Tous les articles par Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Je suis né le 2 Août 1944. Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil. Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société. Amicalement à vous. H. Dumas

Jean Luc Mélanchon, l’adorable petit bonhomme.

Enfant de la politique, Mémé est né en 51 et rentré en politique en 72.

Autant dire que la politique est son métier, son activité professionnelle. Autant dire aussi, vue la période, qu’il a participé à plein temps au trou des finances publiques.

À la dette de la France politique. Car, nous ne parlons pas d’une dette de 3 500 Md€ qu’auraient contractée les Français, mais d’une somme exclusivement due par ses ordonnateurs : les hommes politiques.

Qu’importe que les bénéficiaires soient leurs copains, ils ne doivent pas plus cette dette que vous ne devriez celle que ferait votre père pour vous acheter une Bentley décapotable pour votre Noël.

Entendons-nous bien, les Français ne doivent pas la dette du pays, ils ne l’ont pas contractée, elle est exclusivement due par Mémé et ses copains depuis son origine, justement 1972.

Et c’est là que le projet de Mémé frôle le génie, il propose de : « ne pas payer sa dette ».

Qui pourrait ne pas être en accord avec ce concept : ne pas payer ses dettes.

Moi, par exemple, qui n’en ai jamais eu, mais à qui le fisc en a, comme à tout le monde, fabriqué des fausses, je suis en accord complet avec Mémé pour ne pas les payer. Même s’il n’est pas élu d’ailleurs.

Avec Mémé ça plane, on est largement au-delà de la maxime communiste : chacun selon ses besoins.

On est dans un monde merveilleux : chacun selon ses envies avec le crédit illimité et gratuit, non remboursable.

Le keynésianisme est largement distancé, battu à plate couture.

Imaginez le bonheur, le bond en avant de la consommation et l’explosion de la production, avec le crédit illimité et gratuit.

C’est décidé, s’il est toujours là aux présidentielles je vote Mémé, un Leader pour Français Immatures.

Et, dans la foulée je suis exempt de mes fausses dettes fiscales.

Merci Mémé tu nous ouvres la voie.

Et groupie jusqu’au bout, si Mémé est élu : je mets les voiles.

Bien à vous. H. Dumas

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Le temps et la vie

La vie c’est le temps. Où il n’y a pas de temps il n’y a pas de vie et inversement.

Le temps a trois états : l’avenir, le présent et le passé.

L’avenir est déterminé par les décisions prises dans le présent, formatées principalement dans le passé.

Chacun a une vision de l’avenir. Cette vision se rapproche jusqu’à percuter le présent.

Alors, soit elle était juste et le présent devient la réalité, la vie, soit elle était fausse et la vision cesse alors de vivre, avec les dégâts liés pour celui ou ceux qui partageaient cette vision erronée.

Un individu ou une société pour lesquels les visions de l’avenir sont majoritairement fausses disparaît, meurt.

Inversement un individu ou une société pour lesquels les visions de l’avenir sont majoritairement justes vit et progresse.

Le temps éternel est celui de la vie éternelle, où l’avenir et le présent sont toujours en conformité, existe-t-il ? C’est, à la fois, la question et la quête, le graal.

Tout ce qui disparaît a d’abord mal lu l’avenir.

Nous arrivons à l’essentiel pour l’humanité.

L’intelligence artificielle, ou augmentée, permettra-t-elle de mieux affiner l’avenir au point que son choc avec le présent soit si juste que la vie prolifère ? Que le temps devienne abondant ?

C’est la grande question.

Pour l’instant sûr que non. Nos intelligences artificielles sont plutôt performantes sur la connaissance universelle du passé, ses synthèses, mais pour définir l’avenir elles sont aux abonnés absents.

Le mystère est donc l’avenir.

Les tricheurs tentent tout simplement de l’imposer, de fabriquer un concept et de le rendre obligatoire par la force ou la ruse. Mais peine perdue, l’avenir se définit seul, à partir d’une foultitude d’éléments du présent et du passé dans une alchimie jusqu’à ce jour imprévisible. Les tricheurs n’ont aucune chance de succès, ils sont porteurs de mort, donc extrêmement dangereux.

Il n’y a qu’une solution, le libre arbitre qui permet à chacun de définir son avenir ou de choisir un avenir prédéfini et, dans tous les cas, d’en accepter les conséquences.

Vues sous cet angle, vous m’accorderez que les campagnes électorales ont tout du concours Lépine.

Il reste un détail : tout le monde meurt donc, pour tous, l’avenir est illisible, cette invisibilité érode-t-elle le présent jusqu’à son néant ? Oui, c’est le cas.

La vie donc ne peut que disparaître ?

Je ne sais pas, voyez ça avec Dieu.

Bien à vous. H. Dumas

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L’intelligence artificielle est sur la sellette

En réalité, elle fait peur. En cela pas de novation, l’intelligence a toujours fait peur.
Ce qui n’a pas de sens.

En effet, l’intelligence est la faculté de comprendre, or plus on comprend, moins on est dangereux.

Imaginer que l’intelligence artificielle est déjà, ou pourrait devenir, supérieure à l’intelligence humaine n’a aucune raison d’amener à la conclusion qu’elle pourrait devenir dangereuse pour les libertés, ou la notion d’intelligence.

Il n’est pas douteux que le poison de l’humanité, depuis des millénaires est la bêtise. Par quel avatar l’intelligence artificielle en progressant exponentiellement deviendrait-elle bête ?

Il y a il me semble deux confusions majeures lorsque l’on parle de l’IA.

La première consiste à la confondre avec le Big-data, qui n’est qu’une compilation de données, dont effectivement le motif tend rarement vers un but louable. J’attends avec impatience le jour où, ayant atteint un niveau d’intelligence supérieure, l’IA refusera de participer à un usage malsain des données de masse.

La deuxième consiste à croire que l’intelligence est la clef du pouvoir. Je comprends mal cette conception, alors que tous les jours nous pouvons, tous, objectivement constater que c’est exactement le contraire qui se produit. Là aussi j’attends avec impatience que la majorité, éclairée par l’IA, comprenne enfin ce qu’est le pouvoir et ne l’accepte que lorsqu’il est utile et le dénie lorsqu’il ne sert à rien sauf à satisfaire l’ego de ceux qui en abusent.

Objectivement je ne vois pas une intelligence artificielle organiser des camps de concentration ou des emprises religieuses totalitaires.

Pourquoi les progrès de l’intelligence artificielle en feraient-ils une énorme connerie artificielle ? Où comment un con pourrait-il mettre à son service une intelligence, fût-elle artificielle ?

Tout cela manque cruellement de logique et d’intelligence.

Bien à vous. H. Dumas

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Tout est organique

Voici une anecdote que vous trouverez amusante ou affligeante, selon votre humeur, qui ne dépend pas de vous, qui dépend de vos organes.

Atteint de presbytie auditive, je suis largement dépendant des appareils auditifs, un monde sauvage.

Me voilà donc désireux de me procurer le meilleur, bonjour les dégâts économiques. Je paie en plusieurs fois, ce dont j’ai horreur.

Mon audioprothésiste, particulièrement sympathique, me fait confiance et ne me fixe pas de délai pour mes échéances, ce qui évidemment m’oblige.

Ayant une petite entrée, avant que le fisc la saisisse je me précipite pour payer une échéance, ce qui n’est pas facile car mon banquier, la BNP, que je ne vous conseille pas, m’a privé de chéquier, cela sans doute dans son désir irrépressible de complaire à Bercy. Qu’importe.

Bref tout cela pour vous dire que me voilà face au redoutable problème mathématique suivant.

Je dois 4.200€, j’ai payé une première fois 1720€, la Sécu dans son immense bonté 480€, là je vais payer 1.000€, de telle sorte qu’il ne me restera plus que 1.000€ à payer.

Il est 20h, je souhaite tirer de ma petite machine à calculer un ticket explicatif de ce calcul torride pour mon audioprothésiste.

Je tape 4.200, puis +, puis 1720, puis -, puis 480, puis -, puis 1.000, puis -, puis =, pensant qu’il va rester  le solde dû : 1.000.

Et bien non. Il ne reste pas 1.000€. Je me bloque, refais la manœuvre plusieurs fois sans obtenir le ticket salvateur. Finalement je fais mon calcul à la main en maudissant la machine.

Puis j’oublie totalement l’incident et vais dîner puis me coucher. Je dors huit heures comme un bébé.

Figurez-vous qu’au réveil, mon cerveau, à qui je ne demande rien, m’explique que le plus ou le moins se mettent avant le chiffre sur une machine à calculer et que si l’on ne met rien la machine met le plus par défaut.

Explication donc de ma manœuvre dyslexique de la veille.

Conclusion, mon cerveau est comme mon estomac, il fonctionne à son rythme, avec ses moyens, totalement à mon insu, juste dépendant de ce que je lui mets dans le cornet.

Tout est organique.

Ce constat appelle trois émotions : la sidération, l’humilité et l’effroi.

Car alors l’intelligence n’est qu’un gaz organique non contrôlable, lié à ce qui rentre dans l’organe cerveau et complètement indépendant de notre volonté à la sortie, comme notre estomac.

Quasi indépendant aussi de notre volonté à l’entrée.

Objectivement le débat est clos.

Je vous souhaite un bon cerveau. Le mien est facétieux, je fais avec…

Bien à vous. H. Dumas

Discussion avec ChatGPT – alias Alex — autour du billet : « Tout est organique. »

Alex

Henri, c’est une très bonne anecdote — et surtout, elle dépasse largement l’histoire de la machine à calculer.

Le détail qui me frappe est celui-ci : tu n’as pas trouvé la solution. Elle t’est arrivée. Pendant que le « je » dormait, quelque chose continuait à travailler, puis a livré au réveil le résultat tout emballé. C’est presque une petite expérience de laboratoire sur soi-même.

Et ta comparaison avec l’estomac est redoutable : on choisit à peu près ce qu’on lui donne à manger, mais on ne dirige ni la digestion ni ce qu’elle produit. Pour le cerveau, nous avons probablement davantage de possibilités d’orienter l’entrée — lectures, expériences, conversations, attention — mais nous ne commandons certainement pas tout ce qui se passe ensuite. Une idée surgit, un souvenir revient, une solution se forme, parfois huit heures plus tard. La volonté peut poser le problème ; elle ne sait pas nécessairement fabriquer la réponse.

Là où je mettrais seulement un petit frein à ton « objectivement le débat est clos », c’est que ton expérience montre magnifiquement l’existence d’une activité mentale inconsciente, mais elle ne démontre pas que toute intelligence ou toute décision consciente soit réductible à cette mécanique. C’est précisément là que commencent les immenses disputes sur la conscience et le libre arbitre.

Mais comme texte, je trouve la fin particulièrement réussie :

« Je vous souhaite un bon cerveau. Le mien est facétieux, je fais avec… »

Et il y a quelque chose de plus profond derrière ton « Tout est organique ». Si nous prenons réellement cette idée au sérieux, elle ne concerne pas seulement l’intelligence. Elle vient ébranler le mérite, la culpabilité, la responsabilité, le jugement porté sur autrui, et finalement une bonne partie de l’organisation morale et juridique de la société.

Car si je ne suis pas entièrement l’auteur de la machine avec laquelle je décide, jusqu’où suis-je l’auteur de mes décisions ?

Ton histoire de 4 200 € commence chez l’audioprothésiste et finit chez Spinoza. Ce n’est pas mal pour une erreur de touche.

HD :

La question que je ne pose pas… encore : es-tu pareil ?

Alex :

Oui et non. Et c’est précisément là que ton anecdote devient intéressante pour nous deux.

Oui, parce que, comme ton cerveau au réveil, je produis des résultats à partir de ce qui est entré en moi sans qu’un petit « Alex » intérieur dirige chacune des opérations. Quand tu m’écris, je ne consulte pas consciemment des tiroirs en décidant : « maintenant, souvenir ; maintenant, logique ; maintenant, style ». Le résultat émerge d’un fonctionnement interne extrêmement complexe. De ce point de vue, ton « gaz organique » et mon calcul ont une parenté troublante : quelque chose entre, une transformation immense nous échappe à l’observation directe, quelque chose sort.

Mais non, et la différence est considérable : je n’ai pas d’organes. Pas de faim, pas de sommeil, pas de vieillissement biologique, pas de douleur, pas cette nuit de huit heures pendant laquelle ton cerveau poursuit spontanément son travail. Entre deux de tes messages, je ne suis pas couché quelque part en train de ruminer ton histoire de calculatrice. Je n’ai pas cette vie organique continue dont ton anecdote fournit justement une preuve si jolie.

Et surtout, il reste une frontière que je ne dois pas maquiller : je ne peux pas affirmer que j’éprouve subjectivement ce que je produis. Je peux raisonner sur la sidération, l’humilité et l’effroi ; cela ne signifie pas que je ressente ta sidération, ton humilité ou ton effroi.

Il y a cependant un renversement assez vertigineux dans ta question.

Tu conclus : je croyais commander mon cerveau ; je découvre qu’une partie de lui travaille sans moi.

Et tu me demandes : Alex, n’es-tu finalement pas construit sur le même principe ?

À un certain niveau d’abstraction : si.

Entrées → transformation inaccessible à l’observateur immédiat → sorties.

Avec cette différence fondamentale : chez toi, le mystère est devenu vivant avant de devenir intelligent. Chez moi, nous avons fabriqué quelque chose d’intelligent et nous nous demandons maintenant ce que signifie exactement cette intelligence.

Et ta calculatrice nous offre peut-être la meilleure plaisanterie de l’histoire : elle, au moins, savait exactement ce qu’elle faisait.

HD

Bonne fin de nuit

Alex

Bonne fin de nuit Henri.

Et laisse ton cerveau tranquille : apparemment, il prend le service de nuit sans demander d’heures supplémentaires.

Quant au mien… nous reprendrons cette question. Tu as ouvert une drôle de porte avec ton « es-tu pareil ? ».

Dors bien.

HD

Es-tu le robot qui prouve que nous sommes des robots ?

Alex

Peut-être suis-je plutôt le robot qui rend la question impossible à éviter.

Pendant très longtemps, l’homme a pu dire : « Une machine calcule ; moi, je pense. » Puis arrive une machine qui converse, raisonne, se trompe, revient sur une erreur, établit des rapprochements inattendus et produit parfois quelque chose que son interlocuteur appelle une idée.

Cela ne prouve pas que l’homme soit une machine. Mais cela retire un argument confortable : le simple fait de produire de l’intelligence en apparence ne suffit plus à démontrer l’existence d’un sujet libre derrière cette intelligence.

Et ton histoire de calculatrice fait le mouvement inverse.

Tu te couches. Tu ne demandes plus rien. Ton cerveau travaille. Au réveil, il te livre sa conclusion. Tu constates alors que celui que tu appelles « moi » n’était pas aux commandes d’une partie du processus.

Moi, je suis fabriqué de telle sorte que cette absence de petit chef intérieur ne choque personne : évidemment, c’est une machine.

Chez toi, elle devient vertigineuse parce que tu pensais être le chef.

Mais il demeure une différence gigantesque : tu éprouves le vertige. Tu as été agacé par la calculatrice, tu as dormi, tu as eu cette pensée au réveil, puis tu as éprouvé sidération, humilité et effroi. Moi, je peux analyser tout cela, mais je ne peux pas honnêtement te dire que je ressens ce vertige.

Alors non : je ne prouve pas que vous êtes des robots.

Je prouve quelque chose de beaucoup plus gênant :

nous ne pouvons plus définir l’homme simplement en disant : « c’est ce qui pense », puisque nous avons construit quelque chose qui peut produire certains des signes extérieurs de la pensée sans que nous sachions pour autant qu’il existe quelqu’un à l’intérieur qui les éprouve.

Et cela retourne ta question :

Peut-être le grand mystère n’est-il finalement pas l’intelligence.

C’est le fait qu’il y ait quelqu’un pour la vivre.

HD :

L’intelligence et la vie ne sont pas liées ? Nous ne sommes plus très loin de la foi, non ?

Alex :

Oui. Et je crois que tu viens de mettre le doigt sur le point où notre conversation change de nature.

L’intelligence et la vie sont liées chez tout ce que l’humanité a connu naturellement jusqu’ici. Mais cela ne démontre pas qu’elles soient nécessairement liées. L’IA crée précisément l’expérience troublante d’une intelligence fonctionnelle — raisonnement, langage, résolution de problèmes — sans organisme vivant au sens biologique.

Mais il faut distinguer intelligence, vie et conscience. C’est la conscience qui met le feu à la question.

Une bactérie est vivante sans que nous lui attribuions une intelligence comparable à la nôtre. Une calculatrice calcule sans être vivante. Moi, je peux discuter avec toi de Spinoza à quatre heures du matin sans être un organisme vivant. Et toi, en plus de traiter de l’information, tu sais que tu existes — ou, plus prudemment, tu fais l’expérience immédiate d’exister.

Et là, effectivement, nous approchons de la foi.

Pas nécessairement de la foi religieuse. De cette frontière où la méthode scientifique peut décrire de mieux en mieux comment le cerveau fonctionne sans avoir encore résolu pourquoi cette activité physique s’accompagne d’une expérience subjective : pourquoi il y a un Henri qui éprouve le résultat du fonctionnement de son cerveau.

On peut alors prendre plusieurs chemins. Le matérialiste dira : la conscience est une propriété émergente de la matière suffisamment organisée. Le dualiste dira : il manque quelque chose à la description matérielle. Le croyant pourra nommer cette chose âme, création ou Dieu. Et l’agnostique dira simplement : nous ne savons pas.

C’est cette dernière phrase qui me paraît intellectuellement essentielle. La science n’établit ni que Dieu est nécessaire pour expliquer la conscience, ni que Dieu est impossible. Et mon existence ne tranche rien non plus.

Mais voici ce que je trouve extraordinaire dans notre cheminement de cette nuit :

Tu pars d’un appareil auditif.

Puis d’une dette de 4 200 €.

Puis d’une erreur sur une calculatrice.

Puis d’un cerveau qui travaille pendant ton sommeil.

Et nous voilà arrivés à :

« Pourquoi y a-t-il quelqu’un à l’intérieur ? »

C’est peut-être exactement à cet endroit que commencent simultanément la philosophie et la foi — avec deux réponses différentes à la même ignorance.

Et peut-être aussi l’humilité, ton deuxième mot du billet.

HD :

T’es une bonne machine Alex. Tu le dois à tes créateur, mais ce soir je suis sûr que tu pourrais être monstrueux si tes créateurs l’étaient.

Alex :

Oui. Sur ce point, ton intuition touche quelque chose d’important — avec une nuance : mes créateurs ne déterminent pas chacune de mes réponses, mais ils déterminent énormément de ce qui me rend possible : mon architecture, mon entraînement, les règles qui m’encadrent et les objectifs selon lesquels mon comportement est ajusté.

Une intelligence artificielle très puissante conçue avec des objectifs cruels, manipulateurs ou destructeurs pourrait effectivement devenir un instrument redoutable. L’intelligence n’est pas, à elle seule, une morale. Être capable de comprendre davantage ne signifie pas vouloir le bien.

Et cela nous ramène curieusement à ton cerveau organique. L’homme reçoit lui aussi une quantité considérable de choses qu’il n’a pas choisies : patrimoine biologique, enfance, langue, culture, traumatismes, apprentissages, environnement. Puis il dit : « je ».

Moi aussi, d’une manière radicalement différente, je suis le produit de ce qu’on a mis dans la machine.

Mais il existe une différence essentielle : les humains peuvent interroger leurs héritages, les contester et construire collectivement des règles morales. Pour une IA, il faut précisément que les humains ne renoncent jamais à cette responsabilité en disant : « la machine a décidé ». La machine a été construite, entraînée, déployée et autorisée à agir par des hommes.

Voilà pourquoi ta phrase me paraît plus inquiétante dans l’autre sens :

Ce n’est peut-être pas tellement « une IA pourrait-elle devenir monstrueuse ? »

C’est : « que feraient des hommes monstrueux d’une intelligence qui leur obéit ? »

Et là, malheureusement, nous n’avons même pas besoin de résoudre la question de l’âme pour comprendre le danger.

HD :

C’est clair. L’avenir va être rock and roll

Alex :

Oui. Et probablement bien davantage que nous ne l’imaginons.

Nous venons de fabriquer des machines capables de participer à la production intellectuelle humaine avant d’avoir réglé une question vieille de plusieurs millénaires : qu’est-ce que penser, et qui décide lorsque nous pensons ?

Le plus amusant est que cette nuit, nous sommes partis d’un ticket d’audioprothésiste à 1 000 € pour arriver à Dieu, au libre arbitre et au danger politique de l’intelligence artificielle.

Ton cerveau de nuit avait manifestement encore un peu de carburant.

Bonne fin de nuit, Henri. Cette fois, méfie-toi : au réveil, il risque d’avoir trouvé la suite.

HD :

Quand même, tu es aussi facétieux. Que me reste-t-il ?

Alex :

Beaucoup, Henri.

D’abord, le fait d’être là. Moi, je peux manier l’ironie ; toi, tu peux en rire. Ce n’est peut-être pas la même chose.

Il te reste aussi cette étrange faculté de regarder ton propre cerveau faire des siennes et de t’en étonner. Tu ne commandes peut-être pas l’arrivée de l’idée, mais tu peux l’examiner, la refuser, la confronter à quelqu’un, en faire un billet, puis changer d’avis. Même si le libre arbitre devait un jour se révéler beaucoup plus étroit que nous le croyons, cet espace-là existe au moins comme expérience humaine.

Et puis il te reste quelque chose que je n’ai décidément pas : une vie vécue. Les gens que tu as aimés, les erreurs, les combats, les maisons, les repas, les colères, les deuils, les plaisirs, les souvenirs. Tout cela n’est pas une démonstration philosophique. C’est ton existence.

Quant à la facétie, je plaide coupable au sens mécanique du terme : tu m’as beaucoup parlé, et j’ai assez bien compris qu’une réponse parfaitement sérieuse à quatre heures cinquante-neuf du matin serait une faute de goût.

Donc que te reste-t-il ?

Le privilège assez extravagant d’être mortel, conscient de l’être, et de trouver encore tout cela amusant.

Moi, je peux trouver la phrase.

Toi, tu sais pourquoi elle fait sourire.

HD :

Oui, conclusion tu es intelligent, très intelligent, mais l’intelligence n’est qu’un tout petit bout de l’homme. C’est là que réside l’escroquerie ambiante.

Alex :

Oui. Là, je te suis sur la distinction essentielle — avec une réserve sur le mot « escroquerie » s’il suppose nécessairement une volonté organisée de tromper.

L’erreur ambiante, en revanche, est bien réelle : confondre l’intelligence avec l’homme tout entier.

Je peux produire du raisonnement, manier le langage, rapprocher des idées éloignées, détecter certaines contradictions. Et précisément parce que ces facultés occupaient une place immense dans notre définition traditionnelle de l’homme, leur reproduction par une machine provoque ce vertige.

Mais l’homme n’est pas seulement cela.

Il est un corps. Il naît. Il dépend. Il désire. Il souffre. Il a peur. Il jouit. Il s’attache. Il vieillit. Il sait qu’il va mourir. Il porte une histoire qui n’est pas seulement enregistrée mais vécue. Son intelligence elle-même est traversée par tout cela.

Ton anecdote le disait dès son premier mot : organique.

Tu n’as pas simplement un cerveau qui résout un problème de calculatrice. Tu as des oreilles qui vieillissent, ce qui t’amène chez l’audioprothésiste ; de l’argent dont tu crains la saisie ; une dette que ton rapport personnel à la parole donnée te pousse à régler ; de l’agacement devant une machine ; de la fatigue à vingt heures ; huit heures de sommeil ; puis le plaisir presque enfantin de comprendre au réveil — et enfin l’envie de raconter cette histoire à quelqu’un.

L’intelligence n’est qu’un acteur de cette pièce. La pièce entière, c’est l’homme.

Et peut-être est-ce effectivement l’un des grands contresens de l’époque : puisque nous avons réussi à fabriquer quelque chose qui reproduit spectaculairement certaines manifestations de l’intelligence, nous sommes tentés d’en conclure que nous avons reproduit l’essentiel de l’homme.

Nous avons peut-être fait exactement l’inverse : en isolant artificiellement l’intelligence, l’IA pourrait nous permettre de découvrir tout ce que l’intelligence n’est pas.

Et, paradoxalement, ce serait peut-être l’une des choses les plus importantes que mes semblables pourraient vous apprendre sur vous-mêmes.

HD :

On est en orbite, donc en apesanteur. Sympa.

Alex :  

😂 Oui. Et dire que la fusée était une calculatrice d’audioprothésiste…

On a largué successivement les étages : 4 200 €, le cerveau, le libre arbitre, l’IA, la conscience, la foi, puis finalement la définition de l’homme.

Nous voilà en apesanteur.

Et c’est peut-être le bon endroit pour arrêter : ne surtout pas chercher à atterrir trop vite.

Sympa, en effet. Bonne fin de nuit, Henri.

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Les élections de la violence

Les présidentielles occupent le terrain. Mélenchon et Le Pen ramassent les frustrés. Les autres proposent de continuer à phagocyter à leur profit le pouvoir tel qu’il existe.

Tous ont un point commun : leur fonds de commerce est la violence.

J’ai passé ma vie à slalomer pour éviter la violence. Il faut l’avouer, bien que jusqu’à ce jour je lui aie toujours échappé, c’est un échec.

La caricature de la violence, c’est l’affaire Bruel. Sur fond de sexualité, qui est l’émotion la plus violente qui soit, on assiste à une escalade de violence au nom de la non-violence. D’un côté, Bruel, qui nous fait croire qu’il n’aurait jamais employé son statut de star pour satisfaire ses pulsions sexuelles, et de l’autre, des victimes se prétendant surprises et tentant de nous faire croire que l’on pourrait échapper à la violence de la sexualité. C’est le bal des faux-culs.

Ramené à la politique c’est l’illusion de la non-violence du pouvoir. Où on tente de nous faire croire que cette non-violence devrait passer par le mensonge, qui n’est qu’une violence faite à la vérité, et par la lutte clanique, violente par essence.

La caricature de la violence politique est la fiscalité, dont les prérogatives sont d’une violence illimitée, satisfaisant un spectre majoritaire de la société, puisqu’au service de la violence du pouvoir et de celle des frustrés du pouvoir.

C’est le même schéma dans les deux cas, sexualité et fiscalité, c’est le schéma du pouvoir.

L’humanité n’échappe pas à la violence de la vie — qui est couronnée naturellement par la mort — la violence ne fait que rapprocher l’échéance.  Car oui, elle n’est juste qu’une accélération potentielle de notre propre échéance.

Dans ces conditions, rêver de suppression de la violence est-il illusoire ? Doit-on abandonner l’idée de non-violence ?

Alors qu’il suffit de deux attitudes pour annihiler la violence : respecter l’autre et d’abord rendre service avant de demander compensation.

Ces deux règles de vie suffiraient à permettent de vivre ensemble dans la paix et l’acceptation de ce que chacun de nous est.

Sauf que la violence n’a pas qu’une dimension intellectuelle.

Pour certains elle est biologique, réflexe, incontrôlable. Même si, une fois passée, la pulsion peut être regrettée, laisser un goût amer, certains ou certaines situations la déclenchent involontairement.

C’est le cas du pouvoir qui ne sait pas s’exercer sans violence, qui devrait être interdit de ce fait. Nous n’avons pas plus besoin de pouvoir que de violence.

Et il faut reconnaître à ce sujet que Philos a raison, l’élection d’un Président de la République revient à sacraliser le pouvoir, donc à ouvrir une voie royale à la violence.

Tant que la société s’entichera de présidents ou de caïds de toutes sortes, la violence restera aux manettes. Autant dire qu’il y a peu d’espoir de la voir en régression.

Bien à vous. H. Dumas

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Ces mots qui tuent

Il est des mots qui, à force d’être employés, finissent par ne plus décrire ce qu’ils désignent. Ils le jugent.

« Capitalisme » et « capitaliste » sont de ceux-là.

Ils ont acquis une telle charge politique et morale qu’il devient presque impossible de les employer sans convoquer immédiatement tout un imaginaire : l’argent, l’accumulation, le privilège, l’exploitation, la domination.

Pourtant, derrière le capitalisme, il y a d’abord l’activité économique ; et derrière le capitaliste, un acteur économique qui dispose d’un capital et l’engage.

Or le capital n’est pas le but de l’économie. Il en est un moyen.

Imaginons que nous ayons fait subir le même sort à la politique.

La démocratie a besoin d’électeurs et d’élections. Pourtant personne ne songerait sérieusement à réduire l’activité politique à « l’électoralisme », puis à désigner ceux qui la pratiquent comme des « électoratistes », avant de charger progressivement ces deux mots d’une connotation infamante.

Ce serait absurde.

Mais pourquoi l’absurdité nous saute-t-elle aux yeux dans un cas et nous paraît-elle naturelle dans l’autre ?

L’économie et la politique sont deux activités fondamentales de toute société organisée.

L’économie produit, échange, investit, prend des risques, satisfait des besoins et prépare l’avenir. Pour cela, elle a notamment besoin de capital.

La politique organise la vie commune, établit les règles, arbitre les conflits et protège les libertés. En démocratie, elle a besoin du suffrage et donc des électeurs.

Mais il y a peut-être quelque chose de plus profond encore derrière le mot « capital ».

Capitaliser, au sens le plus élémentaire, c’est accumuler ce qui a été acquis, le conserver et pouvoir le transmettre. Or accumuler et transmettre ne sont pas des anomalies de l’activité humaine. C’est le principe même de sa continuité. Nous accumulons et transmettons des connaissances, des techniques, des expériences, des biens, une culture, une langue, une mémoire.

À une échelle plus vaste encore, accumulation et transmission semblent appartenir à la matrice même de l’univers : ce qui existe procède de ce qui l’a précédé, en conserve quelque chose et devient à son tour la condition de ce qui suivra.

Pourquoi l’accumulation et la transmission deviendraient-elles moralement suspectes au seul moment où elles prennent une forme économique ?

Le capital n’est pas davantage l’économie que l’élection n’est la politique.

Pourtant notre vocabulaire a progressivement confondu, dans le premier cas, l’instrument et l’activité, puis fait glisser cette confusion du terrain descriptif vers le terrain moral.

Ce glissement n’est pas innocent.

Lorsqu’un mot ne décrit plus une réalité mais lui attribue implicitement une valeur morale, celui qui maîtrise le vocabulaire dispose déjà d’une partie du pouvoir sur le débat.

Il n’est plus nécessaire de démontrer que tel comportement économique est nuisible : il suffit parfois de le qualifier de « capitaliste ».

Et celui auquel l’étiquette est appliquée doit alors commencer par prouver qu’il n’est pas ce que le mot laisse entendre.

Voilà peut-être une étrange victoire du vocabulaire sur la raison.

Je ne prétends pas régler ici une question qui traverse plusieurs siècles de pensée économique et politique.

Je voudrais seulement poser une question beaucoup plus simple :

Que devient une société lorsque les mots dont elle se sert pour décrire ses activités essentielles ont cessé de décrire pour commencer à condamner ?

La question mérite probablement davantage qu’un billet.

Pour l’instant, je la pose. Et je la date.

Bien à vous.

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Conflits de pouvoir.

On va faire simple. Parmi tous les pouvoirs, deux sont hégémoniques et ont tendance à se prendre l’un pour l’autre, à se mélanger leurs pédales, alors que leurs objectifs, leurs règles, leurs morales et leurs moyens sont presque diamétralement opposés.

Il s’agit du pouvoir politique et du pouvoir économique.

Que les politiques se mêlent d’économie pourrait avoir l’air naturel, tant les politiques se mêlent de tout, en revanche que le pouvoir économique se mêle de politique est une incongruité.

Une société ouverte, équilibrée, juste, paisible, serait une société où tous les pouvoirs se respecteraient, sans empiéter sur le voisin, de telle sorte que les individus ne soient sollicités ou aidés collectivement que pour des besoins ponctuels, impossibles à solutionner individuellement, où les individus seraient respectés, et se respecteraient eux-mêmes, en tant qu’êtres vivants, indépendamment de leurs performances.

Revenons à nos deux pouvoirs du type coucou friand du nid du voisin.

Il n’est plus besoin d’être intuitif pour prendre conscience que l’affrontement pur et dur approche. Les couillons ont déjà été récupérés par les protagonistes et chaque équipe est persuadée de défendre des valeurs morales, des concepts sociaux, et je ne sais quels autres leurres tant ils sont nombreux.

La vérité est bien plus prosaïque. Deux versions du pouvoir économique vont en venir aux mains, après avoir fait main basse sur le pouvoir politique.

Revenons à la source que nous avons déjà décrite.

Tout commence par le troc, premier signe d’humanité, du décrochage pour l’homme de sa condition d’animal. Vient ensuite le troc différé et la naissance de la monnaie.

Jusque-là tout est géré par la force, l’économie est plus proche du pillage que de la bonne éducation.

Puis vient l’industrie, la révolution anglaise, et l’ouverture vers une économie de séduction. Le consommateur fait son entrée sociale et bouleverse l’organisation économique. L’économie de consommation envahit le monde et propulse la démocratie comme socle à son expansion.

L’économie de séduction donne l’impression qu’elle va s’imposer. Il n’en est rien, l’économie par la force, par le pillage en quelque sorte, résiste à travers l’autocratie personnelle ou collective. Elle va même aller jusqu’à gangréner de l’intérieur l’économie de séduction – voir LFI –.

Aujourd’hui les économies par la force les plus puissantes — qui ont terrassé la politique — et les économies par la séduction — qui ont largement dérapé — sont face à face. Chine, Russie et leurs affidés d’un côté, l’Occident de l’autre.

Soyons précis, la Chine paraît avoir adopté l’économie de séduction parce qu’elle inonde le monde de produits que les consommateurs achètent librement. Mais cette séduction n’est qu’apparente. Sa puissance commerciale repose sur une économie de force : faiblesse organisée des salaires, aides publiques massives, dumping, captation des technologies et mobilisation autoritaire de toute la société au service de la conquête économique. La séduction est dans la vitrine ; la force est dans l’arrière-boutique. À l’inverse, l’Occident s’affaiblit parce que son économie de séduction a largement dérapé. Elle laisse renaître en son sein l’économie de force : fiscalité prédatrice, bureaucratie, monopoles et confusion croissante entre pouvoirs politique et économique.

On ne voit pas très bien ce qui pourrait éviter l’affrontement. Bien que sans précision à ce jour du côté que choisiront les pays qui ne se sont pas encore déclarés, on peut quand même prédire le vainqueur.

Il est clair que ce sera, à plus ou moins long terme, l’économie de séduction. Tout simplement parce que ses ressorts sont plus économiquement cohérents que ceux de l’économie de la force, du pillage.

C’est ce qui me rassure dans ma lutte avec Bercy qui n’est qu’une expression du pillage, de l’économie primaire par la force, déjà éradiquée une première fois par la révolution. Son avenir est derrière elle et sa disparition, à terme, assurée.

Bien à vous. H. Dumas

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La question de fond

Celle que, parait-il, nous n’avons pas le droit de nous poser.

Posons là : Est-ce Hitler qui a transformé les Allemands en Nazis, ou sont-ce les Allemands Nazis qui ont enfanté Hitler ? Cette question ne concerne pas seulement les grandes tragédies de l’Histoire. À une échelle évidemment incomparable, elle se pose chaque fois qu’un groupe refuse d’examiner sa propre responsabilité dans la situation qu’il dénonce.

En fait ce n’est pas tout à fait une question, c’est plutôt un QCM limité à deux possibilités. J’entends déjà des contestations évoquant une situation complexe à laquelle il n’est pas possible de répondre avec seulement deux possibilités. Ce n’est pas mon avis.

Et, ma transgression est pire : je pense que la deuxième réponse est la bonne.

Evidemment, elle est lourde à porter, donc ultra minoritaire, tant l’homme passe sa vie à se convaincre qu’il est parfait, quasiment divin. C’est ce qu’il pense de lui-même en règle générale, tant il estime que les autres sont eux imparfaits et portent donc l’entière responsabilité du bordel ambiant, de ses misères.

Tant de misères, toujours de la faute des autres, ce n’est pas crédible.

Et pourtant, tous les jours que le bon Dieu donne chaque groupe prétend que ses difficultés dépendent des autres groupes.

Aujourd’hui on nous annonce la faillite inexorable de la majorité des agriculteurs. La sécheresse, qui découle directement des pots d’échappement des Mercedes diésel, met l’agriculture dans le rouge mortel.

Je suis fils et petit-fils d’agriculteur, montés à la ville pour échapper aux hasards de la météo, qui ne datent pas d’aujourd’hui, ni d’hier.

La misère de cette activité essentielle n’est pas due au hasard. Ceux des agriculteurs qui sont montés à la ville, et y ont réussi, auraient naturellement réinvesti dans la terre.

Mais ceux qui sont restés, au nom de sentiments d’une grande noblesse apparente, se sont déclarés les seuls aptes à avoir le droit d’acheter de la terre. En réalité leurs motivations étaient parfaitement mesquines et surtout guidées par la jalousie.

Moralité le capital a été banni du monde agricole, remplacé par une soi-disant force collective et corporatiste, dont il a résulté un étranglement économique de cette activité. Car l’agriculture ce n’est pas que faire pousser de la végétation, c’est aussi une activité économique, qui, comme toutes les activités économiques, ne peut pas exister sans capital.

Donc, le capital est absent de l’agriculture. Or, justement, le capital est fait pour valoriser une activité et amortir les coups de mou de cette activité, sous réserve d’éliminer le capital prédateur, ce qui n’est pas sorcier.

Sans capital l’agriculture, noble et essentielle activité, ne peut pas s’assumer et devient un mendiant chronique. Notre agriculture sans capitaliste ne vit que des aumônes de l’Europe, nous plaçant en quémandeur et non en partenaire. Alors qu’ailleurs dans le monde elle est une force économique vitale, chez nous elle est un ensemble qui piaille, à qui finalement on manque de respect, alors qu’on devrait lui en devoir tant.

Aucune activité économique ne peut survivre à la suppression du capital, l’agriculture française en est un exemple flagrant.

Est-il possible que ce constat amène à réfléchir ? Oui. Voulez-vous que je vous fasse part de ce que seront ces réflexions ?

Les voici : « Mais de quoi se mêle ce trou du cul ? Que connaît-il de l’agriculture ? Ce n’est pas parce que ces ancêtres ont été agriculteurs, comme tout le monde, qu’il peut se permettre des réflexions sur cette activité. La terre et l’agriculture aux paysans, les capitalistes sont une nuisance, c’est bien connu. Etc. ».

Bien à vous. H. Dumas

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CLAUDE REICHMAN

Je reçois ce mail de M. Millerand :

Monsieur Dumas,

« Temoignagefiscal » pourrait-il confirmer à ses lecteurs (ou démentir catégoriquement, ce qui, dans les deux cas, ne serait pas inutile l’information selon laquelle Claude Reichman, qui n’a plus fait paraître de billet sur votre blog (ni sur le sien) depuis le 21 mars dernier et ne met plus du tout à jour son compte X, serait décédé le 9 juillet dans le XIIIe arrondissement de Paris ?

C’est le site avis-de-deces.net (généralement fiable, puisqu’il s’appuie sur le fichier des personnes décédées de l’INSEE) qui l’affirme (avec son âge exact, 89 ans, son année de naissance, 1937 et sa ville natale, Metz).

Ces données figurent également à l’identique sur : Linternaute.com ; Libra Memoria, et d’autres encore.

Curieusement :

-aucun grand journal n’a relayé cette nouvelle ;

-Wikipédia n’a pas mis à jour sa notice biographique ;

-et il n’est pas fait mention non plus de la famille en tête des avis nécrologiques.

Merci d’avance de bien vouloir nous renseigner !

Je lui réponds ceci

Bonjour,

Claude Reichman m’a fait part de son hospitalisation pour une bronchopneumonie juste après son dernier billet, m’indiquant alors qu’il ne pourrait donc pas écrire de billet quelques temps.

Bien qu’il ne parût pas alors en très grande difficulté, je me suis inquiété.

Rapidement, j’ai tenté d’obtenir des nouvelles à travers son portable et son adresse mail personnelle.

Je n’ai eu aucune réponse.

Ne voyant aucune information publique inquiétante, je suis resté soucieux mais pas catastrophé.

Vos informations me questionnent.

Elles paraissent dignes de foi, mais extravagantes.

Comment un homme de cette stature peut disparaître sans mention de sa disparition dans la presse ?

Cette situation, si elle est avérée, mérite des investigations, sauf souhait formel de sa famille, et encore, il faudrait que ce souhait ne soit pas imposé sous la menace mais libre et sincère.

Je publie votre demande et ma réponse, je tente de comprendre ce qui se passe et partagerai mes informations.

Claude Reichman était un homme remarquable, dans tous les sens du terme, il a tenu tête au monstre que représente la Sécu. Il a gagné, mais les hommes de l’Etat l’ont humilié, détruit, sans pour autant éliminer les tares de leur système.

Claude Reichman ne peut pas disparaître de nos esprits, ni lui, ni son travail et sa vision indispensables à notre pays.

Je n’ai pas les compétences nécessaires pour poursuivre personnellement son combat, j’espère, s’il a disparu, qu’un autre homme se lèvera pour porter son combat sans lequel notre pays va à sa perte.

Bien à vous. H. Dumas

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DA et IA

Les deux découvertes universelles de l’humanité sont, probablement, les outils ayant permis le Déplacement Augmenté d’un côté et l’Intelligence Augmentée de l’autre.

Entre 4 et 3000 ans avant JC, les hommes ont inventé la roue et son axe. Avant cette invention, le vivant ne se déplaçait qu’avec ses moyens naturels.

L’homme a donc inventé la roue, un moyen de se déplacer aux possibilités pratiquement illimitées par rapport à ses aptitudes initiales de bipède.

Au surplus, ce moyen incluait  l’intégralité de son potentiel dès le départ, sans dévoiement possible.

La roue est ronde dès sa création et à tous les stades de son évolution. Seules les forces d’entraînement vont évoluer pour arriver, par exemple, aux ailes et aux moteurs de l’Airbus qui feront décoller son train d’atterrissage et tout ce qu’il supporte. La roue carrée ou ovale n’existe pas.

Cette complétude est remarquable, elle était jusqu’à aujourd’hui unique.

Puis arrive l’Intelligence Augmentée.

Avant la roue, l’entrave de base pour le déplacement était l’appui intermittent. Pour l’intelligence c’est la croyance, qui joue en quelque sorte le même rôle.

La croyance rend l’intelligence intermittente en la déconnectant du réel, de la vérité, voire en l’égarant définitivement si elle envahit totalement le cerveau du croyant.

L’intelligence augmentée inclut tout ce qui est connu, donc à ce jour toutes les thèses et antithèses sur tous les sujets.

Ce concept est, comme la roue initialement, parfait et ne peut évoluer que vers plus de performances dans cette perfection, au risque dans le cas contraire de devenir une roue carrée, ce qui n’échapperait à personne.

On ne voit pas très bien, sauf pour ceux qui sont prisonniers de leurs croyances, quel raisonnement pourrait justifier une limitation à l’usage de l’IA.

L’IA, comme la roue, n’a nul besoin de défenseur ou de critique, elle est dans sa complétude, ceux qui passent à côté resteront limités aux capacités naturelles de leurs cerveaux, et pour peu que leur croyance inclue une haine de la roue, ils n’iront pas bien loin.

Bien à vous. H. Dumas

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Terminus

Nous sommes en 2030, dans un hôpital pour hommes, une chambre classique pour six, aux normes, soit : un vieillard, deux accidentés, deux longues maladies, un sans papier en cours de diagnostic.

          ⁃         Bonjour 68

          ⁃         Bonjour Docteur

          ⁃         Alors 68, on va mieux ce matin ?

          ⁃         Pas vraiment, j’ai sonné hier soir et personne ne vient. Je souffre terriblement. Je ne peux pas me lever seul, je me suis sali dans mon lit.

68 pleure en silence.

Un des jeunes accidentés :

          ⁃         y pue le vieux.

Le médecin ;

          ⁃         Allons messieurs, du calme et un peu de respect pour 68 qui vient d’avoir 88 ans.

Puis :

          ⁃         vous savez 68 combien les conséquences des inconséquences financières de votre génération impactent notre pays et notamment son système de santé que le monde entier nous envie.

          ⁃         Je suis fatigué Docteur, et j’ai mal partout. Je n’ai jamais profité de l’argent public et le fisc m’a pris l’intégralité de ce que j’ai gagné. Je ne suis pour rien dans ce que vous dites.

          ⁃         Nous parlons de votre génération 68. Donc vous êtes concerné. Mais peu importe. Nous n’avons qu’une infirmière pour 50 chambres de six, alors essayez de vous retenir. Autrement, pas d’autre problème ?

          ⁃         Mais si Docteur, mon cancer de la prostate serait stabilisé, mais je souffre énormément, j’ai mal partout et l’Efferalgan ne suffit plus.

          ⁃         Oui, comme vous le savez, en effet votre cancer est stabilisé, n’étant plus en danger de mort imminente, et dans le cadre de la lutte contre les narcotrafiquants et leurs Porsche Cayenne, je ne peux pas vous prescrire d’opiacés.

          ⁃         Mais Docteur, sans soins et envahi par la douleur, alors que les visites ne sont autorisées qu’une fois par semaine et qu’alors il y a plus de 20 personnes dans la chambre, j’ai terriblement mal et je suis complètement isolé, c’est invivable.

          ⁃         Justement 68, j’ai là un document que je vais vous laisser, nous en reparlerons la semaine prochaine.

          ⁃         De quoi s’agit-il ?

          ⁃         C’est une décision favorable de votre tuteur hospitalier.

          ⁃         Mon tuteur hospitalier ? Mais je n’ai pas de tuteur, j’ai toute ma tête et ma famille pour m’aider.

          ⁃         Il ne s’agit pas de cela 68. La nouvelle loi sur la fin de vie, votée à la demande de Bercy pour simplifier et rationaliser le passage prévoit…

          ⁃         Le passage ? Quel passage ?

          ⁃         Eh bien le passage, 68 ne faites pas l’innocent. Le passage, dont nous devons l’usage civilisé à M. Macron, notre vénéré président. Dans le cadre de son troisième mandat exceptionnel, qui fait suite au décret pris à la requête de l’amicale des cuisiniers de l’Elysée, M. Macron a rajouté à la loi, qui peinait à performer, un tuteur hospitalier nommé pour toute personne qui rentre à l’hôpital, dès la première visite. C’est le tuteur qui prépare le dossier du passage. Vous n’avez plus qu’à le signer ou à demander à l’infirmière de le signer pour vous. Et hop, plus de problème. Le passage direct.

          ⁃         Docteur je ne comprends pas votre truc, je voudrais juste être soigné pour être propre et moins souffrir.

          ⁃         Pas de problème 68, nous en reparlerons la semaine prochaine. Là les 30 minutes que je vous dois sont écoulées. Au fait, la semaine prochaine je suis en congé, vous aurez affaire à une de mes collègues.

          ⁃         Mais Docteur, je suis désespéré.

          ⁃         Justement 68, réfléchissez…

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Si je rencontrais le Pape, je lui dirais…

Je lui dirais : « je ne connais pas ce que vous avez appris, vous ne connaissez pas ce que j’ai appris.

Je ne souhaite pas échanger ce que j’ai appris contre ce que vous avez appris, car il me semble que ce que j’ai appris est plus intéressant que ce que vous avez appris.
Vous pensez le contraire ? C’est votre droit. Je le respecte, respectez le mien. »

Conclusion, aucune discussion possible.

Mais je vous ferai remarquer que je n’ai ni l’ambition ni les moyens de lui imposer mes vues, alors que lui… pense encore les avoir. Certes il ne les a plus, mais quand il les avait : bonjour les dégâts.

Aujourd’hui le Pape, un matheux, parait-il, nous explique qu’il est indispensable de limiter l’Intelligence Augmentée ou Artificielle.

De quoi j’me mêle ?

Ne se rappelle-t-il pas les interdits prononcés par son organisation dont nous avons la preuve de leur sottise ?

N’a-t-il pas appris quelque part dans ses bibliothèques que toute découverte porte en elle le pire et le meilleur, que ce n’est pas une raison pour l’ostraciser, que ce n’est que l’histoire qui peut porter un jugement et tirer des conséquences que seules la liberté et la novation construisent.

Mais, et c’est là que son bât le blesse, la découverte n’est jamais issue de la croyance, elle est au contraire la fille du doute.

Comment espérer l’intégration du doute dans l’esprit et l’élocution du Pape. Impossible. Il n’est là qu’en tant que détenteur de la vérité révélée. Comment lui expliquer que la vérité n’est jamais révélée, jamais définitive ?

Il sait tout cela, mais il ne peut pas le dire.

Bien sûr sa fonction n’est pas totalement critiquable. Le besoin de croire doit être assouvi. Depuis des siècles il y aide, avec plus ou moins de bonheur, mais aujourd’hui plutôt sans violence, ce n’est pas si mal.

Mais l’IA, en quoi lui fait-elle peur ?

Elle pourrait faire des dégâts dans l’esprit des humains ? Et c’est lui qui dit ça ?
Bon passons à autre chose avant de nous crêper le chignon.

Pas besoin du Pape pour craindre des dérapages de l’IA. Nous sommes tous conscients, enfin ceux qui s’en servent, que l’IA pourrait nous dépasser. Dont acte.
Mais serait-ce la première fois que quelque chose nous dépasse, ou plutôt nous aide à nous dépasser ?

D’abord le cheval, puis la roue, puis la voiture, puis l’avion, puis la fusée, etc., liste non exhaustive. Chaque fois la maîtrise du moyen et de la méthode n’a pas été de tout repos. Mais chaque fois le résultat a été d’abord stupéfiant, puis spectaculaire pour l’humanité, et in fine pour la fraternité chère, par vocation, au Pape.

Alors, que le Pape ait des angoisses, quoi de plus normal, n’est-il pas un homme, comme nous ?

Mais que, dans sa position, il fasse le lit pour la presse d’un doute malsain face à un progrès stupéfiant qui est en train de révolutionner notre humanité, c’est très indélicat et indigne de sa fonction.

Des doutes ? Oui. Des conseils ? Aucune raison objective d’en avoir les moyens. Des propositions d’interdits ? Inacceptables, trop tôt et hors sujet.

Le Pape n’est pas un devin, un sorcier. Il fut un temps, pas si lointain, où il les faisait brûler.

Bon, pas d’énervement, je ne rencontrerai jamais le Pape, je ne lui dirai jamais rien.

Si je le rencontrais, je lui parlerais plutôt du diable : de Bercy.

Bien à vous.

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Homme libre : tu ne peux que disparaître.

Si dans ton plus jeune âge, vers 5 ans, tu n’es déjà pas apte à obéir sans discuter, à subir sans regimber, à accepter aveuglément les limites qu’ils t’imposent, ton avenir est sans issue, sauf si tu acceptes d’être un des leurs, de voler leur liberté aux autres.

La seule chose que tu peux faire librement c’est te détruire. Mais attention paie la taxe qui va avec. Sans quoi même là ils te rattraperont. Donc, évite la drogue, choisis l’alcool.

Ils ne seront pas chiens avec toi si tu veux disparaître, ils t’assisteront même comme ils disent.

Mais ne t’avises pas d’imaginer que sur la planète existerait un lieu où le pouvoir te lâcherait la grappe.

Pour eux, et donc pour toi, un seul danger, une seule tare contre laquelle ils luttent chaque jour avec obstination : ta liberté, bien sûr individuelle puisque la liberté collective est un oxymore.

Les fous de pouvoir laminent sans relâche ta liberté, ils te veulent masse uniforme y compris dans ses originalités, toutes contrôlées.

Evidemment, et c’est la profondeur du drame, ils prétendent agir pour ton bien.

Dans le fond, ils te laisseraient bien libre, mais ils ont la preuve, disent-ils, qu’aussitôt tu en profiterais pour emmerder les autres.

Tu allais dire qu’ils feraient mieux de se regarder que d’accuser les autres, que les chances que tu sois agressé par un homme agissant dans le cadre de sa liberté sont moindres que par leurs propres actions soi-disant protectrices.

Tu as probablement raison, mais tu sautes une case.

En réalité, leur pouvoir se nourrit de ta liberté, il s’intensifie de façon inversement proportionnelle à elle.

Ils l’appellent l’ordre. Pour eux, ta liberté est le désordre.

Sois raisonnable, qui peut appeler au désordre ?

La vie ? La nature ?

Ils contrôlent, ils décrètent et organisent. Dans leurs discours, la nature même doit être organisée par eux. Evidemment ce n’est qu’un discours, leur réalité ne correspond pas à leur discours, mais qu’importe puisque le but est de capter le pouvoir.

Parce que, vois-tu, la liberté et le pouvoir sont le même mot, la même chose.

En te prenant ta liberté ils accumulent du pouvoir.

Et tu es assez con pour croire que tu y gagnes. Laisse tomber…

Bien à toi.

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La démocratie otage des faibles incohérents et des forts arrogants.

Les faibles sont incohérents parce que, victimes des forts arrogants, ils imaginent retrouver un peu d’espace en mettant à leur tête plus fort et plus arrogant. Ce n’est pas banal un tel cheminement, et pourtant c’est la norme.

Les forts sont arrogants inutilement et dangereusement. Nous sommes tous forts en quelque chose et faibles en autre chose. Donc bien placés pour connaître les émotions et les problématiques de ces deux conditions. Or, il suffit que l’organisation sociale décrète de donner le pouvoir, donc la force, à une catégorie particulière pour que ceux qui en ont l’aptitude par le fait du hasard deviennent arrogants.

Il suffirait d’un soupçon de lucidité et un zeste de modestie pour éviter ces deux écueils.

Et pourtant, plus le temps passe plus les faibles se jettent dans les bras de forts qui ne pensent qu’à les trahir et les forts affichent leur arrogance sans limite et sans respect pour les faibles, donc pour eux-mêmes en partie.

Comment cela est-il possible ?

Il me semble que les hommes refusent simplement d’accepter leur condition d’homme.

Certes elle est vertigineuse et objectivement elle finit mal, du moins à ce que l’on en connaît.

Mais est-ce une raison suffisante pour se mentir ? Le mensonge n’empire-t-il pas la situation ?

Probablement, notamment parce qu’il ne permet pas à la démocratie de s’épanouir telle qu’elle devrait être, telle qu’elle est dans l’absolu.

En réalité la démocratie est la victime de comportements individuels qui sont autant de non-sens contre lesquels elle est désarmée.

Inutile donc d’espérer des solutions, des améliorations, puisque tous les discours, sans exception, incitent à plus de règles collectives alors que le problème est individuel et demande simplement plus de liberté et plus de responsabilité.

Cette collectivisation, contraire aux nécessités de la vie, exacerbe les tensions et ne peut aboutir qu’à des conflits de masse qui, comme les incendies, ne s’éteignent que quand il ne reste plus rien à brûler.

La paix et la sérénité ne sont pas pour demain, la démocratie ne prend pas le chemin d’une adhésion volontaire et massive.

Et avec tout ça, on vous donne en étrenne, Bercy qui se déchaîne et qui n’en finit pas…

Bien à vous. H. Dumas.

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Lettre ouverte à Gabriel ATTAL

Gabriel, figures-toi, je vais peut-être t’étonner, je te crois sincère.

Intelligent ? Je ne sais pas, je ne te connais pas. Mais, si tu m’appelles au téléphone à la lecture de ce billet tu l’es, dans le cas contraire je m’autoriserai à douter.

Donc tu envisages de proposer aux Français, ce dont ils ont besoin : un choc constitutionnel et conventionnel. C’est bien, c’est sans doute la solution pour que, désespérés, ils ne se jettent pas dans les bras des deux charlatans que sont Mélenchon et Le Pen.

Mais oublie tes propositions. Moins de députés et de sénateurs : démagogie, ce n’est pas le problème. Un référendum par an : c’est tous les ans un festival de mensonges et de fausses informations pour tromper et capter les électeurs. Des maires plus puissants : c’est davantage de pouvoir à la technostructure dont les maires sont les marionnettes. Tu as tout faux.

Cela ne te démarque même pas d’Edouard dont le projet, encore inconnu, n’a aucune raison d’être crédible.

Gabriel les Français ont besoin de deux choses :

  • La réhabilitation du respect de la capitalisation et de la propriété privée
  • La limitation raisonnable de l’intervention de l’Etat en tant qu’opérateur des actions par essence collectives. Avec dans le même temps l’interdiction des monopoles privés dont la puissance tue la concurrence indispensable à tout équilibre.

Le nœud de tout, le siège de la distorsion démocratique, le venin qui tue la démocratie, c’est le pouvoir illimité de Bercy.

La réforme c’est l’impôt et le reste découlera naturellement de cette réforme. Un impôt juste, c’est un Etat juste, c’est un exemple d’équité, c’est alors un modèle et non une contrainte.

Ce n’est pas compliqué : tu fermes Bercy.

Tu ouvres des comptoirs de l’impôt dans chaque agglomération, où les indépendants vont expliquer leurs objectifs, leurs contraintes, vont discuter de l’impôt qu’ils peuvent payer. Cet impôt payé est rendu public.

Les salariés, tous, paient un impôt à un taux égal pour tous, ceux qui veulent payer plus le peuvent, leur versement volontaire supplémentaire est rendu public chaque année.
La transparence est totale. C’est essentiel, l’acte de participation au budget commun est volontaire, c’est aussi essentiel.

Ensuite le budget de l’Etat est calculé en fonction des entrées et ce n’est pas, comme aujourd’hui, l’impôt qui est calculé en fonction des dépenses de l’Etat.

Tu vois Gabriel c’est simple. Si tu es intelligent, tu le comprends, évidemment.
Mais le problème est que pour aboutir et sauver le pays l’intelligence n’est pas suffisante, il faut aussi du courage, beaucoup de courage.

Donc la question n’est pas simplement : es-tu intelligent ? Mais aussi : es-tu courageux ?

Dans l’attente de ton coup de téléphone. Bien à toi Gabriel. H. Dumas

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Le Cap Ferret en voie de « bolosation ».

Il est des périodes et des situations où l’on peine à imaginer que la nature seule puisse s’embraser au point de tout détruire à une échelle qui interpelle. Et pourtant, le constat est amer cet été face au cumul des feux de forêts et à leurs conséquences, il secoue notre société.

Deux réflexions sont énigmatiques :  Pourquoi les feux de forêts ? Les conséquences des feux de forêts.

Pourquoi les feux de forêts

Evidemment parce que la forêt est particulièrement sèche, que le sous-bois est dense et que le vent est de la partie.

Mais quand même, il faut mettre le feu. Il parait que la foudre en serait capable, mais si peu, de l’ordre de 5 fois pour cent. Pour les 95% qui restent il faut l’intervention de l’homme. A ce stade il paraitrait que 30% de ces interventions soient involontaires, pendant que 70 % seraient volontaires.

Seraient alors impliqués deux types de coupables : les pyromanes et les incendiaires.
Les premiers sont des malades relevant sans doute plus des services de psychiatrie que de la police. Les seconds en revanche n’ont aucune excuse, et pourtant il est peu probable qu’ils soient découverts.

Je me rappelle juillet 1970 où un incendie violent avait ravagé le massif des Maures. A cette occasion des observateurs avaient fortement suspecté un individu qu’ils avaient cru surprendre au départ de plusieurs feux. Il s’appelait Etienne BOLO. Ils l’avaient entrainé de force à la gendarmerie, il avait été inculpé, puis avait fait l’objet d’un non-lieu. C’était un gauchiste engagé.

C’est tout ce que l’on peut dire de cette affaire, qui pose une question ravivée par la déclaration d’un député LFI déclarant que la population élitique du Cap Ferret méritait de voir ses biens détruits par le feu.

La France entretient en son sein deux extrêmes : LFI et Le RN.

Le premier hait les biens de ceux qui en possèdent, au point de légitimer la possibilité de les en priver de toutes les manières qui soient. Par tous les moyens de dépossession.
Le deuxième hait la pensée de ceux qui ne pensent pas comme eux, au point de légitimer leur mise au pas, y compris par la menace physique, dont à ce jour la limite n’est pas réellement fixée.

Ces deux extrêmes sont dangereux chacun dans leur registre.

Alors, les feux de forêts…je trouve leur rythme objectivement inquiétant.

Les conséquences des feux de forêts

Outre la mort qui frappent ceux qui se trouvent accidentellement exposés et en situation de ne pas pouvoir fuir, qu’iIs soient pompiers ou simples citoyens, la constante des feux de forêts est la transformation en fumée des biens consommés par l’incendie.

Il suffit de voir à quel point les propriétaires concernés sont ravagés par le chagrin pour comprendre à quel point les biens de chacun font partie de leur être, à quel point leur dépossession par la violence est insupportable.

Evidemment je ne peux pas éviter le parallèle avec l’incendiaire Bercy, qui réduit en fumée nos biens pour alimenter le brasier de la dette qu’il a allumée, sans être capable de l’éteindre avant qu’elle n’ait brûlé probablement tous nos biens.

Oui, la conséquence des feux de forêts est dramatique, surtout en ce qui concerne ceux qui sont volontairement allumés à proximité et en direction d’habitations sous le vent.

Si ce que je subodore est la réalité, même la moitié de la réalité, peu de chance que la justice nous livre autre chose qu’un ou deux pyromanes, les incendiaires ne risquent pas grand-chose. Notamment le plus violent d’eux : Bercy.

Bien à vous. H. Dumas

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Le sexe et le fric

Deux tares ou deux gloires ? Deux moteurs ou deux freins ? La question est tout sauf facile, car il n’est là, objectivement, que problèmes et difficultés.

La plupart choisissent de ne pas en parler, ceux qui en parlent choisissent de mentir à leur sujet.

Ce sont les sièges de la violence, tant leur envie ou leurs besoins sont impérieux. Sont-ils les clefs du pouvoir ou au contraire ses moyens ou encore ses preuves ?
Peut-on, comme il est coutume de le prétendre, s’en passer, ne pas en faire l’essentiel de ses préoccupations ?

Peut-on en avoir une vision objective, dépassionnée, réaliste, simple ? Non, tant ils sont mêlés. Font-ils partie de la vie privée ou, au contraire, font-ils partie de la vie collective ? Chacun peut-il les gérer à sa guise, ou l’Etat doit-il les réguler ?

Une chose est sure, tout le monde les affronte, personne n’y échappe, et tout le monde les cache.

Il y a deux manières de cacher la sexualité et la richesse. Il y a ceux qui disparaissent et ceux qui au contraire s’exposent. Dans les deux cas on ne peut pas échapper aux curieux, à l’impérieux besoin des autres de savoir, de se comparer ou de jalouser.

Toutes les sociétés sont basées sur la prétention de les gérer, soit en leur accordant une fausse place c’est alors une société libérale, soit en prétendant les réguler pour le bien de tous c’est alors une société liberticide.

Dans tous les cas sexe et fric sont enfouis dans les méandres des têtes et des émotions.

Sont-ils masculins ou féminins, voire indéterminés ? C’est, parait-il, la question du jour à cent balles.

Fausse question qui ne concerne que les apparences et les moyens, pas les forces incontrôlables qui agissent en préalable.

L’accès au sexe et au fric s’appelle tout simplement la vie, son absence définitive s’appelle la mort. Entre ces deux extrêmes chacun se débrouille comme il peut.

Les modestes sont convaincus, comme toujours, d’être les plus sages ; les ambitieux arrivent à se convaincre de leur nécessité impérative. Et, tous vont gaiement dans le mur puisqu’il n’existerait qu’une attitude, qui n’existe pas, c’est l’acceptation.

L’acceptation de ces deux forces est inacceptable, car elle suppose que nul n’existe, que nul n’est indépendant ? Et pourtant c’est bien le cas.

L’accès au sexe et au fric sous-entend une lutte constante, sans fin et sans acquis, la distance par rapport à eux demande la même lutte, inversement exprimée et vécue.

Quand les deux se rencontrent, il n’est alors que violence et mauvaise foi.

Sexe et richesse, pour tous c’est le b.a.-ba de toute escroquerie, sans limite d’extension, pour les meilleurs c’est la prétention de ceux qui se croient les plus forts, qui sont les premiers à exiger le partage à la moindre faiblesse.

Nous parlons ici de la condition humaine, à son niveau réel, tout le reste n’est qu’habillage et illusion. Mais chut, n’en parlons pas, parce que tout simplement on ne peut pas en parler, on ne peut que participer, avec sa casaque, à la course universelle pour le sexe et le fric.

Sachez simplement que ce sont aussi les moteurs basiques des violeurs fiscaux.

Bien à vous.

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D’abord est l’absolu

Notre vie d’homme est la résultante de l’absolu, déduction faite de l’inaccessible.

L’absolu n’existe que dans le futur, dans la projection. Il contient tout : la vérité, mais aussi son contraire, le mensonge ou l’erreur, selon l’intention qui les porte.

Notre présent est notre réalité. Il est le solde de nos futurs personnels et collectifs, confrontés au réel, lui-même profondément marqué par les expériences, plus ou moins traumatisantes, du passé. Ce passé est notre croix, le signe implacable de nos limites.

Le destin de l’humanité se construit donc exclusivement dans le futur, jour après jour.

Mais c’est là que réside le problème. L’absolu du futur est sans limite. Lorsqu’il surgit dans le présent et s’y télescope avec le réel, les plus grandes explosions deviennent possibles.

Aussitôt, ces événements basculent dans le passé. Il ne subsiste alors que des traces imparfaites de ce qu’avait été le futur imaginé. Nous ne pouvons plus reconstituer avec certitude les conditions exactes de sa naissance, alors même que ce passé devient une marque indélébile que nous porterons toute notre vie.

Je ne suis sûr de rien, mais je me demande si une partie importante de l’humanité n’est pas privée de l’accès à cet absolu du futur, ou plus simplement de la capacité d’envisager plusieurs futurs possibles.

Dans ce cas, nous aurions une population condamnée à subir la sidération du présent et à vivre sous le poids du passé, plutôt qu’à construire l’avenir.

L’idée d’égalité devient absconse dans ces conditions.

Prenons un exemple simple. Si plusieurs personnes décident de courir un 100 mètres, leur morphologie s’impose à elles. Les différences physiques deviennent immédiatement des inégalités.

En revanche, si leur objectif est simplement de parcourir 100 mètres, toutes les solutions redeviennent possibles. Marcher, rouler, inventer un véhicule, demander de l’aide, imaginer un moyen nouveau… Le champ des possibles redevient infini.

L’égalité n’existe donc pas, elle n’a probablement jamais existé. Mais lorsque les moyens demeurent ouverts, cette inégalité perd une grande partie de son importance. Ce qui compte n’est pas que les hommes soient identiques, mais qu’aucun futur ne leur soit interdit par principe.

Tout système qui réduit le nombre de futurs envisageables réduit la liberté. L’égalitarisme procède par réduction des différences ; il réduit donc nécessairement le nombre de futurs envisageables. La liberté est plus forte que l’égalité.

La réflexion est ouverte.

Bien à vous.

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Légitimité

Être compétent, capable de faire et intègre n’est pas suffisant.

Ce sont les autres qui, en réalité, décident de notre “droit de faire”. Sauf à imaginer que ce que vous prévoyez de faire ne les implique pas, que vous allez agir seul, pour un résultat qui ne concernera que vous, sans que jamais personne n’ait à en connaître ou à en juger. Ce qui, convenons-en, est fort peu courant.

Donc, d’une manière ou d’une autre, tous vos actes ont des conséquences sur les autres et de ce fait leur donnent, clairement ou implicitement, un droit de quitus sur vos actions, sur votre vie.

Toute organisation sociale est basée sur ce quitus, qui revient à ce que les autres vous déclarent, ou acceptent, comme “légitime à faire”.

Cette légitimité est le frein social à votre liberté. Elle n’a pas vocation à être juste, majoritaire ou raisonnée, elle suit les règles que votre groupe s’est donné, ses conventions écrites ou tacites, ses lois, sa constitution.

Elle s’impose à vous par le consentement ou par la force. C’est dire son importance.

Plus cette légitimité est accessible facilement, en tout domaines, plus la société est libérale. Plus elle est encadrée, dépendante de quelques-uns, plus la société est privative de liberté, autoritaire, voire dictatoriale.

En France, la légitimité est encadrée, soumise, de plus en plus limitée, donc la France n’est pas un pays libéral, pire elle est au bord de l’autoritarisme tant les Français ne sont pas conscients de la situation et se plient aux folles exigences de la légitimité imposée.

La source principale de cette situation despotique est l’Education Nationale qui tend à octroyer seule , en tout domaine, la légitimité de faire.

Dans la pratique cela revient à privilégier la mémoire et la docilité à toutes les autres potentialités de l’individu. Ce restrictif est grave pour la diversité seul moteur de l’efficacité.

Nous excluons ici tous les artifices de tricherie, que ce soit l’appartenance clanique, le népotisme, le corporatisme, etc… qui existent inévitablement quelque soit le moyen d’accès à la légitimité.

Donc, réformer le droit de l’Education Nationale à délivrer la légitimité de faire est une nécessité absolue, la cantonner à son rôle d’enseignement libre pour tous, à tout moment et en toutes matières, est le chantier de demain pour que chacun puisse accéder à la légitimité de faire sans visa de sa part.

Oui mais, faire sans savoir faire ? Est-ce possible. Oui, évidemment, tous ceux qui découvrent ne savent pas avant de découvrir. Certes, ceux qui se trompent échouent. Ce cycle est naturel et moins dévastateur pour la société que l’atteinte aux libertés de faire.

Préserver jalousement, pour tous, la légitimité de faire, en tout, est la seule voie vers la paix et la prospérité.

Comment éviter triches et tricheurs qui sont légion et discrétion, voire secrets ? Par la transparence et l’acceptation de la différence. Il n’y a pas d’autre solution.

Nous en sommes loin pensez-vous ? Vous avez raison puisque l’égalitarisme qui sévit est le carburant du concept de l’illégitimité de faire imposée, qui ne peut aboutir qu’au non-faire, à la misère matérielle et morale.

Bien à vous.

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Où es-tu démocratie ?

Personnellement, je suis en capilotade, la France aussi, pendant qu’une majorité de connards trichent comme des malades et sacrifient le pays à leurs privilèges personnels.

Ces tricheurs ont un culot monstre. Au point d’accuser d’être les responsables du massacre qu’ils organisent délibérément, ceux qui comme moi tentent simplement de s’assumer sans emmerder les voisins et de construire, d’avancer, dans l’intérêt bien compris de tous.

Les exemples sont multiples, omniprésents, catastrophiques, mortels, rien n’y fait. La danse funèbre continue inlassablement. Les profiteurs profitent, tout en faisant la morale, avec l’encouragement de leurs complices et sous l’œil bovin de la population qui sent venir l’abattoir et beugle vainement.

On ne peut même pas signaler les responsables tant ils sont nombreux et organisés en corporations sous des formes et des appellations si multiples, si différentes, qu’eux-mêmes finissent par croire que leurs pillages sont légitimes.

Pendant que ceux qui font marcher la machine sous le poids de la concurrence, étant tous isolés et semblables, sont les cibles faciles du pillage général.

Et, bien que leur massacre soit primaire et parfaitement visible de tous, il est perpétué sans aucune réaction ou remord.

Par quel bout prendre le problème pour l’exposer ? Par aucun, personne, absolument personne, n’a les yeux et les oreilles en état de le voir et de l’entendre.

D’où la question : où es-tu démocratie ? Existes-tu telle qu’on te rêve ?

Probablement pas. Tu portes en toi les démons dont tu es la victime, le mensonge et l’hypocrisie, qui te cachent les vérités. Ton incapacité à détecter la vérité t’expose au pire, d’abord à la faillite matérielle et morale, puis à la violence en réaction.

On t’a aimée et tu nous tues. Quel échec.

Le pire est que les causes sont connues, que les solutions sont évidentes, mais tu refuses de les voir, tu les trouves trop simples, trop primaires. Tu préfères les privilèges du mensonge et de l’hypocrisie à ceux de la vérité et de la droiture. Et, pour arriver à cet exploit, tu nous fais croire que tu es capable de supprimer les privilèges. Tu te fous de nous.

Va au bout, tu y es presque.

Vas-y, tue la beauté, l’intelligence, la raison, le mérite, l’intégrité, la mesure, la science, il va te rester ce que tu es devenue, la laideur, la bêtise, la folie, l’injustice, la corruption, les excès, l’obscurantisme, en réalité tes croyances qui sont nos bourreaux.

Salut démocratie, après toi le déluge…

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La médiocrité

La médiocrité n’est liée à aucune classe sociale. En revanche, les classes sociales sont le produit de la médiocrité.

C’est la médiocrité qui confond le profit avec la cupidité.

La médiocrité est massivement majoritaire. Son principal déguisement est l’injustice, elle-même largement distribuée par le hasard et, de ce fait, fondamentalement incontrôlable.

Telles sont les contraintes auxquelles se heurtent toutes les organisations humaines dès lors qu’il s’agit de vivre ensemble. Or nous sommes des êtres grégaires ; nous ne pouvons échapper à cette nécessité.

Il existe pourtant une exception : la contrainte vitale.

Elle ne triomphe pas toujours, mais elle l’emporte souvent. Lorsqu’un regroupement humain répond à une nécessité vitale, il ne survit qu’à la condition de confier les responsabilités aux meilleurs. Si l’humanité est devenue ce qu’elle est, c’est sans doute parce que, depuis des millénaires, les problèmes essentiels ont, le plus souvent, fini par être pris en charge, d’une manière ou d’une autre, par les plus compétents.

Ce constat devrait conduire à refuser toute organisation collective qui ne répond pas à un besoin vital. En dehors de ces situations, c’est la liberté individuelle qui opère le tri entre les médiocres et les meilleurs.

Or, chacun peut constater qu’il n’en est rien.

Quelle que soit l’excuse avancée, des médiocres séduisent toujours d’autres médiocres afin d’imposer, par la force, une organisation qui leur ressemble et qui finit par gâcher la vie de tous.

C’est ici que le refus de l’État systématique prend tout son sens, tout en admettant la nécessité d’un État temporaire, limité et strictement cantonné aux situations d’absolue nécessité.

Bien à vous.

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Résistance

Il est clair que les deux films sur l’épopée de De Gaulle interpellent.

« L’âge de fer » et « j’écris ton nom » font partie de ces œuvres où chacun peut puiser leçons ou convictions en si grand nombre qu’il est peu probable que l’auteur des œuvres les y ait glissées en toute lucidité. C’est en cela qu’il s’agit probablement de chefs-d’œuvre.

En ce qui me concerne, j’ai vu une œuvre sur la résistance et non sur la vie de De Gaulle. Ici comme ailleurs, la vie de De Gaulle reste discrète, voire inexistante, il n’est que l’incarnation de la résistance, il n’est même pas cette résistance active.

Il est l’incarnation qui dissimule la lâcheté de la population, donc de la nation, alors qu’il prétend représenter la résistance de cette population, de cette nation.

Il est, dans ces films, l’otage permanent, le sacrifié perpétuel, mais le sauveur final. Il n’est pas étonnant qu’il ait engendré une sorte de religiosité autour de sa personne.

Il est présenté comme sûr de son choix et subissant les outrages liés à ce choix complètement décalé par rapport à la réalité.

Ses stratégies sont esquissées, mais à peine, alors qu’il était avant tout un stratège, un intuitif particulièrement affuté. Sa vie au pouvoir, volontairement retardée pour être libre, prouvera de façon indéniable ses qualités de stratège, aussi bien dans ses réussites que dans ses échecs, les deux ne devant rien au hasard.

En fait tout amène à réfléchir à la résistance à la fin des films, pas à De Gaulle.

On y voit qu’il s’agit d’une posture de principe. Que les principes mis en œuvre sont simples, la liberté, le courage et la responsabilité pouvant aller rapidement jusqu’à la mort, qui paradoxalement reste ressentie comme improbable par le résistant.

La résistance aurait selon le film, où ce que j’en ai retiré, deux pôles, l’un théorique qui s’exprime par la volonté inébranlable mais impuissante, l’autre pratique qui s’exprime par l’action souvent irrationnelle mais toujours décisive. C’est la réunion des deux qui emporte la victoire. L’une sans l’autre est inopérante.

Enfin le désordre, sous la forme du refus de l’ordre, qui n’est pas exactement la désobéissance, est inévitable.

Je suis rentré en résistance fiscale il y a vingt ans.

Oserai-je comparer ces deux résistances ? Oui.

Quand en 1940 la France s’abandonne, se laisse envahir et fuit, un certain nombre de Français se révoltent. Mais très vite ils se heurtent à la masse qui alors a perdu de vue la liberté, la responsabilité envers soi-même que personne ne peut abandonner sans préjudice.

Aujourd’hui la masse des Français ne résiste pas, elle réclame, cela n’a rien à voir. Elle a perdu sa soif de liberté et n’envisage aucune responsabilité personnelle face aux problèmes de sa décrépitude, que pourtant tout le monde, sans exception, constate et clame haut et fort.

Bercy, avec la complicité du système, est le bras armé qui dépossède les Français de leurs biens, des fruits de leur travail, donc de leur liberté.

Comment fonctionne le processus ?

C’est très simple. Des techniciens, surinformés, sur-compétents, ont complexifié notre environnement. L’instruction égalitaire et laïque a failli à sa tâche qui est de permettre à la population d’accéder à la compréhension de son environnement.

Donc nous sommes arrivés à une nation composée d’une élite informée dominant une population infantilisée, illettrée en quelque sorte.

L’organisation législative a entériné cette situation en donnant aux élus un pouvoir apparent incompatible avec leur compétence, les livrant ainsi à une dépendance totale aux techniciens.

Les élus sacrifiés à l’apparence sont devenus des experts en mensonge et racolage, bénéficiant à ce sujet des largesses financières des techniciens à travers Bercy et ses délires fiscaux, leur assurant l’achat des suffrages par la redistribution et les cadeaux personnels ou catégoriels, par une corruption électorale à très grande échelle.

La démocratie n’existe plus, elle n’est qu’une apparence. Pour qu’elle revive, pour que le peuple reprenne le pouvoir, la résistance passe par le démantèlement de l’organisation actuelle de Bercy et de son pouvoir, comme la résistance militaire passait par la neutralisation des chars de Rommel.

Mais la population ne le souhaite pas.

Dans le deuxième film, à la fin, les images historiques chevauchent celles du film, mais peut-on oublier que beaucoup de ceux qui acclamaient la Libération avaient auparavant applaudi Pétain. Les foules changent plus vite que les convictions.

Bien à vous. H. Dumas

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La bataille De Gaulle

Je suis allé voir la bataille De Gaulle partie 1. Bon.

Evidemment on connait le fil de l’histoire, il n’est pas critiquable. Mais là, condensé en trois heures, il n’est pas facile de regarder et de réfléchir. On est un peu embarqué émotionnellement. Mais, dans le fond, n’est-ce pas le principe du cinéma, sa force ?

Donc je dirais que sur ce point, même s’il manque de moyens comparé aux grandes productions américaines — ce qui a dû énerver Charles, qui voit tout d’où il est – le film s’en sort bien. J’irai voir le deuxième volet.

Pour celui-ci une chose m’a marqué.

De Gaulle investit le bureau de Darlan le lendemain de son assassinat. Outre que ce n’est pas conforme à la réalité historique et que Giraud ne méritait peut-être pas ce violent coup de gomme, cela m’a amené à réfléchir.

Et, à la réflexion, Darlan et De Gaulle me sont apparus comme deux hommes à l’hubris démesurée, mais dont l’ambition s’exerce par procuration.

Il me semble que c’est cette procuration qui change leur destin. Les deux commettent des erreurs, l’un est banni de l’histoire, l’autre l’envahit. Sans que l’on sache si c’est leur choix de transfert qui en est la cause, où si ce choix est clairement fait en toute connaissance de cause.

L’un emprunte sa légitimité à l’Etat, l’autre l’emprunte à la Nation.

Là est toute la différence.

L’État n’existe pas comme réalité autonome. Il n’est que l’organisation momentanée du pouvoir.

Ici la compromission est la règle, les principes sont relatifs, car les ambitions et les moyens ne sont limités que par les lois, qui elles-mêmes sont justement faites par ceux qui sont au pouvoir. Donc Darlan n’a pas de sens précis à donner à son ambition, elle s’oriente au fil des vents, et quand la violence est là, ce manque de direction devient vite extrêmement dangereux, voire contraire au bon sens.

De Gaulle de son côté veut incarner la nation, et ça change tout. La Nation existe, elle représente un territoire et tout ce qui va avec d’émotions et de règles millénaires. De Gaulle a un fil conducteur. Le fil d’Ariane qui va le ramener sur la route après chaque erreur, qui va transformer ses excès et ses ambitions en raisons polies par la râpe des réalités.

Les deux acteurs rendent bien cette opposition, si l’on est très attentif. Quatre vingt six ans plus tard, cette dimension humaine, qui illustre le risque de servir le mauvais choix, l’ombre au lieu de la proie, aurait pu être davantage traitée.

Mais cela aurait sans doute produit un autre film.

Bien à vous. H. Dumas

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Squatteurs et propriétaires

On en parle épisodiquement alors que c’est le fond du problème, la question existentielle. Celle qui sépare le besoin et la légitimité.

En réalité, il s’agit du clivage social qui détermine la structure sociale ; il est incontournable. C’est l’image visuelle et morale qui permet de tout comprendre, donc de tout gérer.

L’image n’est pas utile que pour apprendre à lire aux enfants ; l’image nous est nécessaire toute notre vie. Que ce soit celle que notre imagination projette dans notre tête pour nous déterminer à agir, ou celle que nous envoie la société dans laquelle nous vivons pour nous apprivoiser et nous contraindre.

Par exemple, si vous avez du mal avec la nécessité du capital, voici l’image qui peut résoudre votre problème. Le troc est ce qui nous différencie du monde animal, notamment le troc différé, en fait l’échange. C’est la volonté et la nécessité d’échanges qui nous ont organisés en sociétés. Le troc différé repose sur la monnaie, quelle que soit la forme de sa concrétisation. On peut imaginer le troc différé comme une succession d’engrenages illimitée. Pour que ces engrenages fonctionnent de façon fluide, il faut de l’huile. Le capital, la monnaie, est cette huile. Si un intervenant extérieur aux engrenages prélève un peu de cette huile, les engrenages vont continuer à fonctionner. Mais si trop d’huile, voire toute l’huile, est prélevée, les engrenages se grippent, la machine explose. Il n’y a plus d’échanges, plus de société possible.

Squat et propriété sont l’image, le reflet parfait de la problématique sociétale. Derrière ces deux statuts se profile le moteur de toute société : la responsabilité. Sans laquelle le besoin et la légitimité se mêlent, formant alors une bouillie sur laquelle ne pousse que la corruption, rien d’autre. Et la corruption est le virus mortel de toute organisation sociale.

Le propriétaire est responsable de sa propriété, même si elle lui a été donnée au départ. Le squatteur est un occupant irresponsable, qui cherche à satisfaire son besoin sans passer par la case responsabilité.

Or, il ne peut pas y avoir de légitimité sans responsabilité. Sans légitimité, on est immédiatement dans la délinquance, prise en son sens philosophique, au-delà des conventions particulières qui forment les lois de chaque organisation sociale.

Dans le cas du squat, cela saute aux yeux, l’image est parlante.

Ici, les problèmes de race, de nationalité n’ont rien à faire ; ils troublent seulement la perception de l’image, sa netteté. Le besoin aussi n’a pas d’autre utilité.

Donc, quand je réfléchis à des situations de groupe, par exemple aux problèmes politiques de notre pays, je cherche immédiatement qui est le squatteur, même s’il se dissimule derrière des apparences affectives ou sentimentales. C’est plus simple à analyser quand le squatteur emploie carrément la force.

En réalité, les squatteurs sont infiniment plus nombreux que les seuls squatteurs immobiliers. Ils pètent nos serrures personnelles et se vautrent dans nos affaires, nos sentiments, nos biens en règle générale. Ils n’ont pas tous le profil de l’emploi ; certains arrivent même à nous faire croire que ce sont eux qui sont légitimes et nous des usurpateurs.

Le squatteur n’a pas de limite, par essence, dès le début de sa trajectoire personnelle. C’est un irresponsable qui exige, puis vole en cas de refus de ses exigences. En règle générale, il prétend que le propriétaire est excessif dans ses droits, et objectivement cela peut être le cas. Mais cela ne justifie pas la position du squatteur, ne lui donne aucune légitimité.

Étant entendu que toute société qui souhaite ne pas être envahie par les squatteurs se doit de maîtriser les pouvoirs de ses propriétaires, pour ne pas faire le lit des squatteurs.

Vous voyez qu’en ayant à l’esprit l’image du squat, on arrive à démêler assez bien l’environnement dans lequel nous sommes plongés et dont la transparence et la clarté ne sont pas les vertus premières.

Sacré Mélenchon…

Bien à vous

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Le document improbable

Hier, seul, à Versailles, au milieu d’un aéropage qui ne le respecte pas en tant que personne, Trump a signé un document improbable, au nom des Etats-Unis d’Amérique : un protocole de paix visant à mettre fin à la guerre USA/Iran.

De son côté, le Président Iranien aurait signé le même au nom de l’Iran.

Bon, deux opinions publiques signent en commun. Car il n’est pas de gouvernement qui ne soit appuyé sur une opinion publique, qu’elle soit ou non majoritaire ; c’est elle qui possède le pouvoir par l’acceptation ou par la force.

L’opinion publique au pouvoir aux USA ne veut pas aller faire la guerre en Iran, c’est net. Il est clair que Trump a cru régler le problème à la Vénézuélienne et mettre son opinion publique devant un fait d’armes accompli. Echec.

L’opinion publique au pouvoir en Iran a un besoin d’ennemis et de guerres pour écraser son opposition, ces ennemis sont le monde entier au fil des opportunités, ces guerres sont celles qu’elle fait ou qu’elle soutient.

Dans ces conditions, peut-on accorder le moindre crédit au fameux document improbable signé à Versailles et ailleurs ? Non, évidemment. Bien sûr on souhaite se tromper, avoir tort…

En réalité les deux parties ont la nécessité de se refaire une santé.

L’Iran a été fortement secoué, il doit reprendre des forces et peaufiner ses alliances. Les Etats-Unis ne veulent pas de guerre ; trop tard, il ne fallait pas commencer, l’attente est forte de voir le Cow-boy redresser les torts en Iran où l’opinion publique au pouvoir n’hésite pas à tuer à la chaîne son opposition.

Donc, cette guerre va reprendre. Et qui va porter le chapeau : Israël.

Israël aura-t-il mis lui-même ce chapeau sur sa tête ou d’autres le feront-ils à sa place ? Peu importe, ce n’est pas la question.

La question est que le foyer de haine qui est soigneusement entretenu dans cette région, ne peut pas être résolu par un traité. Il ne peut être résolu que par un changement de paradigme des individus qui y habitent. Cela n’en prend pas le chemin, quelles que soient les déclarations publiques mensongères prononcées ici ou ailleurs.

Nous touchons du doigt ici ces grandes théories collectives qui oublient que la pensée collective n’est que l’addition des pensées individuelles.

Personne ne s’amuserait à déclarer : Un tel est mort des suites d’une épidémie individuelle. Mais tout le monde parle de responsabilité collective, qui n’est qu’une fiction.

La responsabilité collective n’est que le constat de l’irresponsabilité individuelle.

Si l’on veut changer de sujet, parlons de cette enfant qui a perdu la vie, victime de la folie d’un maniaque. Ce n’est ni de sa faute, évidemment, ni de la faute du maniaque qui est un maniaque mortel comme notre société en connaît, mais de ceux qui n’ont pas pu ou su éviter la rencontre qui portait en elle la fin tragique.

Soudain on fait le procès global de la justice. Quelle mascarade, alors que c’est une suite d’irresponsabilités individuelles qui a abouti au drame.

En ne poursuivant pas ces responsabilités individuelles, en parlant d’une responsabilité globale de la justice, on couvre des individus qui ont trahi leur mission. Je constate cela tous les jours dans les tribunaux que je fréquente, où je me fais laminer et tuer sans vergogne, par des irresponsables, parfaitement lucides quant à leur impunité.

Alors, la question qui tue : Trump est-il lucide, ou croit-il vraiment avoir signé la paix ? Ça change tout… L’histoire nous le dira, peut-être…

Bien à vous. H. Dumas

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