Tous les articles par Yves Marchand

Chez Nous

Il n’y avait que Brassens pour faire rimer « Quelque part » avec « Zanzibar ». Il y a désormais Mélenchon pour faire rimer « Chez nous ! » avec « Pas vous !». Comme Marine et Jordan. Et faire hurler les foules en s’affirmant « Chez nous » pour contester le droit des autres à prétendre être aussi chez eux : Non, pas vous !

Le poète sétois avait aussi chanté « Le temps ne fait rien à l’affaire », « quand on est con, on est con » ! Et c’est bien vrai. Les générations passent, ils demeurent. Les mêmes recettes produisent les mêmes effets. Il suffit de s’en tenir à une seule règle : ériger une sottise en loi. Et c’est bien ce que nous enseignent RN et LFI.

Car faut-il être con pour tirer vanité de son lieu de naissance !

On serait donc chez nous pour y être né, selon Bardella, et selon Mélenchon, pour y avoir trouvé refuge. Pour le premier seuls les « natifs » seraient chez eux. Pour le second, seuls les immigrés, irréguliers de préférence, le seraient. Dans le premier cas par hasard et dans le second, par effraction justifiée par l’histoire.

Mais on n’en est pas à une contradiction près. Pour RN et LFI, être né chez nous ne donne pas nécessairement à tous le droit d’être chez eux là où ils sont nés.

Tout dépend de la consonnance de son patronyme.

Malheur à lui, selon Mélenchon, si sa consonnance est germanique. Il y a suspicion de judéité, et donc de complicité avec les assassins de Gaza. M. Glucksman en a fait les frais.

Et malheur à lui, selon le RN, si sa consonnance évoque l’Afrique et l’Islam. Tant pis pour les Yasmine, les Fatima et les Ali. Ils seraient tous a minima, ennemis, et au pire, complices de terroristes.

N’est pas chez lui qui peut. Encore faut-il qu’il soit admis par ceux qui ont décidé de qui pouvait revendiquer la qualité de « natif ».

C’est partout comme cela. Est-on bien d’une ville, même si l’on y est né, lorsqu’on ne porte pas sur soi les insignes de sa naissance (accent – apparence physique) ? Il existe toujours et partout un tribunal du peuple autodésigné chargé d’examiner les dossiers et de prononcer la décision d’adoption ou de rejet du « Chez Nous », sans appel possible. Il a d’autant plus de pouvoir qu’il est anonyme, fondé sur la seule renommée. (Brassens, encore, en a chanté les trompettes).

Il n’y a qu’un lieu où notre présence soit, du moins jusqu’à présent, incontestable : notre planète.

Et c’est bien là où le bât blesse. Il va falloir désormais déceler les terriens qui font du mal à la planète, ses ennemis de l’intérieur, ceux qui ne sont pas dignes d’être « Chez Nous ».

Faudrait-il les éliminer ?

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Les toutous

Meta/Facebook prend soin de moi. Je suis pour eux un drôle de client. Pas trop embarrassant – je ne suis jamais sanctionné pour des propos sexistes, outrageants, diffamatoires ou simplement déplacés – mais étrange.

Facebook voudrait que j’aie de plus en plus de followers. Il me flatte.

Meta voudrait me faire gagner de l’argent. Attentionné Meta !  Cela part sans doute d’un bon sentiment. Pourtant, j’en doute.

Ses robots ont fait le point sur ma situation.

Je publie. Facebook me dit que j’ai des « followers ». Mais je pourrais faire mieux. Je n’en doute pas.

Meta et Facebook me disent que, pour avoir plus de followers, je devrais publier davantage. Et moi qui pensais que je pouvais indisposer mes lecteurs à force de les bassiner avec mes idées fixes ! C’est qu’il y a une grosse différence entre lecteurs et followers. Les premiers sont considérés par l’auteur comme des égaux. Les seconds exploités par l’influenceur comme des machines à cash.

Il faudra que je fasse comprendre à l’IA de Meta/Facebook que je ne suis pas un influenceur.

Mais alors, pas du tout. Je n’influence personne et ne cherche d’ailleurs pas à le faire.

J’écris donc en fonction de ce que je ressens – comme à l’instant – et pas pour en faire un quelconque profit, même virtuel.

Revenons à Meta. Je pense qu’il se moque éperdument de ce que je peux écrire. Comme beaucoup de mes lecteurs sans doute. Mais mon hébergeur de site voudrait que mon activité soit profitable. Pas pour moi, bien sûr. Pour lui. Comme elle l’est pour lui lorsqu’il héberge des influenceurs, et donc des annonceurs.

C’est si vrai que Meta vient de m’écrire pour m’inviter non seulement à publier davantage mais à rentabiliser mes écrits – à condition toutefois que je lui paie une redevance… Je n’ai pas répondu. Je ne crois pas que leur robot comprendrait ma démarche. Il se demande encore pourquoi je ne fais pas payer mes followers. Il ne manque jamais de me rappeler à la case « Profit » : zéro. Je me sens mauvais élève.

C’est que mes lecteurs ne sont pas de vrais followers.

Simplement des lecteurs qui me disent parfois qu’ils sont d’accord avec moi, parfois qu’ils ne sont pas d’accord, parfois que j’exagère, parfois que je ne suis pas assez dur, bref, des gens libres de leurs opinions qui se font tout seuls leur opinion sans influence.

Ce ne sont pas des toutous.

Mais c’est là que tout se corse.

Seuls les toutous rapportent de l’argent à Meta/Facebook.

Pas les lecteurs.

Ni, à plus forte raison, les auteurs.

Je me demande si je vais encore bénéficier du gîte de Meta/Facebook.

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Feu vert !

La gangrène antisémite est près d’atteindre le cerveau. Pas de chirurgie envisageable. Le mal semble incurable.

Elle va donc continuer à creuser son sillon jusqu’au bout. Sans obstacle, sans heurt, jusqu’à ce que tout recommence, comme avant, dans la haine du juif. De la façon la plus perverse. Sans hostilité affichée. Simplement en affirmant vouloir faire cesser le génocide palestinien entrepris par Israël, au nom de la défense d’un peuple pourchassé par les juifs.

Justifié le massacre du 7 octobre 2023 ! On doit, par tous les moyens, éliminer les assassins. Des assassins qui pourtant vivaient tranquillement chez eux dans leur kibboutz, surpris par une attaque sanglante lancée sans préavis. Ou alors aussi ces assassins qui, dans la joie, faisaient la fête entre jeunes. On ne veut pas savoir. Ce sont des assassins. Tsahal en est la preuve. La façon dont l’armée humilie ses prisonniers suffit à justifier non seulement tout acte terroriste à l’encontre d’Israël mais surtout, désormais, la dénonciation du peuple juif génocidaire, sa condamnation et son extinction.

C’est cet état d’esprit qui a envahi l’occident. Il acte la fin de toute tolérance, de la démocratie et promet au monde libre, s’il ne réagit pas, d’être pris en otage dans une spirale totalitaire dont on ressent partout les vibrations.

Ce ne sera pourtant pas la faute du peuple juif.

Ce sera pour une part, la faute de l’un d’entre eux, Benjamin Netanyahu qui a su convertir le drame du 7 octobre dont il était le principal responsable en bonne affaire politique, mais aussi de ceux qui, de par le monde et particulièrement en France, à l’instar d’LFI l’ont instrumentalisé pour de sordides intérêts électoraux et enfin des indifférents et des lâches qui, comme la plus grande partie de la gauche qui se veut modérée, ont détourné les yeux ou pire, comme les instances internationales, qui n’ont voulu assister qu’à l‘acte deux du drame : la vengeance. Mais qui s’étaient fait porter pâle au premier acte : l’agression.

On n’éradiquera pas l’antisémitisme. Mais on doit le canaliser.

Pour empêcher l’amalgame, il faut d’urgence que les Israéliens se débarrassent enfin de Netanyahu, électoralement et judiciairement s’entend, ainsi que de sa nocive influence. Toutes les forces internationales doivent les y encourager. À défaut, il n’y aura plus d’espoir.

Il faut en finir avec la solidarité manifestée par des médias sous influence – en particulier français – avec les terroristes qui ont pris le peuple palestinien en otage. Que s’élèvent les voix qui comptent ! Ce sont celles qui ne comptent pas les voix ! On ne les entend pas ou trop peu.

Ce débat n’est pas hors de nos frontières. Il se déroule aussi chez nous.

Car de notre choix sur Israël, dépendent notre indépendance et notre liberté.

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Une date !

Certes il y a des journées pour tout, pour toutes et pour tous. Certaines essentielles, d’autres saugrenues, d’autres enfin méconnues.

Celle de l’Europe appartient à la troisième catégorie.

Ce n’est pas un hasard. C’est une volonté. Les États-membres ont besoin de l’Europe mais préfèrent la décrire comme la cause de leurs carences, leurs faiblesses et de leur lâcheté plutôt que comme un recours à leurs insuffisances. On la passe donc sous silence pour tout ce qui nous est profitable. Le geai, c’est bien connu, se pare des plumes du paon.

Un acte de modestie s’impose d’autant que, depuis le discours de Robert Schuman, le 9 mai 1950, célébrant un nouveau monde instituant la paix, l’intégration et la coopération économique entre les nations de notre continent, les progrès sont objectivement considérables.

Il a fallu l’agression russe à nos frontières et la menace qu’elle continue de faire peser sur nous, assaisonnée du désengagement américain, sans même évoquer la duplicité de la Maison Blanche Trumpienne à l’égard de la Russie, pour que les peuples d’Europe prennent conscience de la nécessité de leur défense commune.

Rien n’est encore fait. Mais on en parle. La démocratie s’en saisit. La nécessité fera loi.

Pourtant tout ne va pas pour le mieux dans une Europe aussi coincée dans ses structures que les États qui la composent.

Il faut changer d’état d’esprit : considérer l’Europe comme un outil et non pas comme un bouc émissaire.

Affaire de pragmatisme ensuite. Considérer l’Europe comme le seul moyen de rivaliser avec les super-géants.

Seuls quelques imbéciles et quelques escrocs prétendent que notre pays peut encore jouer seul les premiers rôles.

L’actualité en Ukraine, en Palestine et au Moyen Orient devrait pourtant nous avoir ouvert les yeux.

La France est une puissance moyenne : un grand pays parmi les petits et un petit pays parmi les grands.

Au risque d’être atteint du syndrome de Gulliver, nous devons nous en remettre à cette évidence.

Le 9 Mai, journée de l’Europe, doit permettre d’avoir le courage de militer pour que notre patriotisme, au lieu d’être confiné dans l’image illusoire d’un pays s’imposant seul au monde entier, soit renforcé par la conscience européenne de notre union.

C’était la pensée de Robert Schuman, un Alsacien qui, mieux que n’importe qui, portait haut les couleurs bleu-blanc-rouge.

Nous resterons indépendants et libres dans l’Europe, ou nous serons asservis.

Le 9 mai, c’est notre jour de l’indépendance.

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Amélie

Ce que l’opposition lui reproche, ce n’est que d’avoir appartenu à la défunte majorité.

« Le braillard », président de la commission des finances, s’y serait bien vu. Obsédé par l’idée de ruiner la France pour mieux la soumettre, le chantre de LFI ne supporte pas l’idée qu’une jeune femme compétente, talentueuse et opiniâtre vienne barrer la route à l’un des adeptes du surendettement, n’importe lequel, plutôt qu’elle.

Au fond, ce que l’opposition voudrait à la tête de la Cour des Comptes, c’est un Premier Président qui rabâcherait l’antienne des cancres de tous bords selon laquelle il faut emprunter plus, dépenser plus et ajouter du déficit au déficit.

On sait qu’Amélie de Montchalin n’est pas de ce bois-là.

Elle sera « Energie et Franchise ». Elle rompra avec les radotages du passé et, à coup sûr, donnera à la Cour la crédibilité qui lui fait défaut.

Peut-être finira-t-on de moquer « ces avis qui ne servent à rien » et ces « juges que personne n’entend ni n’écoute ».

Et, non, elle n’hésitera pas à dire que le budget de 2026 était un mauvais budget voté sous la contrainte de maîtres-chanteurs.

Elle en connaît la genèse, le dénouement et le prix payé pour conjurer le chaos.

La politique lui a appris à éviter les chausse-trappes. Elle aura besoin de cette expérience.

Dans un an, elle sera seule à se débattre contre ceux qui, jour après jour, voudront anéantir la France.

Parions que, ce jour-là, on entendra sa voix.

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Tragicomédie

La recherche obsessionnelle du candidat parfait aboutit à l’abstention.

Ce pourrait être drôle si ce n’était tragique.

Les candidatures extrêmes ne craignent rien. Leur électorat croit en elles.

Leurs électeurs n’ont d’yeux que pour la féé armée d’une baguette qui résoudra tous leurs problèmes. Ils doutent d’autant moins que leurs candidats promettent tout et son contraire. Il faut bien s’adapter aux exigences d’un électorat convaincu qu’il n’y a qu’à demander, que l’Etat peut tout faire.

C’est stupide mais c’est ainsi.

Les extrêmes ne présentent qu’un candidat chacun. Ils ont donc toutes les chances de se retrouver l’un contre l’autre au deuxième tour. Du jamais vu.

Dans la sphère dite raisonnable, les candidatures pullulent. Leur seul nombre les élimine du second tour. Là non plus, personne n’est raisonnable.

Le « bon sens » partagé exigerait une union tolérante. Mais rien n’y fait. Chacun se croit mieux placé que son concurrent et, devant des électeurs perplexes, récuse tout embryon d’accord. La masse des modérés a fini par jeter l’éponge et se résout à subir les foucades des charlatans de chapiteaux.

Dans ce combat d’apocalypse, la gauche éparpillée s’est disqualifiée. Et l’extrême gauche se retrouve – miracle de la démocratie – qualifiée pour le second tour.

L’extrême droite, elle, a pris l’avantage du plus discipliné.

Déjà résignés, les électeurs de droite et du centre, pensent pouvoir mettre à la raison une extrême droite prête, d’après eux, à sacrifier ses convictions pour arriver au pouvoir. Elle l’a déjà fait tant de fois …

L’union des droites (de la carpe et du lapin) est donc la solution de la résignation.

Et si leurs convictions sortent écornées de l’opération, tant pis !

Le candidat importe peu pourvu qu’il ait l’étiquette. Un benêt fait l’affaire. La mécanique est enclenchée.

Au mieux, les grenouilles se donneront pour roi un soliveau.

Au pire, un « Maduro ».

À moins que la raison l’emporte…

Il n’est pas interdit d’espérer.

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Une duperie

Ce n’est pas le procès du Mercosur qui s’est ouvert en France au nom de la défense des agriculteurs mais un procès d’intention anti-européen suicidaire pour notre agriculture et nos agriculteurs.

Faute de s’être modernisée comme ses concurrentes européennes, l’agriculture française souffre, asphyxiée par l’économie d’assistance dans laquelle elle s’épuise.

Mais au lieu de se réformer, elle s’en prend à son mécène.

Notre agriculture ne survit que grâce aux subventions de l’Europe.

Ces subventions vont se tarir. Tout le monde le sait.

L’Europe doit choisir l’avenir, c’est-à-dire l’investissement dans les découvertes à forte valeur ajoutée. Elle doit se battre sur ce terrain contre les États-Unis et la Chine, des concurrents déjà surarmés et dominants.

Le marché européen doit donc s’élargir et engager le combat sur le sol américain. C’est ce que l’Europe s’apprête à faire.

À examiner les termes du traité, il n’y a objectivement aucun danger de concurrence déloyale ni au regard de la quantité des sur-importations agricoles envisagées (1.6% de la consommation de bœuf par l’Europe), ni au regard de la qualité. Celle-ci restera déterminée comme aujourd’hui par les normes européennes en vigueur.

Tout le bruit fait autour de cette affaire, vieille de plus de 25 ans, ne ressort pas du traité lui-même mais du chaos politique dans lequel se débat notre pays. C’est une affaire de politique intérieure. Coordination rurale et Confédération paysanne, toutes deux extrémistes, sont à la manœuvre.

Aucun syndicat agricole ne croit sérieusement au danger que présenteraient les importations alimentaires d’Amérique du Sud. Mais ils entretiennent l’opinion publique dans un réflexe nationaliste pour retarder l’échéance des efforts qu’exigera la réforme inéluctable de notre agriculture.

Sous l’influence de partis politiques engagés dans un combat à mort contre le Président de la République, la presse d’opinion et les réseaux sociaux ont manipulé une opinion publique mal renseignée et sourde à la raison.

Le traité sera cependant signé. La France bénéficiera ainsi de droits de douane réduits ou même abolis pour ses exportations et devra, en contrepartie, accueillir en nombre limité des produits sous taxés ou détaxés.

Il favorisera notre intelligence artificielle et nos secteurs industriels de pointe.

Il favorisera les secteurs de notre agriculture la plus concurrentielle.

Il imposera la réforme de notre agriculture moins bien portante.

Ce n’est pas la faute des autres si notre agriculture est malade.

La guérison est possible.

Elle passe par sa réforme en profondeur.

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La facture

C’est entendu, le compromis va coûter cher. En taxes et impôts, en compétitivité et en crédibilité. En tout. Il évite seulement la guerre. C’est déjà ça.

Elle aurait coûté encore plus cher, sans compter les victimes. Ce sont toujours les plus pauvres et les plus faibles qui trinquent, surtout lorsqu’il s’agit de soins.

Faut-il pour autant se réjouir de la situation ? Sûrement pas. Non seulement parce que le vote sur le budget de la Sécurité Sociale est loin d’apurer les comptes de la nation (on a même rajouté une couche de dettes), mais aussi et surtout parce que la nation n’a pas encore admis – ce vote en est la démonstration – que ce n’est que par le travail et l’effort que l’on peut espérer rembourser ses dettes.

À moins que la faillite ne nous en dispense. Certains l’espèrent. Cela arrive assez souvent. On assiste alors à une reprise d’activité par un tiers. Là encore, il y a des cadavres. Toutes le entreprises le savent. Les salariés sont toujours les victimes.

Il y a des champions de la reprise à bas coût. Pour les entreprises, on a connu Tapie. Pour les Etats, c’est la Chine.

La France est une entreprise convoitée. Plus elle va mal, plus elle est convoitée par ses concurrents. Il n’y a que les Français pour ne pas s’en rendre compte. Ces Français, salariés de la France, qui continuent à exiger que leur employeur ruiné emprunte à taux élevé pour leur reverser sans compter leurs prébendes.

Alors oui, il y a de quoi se réjouir d’avoir évité la guillotine.

Mais non, il n’y a pas de quoi pavoiser.

Juste peut-être de quoi espérer que la nation comprenne, mais on peut en douter, qu’il s’agissait du « dernier avertissement ».

Un dernier avertissement qui n’est pas sans frais.

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Haute voltige !

Passera, passera pas ?

Le Hamlet des banlieues, face à sa destinée, se pose la question.

Oui, non, peut-être… Pas de réponse. Pas même l’écho d’un murmure.

Ils sont admirables ! Des semaines durant, tenant la scène, entretenant l’angoisse et sans prolongations, ils finissent pas imposer à des citoyens aussi impuissants qu’incrédules l’idée qu’ils sont indispensables.

Indispensables à l’avenir du « peuple ». La République, et non la Liberté, guidant le peuple…

Jamais pourtant le parlement n’aura été aussi affligeant qu’inutile.

Sans jouer les prophètes, on peut néanmoins prévoir que c’est à un fameux numéro de prestidigitation, inédit jusque-là, que nous nous préparons.

De quoi passer un bon moment.

On n’a pas au Palais Bourbon tous les jours l’occasion de s’en payer – c’est le cas de le dire – une si belle tranche ! Il faut savoir en profiter. Sans risque.

La Constitution a tout prévu. La France aura son budget.

Tout sera loin d’être réglé, mais l’essentiel sera préservé jusqu’à la prochaine présidentielle.

Dormez en paix, braves gens !

Le gouvernement tranchera. Par ordonnances. Et tout le monde sera content.

On pourra recommencer à se faire peur et à faire joujou. On a un peu plus d’un an devant nous.

Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu n’auront finalement pas été si mauvais !

Le premier aura démontré que livré à lui-même le Parlement est impuissant.  Nous le savions depuis 1958. Il en fallait une confirmation contemporaine. C’est fait.

Le second aura fait ses classes dans un monde où l’ambition suprême est de capter la lumière en faisant semblant de la fuir. Il aura réussi au point peut-être d’être élu sans jamais avoir été candidat…

Quant au peuple, puisque peuple pour tous il y a désormais, il continuera d’attendra à la porte de l’Elysée le saint homme qui bientôt entrera pour combler ses attentes.

Pourquoi pas un moine-soldat ?

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Xavier Emmanuelli

Le fondateur du Samu Social est mort. Il y croyait. Il a fait école partout en France.

Après l’aventure de Médecins sans frontières où il ne s’illustra pas comme d’autres à la manière d’un communicant mais comme un serviteur, il prit une nouvelle direction lorsque certains de ses confrères ne se révélèrent pas sur la même ligne que lui.

Chirac l’avait à l’œil.  À Paris, il y avait à faire. Il s’engagea à corps perdu dans la bataille contre la pauvreté, pour les sans-logis, avec les maraudes en pleine nuit.

Cela n’a pas beaucoup changé. Tout le monde le sait.

Si j’&évoque aujourd’hui Xavier Emmanuelli, c’est que je l’ai connu pendant la campagne de Jacques Chirac pour l’élection présidentielle de 1995.

J’ai apprécié chez lui non seulement ce qui transparaissait de sa personnalité mais aussi, ce qui était moins connu, son humour.

Il aurait pu être l’une de mes feuilles mortes. Il avait cette bonhomie retenue, légèrement teintée d’ironie de ceux qui en ont beaucoup vu. C’était cela qui impressionnait.

Nous avions été envoyés par Chirac dans le Grand Est. Il faisait un temps de chien. Nous avions une réunion publique programmée à Verdun. Il n’y avait pas foule à 18 h. Notre numéro avait été mis au point. À lui le social, à moi le politique. Tout se passa bien. Évidemment.

Nous avons eu un succès d’estime. Ce n’était pas difficile. Le public était conquis d’avance.

Au sortir de cette réunion, nous devions nous rendre dans une petite localité qui portait le doux d’Etain, dans la Meuse.

Ce fut encore plus confidentiel qu’à Verdun, mais chaleureux. La mirabelle artisanale que nous fit déguster le maire en compagnie du Conseil Municipal y fut sans doute pour quelque-chose…

En rejoignant notre voiture, Xavier me souffla à l’oreille : « Je crois que tu pourrais écrire les aventures de deux allumés à Etain » !

Au moment où il vient de s’éteindre, il est tellement réconfortant de sourire à un trait d’humour.

Merci Xavier.

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Voleurs !

Le vol n’est rien lorsqu’on peut attraper le voleur.

Il est des vols plus graves que celui des bijoux de la couronne au Louvre.

On a tenté d’ériger en scandale ce qui n’était qu’un fait divers. Passons. Le vol d’un mot est parfois plus grave.

Le vol du mot « génocide » est de ceux-là. Les médias muets à dénoncer l’abus d’usage qui en est fait, le reprennent même en chœur malgré l’horreur qu’il représente.

Il est d’abord une insulte aux victimes de génocides avérés.

Ceux qui ont été reconnus, dénoncés et condamnés par la communauté internationale pour avoir programmé l’extermination systématique d’un groupe humain.

Ainsi en est- il du génocide en Namibie par l’Empire Allemand, du génocide arménien par les Turcs, de celui des juifs et des Tziganes par le IIIème Reich pour lequel le mot a été créé, suivi du génocide cambodgien par les Khmers rouges ou de celui des Tutsis par les Hutus au Rwanda sans compter celui des Bosniaques en Serbie et celui qui persiste encore au Darfour.

Ces génocides systématiques menés par les tenants d’une autorité guidée par son instinct de mort ou une idéologie de même nature, ont pour objet la disparition définitive d’une population, de sa culture, de son histoire, de sa mémoire : sa néantisation.

Le mot « génocide » a été volé par les tenants d’une cause terroriste antisémite, – affublée du titre de cause palestinienne – elle-même animée dès le 7 octobre 2023 d’un instinct de mort en entamant le nouveau génocide d’un peuple d’innocents.

Ils se sont alors approprié le mot et l’ont accaparé pour jeter le discrédit sur les victimes de leur barbarie.

Le vol du mot « génocide » est aussi une insulte au droit des nations.

Voler et pervertir le mot « génocide » en accusant le peuple d’Israël de l’infâmie que ces terroristes persistent à vouloir commettre, est un crime parce qu’il dénie les crimes contre l’humanité perpétrés dans le génocide qu’ils ont programmé.

Si l’Etat d’Israël a enfreint le droit de la guerre, ses auteurs seront pour cela condamnés.

Mais il ne saurait être question par une confusion perverse de renvoyer dos à dos les assassins génocidaires et leurs victimes.

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L’exemple

Lorsque la démocratie a vaincu l’absolutisme, la monarchie française était encore maîtresse du jeu européen. Les Républiques, sous son impulsion, ont peu à peu remplacé les monarchies. La France avait valeur d’exemple.

Aujourd’hui la France est l’exemple à ne pas suivre. Les agences financières dégradent notre note souveraine. Le panneau « danger » a été affiché à la frontière.

À la veille d’une grève générale qui va paralyser l’économie ralentie du pays, on doit s’interroger sur l’état mental de la nation. C’est à la mode. On veille sur notre bien-être mental individuel alors que c’est la collectivité qui a perdu la raison.

Impossible de porter beau. Du coq gaulois, on n’entend plus le chant annonciateur d’un jour nouveau. On ne voit plus et on ne sent plus que le tas de fumier sur lequel il est perché.

Le modèle français est le point bas d’une démocratie enlisée dans la démagogie.

L’obscurité a succédé aux lumières et une majorité de Français rêve d’un pouvoir fort au point de laisser croire aux dictateurs que « la France est prenable » et, partant, l’Europe. C’est ce que pense Poutine. C’est ce qu’il tente de mettre en œuvre avec l’aide de ses séides et la complicité de ses infiltrés.

Les XVIIIème et XIXème siècles ont été marqués par l’apogée française. Le XXème siècle, grâce à De Gaulle, lui a évité le pire et, grâce à Churchill, a confirmé à l’Europe son rôle de coleader du monde libre. Le XIXème siècle marque le tournant du délitement avec l’avènement au sommet mondial de super-dictatures à la tête de milliards d’individus et de démocraties dépravées qui bafouent les droits fondamentaux des citoyens.

On assiste malgré tout en Europe – un comble – à un désir généralisé de gouvernements autoritaires. Ceux qui les subissent savent à quoi s’en tenir…et envient notre liberté d’expression.

Les gogos qui les revendiquent n’imaginent même pas que leurs droits, tellement familiers et banals, pourraient non seulement en souffrir, mais disparaître.

Faire cesser les abus signifie pour un pouvoir autoritaire mettre fin aux droits dont chacun dispose goulument.

En démocratie, les abus sont proportionnellement à la mesure des droits.

Dans un régime autoritaire, il n’y a jamais de droits pour la population. Seulement des concessions. Et toujours des abus pour la nomenclature. En fonction de son degré de servilité.

Et si nous étions encore un exemple de liberté ?

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Partir !

Les Français sont parfois d’étranges phénomènes. La menace d’un échec électoral les conduit à des déclarations définitives. « S’il passe, je quitte la France » ! On en a tellement entendu de la sorte… Et, à l’approche de la prochaine présidentielle, ça recommence.

Mais lorsque la situation financière du pays est telle qu’elle devrait conduire chacun à une interrogation sur notre avenir collectif, les citoyens, droits dans leurs bottes, dénoncent et invectivent mais, à l’abri du danger, rejoignent calmement leur nid douillet ! Pas question d’exil !

On sait ce qu’il advient des communes qui, au détriment de leur indépendance, refusent d’investir en s’en remettant, faute d’efforts, à d’autres collectivités ou à la nation. Elles périclitent doucement, perdent leur autonomie et deviennent les vassales de collectivités mieux armées qu’elles.

L’emploi se fait rare. Et l’idée de départ renaît alors dans les chaumières.

Ce n’est plus sur un coup de tête que l’on s’en va. C’est après mûre réflexion. On décide d’aller ailleurs pour survivre ou pour vivre mieux.

Ne peuplent alors les communes désertées par leurs habitants les plus lucides et les plus volontaires que des inactifs qui entretiennent le règne de l’inaction.

Il en est de même de la France.

Les mauvaises conditions économiques de la nation entraînent les plus volontaires à trouver ailleurs les débouchés que leur pays acculé par la dette ne pourra plus leur donner.

La migration est plus souvent économique que politique. La migration politique est le stade ultime d’une souffrance, un réflexe de désespoir, loin des déclarations fracassantes de quelques militants gavés en mal de reconnaissance.

La migration économique est de tous temps et de toutes origines. Elle est silencieuse. Elle est le résultat d’une volonté de survie ou d’un projet de vie, d’une espérance fondée sur l’analyse objective d’une situation donnée comparée à une situation désirée.

La France endettée est désormais classée au rang des faibles, de ceux auxquels on ne fait pas confiance.

Ce n’est pas la faute des gouvernants. Il ne sont au fond que le résultat d’un libre choix de la nation. Car lorsqu’on bouscule la nation pour lui imposer le courage au lieu de la facilité, elle récuse ce choix et renvoie le gouvernement.

Elle préfère les démagogues aux réalistes. C’est son choix. Un déni de réalité.

Partir deviendrait-il une option ?

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Vocation

On a jamais autant parlé de vocation et jamais, à ce point, oublié les exigences de ce qu’elle implique.

La vocation s’est peu à peu déplacée du cercle religieux à celui des acteurs, des artistes, des journalistes ou des animateurs de télévision après avoir labouré le champ des avocats, des médecins et des enseignants.

Les vocations modernes ont pour objet de paraître ou de dominer dans le confort d’une société dont les acteurs vivent leur vie chic de Bohème aux frais de l’Etat. Une bonne conscience sans engagement moral.

Les anciennes vocations avaient pour objet de servir.

La vocation est en effet don de soi à une cause à laquelle on est appelé par une force intérieure irrépressible.

Les vocations actuelles, celles dont on parle, ont cédé aux exigences d’une société qui vénère la réussite matérielle ou médiatique de ses membres plus que leur générosité.

De telle sorte que les vocations classiques appelant leurs sujets à aider leurs semblables dans la peine, la souffrance ou la difficulté (avocats, médecins, enseignants), sont, à l’instar des vocations modernes, destinées à satisfaire l’égo de leurs sujets, devenues des machines à fabriquer profits et renommée.

Lee univers du Droit, de la Médecine et de l’Enseignement sont exemplaires de cette mutation.

Les avocats peuvent désormais refuser la désignation d’office du Bâtonnier pour défendre un accusé, quel qu’il soit, devant la Cour d’Assise sous prétexte que leur rémunération serait insuffisante. On croit rêver.

Jadis, on était désigné d’office et à titre gratuit.

L’État a modifié tout cela en instituant la sécurité sociale judiciaire. On a alors vu se ruer certains cabinets vers ces désignations d’office qui pouvaient offrir la célébrité. La vocation s’est ainsi enlisée dans les méandres de la communication au point d’en faire un moyen de chantage. Exiger plus d’argent pour défendre un accusé ou, à défaut, refuser la mission. Catilina a vaincu Cicéron.

En médecine, on observe partout la même dérive vis-à-vis de la Sécurité Sociale, aveugle aux arrangements entre soignants et malades qui la ruinent, mais c’est chez les dermatologues qu’elle est la plus visible. Ils ont disparu du secteur de la maladie et ont même abandonné aux Kinés le diagnostic du mélanome. Ils peuvent ainsi pleinement se consacrer à la médecine esthétique, plus rémunératrice, fiscalement moins contrôlée, et leur laissant un large espace de temps libre. Hippocrate est bafoué.

L’Enseignement supérieur a suivi la même voie réduisant comme peau de chagrin le temps d’enseignement des professeurs pour laisser aux pontes de la faculté le soin de monnayer leur art auprès de riches praticiens désireux de s’abriter derrière le savoir encyclopédique de la Doctrine. Par souci d’économie, l’État a fermé le lycée d’Aristote et fait empoisonner Sénèque une seconde fois.

L’appât du gain a eu raison des vocations.

L’État-providence y a contribué.

Et a fait de Tartuffe un exemple.

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En même temps !

Qui l’eût cru ? La formule du Président français adoptée par le chef de la Maison Blanche !

” J’ai gagné. Je mérite un 10/10 (on s’étonne que ce ne soit pas davantage) pour l’ambiance et, en même temps nous ne sommes pas loin du résultat » !

En d’autres termes :” A l’ouest, rien de nouveau”.

Un sommet qui fait Pschitt comme aurait dit Chirac.

On se félicite, on se congratule. On prétend respecter l’Ukraine et ne pas lui imposer un Yalta territorial.

Mais ” en même temps”, Stalpoutine a refusé le cessez-le-feu et n’envisage de paix que par le renoncement de son adversaire. Une victoire sans partage pour le dictateur.

Tout le monde le sait. Trump, le premier.

Ce sera donc Zelenski qui aura la charge de sacrifier le plan de paix Russo-Américain par son seul entêtement.

La tactique du mistigri.

En Russie, on refuse de compter les morts : Chair à canon. C’est une tradition locale.

En Ukraine, tout un peuple les pleure … et résiste. On se bat pour sa liberté et son indépendance et “en même temps” ce sera Zelenski qui aura renvoyé l’ex-futur prix Nobel de la paix à sa condition de “brute”. Il ne s’en est d’ailleurs jamais départi.

Un modèle pour l’Europe.

l’Ukraine, ce n’est pas fini.

“En même temps” pas plus qu’Israël et la Palestine…

Le deal de la paix, ce n’est pas du business.

Il ne peut réussir que dans le respect de l’adversaire.

Une qualité qui manifestement fait défaut aux complices d’Anchorage

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Grandeur

Tous les enfants veulent devenir grands. Ils grandissent tous. Mais ne deviennent pas tous grands. La taille n’est d’ailleurs pas un signe de supériorité. Tellement nombreux sont celles et ceux qui, malgré leur petite taille, ont atteint la grandeur.

Il importe de faire au mieux avec ce que la nature nous a accordé. La réalité impose la lucidité.

Lorsque, sans chercher dans l’histoire les moments de notre grandeur passée, le Président Giscard d’Estaing fit le constat de la place de la France dans le monde, il en tira les conséquences. La France n’était plus un grand pays. Tout au plus une puissance moyenne. Il fallait en conséquence tout mettre en œuvre pour sauvegarder notre rang et assurer les générations futures que la France ne serait pas déclassée. La chasse au gaspi avait commencé et, avec elle, une politique de rigueur.

Une politique que la France a rejetée dès 1981 au profit de la facilité avec pour corollaire son complice, le déclassement.

Le déclassement n’atteint que ceux qui refusent de s’appliquer les règles fondamentales de croissance qui conditionnent la réussite. Elles sont connues : Travailler, innover, ne pas dépenser davantage que ce que l’on gagne, épargner assez pour parer à un coup dur et investir le reste pour faire fructifier ses talents. On peut alors espérer qu’avec tout cela, en s’entretenant physiquement pour ne pas s’ankyloser, nous conservions suffisamment la forme pour tutoyer la grandeur.

Quels parents seraient assez dépravés pour inviter leurs enfants à sombrer dans la débauche, la pauvreté et la dépendance ?

Tout le monde, individus comme nations, grands ou petits, a le pouvoir de viser la grandeur. Encore faut-il en accepter le prix, l’effort et la charge.

Il n’y a de grandeur ni dans l’assistance, ni dans la paresse, ni dans le refus de ses responsabilités.

Il n’y a de grandeur que dans le dépassement de ses propres performances.

Impossible de s’en remettre à un autre.

À moins d’accepter d’assister au triomphe de l’autre.

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Médiocrité

Et si les droites s’unissaient ? Comme les gauches, à la belle époque des hippies et du psychédélique, dans un « Peace and love » de « soap opéra ». Ce serait tellement « cool » ! Tout serait simplifié. Allez les gars ! Mettez-y du vôtre ! Trouvez des passerelles, des accords, des combats communs. le combat pour la libération des femmes, pour l’écologie, le climat, la diversité, bio et sexuelle, sans compter l’autorité, le rejet des immigrés, boucs-émissaires du mal-être de la consommation, et, par-dessus tout pour un État puissant et protecteur qui assure enfin la liberté individuelle ! Les paradoxes ne nuisent pas.

À moins que ne suffisent les ambitions ….

Un programme commun, ce serait mieux. Comme en 1971 lorsque Mitterrand, Marchais et ce pauvre Robert Fabre cosignaient le leur. Cette fois ce serait Retailleau, Bardella et Dupont-Aignan, et ça aurait une autre gueule, non ? On n’oubliera bien entendu ni Ciotti ni Zemmour. Ils seront associés à la réflexion, et peut-être ensuite, au pouvoir. Ça fait beaucoup d’hommes tout ça depuis le départ forcé de Marine ! On fera avec. Et puis, on pourra compter sur Marion ….

Pour l’instant, on a un peu de mal à les réunir tous. Retailleau renâcle. Il se trouve un peu bête face à Ciotti. Après le foin qu’ils ont fait à LR pour s’en débarrasser sous prétexte de trahison, ça fait un peu rapiéçage. Wauquiez ne sera pas contre. Mais il ne pèse plus.

Et puis du côté de Dupont-Aignan, sa petite mésaventure avec Marine a laissé des traces.

Il n’y a que Jordan pour être tout feu tout flamme. Même Ciotti ne saute plus comme un cabri en demandant l’union à tout prix. Il sait que cette union pourrait lui coûter cher. Hors de prix.  Zemmour, en faire-valoir de Bardella ? Dur, dur pour un intello comme lui de se confronter au néant…. C’est Sarah Knafo qui décidera, après avoir demandé son avis à Trump. Après tout, Marchais avait bien demandé son aval à Brejnev.

L’enthousiasme ne règne pas. Tant que chacun n’est pas sûr d’y trouver son compte. Après tout, dans une coalition, ce qui compte c’est celui qui finit par dominer.

Peut-on raisonnablement penser qu’à l’instar de Mitterrand sur Marchais, Retailleau ne fera qu’une bouchée de Jordan ? Ou le contraire ?

Plus probable : une fois Bardella revenu dans le girons d’une droite bienpensante, se lèvera pour sauver la France quelque black-bloc des catacombes, Mélenchon de droite ravageant tout sur son passage.

C’est ainsi, à gauche comme à droite, que finissent les fantasmes d’union.

Par l’abandon du médiocre et la victoire du pire.

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Reconnaissance

Il n’y a pas d’urgence !

Pas d’urgence en tout cas à reconnaître un Etat Palestinien qui n’existe pas et n’existera vraisemblablement jamais.

Composé, au centre de la Judée, d’une phalange de corrupteurs corrompus, et en bord de mer d’une bande d’assassins prêts à tout pour défendre leurs privilèges contre une population exsangue, il n’y a vraiment rien à reconnaître, sinon la déliquescence et la putréfaction.

Si l’on ajoute à cela la tentative hardie mais encore hasardeuse d’en finir avec un Iran-voyou, on ne voit pas ce que la reconnaissance d’un Etat fantoche tenu à bout de bras par des mollahs à la peine ajouterait à l’exigence de paix souhaitée par le monde entier, au contraire.

La première urgence est militaire : empêcher l’Iran de devenir le voyou nucléaire capable de mettre à feu et à sang la planète.

La deuxième urgence est politique : trouver la relève à Mahmoud Abbas.

Il y a longtemps que l’on sait que, dans l’esprit de Netanyahu, le sort des otages ne fait pas le poids par rapport à son obsession d’anéantir le Hamas. L’affaire n’est pas réglée. Sans la complicité tacite des émirats et sans couper aux terroristes les moyens matériels de leur survie, Israël n’arrivera à rien. On n’en est loin.

Reconnaître un Etat signifie que l’on va traiter avec lui d’égal à égal. Mais qui imagine traiter d’égal à égal avec le Hamas ou avec une autorité palestinienne à la dérive ?

Sans doute pas la France. En tout cas, on veut l’espérer.

Un coup de poker ? Ce n’est pas le moment de tenter le diable.

Une lubie ? Ce n’est pas moment d’être angélique.

La Palestine n’existe pas.

Pas encore.

Restons-en là. Pour l’instant.

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Effacée

On en a gardé la trace. Pourtant elle n’est plus. Ni sur le sable, ni sur la terre. La mer l’a aspirée. Le filet l’a balayée. Il n’en reste que la mémoire. Avec ses trous. Qu’elle soit d’ange, d’éléphant ou de poisson rouge, la mémoire est la seule preuve. « Je me souviens » écrivent les Canadiens du Québec sur leur plaque d’immatriculation. Et pourtant, il n’y a plus trace au bord du Saint Laurent de ces « maudits Français ». Seulement la mémoire.

Collective au mieux, sélective au pire, de bonne ou de mauvaise foi, elle demeure quelque part dans l’esprit, sans que l’on sache où. Elle est la seule trace de ce qui a été ou de ce qui a peut-être été.

C’est cette réflexion qui pouvait venir à l’esprit à Roland Garos, dimanche dernier, lorsqu’après avoir entendu retentir le cri du juge de ligne, Alcaraz décrétait que la balle de Sinner était bonne.

On ne gardera pas en mémoire l’arbitre descendant de sa chaise pour aller vérifier la trace laissée par une balle rasante sur la terre battue, mais la décision d’un joueur qui s’autoarbitre et décide seul de ce qui est bon pour le match et bon pour le tennis.

On ne garde pas la trace du prénom d’Aline dessiné par le chanteur Christophe sur le sable mais la mémoire d’un amour éternel.

La mémoire conserve de la vie les moments d’exception. Pas les épiphénomènes. Ce n’est pas la victoire d’Alcaraz qui demeurera dans les mémoires – ç’aurait pu être celle de Sinner – mais l’intensité d’un match de légende.

Ce n’est pas la trace de la balle à 202 à l’heure qui marque la mémoire d’un match de tennis, c’est la trace d’un comportement exemplaire.

Il en est ainsi de tous nos actes et de toutes les décisions qui engagent l’avenir. Ce n’est pas leur impact momentané qui compte.

C’est le retentissement qu’ils auront.

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Poscription !

On en apprend tous les jours ! Un mot vient de se substituer à un autre. La consommation est désormais à la surconsommation ce que le libéralisme est à l’ultralibéralisme. C’est fait. Comme tout ce qui est libéral est devenu ultralibéral, toute consommation est devenue surconsommation. Sans autre définition, elle est dans la ligne de mire des grands prêtres verts. Attention ! Vous êtes surveillés ! Nul ne sait encore si tous les modes de consommation vont être repérés. Mais c’est bien parti. Jusqu’à présent seuls les opiacés étaient concernés. Désormais, la drogue c’est, quel que soit le produit consommé, la consommation elle-même qui a pris le nom de surconsommation. Tout a commencé par la viande, continué par les vêtements, pour finir par tout ce qui serait excessif à leurs yeux. Bien sûr sans parler du tabac ou du vin qui depuis longtemps sont considérés comme à proscrire « a priori ».

Je viens de comprendre qu’être libre c’est de savoir que je ne le suis pas.

Certes, et c’est normal, lorsque survient la sécheresse, des arrêtés peuvent limiter la consommation d’eau. Il faut préserver la ressource. On s’y soumet. Un texte l’encadre à titre temporaire.

C’est ce que l’on pourrait appeler une surconsommation relative.

Mais il semblerait que point à l’horizon la surconsommation absolue, valable toujours et partout, fondée sur l’éthique écologiste selon laquelle la consommation est un vice plus grave que chacun des 7 péchés capitaux.

Ainsi acheter un bien dont on n’aurait pas selon eux besoin sera sanctionné. Pas seulement par Greta Thunberg et l’ONU mais bien par le juge qui, ici et là, devra apprécier le degré de votre perversion consommatrice.

On pénètre ainsi dans l’univers ésotérique du bien et du mal « new wave » tel qu’il vous jette aux enfers par lettre de cachet ou vous permet d’accéder au paradis après interrogatoire musclé sur votre mode de vie.

On n’est pas encore en prison, mais on n’est pas sorti de l’auberge.

Publicis a du souci à se faire. Il est désormais persona non grata. Arthur Sadoun n’a qu’à bien se tenir. À peine remis du licenciement de son épouse, il va devoir croiser le fer avec ceux qui ont juré sa perte et celle de tous les influenceurs et influenceuses. Tant pis pour Kim Kardashian, Nabila et leurs émules, la consommation hors les clous mérite sinon la mort, du moins le bannissement.

Consommer, c’est surconsommer. C’est violer l’esprit de la Terre que les grands prêtres verts sont les seuls à connaître.

Il est proscrit de prescrire.

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Fracas

Inutile d’y revenir. Les juges d’appel s’en chargeront. Il n’y a, sur le plan judiciaire, qu’à attendre l’issue définitive du procès. C’est ainsi que fonctionne la justice dans un pays démocratique. Quoi qu’on dise.

La seule question posée concerne l’ordre social. C’est à cette réflexion que nous conduit la décision des juges dans l’affaire qui concerne Marine Le Pen et ses acolytes.

La loi est fait pour permettre à une communauté de vivre tant bien que mal en harmonie et la justice est là pour faire respecter la loi.

Lorsque la justice n’envoie pas de message de fermeté, c’est un problème. Elle vient de hurler : Halte à la corruption. On ne saurait sur ce point l’en blâmer.

Lorsque la justice compromet l’ordre, c’est un problème.

Et, à deux ans de la présidentielle, enlever tout espoir de victoire à plus d’un tiers de la population, constitue un risque de soulèvement.

A un moment où l’Etat n’est pas au mieux de sa forme, il y a danger.

La question qui se pose alors est de savoir quoi du message de fermeté à l’égard des délinquants ou du maintien de la paix civile est prioritaire.

Il serait bon que chacun, avant de hurler avec les loups, se pose la question.

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Knock

Un naïf l’autre jour, que l’on n’est sûrement pas près de revoir à l’écran, s’est brusquement laissé aller. « Non – a-t-il dit – on ne sera pas à moins de 4° d’augmentation de la température d’ici la fin du siècle, et non, nous n’éviterons ni les inondations, ni l’élévation du niveau des mers, ni les désastres agricoles, et tant d’autres phénomènes aussi réjouissants les uns que les autres ; et oui, il faudrait régler tous ces problèmes au niveau international avec une chance, non pas de modifier ce qui est d’ores et déjà écrit, mais d’éviter que cela n’empire ».

En réalité, tout le monde– ou presque – est d’accord. Il pleut trop, il y a trop de vent, il fait trop chaud, il fait trop froid, y a plus de saison.

Mais la façon dont on nous bassine les oreilles en nous présentant le dérèglement climatique sous des dehors pédagogiques comme notre faute, à nous, pauvres pécheurs, a quelque chose de sadique et de pervers. Mais, bon sang, que pouvons-nous y faire ? Les Météorologues écolo sommés par les plus hautes instances bienpensantes d’éduquer notre masse idiote nous accusent d’être au mieux égoïstes, au pire criminels, nous imposent la flagellation et justifient des surtaxes aussi ruineuses qu’insensées, mais censées nous guérir. Les bons citoyens obéissent. Les naïfs et les imbéciles y croient. Les autres sont qualifiés de rebelles, voire de terroristes et, faute de se flageller, doivent être punis.

Le mal est incurable. Tout juste, comme on dit des maladies graves, susceptible de rémission.

On sait pourquoi. Et nul n’a de remède. Ne sont ordonnés que placébos.

Docteur Knock a repris du service, prescrit à tour de bras, vérifie l’heure où pénètrent les thermomètres et s’enquiert de savoir où et comment cela nous gratouille, où et comment cela nous chatouille, pour nous réduire à sa merci.

« Triez les emballages, pas n’importe lesquels, certains vont dans les jaunes et certains dans les noires (on parle des poubelles). Cessez de vous chauffer, ne mangez plus de viande, recyclez vos défroques autant que vos déchets !

Ma prescription est simple : respirez sobrement, économisez tout, surtout votre oxygène, refusez le progrès, louez les primitifs, adorez la nature, vous n’aurez plus alors à vous soucier que de survivre, ce qui est bien assez pour des êtres de votre espèce. Espèce, parlons-en. Vous êtes inférieurs à de simples insectes et bientôt ne serez plus rien. Grâce à ma saine écologie, je vous maintiens encore en vie. Tant que vous n’êtes pas hostiles à la planète.

Suivez mon ordonnance ou vous serez punis. »

Je trouve ce Docteur Knock anxiogène…

Pas vous ?

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Chapeau !

Pour un parrain mafieux l’objectif ultime consiste à contrôler le décideur le plus puissant. C’est grâce à lui qu’il obtiendra le pouvoir et l’argent qu’il convoite. Il faut pour y parvenir une organisation puissante et une cible affaiblie.

En s’attaquant avec succès à la Présidence des Etats- Unis d’Amérique, le chef suprême de la mafia russe a réussi un coup de maître, le plus beau jamais réalisé dans l’histoire.

Certes, il s’y est préparé depuis longtemps. Il a sauvé un promoteur véreux de la faillite en jouant les banquiers, l’a renfloué par des intermédiaires à sa botte, a usé de violences en menaçant de le ruiner et de le supprimer, bref il est devenu indispensable à sa survie.

Dans son antre et sans risque, il compte les points et engrange les bénéfices.

Il n’y a plus de loi. Seulement la loi du plus fort.

Le Président- otage impose à son pays la loi du caïd russe.

Et il n’y a rien à espérer des Russes. Lorsque certains mettaient en eux leur espoir, ils rêvaient. Le peuple russe est soumis. Il a peur. Navalny a été exécuté. La leçon a porté. L’archipel du goulag est à jamais inscrit dans sa mémoire.

Dans l’entourage du caïd, les seconds couteaux vantent le chef du Kremlin et affûtent entre eux leurs armes pour la succession à venir. Le salut du monde libre ne viendra pas de l’extérieur.

Il n’y a rien d’autre à espérer que la destitution du président américain par ceux-là même qui l’ont mis en place. Ce ne sera pas rapide. La mafia, qui a contaminé l’entourage présidentiel des Etats-Unis, ne perdra pas facilement son influence. Le changement ne viendra que de l’usage normal de la démocratie.

Tant décriée lorsqu’elle fonctionne – on espère toujours qu’elle pourrait aller mieux – la démocratie se révèle la seule planche de salut lorsqu’elle ne fonctionne plus. Les Américains s’en rendront bientôt compte. Ce sera pour eux une grande victoire. Tranquillement, calmement, dans deux ans, les Américains désavoueront la corruption.

Dès à présent se prépare la relève.

Une fois vaincu le mouvement woke qui a déjà fait tant de mal et une fois opérée la mutation du vieux « Old party » pour bannir la loi du plus fort qui s’impose aujourd’hui aux lieu et place de la loi, l’Amérique viendra à bout de ses démons.

Ce ne sera pas une révolution. Seulement une mise au point.

Ce sera suffisant.

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A vos comptes !

Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte. Contrairement aux idées reçues, faire un bon budget, c’est choisir la facilité ! Et ça va vite. Il suffit de tailler dans les dépenses, de faire des économies et de diminuer les recettes – c’est-à-dire les impôts et les taxes – de se constituer un petit bas de laine pour prévoir l’avenir, bref, de prendre des décisions claires et simples pour adapter son train de vie à ses moyens. Il n’y a pas plus simple. Il ne faut pour y parvenir qu’un peu de volonté et d’autorité.

Mais on a beau les encourager à suivre leur instinct naturel à la paresse, nos gouvernants, tous tels qu’ils sont, renâclent et persistent à rechercher la difficulté avec de mauvais budgets.

À les croire – ils le disent d’ailleurs absolument tous – aucune majorité n’a jamais fait de bon budget. On vient d’apprendre avec le dernier en date qu’aucune minorité non plus.

Avec opiniâtreté, année après année, nos élus se contraignent à d’interminables discussions et palabres avec des quémandeurs toujours insatisfaits. Pour que malgré tous les efforts qu’ils font tout le monde soit toujours mécontent.

Adapter des moyens qui diminuent à un train de vie qui doit augmenter constamment est évidemment très compliqué. Et c’est toujours l’échec. C’est pourtant ce que choisissent toujours nos gouvernants. Sans doute pour prouver leur capacité à accomplir d’impossibles prouesses. Un goût certain pour la performance ! Un idéal républicain, en somme.

Tout le monde sait que c’est en fonction de ses moyens que l’on peut fixer son train de vie. Sauf apparemment l’État.

C’est pourtant élémentaire : notre train de vie augmente lorsque nos ressources augmentent et diminue lorsque nos ressources diminuent.

Alors, puisqu’on en est à enfoncer des portes ouvertes, ne faudrait-il pas prévoir dans la Constitution que le train de vie des Français est la variable d’ajustement de leurs moyens ? Ce serait simple comme bonjour et vrai pour tous.

Un bon moyen de faire entendre raison à l’État.

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Tolerance

« Je suis athée, Dieu merci » ! lançait non sans humour un sceptique, renvoyant ainsi dans leurs buts les pharisiens et les harceleurs de la foi.

Mais je préfère cette réflexion de Fabrice Mottez* qui écrit « Je suis athée mais je n’en fais pas une religion ». Une élégante façon d’épingler les bienpensants qui pourfendent les croyants et s’ingénient à dénicher une fissure dans leur laïcité.

Par tous les moyens, les « religieux » de l’athéisme tentent d’imposer leur idéologie du néant en affirmant leur aversion à la foi.

Il s’agit bien d’un combat. Un combat intolérant qui n’est pas celui de la laïcité bienveillante mais celui du nihilisme contre la foi, engagé au nom d’une pseudo-tolérance.

La laïcité est par nature une arme défensive. Elle est la sauvegarde du droit positif national, maître de la loi, et de la foi individuelle. Elle ne devient arme de combat que lorsqu’une religion oppose ses propres préceptes au droit positif national. C’est le cas de l’Islam.

Ce qui nous choque dans la Charia c’est sa volonté d’imposer la « loi de Dieu » telle qu’elle résulte de préceptes ni choisis, ni acceptés, ni décidés par une instance humaine.

Nous refusons qu’une croyance nous soit imposée par la loi. Mais nous exigeons simultanément que la loi respecte nos croyances. C’est là tout le fondement de la laïcité.

La laïcité peut être défensive ou offensive.

La première est une sauvegarde. Elle s’applique par exemple au droit à la caricature. Là, sous réserve de diffamation, tout est possible dès lors qu’il s’agit de la libre expression d’un droit qui n’impose à personne aucune contrainte.

La seconde est conquérante. Elle concerne par exemple l’euthanasie.

L’euthanasie met en cause le principe fondamental de la création. Personne n’est donc en droit, puisqu’il s’agit d’une question de foi, de porter atteinte aux convictions intimes des croyants en imposant par un texte la possibilité de tuer légalement.

Il est possible que l’univers soit le résultat du hasard. Ou celui de la création. Personne n’en sait rien. Ce que l’on sait en revanche, c’est que toutes les civilisations considèrent la vie comme sacrée et que la loi votée pour régir les rapports sociaux n’est pas sacrée.

La loi civile ne saurait donc se fonder sur aucun principe métaphysique – même non exprimé – pour en tirer les conséquences d’un comportement social.

C’est ce que tente d’imposer la loi sur l’euthanasie qui sous-tend que la vie est le résultat du hasard. C’est ce qu’avait évité la loi Léonetti. Il faut persévérer dans cette voie.

Bayrou a raison de vouloir scinder le texte sur la fin de vie en deux parties distinctes concernant l’une les soins palliatifs et l’autre le suicide assisté.

Il y va du respect de la loi sur la laïcité et de son esprit de tolérance.

*Fabrice Mottez « Patiences et feux du soir » page 56- Ginkgo éditeur 2024

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