Providentiel

Il n’y a pas plus d’homme providentiel que de providence.

Mais il est parfois des concours de circonstances qui créent l’occasion de tout changer et de rompre avec un immobilisme faussement confortable.

Pour entraîner le mouvement – sans lequel il n’ y aurait rien – il faut que, de ce néant, surgisse un être doté de courage, de compétence, de charisme et de persuasion, capable d’entraîner la masse à dépasser ses mesquineries, son égoïsme et sa médiocrité, bref, à se dépasser pour retrouver le sens commun.

Après la Grande Bretagne avec Churchill, la France avec De Gaulle, l’Allemagne avec Adenauer, l’Italie, en dehors de toute guerre, vient de connaître ce moment.

Mario Draghi l’a incarné. Rien ne l’y prédisposait. Ni son profil, ni ses recettes.

L’homme providentiel ne le devient que reconnu comme tel par ceux qui ont intérêt à le reconnaître.

En Italie, ce sont les partis traditionnels à bout de souffle. Et en Europe, la Banque Centrale exsangue et le Conseil Européen aboulique.

Ailleurs, à l’inverse, la Russie, comme la Chine, espérant son éviction, appuient la démagogie du Mouvement 5 étoiles.

Il y a donc fort à parier que cet homme soit bien celui dont l’Italie, l’Europe et l’esprit de démocratie avaient besoin.

Reste seulement à espérer que cette démocratie engluée dans ses intérêts sordides, la même que celle qui, en Grèce, a exécuté Socrate, ne manifeste une fois encore son incapacité à gérer ses besoins.

Revenons en France.

Nous ne sommes pas encore assez malades pour découvrir en un seul homme la conjonction de toutes nos exigences, ou du moins, de celles qui nous sont nécessaires.

Les circonstances ne l’ont pas encore permis.

Tant que nous serons capables de jouer avec nos institutions pour faire taire toute velléité d’autorité et d’offrir le pouvoir de nuisance à qui sera toujours incapable d’assumer le pouvoir de décider, nous resterons impotents.

Il en est ainsi d’un pouvoir législatif qui professe que la liberté ne s’exprime que dans l’opposition, jamais dans l’adhésion.

Nous sommes à la recherche d’un « Cincinnatus » révocable « ad nutum ».

Évidemment, il n’existe pas. Alors la France se décourage, refuse en bloc toute contrainte et impute au pouvoir exécutif qu’il vient pourtant de confirmer la responsabilité de ses propres carences.

L’engrenage est enclenché. Comme en Italie.

A la différence près qu’en France ce sont les trois oppositions, et pas seulement un mouvement cinq étoiles devenu minoritaire, qui sont porteuses du virus.

Et qu’il est bien difficile de croire encore aux circonstances qui favoriseront l’éclosion d’une conscience politique d’intérêt national.

A moins que, comme en Italie, la crise aidant, quelques individus renoncent à leurs bisbilles et fassent à la France le don d’un Parlement providentiel.

On veut y croire, ou en rêver…

Rendez-vous est pris.

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2 réflexions sur « Providentiel »

  1. « M. Charles de Gaulle aurait dit : « Je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes, je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes, et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent. »
    Charles De Gaulle disait les partis politiques sont bel et bien une catastrophe pour la nation ! = Cliquez pour écouter l’analyse = https://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00322/critique-du-regime-des-partis.html

    1. Regardez, écoutez “SIMONE WEIL philosophe ne pas confondre avec Simone Veil la politique – Pourquoi il faut supprimer les partis politiques. Comme elle a raison….!!! ETONNANT QUE SON ANALYSE DES PARTIS POLITIQUES NE SOIT PAS PLUS CONNUE !! Son analyse est excellente et prêche pour Des valeurs…la gouvernance du PEUPLE SOUVERAIN…DANS UNE VRAIE DEMOCRATIE… Cliquez pour écouter = https://www.youtube.com/watch?v=Pg0qv0kIaKo

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