qui ne veulent pas perdre leurs avantages et privilèges. Et celui des réformateurs, que paralyse le syndrome du Rubicon : en France, depuis le baptême de Clovis, le pouvoir est sacré, et s’en prendre à lui est comme violer un lieu saint.

Je ne vois pas d’autre explication à la paralysie française. Je suis tombé par hasard sur une liste des libéraux français. Ils sont finalement très nombreux. J’en connais la plupart, et je sais que leurs qualités intellectuelles sont éminentes. Ils sont tous évidemment d’accord sur l’impérieuse nécessité de faire reculer l’Etat ? Alors pourquoi l’Etat n’a-t-il jamais reculé ? Parce qu’en fait les libéraux se sont contentés de parler et d’écrire, et qu’ils n’ont mené aucune action de terrain contre l’abusive emprise de l’Etat.

Nous voilà arrivés au point où l’histoire peut basculer. Continuer à mener des colloques libéraux peut procurer le grand plaisir de se retrouver avec des gens qui pensent comme vous, mais à l’issue du colloque, « le canard est toujours vivant », comme disait Robert Lamoureux. Alors le moment est venu de mobiliser papa, maman, et pourquoi pas la bonne, avec bien sûr « moi », c’est-à-dire vous.

La réforme ne viendra que d’une mobilisation du peuple. C’est une constante de l’histoire. Benjamin Constant avait noté avec raison que ceux qui étaient appelés à prendre la tête de la mobilisation populaire devaient être issus du milieu qu’ils avaient à combattre. Ils devaient en comprendre les ressorts profonds pour concevoir une stratégie victorieuse en déjouant les pièges de l’adversaire.

On en a eu une illustration avec le mouvement des gilets jaunes. Privés de leaders, ceux-ci ont fini par tomber entre les mains d’individus instruits mais de mentalité primaire, qui n’avaient pour idée que de « punir les riches ». Le genre de stratégie qui n’a jamais conduit qu’à accroître la pauvreté du peuple. La révolution française de 1789 est tombée dans les mêmes travers, alors qu’elle s’était déclenchée sous les auspices des droits de l’homme, fixés à jamais dans la Déclaration du 26 août. Elle a dégénéré dans la Terreur et a fini dans la dictature de Napoléon.

C’est la raison pour laquelle j’ai entrepris mon action contre le monopole de la Sécurité sociale. Elle a réussi à mobiliser des troupes en grand nombre, qu’attirait le combat contre un système qui, sous couvert de protection du peuple, ne faisait que l’assujettir et l’appauvrir. Nous avons utilisé les dispositions européennes, qui sont favorables à l’abrogation de tous les monopoles. L’Etat n’a pu s’y opposer qu’en contraignant la justice française à se déshonorer par la négation des lois et du droit. Mais des centaines de milliers d’indépendants sont à présent libres de l’assujettissement social, et toute la population française est sur le point de jouir de cette extraordinaire liberté.

Il n’y a donc plus lieu de discourir du libéralisme. Il faut le vivre et le faire vivre à tous. Et c’est ce qui conduira la France à voguer vers la réduction des dépenses publiques au tiers du Pib, seuil au-delà duquel on bascule dans le socialisme et le communisme, comme le général de Gaulle l’avait fort justement formulé.

La liberté sociale est une grande cause, parce que sa suppression a conduit à l’asservissement du peuple. Je regrette que tous les libéraux ne soient pas présents dans cette bataille. C’est pourtant leur place. Mais il est vrai que les guerres ne se gagnent généralement pas avec le concours des plus instruits ni des plus diplômés. Simplement, c’est le peuple qui les gagne. Et le peuple n’est pas fait d’une addition d’individus. C’est un être vivant qui a ses pensées propres et ses rites, et qui sait d’instinct ce qui est bon pour lui.

Claude Reichman

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La France doit redevenir un pays libre !

La France doit redevenir un pays libre !

Je lis avec intérêt les articles qui proposent des réformes à mettre en œuvre en France. Même ceux qui déraisonnent sont intéressants, car ils donnent de précieuses indications sur la véritable nature du mal français. Bien entendu, il ne faut pas oublier qu’une partie de la population n’aspire pas aux réformes, non qu’elle vive particulièrement bien, mais parce qu’elle a peur du changement. Je ne m’adresse donc qu’à ceux qui n’ont pas peur.

J’ai de fréquentes discussions avec d’éminents confrères qui enseignent la médecine à la faculté. Tous mesurent bien les limites de leur science, qui n’est pourtant pas mince. Le temps des mandarins suffisants est bel et bien terminé. Et face aux maux que la médecine ne sait toujours pas guérir, nombre d’entre eux se réfèrent à l’arrivée inattendue d’un médicament qui changera la donne, comme cela s’est si souvent produit dans l’histoire.

Mon propos de ce jour n’est cependant pas d’ordre médical, mais politique. Je ne me réfère à la médecine que pour tenter de discerner, dans la foule des procédés, celui qui nous donnera la clé capable d’ouvrir la lourde porte qui bloque la venue des réformes.

L’ampleur des défis que doivent affronter les réformateurs en France est impressionnante. C’est presque tout un monde qu’il faut reconstruire. Et pourtant notre pays est riche d’une histoire plus que millénaire qui devrait lui donner une inégalable sagesse. Mais il est surtout affligé d’insupportables démagogues qui polluent tous les débats et laissent le peuple désemparé.

J’ai eu le privilège de faire un long service militaire dans l’aéronavale et de vivre dans le monde des pilotes. Tous évoquaient les moments où, dans un avion, les choses se passent mal, et où il faut « en revenir au manuel », c’est-à-dire mettre en œuvre méthodiquement les recommandations du protocole. Je pense qu’il faut procéder ainsi pour réformer la France.

Notre manuel, c’est la Constitution. Loin de n’être qu’un catalogue d’idées générales, elle est un véritable discours de la méthode. Et ce qu’elle nous dit de plus fort, c’est que notre pays est le lieu de la liberté. Le mot est le premier dans la brève liste de nos « droits naturels et imprescriptibles ». Il l’est aussi dans « la devise de la République ». Difficile de faire mieux, difficile de faire plus fort. Alors, armés de la liberté, voyons ce que nous pouvons en faire.

Rappelons-nous Rousseau. « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » Le Français naît libre d’après la Constitution, et il est aussitôt pris dans un entrelacs d’objurgations et d’interdits qui en font un prisonnier. Telle est la réalité de la France actuelle. Ceux qui  tiennent le Français dans les fers agissent selon une logique opérationnelle qui leur donne ce droit en vertu des postes qu’ils occupent. Et ces postes leur ont été attribués en considération de la compétence qu’est censée leur donner soit un diplôme, soit une avancée hiérarchique, soit encore la faveur du Prince, qui est de droit divin en république plus encore qu’en monarchie.

Le drame de la compétence, n’est évidemment pas le savoir, mais l’autorité. Un savant sans autorité est un homme comme les autres. Un homme détenant une autorité est, si on ne la limite pas, un dictateur. La France grouille de dictateurs, petits, moyens et grands, qui sont persuadés que leurs actes sont bons pour le peuple. Et ce foisonnement d’actes dictatoriaux, on ose l’appeler, dans les discours officiels, la démocratie. Non. La France n’est pas une démocratie. C’est une dictature.

Bien entendu on entend déjà les hurlements indignés des dictateurs qui se voient remis en cause dans ce qu’ils ont de plus cher : leur autorité. « Comment, s’étouffent-ils, vous pouvez écrire ce que vous voulez, où voyez-vous une dictature ? » Eh bien, mon bon Monsieur, eh bien ma bonne Dame, dans l’immensité des actes qui me sont interdits ou dictés.

Alors revenons au médicament qui nous guérira, au manuel qui nous sauvera, revenons-en à la liberté. Partout où un Français est privé de liberté, il doit pouvoir en appeler à son droit à la liberté. Et partout l’autorité doit déférer à sa demande. Tel est le principe qui nous apportera les réformes que chacun sait indispensables en France.

Que les oiseaux de mauvais augure cessent leurs criailleries, que les faux penseurs bottés et casqués s’engagent dans notre armée et fassent silence dans les rangs, que les citoyens oublient toute peur et bombent leur torse orné de la plus belle médaille qui soit, celle de la liberté, que la France redevienne ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un pays libre.

Certains diront : mais comment faire ? Très simple : oser !

Claude Reichman

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Chers Français, réveillez-vous !

Chers Français, réveillez-vous !

Michel Audiard était diplômé de l’université du 14ème. C’est-à-dire des bistrots et des rues du quatorzième arrondissement de Paris. Ce qui lui permit d’exprimer nombre d’aphorismes que l’on peut encore méditer aujourd’hui. Celui-ci par exemple : « Il y a des énergumènes à qui il faudrait interdire les professions honnêtes. »

Parmi les professions honnêtes, il en est une qui n’a pas cette réputation. Elle regroupe tous ceux qui participent à la vie publique et qu’on nomme globalement les politiciens. Certains sont élus, d’autres pas, mais tous aspirent à l’être ou à le rester parce que l’élection produit, comme le disait Bertrand de Jouvenel « une délicieuse expansion du moi ».

La profession de politicien est fondamentalement honnête parce qu’elle a pour vocation de travailler au bien commun de la population. Bien entendu une telle affirmation fait éclater de rire tout un chacun en France. « Le politicien n’est pas là pour servir, mais pour se servir », dit la vox populi française. Qui n’en pense toutefois pas moins, puisque nos compatriotes vénèrent les personnages politiques…jusqu’au moment où ils les vouent à l’exécration. Sic transit gloria mundi, disait l’adage romain.

Ce préambule était indispensable pour comprendre le triste état de la vie publique française. Comme toute communauté humaine, notre pays est confronté à de sérieux problèmes. Il ne s’agit plus, comme dans un passé immémorial, d’avoir de quoi manger, ni même d’échapper à la maladie, puisque la médecine a fait d’immenses progrès, mais tout simplement de vivre ensemble. Les populations primitives vivaient en hordes qui ne se supportaient pas les unes les autres. Les peuples modernes ne passent pas leur temps à se combattre férocement, mais ils cèdent encore trop souvent à ce terrible travers. Qu’on se réfère aux conflits mondiaux qui ont émaillé le vingtième siècle.

On pensait naïvement être sorti de cette malédiction, mais une certain Poutine a tenu absolument à marquer sa présence dans l’humanité en redonnant vie à la  tradition multiséculaire du massacre des hommes entre eux, cette définition incluant évidemment les femmes et les enfants. La majorité des citoyens occidentaux soutient le peuple ukrainien, mais il y a de nombreux Français qui détestent les Américains au point qu’ils étendent leur haine à ceux que ces derniers soutiennent, en l’occurrence les Ukrainiens.

Parmi mes grands étonnements, il y a cette haine de l’Amérique qui affecte certains Français. Certes, on n’aime jamais ceux qui vous ont aidés, mais de là à imputer aux Etats-Unis des volontés homicides, par empoisonnement ou par tout autre maléfice, qui les animeraient impitoyablement à notre égard, il y a un pas qu’on a du mal à comprendre.

En vérité, le peuple américain est plutôt indifférent à l’égard de l’Europe et de ses habitants. En ce moment, le dollar portant haut par rapport à l’euro, ils sont quelques-uns à nous rendre visite et se comportent plutôt bien à notre égard, du moins à ce que je peux constater à Paris. Il est vrai que je n’ai pas vérifié s’ils ont du poison dans leur poche.

Mais revenons à nos moutons, ceux qui paissent dans les prairies de la démocratie française. Un simple constat permettra d’y voir clair. Les politiciens français expriment dans leur quasi-totalité les désirs et les volontés des citoyens qui veulent vivre sans travailler, ou en faisant semblant. Du coup, toute mesure visant à augmenter la quantité de travail dans notre pays est repoussée impitoyablement dans les ténèbres de l’histoire, dans «  ces heures sombres du passé que nous ne voulons à aucun prix revoir ». Tranchons le mot : travail et nazisme veulent dire la même chose en français.

A ce stade de notre récit, nous devons constater soit que le peuple français souffre d’une incurable allergie au travail, soit que les politiciens qui en sont les hérauts ne sont que des imposteurs. Car dans toute une vie de travail, je n’ai rencontré que des compatriotes avec qui j’étais en accord, même si nous différions sur certaines modalités. Les autres, ceux que j’ai eu à combattre sans relâche, étaient des paresseux qui, affublés de costumes étatiques, ne pensaient qu’à faire « suer le burnous » aux libéraux, c’est-à-dire à tous ceux qui créaient la richesse de notre pays.

Aujourd’hui, les porteurs de burnous n’en peuvent plus, et leurs tortionnaires ne savent plus quoi faire pour les forcer à bosser. Alors montrons notre générosité. Il n’est pas question – nous sommes civilisés – d’attenter à la sécurité physique des tortionnaires. Mais simplement à leur sécurité mentale : supprimons le statut de la fonction publique à tous ceux dont le métier est aussi exercé par des travailleurs du secteur privé. Vous verrez tout à coup la France revivre. C’est notre vœu le plus cher.

Et comme par miracle, les médias entonneront des péans aux joies du travail et mépriseront les fainéants. Ce sera un juste retour des choses. En fait, la France sera remise à l’endroit. Et c’est ce dont elle a besoin.

Notre principal adversaire n’est pourtant pas le camp des paresseux. C’est «  l’inaction des gens de bien », comme le pensait Edmund Burke. Oui, chers et valeureux Français, réveillez-vous !

Claude Reichman

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Assez bavardé, rétablissons nos droits !

Assez bavardé, rétablissons nos droits !

Un problème, un chèque. C’est –et ce sera – la politique de M. Macron, tant que les créanciers de la France continueront à lui prêter de l’argent. Et que peut-il faire d’autre ? Aucune réforme importante ne pourra se faire, faute d’une majorité à l’Assemblée nationale. Comment en est-on arrivé à cette impuissance politique ?

La raison majeure en est le mensonge. Le communisme et le nazisme l’avaient érigé en dogme de gouvernement. On a pu croire que leur défaite avait été aussi celle de ce dévoiement majeur de la politique. Il n’en a rien été. Le mensonge règne partout dans le monde et on aurait peine à citer un gouvernant connu pour dire la vérité. Est-ce parce que les hommes sont devenus trop nombreux qu’il n’y a plus de place pour l’honnêteté en politique, comme si l’effet de masse interdisait le dialogue entre le pouvoir et le peuple ?

L’effet de masse a trouvé une expression symétrique dans les médias. Leur multiplication technologique n’est qu’une illusion. Certes, n’importe qui peut créer sa chaîne d’information sur Internet, mais elle sera réduite à filmer des inconnus. Les personnalités influentes se réservent pour les médias de masse … pour toucher les masses !

A cela s’ajoute le petit nombre de vrais penseurs. On ne sait si c’est une malédiction de l’époque ou une condamnation au silence par la censure médiatique, mais leur nombre n’a cessé de se réduire à mesure qu’augmentait la quantité des moyens d’expression. Sans doute y-a-t-il un phénomène d’usure. A force d’entendre les mêmes se répéter sur tous les médias, l’auditeur finit par se boucher les oreilles, ou par fermer son poste. « Encore lui », s’écrie-t-on en découvrant le millième passage de Tartempion sur le plateau de Télémachin.

Une autre explication – qui ne contredit pas la précédente – réside dans la difficulté de l’action dans une société de masse, et, du coup, dans sa réduction à des accès de fièvre passagers qui ne peuvent donner lieu à des combats idéologiques et donc à l’expression de concepts novateurs ou à tout le moins excitants pour l’esprit. On en est réduit à la géniale formule de Raymond Devos : « Quand je n’ai rien à dire, je veux que cela se sache ! »

Donc, nous en sommes arrivés au degré zéro de la politique. Mais on aurait tort de croire cette situation définitive. On a toujours tort de proclamer la fin de l’histoire. Tant qu’il y aura des hommes, il y aura de l’histoire. Et l’on a de chance de comprendre quelque chose à son déroulement qu’en se concentrant sur les tendances profondes.

Rien de tel à cet effet que l’étude des grands textes. L’humanité a la chance d’en avoir conservé en grand nombre, même si beaucoup ont disparu dans les tourmentes de l’histoire. Or tous ces documents essentiels nous disent la même chose : seuls les esprits fermes et tenaces ont prise sur les faits, dussent-ils attendre longtemps la consécration de la vérité.

Nous voilà donc à l’inverse du monde actuel, où un fait chasse l’autre sans qu’on puisse les rattacher à un sens quelconque. C’est là toute la difficulté. Le sens de l’histoire existe. Non parce que telle doctrine doive finir par s’imposer, mais parce que l’humanité a un passé et qu’il ne cesse de peser sur la destinée des hommes. Tout le combat de ceux-ci consiste à créer de l’avenir malgré le passé, si fidèle soit-on à ses origines.

Les grands hommes n’ont jamais été nombreux, même si l’anonymat leur est souvent réservé au détriment de leurs mérites. Mais leur existence est toujours liée à celle de grandes idées. On est parfois surpris de constater que celles-ci ne sont finalement pas très nombreuses. Si l’on considère l’exemple français, on s’aperçoit que notre société a culminé quand elle a énoncé ce qu’elle a appelé les droits de l’homme. Et qu’elle les a exprimés dans un texte qui trône au-dessus de nos lois, au sommet de la Constitution : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. »

Ces droits naturels sont aujourd’hui bafoués par la faute de politiciens sans vergogne et de juges félons. Aucune action politique digne de ce nom ne peut désormais se développer que pour le rétablissement de nos droits. Tout le reste n’est que bavardage inconséquent.

Claude Reichman

 

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La France est une province de la Chine communiste !

La France est une province de la Chine communiste !

Un drone vole dans le ciel de Shanghai. Equipé d’un haut-parleur, il diffuse ce message : « Contrôlez votre désir de liberté. » Utile conseil. En Chine, on ne plaisante pas avec les contestataires. On peut voir des films où des réfractaires à la vaccination sont emmenés, mains liées dans le dos, vers des centres de rétention. Par bonheur, ce genre de scène ne peut se dérouler chez nous.

En est-on si sûr ? Le rêve de nos gouvernants est un rêve chinois. Simplement, ils n’osent pas. Enfin, ils n’osent pas encore. Mais ils ont déjà beaucoup osé. Ils ont enfermé la population chez elle pendant deux ans, l’ont vaccinée de force (enfin, sous la menace de n’avoir plus droit à rien), lui ont menti effrontément, et ont réussi à se faire réélire, quoique avec certaines restrictions de majorité. Ils nous claironnent la louange de « nos valeurs » pour nous dissuader de les chasser du pouvoir, mais ces prétendues valeurs, ils sont incapables de nous les décrire en termes clairs et intelligibles à tous. En fait, dans leur bouche, ce ne sont que des mots creux, qui devraient provoquer l’hilarité (et la colère) de tout être humain normalement constitué.

La France, pays des droits de l’homme, n’est plus qu’une province chinoise, que Pékin ne se donne même pas la peine d’occuper tant elle est soumise. « Les Chinois à Paris ». Ce fut un film français, réalisé par Jean Yanne en 1974. Le même Jean Yanne nous avait bien fait rire deux ans plus tôt avec « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », qui décrivait la vie d’une station de radio obnubilée par le taux d’écoute et non par la vérité de l’information.

Rien n’a changé depuis en France. Ou plutôt si : c’est pire. En fait nous avons progressivement glissé vers la dictature, sans vouloir nous l’avouer. Bien entendu tenir de tels propos dans notre pays, c’est s’exposer à être ridiculisé par les médias. Et pour cause : ils sont les piliers de la dictature. Car ils mentent tous à tour de bras. Par omission pour les plus libres d’entre eux. Par affirmation pour les plus nombreux. Mais ils mentent tous.

Ce qui nous vaut la présence à l’Assemblée nationale d’un groupe d’extrême gauche qui s’est baptisé « La France insoumise » et qui ne voit le salut du pays que dans la traque et l’élimination des « riches ». Qu’est-ce qu’un riche ? Un futur pauvre. Qu’est-ce qu’un pauvre ? Un futur miséreux. Qu’est-ce qu’un miséreux ? Un futur habitant du bagne ? Qu’est-ce qu’un bagnard ? Un type qui a pensé du bien de Mélenchon il y a très longtemps et qui ne peut contempler l’image de sa gigantesque statue du la place de la Concorde qu’avec un abaissement craintif de la tête.

Voilà le scénario d’un film qu’on pourrait intituler « Un destin français ». Un destin que nous pourrions éviter à chaque instant de notre vie. Il nous suffirait d’un peu de dignité. Je ne dis pas de courage. Ce serait trop pour la circonstance. La dignité nous permettrait de dire tout haut ce que nous marmonnons tout bas. Et cela suffirait à créer un mouvement irrésistible. Et le sursaut salvateur.

J’ai créé et animé au cours des quinze dernières années deux mouvements politiques. La Révolution bleue et les Libérés. De quoi s’agissait-il ? De rendre aux Français le contrôle de leur vie, leur sécurité et la libre disposition de ce qu’ils gagnent. Nous avons organisé des réunions et des manifestations où se sont pressés de très nombreux Français. Deux élections présidentielles sont venues à bout de ces actions. Nicolas Sarkozy s’est affublé d’une écharpe bleue, comme nos militants, et n’a rien fait de sa victoire. Macron s’est paré des plumes de la liberté puis l’a combattue férocement à coup de matraques et de grenades lacrymogènes. Il a même réussi à se faire réélire, et depuis les Français se mordent les doigts comme des gamins pris en faute.

Franchement, on peut me faire tous les reproches qu’on veut, mais personne ne m’ôtera de l’idée que les Français  ont refusé d’assumer leur liberté, qui est pourtant consubstantielle à notre nation depuis qu’elle a fait la Révolution et qu’elle en a inscrit les grands principes dans sa Constitution.

Bien entendu, je n’en veux pas à mes compatriotes. Je les aime, même quand ils me déçoivent. Mais je souhaite tant qu’ils se ressaisissent. Je n’aurai pas l’outrecuidance de me comparer au général de Gaulle. Mais qu’elle était belle sa phase : « Jamais las de guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance. »

Claude Reichman

 

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L’affaire Uber ou la fin de la Sécu !

L’affaire Uber ou la fin de la Sécu !

L’affaire Uber n’a pas dérogé à la règle. Elle a fait la une de l’actualité pendant un jour, et puis elle a disparu. C’est dommage, car elle aurait pu donner l’occasion au peuple de s’informer des réformes en cours et des raisons pour lesquelles on a tant de mal à les mener à bien.

Il a été reproché à M. Macron d’avoir favorisé l’implantation en France de la société de taxis Uber à l’époque où il était ministre des finances, sous la présidence de M. Hollande. Face à la tempête médiatique, M. Macron a crânement revendiqué son action, assurant même qu’il la referait si c’était nécessaire.

Mais l’opinion publique n’en est pas plus avancée. Bah, pense-t-elle, c’est une affaire de taxis, pas de quoi s’énerver au-delà du temps habituel. Bien entendu, il ne s’est pas trouvé un seul journaliste pour éclairer l’opinion sur le véritable enjeu de cette affaire. Or il était essentiel.

Il ne s’agissait de rien de moins que de lancer l’opération de suppression du monopole de la Sécurité sociale. La société Uber jouait le rôle du cheval de Troie, celui qui permit aux Grecs de s’emparer de cette ville dont ils faisaient le siège. Uber a parfaitement rempli son rôle. Ses chauffeurs sont des travailleurs indépendants, qu’elle a fait bénéficier d’une protection sociale équivalente à celle du régime des indépendants, le RSI, par un accord avec l’assureur Axa. D’habitude, quand un accroc au monopole est commis, les sphères étatiques et syndicales poussent des cris d’orfraie. Mais dans ce cas, pas un bruit, pas une larme, pas un soupir.

Il n’y eut qu’un communiqué du président de la République, diffusé sur Twitter sous l’intitulé « Emmanuel Macron, Officiel du gouvernement –France », approuvant chaleureusement l’accord Uber-Axa grâce auquel « chaque travailleur indépendant utilisant la plateforme Uber se verra muni d’une assurance de protection ».

C’était une véritable bombe, mais celle-ci ne fit aucun bruit, alors qu’elle venait de faire exploser un édifice vieux de trois quarts de siècle et pesant plus de 800 milliards de prestations !

Curieux épisode, vraiment, de la vie nationale. On cite souvent la passion des habitants de Constantinople pour les courses de chars, que n’apaisait même pas la présence des Ottomans aux portes de la ville. Celle des Français pour la Sécu n’est pas moins forte, ni moins folle. On connaît le sort qu’a connu Byzance à cette époque. Mais par bonheur, celui de nos compatriotes sera infiniment plus riant. De prisonniers, ils vont se transformer en hommes libres. En résumé, et comme le disait Michel Audiard, le peuple « vient de passer de la défaite à la victoire sans passer par la guerre ». Heureusement tout de même que cette guerre, quelques Français courageux l’ont faite. Et ont fini par la gagner !

L’idée que l’histoire se fait d’un quinquennat présidentiel tient moins à une réforme claironnée par les médias qu’à une mesure passée inaperçue sur le moment mais dont les conséquences se font sentir pendant les décennies suivantes. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy aurait pu être marqué par la réforme de la Constitution en 2008, qui a créé la question prioritaire de constitutionalité (QPC). Celle-ci permettait au citoyen de remettre en cause des lois existantes, et donc de moderniser régulièrement le pays, mais la réforme a échoué parce que M. Sarkozy a en confié le contrôle aux juges, qui se sont évidemment empressés de la rendre inopérante.

Le premier quinquennat de M. Macron aura été catastrophique à tous égards, mais l’accord Uber-Axa, joint à la loi du 21 décembre 2021 exemptant certains salariés de l’obligation de s’affilier à la Sécurité sociale, redorera son blason aux yeux de l’histoire. Finalement, Emmanuel Macron aura réussi à faire ce qu’on attendait de lui : moderniser la France.

Mais que de scories ! La France est en panne, endettée jusqu’au cou, déchirée par des querelles d’un autre âge et coupée, dans ses débats, des réalités de notre temps.  Rien de tout cela n’est inguérissable, mais il y faut du temps et de la détermination ; Et surtout des hommes politiques dignes de ce nom. Bref, tout ce qui nous manque. Un de mes amis, éminent juriste, me faisait remarquer qu’il y a des moments « où le bonheur est inévitable ». Peut-être la réforme l’est-elle aussi !

Claude Reichman

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L’art de créer des catastrophes !

L’art de créer des catastrophes !

Dans son dernier article de l’Institut des Libertés, Charles Gave s’attache à montrer le rôle du temps dans les analyses économiques. C’est ainsi que l’introduction de l’euro a, vingt ans plus tard, abouti à détruire l’industrie de l’Europe du Sud. On peut sans difficulté étendre l’analyse à la plupart des secteurs de l’activité humaine. Ce qui signifie que le temps est le facteur essentiel de l’histoire, ce qui d’ailleurs tombe sous le sens de n’importe quelle personne dotée de raison.

Ce qui est en revanche beaucoup plus difficile à analyser et à comprendre, c’est la raison pour laquelle l’homme se refuse le plus souvent à prévoir les conséquences de ses actes. Quand, il y a environ dix mille ans apparaît l’agriculture, c’est parce que l’homme a compris qu’il faut semer pour récolter. Et bien entendu que le climat le permet. Cette simple relation de cause à effet est à la base de la civilisation. Elle est cependant de plus en plus difficile à mettre en évidence dans un monde devenu de plus en plus complexe. Et où les choses les plus simples sont compliquées tout à loisir, comme si finalement le bonheur ne résidait que dans la complication. Personnellement, je pense le contraire.

Je me souviens de mon premier stage hospitalier, au début de mes études. Je ne le faisais pas par obligation, mais parce que je brûlais de me frotter à un univers dans lequel j’aspirais à vivre. Ma surprise fut grande de constater qu’une foule de patients peuplait la salle d’attente dès la première heure des consultations, souvent pour ne voir un médecin qu’à la fin de la matinée. « Pourquoi ne leur donne-t-on pas un rendez-vous ? », demandai-je ingénument au patron du service qui s’enquérait avec beaucoup de bienveillance de mon adaptation à la vie de l’hôpital. Il se contenta de hausser les épaules avec un sourire et me dit : « C’est comme ça. » Il ne se souvenait évidemment pas du dirigeant qui avait fixé cette stupide et humiliante procédure. Mais il la subissait, comme beaucoup d’autres avant et après lui.

Depuis, on s’est efforcé, avec plus ou moins de succès, de réduire le temps d’attente des patients, mais la crise de l’hôpital est venue mettre un terme à tout effort d’organisation des services et il est fréquent qu’on attende une douzaine d’heures aux urgences.

Alors pourquoi ? Et c’est là qu’on retrouve la relation au temps. La Sécurité sociale est le marqueur de notre société. Elle a été fondée à la Libération, il y a trois quarts de siècle, et sans cesse alourdie depuis. Au point que ses prestations atteignent aujourd’hui l’incroyable somme de 815 milliards d’euros, soit les deux tiers des dépenses publiques françaises. Et que la France agonise sous ce poids qui interdit tout progrès économique, puisqu’il est impossible d’investir avec un tel boulet au pied.

Il serait faux de dire que les dirigeants successifs du pays n’ont pas conscience de ce problème. Mais ils ont toujours jugé qu’il ne fallait pas remettre en cause ce qu’ils croient être « un acquis de la Résistance » et qui n’est qu’un acquis du communisme. Les plus déterminés à réduire les dépenses ne sont jamais allés plus loin que les économies de bouts de chandelles. Quant aux autres, ils se lovent dans la négation et ne rêvent que de nouvelles branches, telle que la dépendance, avant de lancer l’idée de la branche nourriture, qu’on est en train de mettre en œuvre sous la forme d’un chèque, mais qui ne tardera pas à devenir une administration de plein exercice. Dans la Rome de la décadence, il y avait à cet effet un « préfet de l’annone » !

On s’aperçoit, en considérant cet exemple, que les décisions ne se contentent pas de créer une situation, mais qu’elles pèsent aussi sur les comportements de ceux qui n’y sont pour rien, au point de rendre, malgré le temps qui passe, toute réforme impossible. D’où la nécessité de ne pas prendre de décision à la légère. Un homme d’Etat connaît ce piège. Il veille à ne pas créer l’irrémédiable. Un politicien s’ébroue dans un nuage de décisions aussi folles les unes que les autres et s’enivre du bonheur de gouverner. Parfois, bonheur suprême, la catastrophe ne survient qu’après sa mort. Il repose en paix.

IL faut se faire une raison : l’homme n’est qu’un singe amélioré. Il a donc encore beaucoup de progrès à faire. Le premier d’entre eux est la tempérance de l’âme. A cet égard, on a eu grand tort de ne plus former notre jeunesse par l’étude de l’histoire et de la pensée de la Grèce antique. Les exemples qu’elle nous donne peuvent accompagner toute une vie. En Grèce, l’optimum de l’homme était d’être « kalos kagathos », beau et bon. Quel progrès ce serait si l’homme d’aujourd’hui se fixait cet idéal ! La scène publique se libèrerait des histrions de bas étage et des mages sentencieux qui l’encombrent.

De temps à autre, les peuples ont la chance de voir apparaître un grand homme. Il faut noter que cela est plutôt rare. Alors que faire en cette absence ? Tenter, pour chacun de nous, de s’élever au dessus de son tempérament naturel. C’est possible. Et finalement pas plus difficile que de céder à de viles passions. Question de volonté !

Claude Reichman

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Il faut chasser les pervers qui refusent au peuple la liberté !

Il faut chasser les pervers qui refusent au peuple la liberté !

L’homme, dit-on, est un être social. C’est-à-dire qu’il aime vivre en société. Mais Blaise Pascal, un des plus grands esprits de l’humanité, pense que « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre ». Alors « que faire ? », comme disait Lénine, qui s’interrogeait sur la manière d’améliorer la condition ouvrière et non sur le nombre de millions de morts qu’il allait produire pour aboutir au résultat inverse.

L’actuel débat français ressemble assez à cet entrelacs de contradictions. Nous avons à l’Assemblée nationale nouvellement élue un pittoresque rassemblement de toutes les opinions fausses qui peuvent germer dans l’esprit humain. Tandis qu’au sommet de l’Etat, un pauvre garçon perdu cherche désespérément une issue, alors qu’il n’a que quelques pas à faire pour emprunter la porte de sortie. Si pour tenter d’y voir plus clair on se porte sur les chaînes d’information de la télévision, on risque d’atteindre le désespoir total que chantait si bien Francis Lemarque : « Au café, on voit n’importe qui, qui boit n’importe quoi, qui parle avec ses mains, qu’est là depuis le matin. »

Le bon Francis Lemarque avait décidément tout prévu : « Et y a ceux, ceux qui ont fait leur nid près du lit de la Seine et qui se lavent à midi tous les jours de la semaine, dans la Seine. » Oui, dans la France d’aujourd’hui, on parle sans cesse, tandis que d’autres sombrent dans le désespoir.

Faut-il ajouter que Francis Lemarque est resté toute sa vie fidèle à l’idéal communiste, qui n’a jamais été autre chose qu’un idéal, à ne jamais confronter à la réalité.

Voilà, on en est là. Ne va-t-on pas finir par trouver un sage qui saura atteindre l’oreille du peuple ? Dans l’immense désordre français, rien n’est moins sûr. Pourtant la grande anthropologue Margaret Mead disait : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c’est toujours comme cela que ça s’est passé. » Alors, en France, ce petit groupe existe-t-il ? Curieusement, la réponse, qui devrait être affirmative dans un pays en principe libre, ne l’est nullement. Car si l’on ne manque pas de gens réfléchis, on manque cruellement de gens qui soient à la fois réfléchis et engagés. Quant aux gens irréfléchis et engagés, ils sont légion. Et ils peuplent les médias.

Beaucoup de Français pensent qu’il n’existe pas d’autre solution que d’attendre la catastrophe qui rebattra les cartes, pour le meilleur ou pour le pire. Je ne suis pas de leur avis. Je suis convaincu que la solution est dans le combat. Certains m’opposeront le fait que j’ai passé ma vie à me battre sans avoir réussi à créer le monde de liberté qui est inscrit en lettres d’or dans notre Constitution. Je suis obligé d’en convenir, car il ne faut jamais nier la réalité. Mais il n’est non plus jamais inutile de livrer un combat essentiel. Car il s’inscrit, fût-ce insensiblement, dans la mémoire des contemporains, se transmet à d’autres générations et ouvre ainsi la voie à la future victoire.

Ma conviction se nourrit non seulement de mes idées, mais aussi de la faiblesse de nos adversaires. Ils n’ont pas de convictions, mais des intérêts. Et quand ils sentiront que le pays est près de basculer dans notre sens, ils prendront la fuite.

Ce moment tant espéré est-il encore lointain ? Je ne le crois absolument pas. Car l’effet Schabowski (que j’ai baptisé du nom de cet apparatchik d’Allemagne de l’Est qui permit la chute du mur de Berlin) commence à produire ses effets. Quand ceux qui vivent du système commencent à ne plus croire à se pérennité, ils renoncent à contenir ses adversaires. Et le système s’effondre.

Les partisans de la liberté sont nombreux en France. Je pense même qu’ils sont une majorité écrasante. Mais beaucoup ont peur. Peur de perdre ce qu’ils ont, peur de subir des représailles de l’administration, peur en quelque sorte d’être découverts, comme si leur envie de liberté était coupable au regard des tenants de l’Etat.

Ils peuvent en effet citer les punitions que ces derniers infligent aux dissidents. Les dernières en date étant l’exclusion de leurs fonctions hospitalières des personnels de santé refusant la vaccination contre le covid. Sous couvert de santé publique, il s’est agi d’une véritable monstruosité, dont le seul objectif était de faire sentir la poigne de l’Etats sur la nuque des citoyens. Alors même qu’aujourd’hui plus personne ne peut ignorer que le vaccin, s’il semble préserver des formes graves, n’empêche ni la contamination, ni la transmission.

N’en doutons pas, la liberté est plus que menacée en France. Elle disparaît chaque jour un peu plus. Et toujours sous de vertueux prétextes. Mais voilà, les prêcheurs de vertu finissent soit par la sainteté, soit par l’échafaud. Tant il est vrai que les faux dévots finissent toujours par être confondus.

Nous avons pour nous, en nous, l’amour de la liberté. Aucun être humain n’en est dépourvu. Sauf les pervers qui ne rêvent que d’infliger des châtiments aux autres humains. Chasser les pervers est une mission de haute responsabilité. La paix et le bonheur de tous en dépendent. C’est la conscience de cette impérieuse nécessité qui donne le courage nécessaire à tous ceux qui s’y consacrent. Et dont la victoire est aussi certaine que celle du jour sur les ténèbres.

Claude Reichman

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Il est temps que les hommes sages parlent !

Il est temps que les hommes sages parlent !

La seule chose dont on soit sûr, c’est qu’il y aura du bruit à l’Assemblée nationale. 577 députés venus d’un peu partout et ayant des idées fausses sur à peu près tout n’ont aucune chance de faire jaillir la lumière dans notre pays. Tel est le résultat d’une campagne électorale de quelques mois qui avait pour objet de renouveler les organes dirigeants de la France. Personne, vraiment personne au cours de ces quelques semaines n’a relevé le débat public. Et ce ne sont pas les réseaux sociaux qui ont arrangé les choses, gangrénés qu’ils sont par l’invective, les idées folles et le délire paranoïaque.

Nous voilà donc flanqués d’un président sans majorité réelle et d’une assemblée qui n’en a pas non plus. Le mieux serait de mettre tout ce monde en vacances et de laisser le pays se gouverner seul, c’est-à-dire sans lois nouvelles, ni comités supplémentaires, ni règlements modifiant des règlements antérieurs, sans mises au Panthéon abusives et surtout, oh oui surtout, sans discours de Macron.

Nous avons besoin de souffler. Avant de nous attaquer aux vrais problèmes, en espérant que cette pause ait pu nous faire retrouver notre lucidité. Ce qui sera bien pendant cette année sabbatique, c’est que les radios et les chaînes d’information se tairont. Pour ne pas troubler le recueillement général. Par civisme donc. Grâce leur soit par avance rendue.

Il faudra en revenir à la bonne vieille veillée des chaumières. Quelques amis se réuniront dans une maison chaleureuse et échangeront des banalités jusqu’à ce que quelques unes d’entre elles finissent par prendre corps et se mettent à circuler dans le pays. Et recréent enfin, oui enfin, une opinion publique.

Bon, ne rêvons pas. Ce qu’il y a de plus difficile au monde, c’est de faire taire les bavards. Et savez-vous pourquoi ? Parce que – c’est établi – les primitifs parlent tout le temps. Il nous en est resté quelque chose. Les hommes sages, eux, parlent le moins possible et passent beaucoup de temps à réfléchir. Quand ils prennent la parole, c’est pour dire quelque chose qui vaut la peine d’être entendu. Alors ce qui serait bien, c’est qu’on les entende. Au moyen d’une invention née voilà à peine plus d’un siècle, la radiodiffusion. Dont on fait un si mauvais usage aujourd’hui.

Le temps de la réflexion est-il venu ? Je n’ose l’espérer. Et pourtant il le faudrait vraiment, quand on connaît l’ampleur des problèmes auxquels notre société est confrontée. Je sais que c’est possible. J’ai passé, jusqu’à il y a peu, cinq ans à parcourir la France et à y tenir des réunions au cours desquelles j’exposais la situation, ouvrais des pistes, répondais aux objections et terminais sur une sincère note d’espoir. Tout le contraire de la campagne de M. Macron pour enrayer la révolte des gilets jaunes, où il parlait face à un auditoire prié de se taire et exposait interminablement des solutions qui n’ont jamais marché. Une caricature de démocratie !

J’en appelle aux médias. Je les espère sans rancune face aux critiques que j’ai proférées à leur encontre. C’était pour leur bien, ils peuvent m’en croire. Et s’ils ne me croient pas, tant pis pour eux. Parce que nous – je veux dire tous ceux qui aiment leur pays et veulent le sauver- nous ne cesserons ni de penser ni de parler. Partout où ce sera possible. L’expérience des grands progrès de l’humanité prouve que ce n’est jamais dans les instances officielles qu’ils s’accomplissent, mais là où des êtres libres ouvrent leur esprit et leur cœur à d’autres êtres libres.

Cela peut prendre du temps. Mais cela peut aussi aller vite. On est souvent surpris par la brutalité avec laquelle les crises se dénouent. C’est qu’on n’a pas vu le mouvement des idées et des âmes se faire. Et comme le disait Cicéron, «  c’est la raison et l’oraison qui unissent la société des hommes ». La raison avance et parfois recule, l’oraison est là pour la remettre dans le droit chemin. Reste à savoir qui parle. Nous avons le devoir de choisir nos orateurs.

On en revient aux médias. Ils vont devoir réformer leur principe de sélection. Tout n’est pas perdu puisqu’on a entendu il y a quelques jours le directeur d’une chaîne d’information faire son mea culpa au sujet des médecins invités à s’exprimer sur le covid et dont certains n’étaient pas vraiment qualifiés pour en parler. Tant il est vrai qu’un micro exerce une attirance à laquelle il vaut parfois mieux ne pas céder, tout grand professeur que l’on soit.

La querelle politique ne va pas cesser d’enfler en France. Parce que personne n’incarne le pays. « Un jour mon prince viendra », chante Blanche-Neige. Fasse le ciel qu’il soit bon prince !

Claude Reichman

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Un peuple en dissidence !

Un peuple en dissidence !

Le 14 juin fut jour d’élections en France. Quelle liesse populaire. Quelle joie dans les chaumières. Quelle attente du peuple. Ah ! que c’est beau la démocratie !

Rien de tout cela en vérité. Et pourtant il n’y a pas si longtemps, le peuple ne votait pas. Les seigneurs décidaient pour lui. Et ce qu’ils décidaient ne plaisait pas au peuple. Il fallut attendre des siècles pour qu’enfin on admît qu’un homme en valait un autre et que tous pouvaient décider pour eux-mêmes de leur vie.

Résumée ainsi, la révolution se retrouve parée des plus beaux atours. Et elle le mérite, n’en déplaise aux nostalgiques de l’ancien régime. Certes un seigneur enrubanné ne manquait pas d’une certaine classe. Mais si l’on veut bien faire un petit effort d’imagination, on en a à revendre de ces petits marquis. Il suffit d’arpenter les couloirs d’un ministère pour en croiser à chaque pas. D’accord, ils ne portent pas de rubans, mais ils n’ont rien perdu de leur arrogance. Notre pays produit des seigneurs à cadence industrielle.

Et voilà que ce qu’on aperçoit, en ce printemps qui devrait être joyeux,  c’est un peuple en dissidence. Ce droit si chèrement conquis, celui de glisser dans une urne un petit bout de papier synonyme de libre choix, le peuple le boude. Plus de la moitié des Français se sont abstenus dimanche dernier. Ils l’ont fait intentionnellement, pour marquer que cette république n’est plus la leur.

On ne peut se dissimuler l’importance de l’évènement. Un régime politique est chose fragile. Il faut des siècles pour l’affermir. Et seule la durée lui confère la légitimité. C’est ainsi. Le caprice et les foucades n’ont pas cours dans le pas lent des démocraties en marche. Il ne ressort de ces soubresauts qu’injustice, haine et violence. La reine d’Angleterre règne depuis soixante-dix ans. Et qu’ont fait ses sujets. Ils ont défilé en masse dans les grandes avenues de Londres pour lui manifester leur contentement et leur fidélité. En fait le régime parlementaire britannique a partie liée avec la couronne. Ce n’est pas elle qui commande. Elle fait durer. Ce n’est pas si mal !

Et nous ? Qu’avons-nous fait pour que notre démocratie tourne au cauchemar ? Nous nous sommes laissé aller aux penchants de notre espèce. Les chimpanzés, nos tout proches parents, sont curieux, querelleurs et souvent féroces. Les hommes ne sont pas obligés de se comporter ainsi. Ils savent, comme le disait Camus, qu’« un homme, ça se retient ». Eh bien, dès qu’une mauvaise querelle se profile, nous y cédons avec passion, oubliant toutes les leçons apprises et toute la sagesse des siècles. Ce que nous recherchons avec une rage folle, c’est à l’emporter sur tous ceux qui nous contestent. «  L’un des problèmes de notre société aujourd’hui, disait Winston Churchill, c’est que les gens ne veulent pas être utiles, mais importants. »

Ah ! Mais attendez, s’écriera avec indignation le bon citoyen, loin de moi cette idée d’importance, ce que je veux c’est des élus sincères et dévoués. Bien sûr. Mais que faire si tous ces candidats à l’élection ne voient que leur importance ? Il n’y a pas d’autre réponse à lui faire que la nécessité de changer les mentalités. Ce qui n’est jamais simple.

L’esprit d’une société n’évolue qu’à force d’épreuves et de réflexion. Que cela nous plaise ou non, nous sommes jugés collectivement, à la lumière de nos actes, de nos manquements, de nos trahisons. C’est d’une correction permanente de nos fautes que peut naître la confiance, la société de confiance. Il y aura toujours des déviants, c’est certain. Mais l’essentiel est qu’il y ait un solide noyau de personnes fiables et que celui-ci serve d’exemple. Mieux, il suffit parfois, dans l’histoire, qu’un homme, un seul, captive l’esprit de ses contemporains et leur serve de boussole. Alors s’il se peut qu’un seul suffise, tout n’est pas perdu.

Toute société humaine affronte des problèmes. La France est à un stade de son parcours dans le temps où elle a besoin d’une forme de miracle. Oh ! pas un miracle surnaturel. Non. Tout juste un petit miracle. Qu’un homme ou une femme se lève et chante d’une voix forte et harmonieuse notre hymne national et nous entraîne tous à se suite. Allons enfants de la patrie…

Claude Reichman

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Les médias nous assassinent !

Les médias nous assassinent !

L’hôpital s’effondre, comme l’école, comme bien d’autres secteurs d’activité, au premier rang desquels l’économie, et bien sûr comme le moral des Français. Heureusement pour ces derniers, le gouvernement profère encore des mensonges sur l’économie, qui repart vers des sommets, sur l’emploi, qui n’a jamais tant progressé depuis les trente glorieuses, sur l’avenir que Macron va assurer au moyen d’un nouveau comité qui ressemblera à s’y méprendre aux précédents, et les Français sont sommés par les médias d’y croire. Alors ils y croient pour ne pas se suicider tout de suite.

Le mal français, c’est l’Etat. Il veut tout commander, et tout lui échappe. Sauf le pouvoir, que lui garantit la masse de ceux qui vivent de lui. Prenons le cas des retraités. Leurs pensions sont produites par le secteur privé, mais ils savent par expérience que les prélèvements sur l’activité privée dépendent d’oukases étatiques, sans lesquels les salariés et les indépendants garderaient le fruit de leur travail et en placeraient une partie pour leurs vieux jours, comme la sagesse leur commanderait de le faire s’ils en avaient le droit.

Mais comme il est trop tard pour être libre, les retraités misent sur l’Etat pour préserver (du moins le croient-ils) leurs pensions, et votent Macron, tandis que des millions de Français plus jeunes et laissés pour compte votent Mélenchon pour voler les riches et caporaliser l’économie. Qui ai-je oublié ? Ceux qui votent Le Pen, et qui ne savent plus pourquoi, sans doute parce qu’il leur reste un vague souvenir du père de l’actuelle tenante du titre, lequel voulait redonner la liberté d’entreprendre aux travailleurs indépendants au milieu d’un fatras souverainiste qui continue d’encombrer le bagage de l’héritière.

Bref, la France est devenue la planète des singes, où des millions de chimpanzés cèdent à leurs instincts primitifs et se livrent à la destruction de ce que leurs ancêtres ont construit, alors même que les extraordinaires progrès des technologies humaines leur laissaient espérer le plus bel avenir, que la mort toutefois, bien que fort retardée par la médecine, continuerait à « rendre définitif tout ce qui l’a précédé », selon la définition de Malraux.

Alors puisqu’il faut bien chercher des coupables, qu’on me permette de désigner ceux qui, à mes yeux, le sont le plus. Je veux parler des médias. Je ne vise nullement la liberté d’opinion, qui n’a jamais fait de mal à personne, mais la soumission aux diktats étatiques, qui interdit tout débat démocratique dans le pays. Les médias étant aux mains de propriétaires de très grandes entreprises, ceux-ci évitent de froisser les politiciens qui dirigent l’Etat et de mettre ainsi leurs intérêts économiques et financiers en péril. La liberté et la démocratie se meurent à force d’écrits et de paroles colportés sur les presses et les ondes. C’est à un assassinat quotidien que nous assistons en France, et à chaque coup porté à nos consciences, c’est un peu de notre pays qui meurt.

Notre génération (celle qui est née avant la deuxième guerre mondiale ou juste après) a vu le communisme, le fascisme et le nazisme mis au ban de l’humanité et de la civilisation et chassés définitivement des esprits, hormis des quelques malades qu’on trouve toujours dans une société. L’Occident, dans ce qu’il a en lui de plus élevé, a gagné la terrible guerre de civilisation qui a failli l’abattre. Nous n’avons pas le droit, par confort ou par lâcheté, de ne pas en défendre les valeurs. Celles- n’ont rien à voir avec celles dont se réclament les collectivistes qui dominent les médias. Ces gens sont des imposteurs et des voleurs. Ils nous volent notre bien moral plus encore que nos modestes biens. Il n’y a aucune indulgence à exercer envers eux. C’est de notre fermeté que dépend notre survie, et celle de la civilisation de liberté.

Si l’on se reporte à ce qui se disait et s’écrivait à Athènes, pendant les quelques siècles qui ont précédé Jésus-Christ, on ne peut qu’être frappé par l’extraordinaire fermeté de la pensée. Nous n’avons guère fait de progrès depuis. Au contraire même, quelle pitié de lire et d’entendre les maîtres de l’opinion d’aujourd’hui étaler leur médiocrité avec autant de suffisance que d’inconscience ! De temps à autre un penseur digne de ce nom franchit la barrière médiatique, mais il disparaît aussitôt car à l’entendre davantage, on finirait par se poser des questions.

Par chance, l’histoire, même si elle est devenue le domaine des masses, ne les pas chargées d’en fixer la direction. Un penseur aux idées fortes marquera plus son temps que des millions de bredouillants. Nous n’avons finalement pas d’autre devoir que de faire connaître au monde les quelques humains qui pensent juste et qui lui indiqueront la route à prendre. Nos écrits n’ont pas d’autre ambition.

Claude Reichman

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La France étouffe mais peut enfin espérer !

La France étouffe mais peut enfin espérer !

Il paraît que les comptables s’arrachent les cheveux. L’accumulation rapide des textes légaux et réglementaires rend leur travail de plus en plus difficile, pour ne pas dire impossible. En fait, il s’agit de la conséquence presque ultime du mode de société organisé par l’administration française.

On est en droit de se demander quand et comment une telle décision a été prise. En fait, elle ne l’a jamais été. Ce sont d’autres décisions qui ont conduit à cette situation. La force du parti communiste en 1945 (près du tiers de l’électorat) a produit des lois donnant des droits exorbitants à certaines catégories de la population (statut de la fonction publique, statut du fermage, etc.). Puis le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 a donné un pouvoir absolu aux hauts fonctionnaires, chargés de « redresser l’Etat », coupable d’avoir laissé son autorité se déliter sous la IVe République. L’arrivée au pouvoir de l’union de la gauche en 1981 a donné naissance à la « décentralisation », augmentant fortement l’emprise de l’administration sur le pays par le biais des collectivités locales auxquelles venait s’ajouter la région. Le piège pouvait se refermer, la population était captive sous la surveillance de six millions de fonctionnaires.

Plus rien ne peut se faire en France sans qu’intervienne l’administration. Peu importe la nature de son intervention, l’essentiel est que rien ne se fasse sans elle. Voilà donc pourquoi rien d’utile ne peut se faire dans notre pays, si l’on veut bien considérer qu’une mesure utile doit à la fois simplifier la vie des citoyens et leur permettre d’améliorer leur situation.

Bien entendu, les politiciens n’ont pas manqué, au fil des décennies, de promettre l’allègement des contraintes administratives et leur simplification, mais rien de tel ne s’est jamais produit. Les politiciens étaient peut-être sincères dans leur volonté de rendre l’Etat moins lourd, mais ils n’ont en fait jamais affronté celui-ci. Sans doute savaient-ils qu’ils n’étaient pas de taille, dans un vieux pays où la monarchie – et l’Etat républicain à sa suite – sont de droit divin.

On en est arrivé au point où, dans la dernière campagne présidentielle et dans celle des législatives, on n’évoque même plus le sujet. La liberté est morte en France, l’Etat règne sans partage. A ceci près qu’il ne maîtrise plus rien. L’insécurité règne dans les banlieues et s’étend au cœur des villes, l’économie s’effondre et ne survit qu’à coup d’injections de fausse monnaie, bref, comme le dit une expression populaire, « tout fout le camp ». Même le président de la République, qui se réfugie de plus en plus au fort de Brégançon où, tel Chateaubriand sur son rocher de Saint-Malo, il peut contempler la mer et méditer sur la vanité des choses.

Alors que peut-on espérer ? Rien. En tout cas rien dans un tel contexte. Il faut que quelque chose se produise qui rouvre le jeu de la démocratie. L’évènement attendu peut prendre des formes multiples, heureuses ou catastrophiques, mais il faut qu’il ait lieu. Au jeu des pronostics, on est sûr de perdre, car, comme l’écrivait Maurois, « toujours l’inattendu arrive ». Cette phrase, je l’ai souvent entendue dans la bouche de Raymond Barre. Lui aussi pensait que dans les circonstances de l’époque, l’Etat n’était pas réformable.

Alors doit-on suivre le conseil de Lao-Tseu, « s’asseoir au bord du fleuve et attendre de voir passer le cadavre de son ennemi » ? Chacun réagira selon son tempérament. Quant à moi, je pense qu’il ne faut jamais cesser d’agir, car l’évènement que l’on attend risque fort de ne pas se produire avant longtemps si l’on ne le sollicite pas quelque peu.

A cet égard, ceux qui espèrent le retour de la France à un état démocratique feraient bien de ne pas négliger la chance unique qui s’offre à notre pays. Je veux parler de l’Europe. Elle a mauvaise presse en ce moment, et même ceux qui s’en réclament politiquement en France se gardent bien d’en exploiter les possibilités.

L’Europe a pris une décision historique en 1986 en décidant que sept ans plus tard, le 1er janvier 1993, toutes les frontières intérieures des pays membres s’ouvriraient à « la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux ». C’était une garantie de liberté et de prospérité, et une occasion unique, pour la France, de se débarrasser des scories de son passé de vieille nation étatique. Notre pays n’a pas voulu saisir cette chance, même si cette ouverture des frontières a produit certains effets heureux. Il n’en reste pas moins que l’invraisemblable charge sociale de la France (supérieure au coût, pour les Etats-Unis, de leur armée, la plus puissante du monde), n’a en rien été allégée, puisque nos gouvernements successifs ont tous refusé d’appliquer les directives européennes qu’ils avaient pourtant transposées. Face à eux, quelques penseurs libéraux défendent la mise en concurrence de la Sécurité sociale, mais nous sommes les seuls à agir et à ne laisser aucun répit aux caisses monopolistiques.

Le verrou est enfin sur le point de sauter, puisque la justice, qui jusqu’à présent cautionnait scandaleusement l’illégalité de cette situation, est, sous notre pression, en train de craquer. Le voilà l’évènement qui va tout changer. La liberté va s’imposer contre tous les auteurs de troubles et d’injustice. La France va pouvoir reprendre sa marche en avant et de nouveau « chanter sa romance ». Celle d’un pays libéré !

Claude Reichman

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