Tous les articles par Yves Marchand

La cible

La France est dans le viseur. Et les chasseurs ont mis dans le mille. D’Afrique, ils nous ont expulsés et de Nouvelle Calédonie, ils tentent encore de nous évincer avant de s’attaquer à la Guyane et à la Martinique. Ce n’est évidemment pas en forces libératrices de peuples opprimés qu’ils se présentent mais en prédateurs.

Les indépendantistes leur servent de leurres.

Il y a toujours quelques idiots utiles pour faire le jeu d’agresseurs sans scrupules. Ils sont partout ces crétins qui se croyaient esclaves jusqu’au moment où ils vont le devenir, qui se croyaient exploités jusqu’au moment d’être ruinés et qui ne savaient pas ce qu’était la liberté avant de découvrir l’oppression.

La France, maillon faible de l’Occident libre.

Parce que, comme le coq, nous chantons à tue-tête dès que le soleil se lève pour dire leur fait aux agresseurs des Arméniens, des Ukrainiens, des Coptes et de toutes les minorités malmenées.

Parce qu’il faut avoir les moyens des leçons que l’on donne et que nous sommes dépendants de nos créanciers.

Parce que nous voulons jouer un rôle de premier plan alors que nous sommes au second.

Parce que nous n’avons plus pour guide que notre Histoire.

Parce que nous restons démocrates et que la démocratie est à leurs yeux une faiblesse.

Parce que nous restons légalistes et que le Droit importe peu aux forts.

Parce que néanmoins nous sommes encore enviables, avec quelques beaux restes.

Bref, parce que nous gênons et que nous sommes forts en gueule.

Lorsqu’une nation est agressée, elle doit faire corps.

La France est agressée. Au lieu de faire corps, elle cède aux pressions de ceux qui ont choisi ses ennemis comme modèles.

C’est à l’intérieur qu’elle est aujourd’hui menacée.

Si l’Europe n’était plus demain le dernier bastion de son influence, elle aurait beau chanter, le soleil ne se lèverait plus pour elle.

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Exemplaire !

La SNCF est l’icône du modèle français, le sein des seins du syndicalisme à l’écoute des masses laborieuses et demeure sans rivale en tête du Hit-parade des entreprises les plus sociales de notre pays.  Elle est notre fierté. Même Michelin, inventeur du prophétique « salaire décent », malheureusement talonné par Good Year et Bridgestone gonflés à mort, s’essouffle à courir derrière elle.

Aux commandes de son monopole de fait, la SNCF maîtrise tous les registres de l’orgue social, du salaire maximum accordé à ses contrôleurs jusqu’aux pensions de retraite pour tous en passant par les primes d’exception pour les plus méritants.

Pas dur ! Il suffit d’annuler la loi. Et pour cela rien ne vaut un bon accord salarial entre patron et syndicats. Champagne ! Ce n’était jamais arrivé. Les syndicats sont unanimes. Impressionnante victoire sociale.

Après tout la République ne fait cadeau à ses turbulents agents montés sur rail que de deux ans de salaire au meilleur taux contre la renonciation – provisoire – à une grève capable de paralyser les transports publics pendant les JO.

Même la RATP n’y avait pas pensé. On parle désormais de breveter le dispositif. Nous aurons des métros à condition que le sort des traminots suive celui des cheminots.

Ne reste donc pour le moment en suspens, côté transports, que l’avenir de nos contrôleurs aériens qui tiennent sur leurs écrans entre leurs mains fragiles le sort des athlètes du monde entier. L’affaire devrait être rapidement bouclée car EDF étudie déjà les moyens, grâce à la compréhension de l’Etat qui n’aura qu’à présenter la note au contribuable, d’étendre le dispositif à tous ses agents. À peine d’éclairer les stades à la bougie.

Et il n’y a pas longtemps avant que les hôpitaux ne ferment leurs services d’urgences si la même exception à l’odieuse « loi scélérate sur les retraites » extorquée au Parlement par un immonde 49/3, ne vient pas, avant les JO, célébrer à coups de casseroles leur magnifique dévouement à la cause de la santé publique.

Peut-être pourrait-on envisager d’étendre aussi le dispositif à l’Education Nationale ? On n’ose l’espérer à la veille des épreuves du baccalauréat. Mais tout est encore possible.

Honni soit qui mal y pense. Il n’y a là aucun chantage.

Seulement la juste reconnaissance de la nation à ses agents-modèles que le monde entier nous envie.

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VIVRE !

Aux dires de nombreux acteurs, il serait plus facile de faire pleurer que de faire rire. Le drame serait plus simple que la comédie.

Légiférer sur la mort est aussi sans doute plus porteur que légiférer sur la vie. La peur, le mystère et l’inconnu sont commercialement et il faut croire, électoralement, plus vendeurs que la joie, la connaissance et la routine.

Le tropisme du législateur en faveur du drame peut cependant, en un certain sens, paraître un peu pervers.

Tout en nous infligeant les tracas les plus divers pour nous empoisonner la vie, il se pique de tout prévoir pour nous assurer une mort confortable. La plupart d’entre nous préfèrerait sans doute qu’il nous fiche la paix et prenne davantage garde à assurer le confort de notre présent.

Mais non ! Tout comme le pouvoir spirituel promet à chacun le bonheur absolu dans un autre monde en se satisfaisant de l’enfer sur terre, ce bon pouvoir temporel s’attache désormais plus à la qualité de notre fin sans aucun lendemain qu’à celle de notre vie. Paradoxal, mais ça marche !

Les femmes dansent sur la place Vendôme en célébrant la victoire constitutionnelle de l’avortement désormais libéré de contraintes (alors que Mme Veil le qualifiait d’échec) et nous célébrons la mort assistée bientôt requalifiée d’euthanasie comme un progrès (alors que ce n’est que la fatalité de la défaite).

Hier, c’était pour célébrer la vie que l’on faisait la fête. Aujourd’hui c’est au nom de la dignité que l’on se réjouit pour célébrer le confort de la mort.

Il y a sans doute quelque de chose qui ne fonctionne pas bien dans notre système empathique. Il est vrai que l’empathie, sœur de l’apitoiement, se prouve – ou se démontre – par la manifestation la plus bruyante possible à la peine de l’autre. Depuis des temps immémoriaux, nous sommes des « pleureuses ». Le chœur des tragédies grecques se lamentaient en scandant les malheurs. Le cinéma a pris la relève et en joue à fond la ficelle – même un peu grosse – pour faire ses entrées. Le néoréalisme en a fait ses choux gras.

Bref, on se délecte à pleurer la mort des autres. Et c’est sans doute rassurant pour nous croire vivants.

Mais à présent, en plus de la pleurer, il faut qu’on l’organise.

Après les guerres et les massacres, on faisait en général tout pour préserver la vie, assurer la santé et la sécurité des personnes.

Après un trop long temps de paix, il est peut-être temps de mettre fin à une vie trop longue !

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Ouf !

L’unisson est rassurant, souvent hypocrite, parfois démagogique. Toujours soporifique.

Les dissonances sont donc la plupart du temps bienvenues. Même Mozart les a mises en avant. L’inconvénient, c’est la cacophonie.

La vie politique passe malheureusement à la vitesse de l’éclair d’un extrême à l’autre, de la cacophonie à l’unisson, de la polémique à l’ennui. À l’aune des intérêts passagers de ceux qui la pratiquent.

La constitutionnalisation du droit à l’avortement (que l’on appelle enfin par son nom plutôt que par un acronyme apaisant) est de cette nature.

La cacophonie, c’était pour la Loi Veil. La seule qui méritait un débat et un vote.

L’ennui, c’est pour la constitutionnalisation de la loi Veil : inutile et démagogique.

Mais l’essentiel est accompli. Tout le monde est content, rassuré après la bouffée de peur ressentie par 66 millions de Français, des beaux quartiers jusqu’aux banlieues, saisis par les foucades d’un parti républicain américain supposé, sous l’emprise de Trump, faire la loi en France et mettre en péril un bien commun précieux.

L’événement, tant il est insignifiant dans un pays laïque et fier de l’être, aurait pu passer sous silence, s’il n’avait été amplifié par une presse affriolée par quelques députés en mal de célébrité.

L’enjeu était ailleurs. Pour le législateur, l’essentiel n’est jamais à rechercher dans l’impact de la loi votée. Il est dans ce que l’on devra en dire.

Pour le gouvernement et la majorité, la loi est « historique », non pas pour le droit qu’elle accorde aux femmes mais parce que la France est le premier Etat dans le monde à avoir voté un texte constitutionnel sur le sujet. Peu importe qu’il soit utile ou inutile, intelligent ou imbécile. Il est historique pace qu’unique.

Pour la gauche, c’est une victoire – puisque c’est elle qui l’avait proposé – et qu’ainsi elle s’inscrit comme le parti de la liberté des femmes qui, jusqu’à présent, lui était disputé au nom de Simone Veil. On peut ainsi évoquer les mannes de Gisèle Halimi et démontrer à tous que sans la gauche, il n’est pas de progrès sociétal. Même si l’initiative du droit à l’avortement revient au seul Valéry Giscard d’Estaing.

Pour le RN, c’était le seul moyen de faire oublier son opposition virulente à la tête de manifestations familiales d’où les préoccupations électorales n’étaient pas plus étrangères hier qu’aujourd’hui.

Pour la droite qui s’accroche à n’importe quelle aspérité pour éviter la dégringolade, c’est la fin de sa ringardise.

Et tout cela fait un texte vanté par tous comme la preuve de la victoire d’un peuple acharné à se persuader que sa liberté est en danger.

Relayée par une presse extatique, la modification constitutionnelle apparaît d’ores et déjà pour ce quinquennat comme un succès gaulois sans précédent, qui sera dignement célébré par les druides d’un parlement unanime dès l’aube du 6 mars prochain.

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Trahison !

Il fut un temps, pas si lointain, où il n’était pas mal porté de se prétendre bon français tout en collaborant avec un régime fasciste.

À leur crédit, les Vichystes pouvaient avoir peur. La France avait été vaincue et l’occupant affirmait sa puissance. Les Vichystes étaient lâches et, parce que lâches, excusables.

Nos Poutiniens d’aujourd’hui n’ont même pas l’excuse de la lâcheté. Sans vergogne, ils trahissent, anticipant, sans se battre, la victoire de l’ennemi. Par opportunisme, par bêtise, par intérêt ou par mauvaise foi pour régler son compte à un autre ? Peu importe.

Il fut un temps, pas si lointain, où la délation n’était qu’un exutoire. Ceux qui l’ont pratiquée croyaient avoir le Droit pour eux. Mais aussi l’excuse de la souffrance, et celle de la vengeance.

Peut-on, pour autant, cautionner la délation ? Evidemment non.

Le Poutinien n’en constitue pas moins pour la France une menace de mort. Il contribue comme complice à mettre notre pays et l’Europe sous le joug de celui qui nous a désignés comme ses ennemis définitifs et irrémédiables. Il fait commerce avec l’ennemi.

Les Poutiniens sont des traîtres qui ne risquent rien.

Il faut donc, sans jouer les délateurs, instruire leur procès, publiquement.

L’occasion nous en est fournie. Ce sont les élections européennes.

Et au moins, cher lecteur, par pitié, ne fais pas « Pfutt » ! Je ne suis pas gâteux.

Réfléchis.

Malgré tous ses défauts, réels ou ceux dont on l’affuble, il n’existe pas d’autre rempart que l’Europe contre la contagion de l’autoritarisme antidémocratique qui répand son virus mortel partout dans le monde. En Hongrie, en Italie, avec des tentatives en Suède et en Allemagne sans parler de la France où il sévit à droite avec un populisme renforcé et à gauche avec une idéologie dépravée par l’islamisme.

Même les États-Unis n’y échapperont pas avec Trump à nouveau aux affaires.

Poutine attend dans l’ombre, patiemment, la dislocation de l’Europe pour la mettre à sa merci et, sous l’œil bienveillant de Pékin, pour imposer sa loi de haine anti-occidentale.

Si Trump croit pouvoir s’en moquer grâce à la puissance de son pays, la riposte est pour nous impossible. Seuls, nous sommes trop faibles. Il n’y a que l’Europe pour nous offrir la base de la reconquête.

Ou nous serons une nation vassale ou nous serons un pays libre en fonction du choix que nous ferons soit en faveur d’une Europe libre et indépendante, soit d’une Europe inféodée à Poutine.

On connaît les deux listes complices de Poutine.

On sait déjà qui s’est soumis et qui résiste.

L’enjeu de cette élection, c’est notre survie.

Reste à prouver que la démocratie n’est pas un vain mot.

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Fatal ?

Peut-on dans les deux ans qui viennent empêcher ce qui se prépare à bas bruit depuis 40 ans ?

C’est la question posée aux Etats-majors politiques qui, sondages à l’appui, lancent le branle-bas de combat contre le Rassemblement National.

Évidemment non.

D’abord parce que la stratégie de la peur a fait long feu. Stratégie stupide, elle n’a pas résisté à l’usure. Éculée, elle est remisée au rang des âneries. L’extrême-droite est entrée dans l’orthodoxie.

Ensuite parce que les partis se sont trompés de combat. Ce n’était pas, à l’évidence, les cris d’orfraies du FN ou du RN, qui trouvaient du crédit auprès d’un certain public, qu’il fallait combattre, mais le silence de partis de gouvernement coupables de paresse et de lâcheté.

Enfin parce que l’essentiel consistait et consiste encore, fonction naturelle d’un parti politique, à apporter un remède aux maux dont souffre la France.

Mais de cela, il n’est pas question. L’hésitation et le silence sont leur réponse lorsque ce n’est pas le plagiat des idées de ceux qu’ils devraient combattre.

Le populisme fait donc recette sur tout l’échiquier.

Avec son heure de gloire en faveur de l’extrême gauche, le voici revenu au sein du RN,  son berceau d’origine.

Conforté par une Marine Le Pen, sereine en Mémé popote entourée de ses chats, et transfiguré par un Jordan Bardella en porte-flingue aux aguets, il s’adresse aux gens doués du “bon sens près de chez eux” qui croient aux solutions simples. Ils sont pléthore.

Cela fait trop de monde pour des partis à la ramasse qui n’ont pas beaucoup de temps.

Non pas pour éviter l’illusoire catastrophe fasciste annoncée par une gauche exsangue, mais simplement pour éviter à notre pays la disqualification promise à ceux qui cèdent aux promesses des charlatans. C’est bien aussi grave.

La Pologne l’a vécu, la Grande Bretagne en souffre, la Hongrie succombe et l’Italie commence à réaliser sa gaffe.

Alors de deux choses l’une.

Ou nous acceptons de boire le bouillon de 11h. Et c’en sera fini à midi. C’est-à-dire après les Européennes.

Ou les partis de gouvernement – s’ils existent encore – se battent enfin, sans faux fuyant, pour remettre la France sur les rails.

Le temps presse.

Encouragement ou vœu pieux. À eux de répondre.

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L’oiseau-lyre

Aux élections, ce n’est pas comme à l’école. On n’a pas besoin d’être au niveau. Le cancre a tous les droits. Pas de « peut mieux faire » pas d’encouragement, pas de faux-fuyant. Le juge n’est pas un professeur qui veut la progression d’un élève. Il veut des résultats. Tout de suite. L’élu est sensé avoir le pouvoir absolu. Momentané mais absolu. Il doit s’exécuter.

Le juge, c’est tout le monde, c’est l’opinion publique, c’est n’importe qui.

Et l’opinion s’en fiche que le candidat soit au niveau de la fonction. Tant pis ou même tant mieux s’il n’y est pas. L’opinion veut l’élu qui réponde à ses attentes. Par n’importe quel moyen.

L’opinion publique exige pour élue une espèce rare : le dictateur obéissant.

Le choix d’un élu, c’est le choix par l’opinion publique du candidat qui aura le mieux exprimé le sentiment dominant de l’opinion à un moment donné.

Et qui s’y conformera. Le contraire du jugement de valeur.

Car le peuple aura de toute façon raison, même quand il désavouera celui ou celle qui a provoqué l’aventure. Quelles que soient les conséquences. L’opinion a droit à tous les retournements. Elle le sait. Elle en abuse. Au nom de la démocratie.

Nous vivons une époque étonnante où le rêve doit l’emporter sur la réalité.

Personne n’est content, tout le monde a peur de tout, mais l’inexpérience, voire l’inaptitude, est pourtant devenue gage de confiance.

Il suffit de n’avoir jamais été au pouvoir pour être légitime à y prétendre. C’est, en France, l’argument-massue de la prochaine élection présidentielle. L’expérience est discréditée.

Malgré sa stupidité, rien à opposer à un tel argument. Rien à opposer à la foi.

On est loin d’un programme et de son examen raisonnable et sensé.  Il ne s’agit de juger le candidat, ni sur sa valeur, ni sur son niveau. Seulement sur ce qu’on espère de lui.

On est dans le Métavers, le virtuel, ce qui n’est pas mais pourrait être. Il suffit de changer de casque pour changer de monde et voir ce que l’on veut voir.

Ainsi en est-il des élections qui se préparent dans le monde évolué des démocraties. Non qu’il s’agisse de faire le procès de la démocratie mais de constater que la démocratie exige de ses créateurs des qualités qu’ils n’ont pas.

Au premier rang desquelles le sens des réalités.

A l’école, la poésie permet à l’enfant d’échapper à la contrainte.

Dans la vie, ce sont toujours les réalités qui l’emportent.

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Coïncidence ou théorème ?

Nous faisons bien souvent l’étrange constatation que plus on met de terroristes hors d’état de nuire, plus il semble qu’il y ait de fous en liberté… Tout bien compté, le nombre des fous serait donc inversement proportionnel à celui des terroristes.

Il est grand temps, si ce théorème était vérifié, de prendre en considération les revendications des psychiatres !

Ou de considérer que la maladie mentale -du moins celle qui conduit à se saisir d’un couteau pour agresser le premier venu – est plus une affaire de sécurité nationale que de santé publique…

Et de confier le ministère de la Santé au ministre de l’Intérieur.

Surtout pas le contraire, à moins de vouloir jeter ensemble sur la voie publique les malades et les terroristes !

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Marionnettiste

C’est faire peu de cas de ses ministres et du premier d’entre eux que de considérer le Président de la République comme le manipulateur de chacun de leurs actes. C’est sans doute aussi se tromper lourdement sur les ressorts qui motivent le chef de l’Etat.

La réalité est plus complexe. Ne serait-ce qu’à examiner le parcours de Gabriel Attal.

Il n’arrive à Matignon ni par hasard (à ce niveau, il n’y en a pas), ni par évidence mais par le travail et la volonté. Les marionnettes n’ont pas ce pouvoir. Elles ne sont animées que par les fils invisibles qui les relient aux doigts de leur créateur. Sans ces minces relais, et faute d’énergie, les marionnettes seraient inertes.

Pas de ficelles, pas de spectacle !

Les ministres n’ont pas besoin de ficelles. Ils font assez de bêtises pour que l’inertie ne soit pas le qualificatif qui leur convienne.

Quant au Président, que l’on a assez suspecté de ne rechercher dans l’exercice de sa fonction que son intérêt personnel, il serait assurément mal avisé de ne pas profiter du temps qu’il lui reste pour ne pas préparer son propre avenir. Encore dans la quarantaine en quittant l’Elysée, il aura beaucoup à faire pour s’occuper avant la retraite à 64 ans…

Il ne faut pas voir dans Gabriel Attal un pion mais plutôt un faire-valoir.

Ni un mime, ni un singe savant, ni un perroquet au ramage aussi charmeur que son plumage est chatoyant, mais plutôt le deuxième rameur d’une embarcation dont le barreur est aussi rameur.

À l’arrivée, le Président lui sera aussi redevable que le Premier ministre pourra l’être à l’égard du Président. Si tout, bien sûr, se passe bien.

Au théâtre de marionnettes, c’est toujours Guignol qui gagne, même lorsque le gendarme apparaît et le poursuit avec son gourdin.

Quel le Président joue les gendarmes n’empêchera pas le Premier ministre d’épouser le rôle du héros tandis que celui de Grolouche, le méchant de l’histoire, reviendra toujours à qui empêche la France de danser en rond.

La politique a beaucoup à apprendre du théâtre des marionnettes.

S’il y a un marionnettiste, dans ce spectacle, ce ne peut être que le peuple.

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Petit Pays

Il n’est ici question ni du Rwanda ni du roman de Gaël Faye, mais de la France.

En dépit des rodomontades de ceux qui évoquent la grandeur de notre pays comme s’ils étaient à la tête de l’Empire, ou de ceux qui se prévalent de la médiocrité des masses pour se croire puissants,  il est grand temps – sauf à accepter d’être humiliés par les faits – de nous situer à notre juste taille.

Ce n’est pas facile. Nous mesurerons peut-être ce que nos amis Belges ont pu éprouver lorsqu’on leur a fait sentir, volontairement ou pas, qu’ils n’étaient décidément pas à notre niveau. Tout simplement parce que, plus petits que nous, ils devaient nécessairement être inférieurs à nous.

C’est ce jugement sans nuances que portent crument sur notre pays tous nos grands partenaires.

Sans humour lorsqu’il s’agit des États-Unis – et ce sera bien pire si Trump revient à la Maison Blanche – avec cruauté, lorsqu’il s’agit de la Chine, mépris lorsqu’il s’agit de la Russie, politesse condescendante, lorsqu’il s’agit de l’Inde, mais aussi ressentiment et parfois haine lorsqu’il s’agit de tout le Continent Africain.

Il faut nous y faire. Car ce n’est pas près de s’arrêter.

Mais s’habituer à être un petit pays lorsque l’Histoire nous avait conviés au banquet des grands exige humilité, travail et lucidité. Le seul moyen de s’en sortir.

C’est d’ailleurs ce que les Belges ont fait vis-à-vis de nous avec le succès que l’on sait.

Peut-on employer la même stratégie vis-à-vis des super puissants ?

Sans doute, à condition de se donner les moyens de les convertir.

Et pour cela, il faut tout reprendre à la base.

À commencer par l’arrogance dont nous faisons preuve. Ce sera le plus difficile puisqu’il paraît que le monde entier envierait ce que nous sommes… Si seulement c’était vrai !

Mais si c’est exagéré, il faudra :

Devenir tolérants,  se forcer à écouter les autres.

Devenir riches. Car ce sont les riches qui font les rapports de force. Ce sera aussi difficile, sinon davantage que de devenir humbles. Car on ne devient pas riche en jouant au loto – ce que l’on tente tous les jours de nous faire croire – mais en réussissant dans les affaires. C’est d’ores et déjà l’enjeu de l’intelligence artificielle. Et les géants sont déjà largement devant nous.

Redevenir performants à savoir générer les meilleurs cerveaux grâce à une éducation nationale remise en ordre de bataille. Et ce n’est pas gagné si l’on en croit les derniers résultats du classement PISA.

Devenir compétitifs, à savoir remettre en état notre système de production non pas conte mais en collaboration avec le monde du travail dans son ensemble.

Alors plutôt que de faire les farauds, il vaut mieux accepter d’être un petit pays.

Et faire les efforts nécessaires pour redevenir un grand pays.

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Truqué !

J’éprouve ce matin un sentiment étrange. Pourtant je suis blindé. Ou, en tout cas, je devrais l’être, depuis 60 ans. C’était le 4 décembre 1967 lors de ma prestation de serment d’avocat. Alors, je croyais en la justice. J’y ai cru assez longtemps. Jusqu’à ce que je m’aperçoive, bien plus tard, qu’elle n’était qu’un théâtre d’ombres, qu’un leurre, que tout se jouait ailleurs, dans des conciliabules à jamais inconnus des parties. « Ils se parlent » entre eux, bien sûr. Après, c’est l’omerta. La loi des mafias.

Depuis que le syndicat de la magistrature fait la loi, la justice n’est plus au service de la vérité mais d’une idéologie. On peut faire ce que l’on veut d’une justice adaptée aux convictions des juges. Au point que la justice a fait sienne cette idée aussi stupide que commode, pour les hypocrites, de relativité de la vérité. Relativité affichée qui n’a pour objet que de donner bonne conscience aux menteurs.

Alors oui, ce matin, en lisant les comptes-rendus du procès Dupond-Moretti à la Cour de Justice de la République, j’ai la nausée.

Pour une cabale judiciaire, il ne pouvait y avoir qu’un ministre coupable et des magistrats innocents, dévoués à leur tâche ingrate et ardue de déjouer les manœuvres d’un avocat marron devenu, contre leur gré, leur supérieur hiérarchique.

La ficelle est si grosse qu’ils n’y croient pas eux-mêmes et que le réquisitoire cinglant d’un procureur engagé échoue lamentablement dans les méandres d’une peine bâtarde à peine adaptée à réprimer un petit délinquant primaire.

Si Dupond-Moretti était coupable, la peine requise aurait dû être autrement plus sévère. Mais voilà, comme d’habitude, quand la justice utilise pour régler ses comptes l’appareil mis à sa disposition pour faire régner l’ordre social, elle est contrainte de transiger et se compromet.

Petite peine, assez significative pour flétrir, mais assez faible pour éviter l’accusation de vengeance.

C’est pourtant de cela et seulement de cela qu’il s’agit.

La défense saura le démontrer. Mais quelle importance ?

Reste à attendre la décision d’une juridiction imprévisible. Rien n’est sûr. Elle peut condamner un innocent. Rien ne rebutera les quelques parlementaires, anciens magistrats qui, dans leur vie antérieure, ont démontré leur capacité d’utiliser la justice comme arme de combat.

Si elle devait l’innocenter, on peut s’attendre à des hourvaris d’insultes contre des « parlementaires complices ».

Tout peut arriver. Ce procès est un procès politique.

Pour une fois, ce n’est pas le pouvoir qui ordonne. C’est le pouvoir occulte d’un syndicat.

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Fessée

D’après les sondages, une large majorité de Français serait aujourd’hui favorable à la réhabilitation du service militaire pour tous. La conscription serait de retour, avec conseil de révision et tout le tintouin. Pour quoi faire ? À voir.

Dans le même temps, une plus large majorité de Français considère que la guerre est une affaire de professionnels. Pas question d’envoyer leurs enfants servir de chair à canon.

Ainsi donc, pour une majorité de Français, il y aurait deux sortes d’armée.

Une armée pour la guerre composée de professionnels militaires qui ont pour mission de nous défendre.

Et une « armée » pour la paix composée de jeunes ( sans précision de sexe) destinés à être « rééduqués ».

Cette deuxième « armée », à objectif civil, aurait donc plutôt les caractéristiques d’un centre de rééducation. L’idée n’est pas nouvelle. Elle a existé puis été abandonnée sous la pression d’éducateurs indulgents et de juges pour enfants laxistes.

Elle avait été à nouveau formulée en son temps par Ségolène Royal au cours de l’une de ses fameuses sorties emplies de « bravitude ».

N’empêche, quelques années plus tard, à jeun d’autorité, la France réclame l’armée pour venir à bout de ses gamins voleurs, dealers, violeurs, armés de « Kalachs » et de cocktails Molotov, exécuteurs de contrats et incendiaires de poubelles, de voitures et de quartiers.

Là où l’éducation traditionnelle suffisait, il faudrait maintenant les armes. Et, dans le droit fil de la mesure, la garde à vue et la prison.

On est en droit de se demander si la suppression de la fessée, considérée par la bienpensance et les nouveaux parents comme une maltraitance, n’est pas pour quelque chose dans cette demande de réplique implacable.

Désormais, dans le sillage de Ségolène, les politiques de tous bords s’en mêlent. Et finissent par s’emmêler les pinceaux.

Il ne faudrait pas tout confondre. L’armée existe pour nous défendre contre un agresseur extérieur. Le type d’éducation qu’elle donnait aux conscrits était conforme à l’objectif militaire d’une armée de conscription à un moment où la société ne révélait pas les défaillances qu’elle accuse aujourd’hui et où les armes n’étaient pas aussi sophistiquées.

Nos petits malfrats ne seront jamais militaires. Il y faudrait beaucoup trop de temps, trop de persévérance et trop d’argent. Autant dire un service militaire d’au moins trois ans et une formation de légionnaire. Hors de portée, hors de prix.

Soyons raisonnables. A dépenser beaucoup d’argent, mieux vaut sans doute, plutôt que d’envisager une réponse passe-partout populiste et inadaptée, créer les structures curatives adaptées à soigner le mal diagnostiqué.

Si ces jeunes ont besoin d’être repris en mains, reconnaissons qu’à défaut de leurs parents inaptes, c’est à la société civile de les reprendre en mains.

Avec des méthodes qui devront, et de loin, dépasser la fessée proscrite.

Mais, de grâce, laissons l’armée faire son métier et seulement son métier.

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Au casino

Les Américains respectent ceux qui réussissent et qui gagnent beaucoup d’argent. Ils ont le culte du triomphe et de la richesse, le complexe « Trump ».

Les Français éprouvent de l’empathie pour les ratés et les nécessiteux. Ils ont le culte de la pauvreté et de l’apitoiement, le complexe « Restos du cœur ».

Français et Américains sont les produits de deux civilisations différentes. Les premiers, héritiers de 20 siècles de tradition catholique mêlant protectionnisme ecclésiastique et pouvoir monarchique, les seconds de seulement cinq siècles de réforme protestante fondée sur l’individualisme et la liberté.

« Que Dieu vous bénisse et bénisse les États-Unis d’Amérique ! »  C’est en ces termes que tout Président des Etats-Unis termine ses discours. Ce qui sous-entend : « Et surtout que Dieu nous laisse faire ce que nous avons à faire ensemble !  »

Une sorte d’appel du grand large.

« Vive la République, vive la France » clôture les discours des Présidents de la République française. Ce qui sous-entend : « La République nourrit la France. Vous pouvez compter sur la mamelle républicaine !»

Une sorte de couvre-feu du vigile.

Ce n’est pas la référence à Dieu ou à la laïcité qui importe. C’est, pour chacun, une façon de vivre par rapport au pouvoir.

Pour les premiers, ce sont les hommes qui renforcent les États-Unis.

Pour les seconds, c’est la République qui est la mère nourricière des hommes.

Dieu est l’alibi des Américains pour aller de l’avant. Il est lointain, pas trop gênant et sollicité pour une bénédiction de passage avant de les laisser foncer.

La République, bonne fille, est l’alibi de l’incapacité des Français à se prendre en mains. Elle se veut proche, toujours présente, prête à assurer l’égalité en faveur des moins bien lotis en freinant la liberté des entreprenants.

Les laïcards français ont trouvé mieux et plus efficace que Dieu pour satisfaire leurs prières. Et ça marche. Mais les ressources de la République ne sont ni infinies ni éternelles !… L’histoire nous l’a appris.

Les parpaillots américains ont plutôt confiance dans le renouvellement des ressources des hommes. Et l’histoire, jusqu’ici, leur a donné raison.

On sait pourquoi les Américains ne serviront jamais de modèles aux Français, et inversement…

Il n’y aura qu’un seul gagnant. Faites vos jeux !

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Manichéisme

Il est des personnages étranges, tel ce magnat américain, grand maître de l’Intelligence artificielle qui déclarait récemment après avoir affirmé que nous n’étions pas des êtres primitifs recroquevillés sur eux-mêmes : « Nous sommes le prédateur suprême ! »

Face à l’écologisme bébête ou tyrannique, il n’y aurait, selon lui, pas d’autre place dans ce monde que celle des prédateurs dont l’homme serait le prédateur suprême.

L’observation du monde, malgré les idées toutes faites que le bienpensance cherche à imposer, nous enseigne pourtant bien autre chose que cette vision manichéenne.

Le monde est certes un monde de prédation, mais il est tout autant un monde de protection. Le règne animal démontre que pas une race ne s’attaque à une autre sans garantir ses arrières. La prudence est reine de l’attaque.

On a même le sentiment, sinon la conviction, que chaque créature est conçue pour se défendre avant de l’être pour attaquer. Et l’homme en cela n’est pas différent du reste du règne animal. Le prétendre « prédateur suprême » comme pour lui donner licence de tout se permettre y compris de se nuire à lui-même aboutit à l’extravagance de l’autodestruction au nom de la liberté et du progrès.

La « tech », et spécialement l’IA est un outil, sans doute utile, mais aussi dangereux sinon plus que les machines-outils des usines dont chaque utilisateur doit se protéger pour éviter les blessures. Les atteintes à l’esprit sont aussi meurtrières que les atteintes au corps.

Le nier est une forme de prétention ou de crétinisme, lui-même, suprême.

On ne sait s’il faut se lamenter ou se réjouir d’entendre de telles opinions qui prêchent le jusqu’auboutisme au mépris de toute prudence.

D’un côté elles alertent sur les dangers que certains sont prêts à faire courir à l’humanité au nom de leur folie et de l’autre nous dévoile par leurs caricatures le ridicule de leurs ambitions.

L’argument de la prédation sans retenue, l’argument de la peur de l’autre, est celui que reprend l’écologisme pour nous affliger de sa vision catastrophiste de l’évolution. Il fait peu de cas de nos capacités à nous protéger.

C’est un peu comme si on affirmait que nous n’aurions le choix qu’entre, d’un côté les prédateurs Mélenchoniens et de l’autre, les hystériques de Rousseau ou les neuneus de Jadot.

Heureusement, il y en a d’autres !

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Le con !

Il y a plusieurs façons de comprendre l’actualité.

La plus banale : Kim Jong-Un vend des armes à Poutine.

La plus journalistique : Kim Jong-Un sort de son isolement en rencontrant Poutine.

La plus tordue : Kim Jong-Un au secours de Xi Jinping.

La plus fine : Poutine est un con.

Le lecteur n’est pas obligé de suivre ce raisonnement jusqu’au bout.

Sur la première lecture, tout le monde est d’accord. Poutine manque de munitions pour arroser l’Ukraine. C’est embêtant pour lui d’apparaître un peu faible. Mais, après tout, tout le monde le sait et il est bien obligé de s’approvisionner quelque part.

Sur la seconde aussi. Jusqu’à présent, Kim Jong-Un n’a pour interlocuteur que l’Empereur de Chine. Ce n’est pas mal mais pas facile pour gagner un peu en autonomie. Kim n’est plus un ado. Il ne veut plus demander la permission à personne pour aller en boîte. Il veut montrer qu’il est un grand garçon.

Sur la troisième, il peut y avoir matière à discussion. Xi Jinping semblait n’avoir besoin de personne pour dire oui ou non à Poutine. Sauf que Xi voit loin. D’abord, il n’a jamais voulu prendre directement part au conflit ukrainien assurant son ami éternel de toute sa compassion et de tout son soutien tant que compassion et soutien sont compatibles avec ses propres affaires. Mais fâcher les Etats-Unis dans une période de tension économique, très peu pour lui. Il se réserve de le faire, mais à son heure et pour le sujet qu’il choisira. On sait sur quel sujet portera la revendication, mais on ne sait pas quand.

Alors oui, sans en faire son petit télégraphiste, il n’a pas interdit au petit Kim de faire sa première sortie publique, son bal des Debs… Il faut que jeunesse se passe et Poutine ne peut pas moufeter. Après tout, ça ne mange pas de pain !

Quant à la dernière lecture, elle peut paraître un peu abrupt au lecteur habitué à des chroniques un peu plus policées.

Et pourtant. Lorsque Poutine semble trouver la solution miracle, il se présente en pénitent comme Henri IV, Empereur du Saint Empire Romain-Germanique devant le Pape à Canossa. Sauf que le Pape n’est pas là. Il lui envoie juste un petit légat. Pas même un nonce.

Le Tsarillon obtiendra bien sûr quelques joujoux capables de faire bobo aux Nazis ukrainiens, mais non sans ouvrir aux Américains la possibilité d’en finir avec lui avec les bonnes vieilles armes traditionnelles. Plus de menace nucléaire. La Chine ne veut pas en entendre parler. Kim n’a que la permission de minuit.

Et Poutine passe pour un con.

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Athlétisme

Rares sont celles ou ceux que l’on connaît. Pas de stars. Que des héros.

Pas d’adversaires, que des concurrents.

Une lutte intime, contre soi-même.

Marathoniens, sprinters, sauteurs, en longueur ou en hauteur, coureurs, avec ou sans obstacles, solitaires ou en relais, perchistes, lanceurs de disques ou de javelots, en maillots, noir, blanc, bleu, vert, jaune, orange ou rouge, le monde entier est là.

Un aboutissement. Des années d’attente. Pour un record. Pour rien. Juste la preuve qu’elles vont y arriver et qu’ils peuvent le faire.

But : Là-bas, là-haut.

Concentration : Oubli, tension, vide.

Volonté : Plus fort, plus loin, plus haut, plus vite.

Effort : Élan, grimace et souffle court.

Résultat : Hébétude, épuisement et larmes de bonheur ou de déception.

Podium, drapeau et Hymne national. Un infime instant de jouissance, de communion, planétaire.

Et nous, dans tout ça ? Pareil.

L’admiration, le suspense, la joie, les larmes.

Il n’y a pas de plus beau spectacle que l’effort gratuit.

Celui qui nous rend solidaires de l’humanité tout entière.

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Riches

Mal barrée Sandrine ! Et pas contente… Il y a, selon elle, trop de riches en France. Ils prolifèrent ! En fait 2,8 millions de millionnaires. Et c’est, d’après elle, « la faute à Macron » et à son pro américanisme forcené. Pour d’autres que notre Rousseau nationale – le féminin est nécessaire – ce serait plutôt un succès.

Il faudrait en effet s’entendre.

Ou bien Macron est le Président d’une secte inaccessible de riches peu partageux dont il se plaît à soigner les intérêts. C’est l’accusation suprême. Ou bien il tente d’ouvrir la secte et de convertir des pauvres en riches en devenant l’avocat de la richesse. Comment lui en vouloir ? C’est ce à quoi aspirent a priori les pauvres.

Avec 4,8% de millionnaires, la France se place pour la première fois en troisième position derrière les États Unis et la Chine et devance le Japon et l’Allemagne classés au quatrième et cinquième rang.

Moins brillante pour les ultra-riches, la France ne pointe qu’en neuvième position, c’est-à-dire à son vrai rang d’influence économique dans le monde.

Pour ce qui est de son influence politique – plus difficile à évaluer – elle peut s’enorgueillir d’un meilleur classement, au 5ème ou 6ème rang.

La question de la richesse fait partout débat dans le monde. Pas en France où, pour le monde politique dans son ensemble, il faut être pauvre pour être considéré.

Il n’est pas bon de côtoyer les riches. Il y aurait toujours quelque chose de malsain à leur compagnie. Et pourtant, en secret, derrière un masque « covidien », nul ne renâcle à cette contamination-là ! Sauf que la démocratie ne fonctionne qu’avec des pauvres.

Sandrine et le monde politique dans son ensemble le savent bien. Les riches détiennent le pouvoir. C’est pourquoi tout le monde veut devenir riche. Mais ce sont les pauvres les plus nombreux. Et le monde politique n’a pas d’autre moyen que les pauvres pour accéder au pouvoir et s’y maintenir. C’est la dure loi de la démocratie.

Plus il y a de pauvres, plus le pouvoir politique est fort. C’est ce que recherchent les politiques au petit pied, style Sandrine.

Plus il y a de riches et plus le pouvoir politique est faible. Le risque étant alors pour ce dernier d’en devenir dépendant.

On n’en est pas encore là !

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Enfer !

Pénitence et privation nous sont étrangères. Tout notre être y répugne. De toute éternité. Nous vivons pour le plaisir, la jouissance et la consommation.

Nous en ressentons le tropisme intuitif alors que la souffrance rédemptrice pour un paradis dont nous ignorons tout s’apparente pour nous à l’enfer.

Seuls quelques masochistes d’inspiration janséniste, ou quelques apprentis dictateurs d’inspiration islamiste ou écologiste, ont-ils tenté de nous persuader, heureusement en vain jusqu’à présent, que le salut résidait dans les vertus de la repentance et des restrictions.

Il faudrait, d’après eux,  d’abord se repentir du crime de consommation commis par nos pères et par nos aïeux,  – et parfois par nous-mêmes quand notre date de naissance se situe malencontreusement juste dans l’après-guerre – et entamer ensuite la diète au nom d’un engagement à sauver la planète.

La guerre est sur deux fronts. Contre Amazon et ses sbires, le tentateur capitaliste, devenu le diable incarné, et contre la Liberté individuelle, ses faiblesses, ses débordements et ses insuffisances, racine du mal, ennemie de la vie rêvée dans une société strictement égalitaire où l’idée de choix individuel pue déjà le blasphème.

La croisade est sans faille. D’inspiration marxiste, elle vise le rayonnement de la société composée de sujets ( adieu les lumières ! ) dévoués à la cause suprême et surtout à ses serviteurs, détenteurs du pouvoirs.

Pénitence et privation sont donc les armes du pouvoir. Ce n’est pas nouveau. Les grands prêtres de l’Égypte ancienne étaient parvenus à convaincre le peuple du Nil que les plaies qui s’abattaient sur leur pays étaient la punition d’une offense faite aux dieux.

Il suffit aujourd’hui de persuader la masse inculte des épicuriens mous que nous sommes, de reconnaître la supériorité bienfaisante de la souffrance sur le plaisir. Les pédagogues sont à pied d’œuvre et les résultats encourageants.

Ainsi tout le monde est-il déjà convaincu que le réchauffement climatique n’est que la conséquence des maux que nous avons infligés à la planète. La phase de repentance est passée. La majorité se sait coupable.

Nous abordons la mise en œuvre des sanctions et des restrictions. L’arbitrage revient depuis peu aux raisonnables. Les extrémistes sont sur la touche. Ce n’est pas une bonne nouvelle. Car il n’y aura pas de rébellion. La société « évoluée » d’un occident repentant se dirige en bêlant où la conduisent ses prophètes.

Tandis que nos prédateurs naturels, tous crocs dehors, viennent partout – en Afrique en particulier – allègrement à bout de notre résistance.

Si l’humanité est pour quelque chose dans les transformations qui agitent notre atmosphère, l’amélioration ne viendra sûrement pas du petit 1% d’humanité que notre pays représente ( 67 millions sur 7 milliards).

Culpabiliser quelques imbéciles, quelques naïfs et quelques bonnes âmes reste assurément la bonne stratégie, et une bonne affaire, pour que les nouveaux dirigeants du monde et leurs séides, puissent se goberger en toute impunité.

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Météo

Passer de l’information à la propagande est une démarche ancienne et primaire mais efficace et toujours renouvelée. Les régimes autoritaires s’en délectent et les démocraties mollassonnes, lorsqu’elles ne s’y essaient pas sous prétexte de pédagogie indispensable à la culture de masse, s’y résignent avec indulgence.

Le pouvoir n’est pas le seul responsable. Les contrepouvoirs sont à la manœuvre. La presse censée veiller sur nos libertés les empiètent allègrement dès qu’il s’agit de défendre « Gé », la Terre-mère,  déesse rajeunie des ayatollahs verts.

Ainsi en est-il à longueur d’émissions des journalistes protégés par la cuirasse d’une éthique autoproclamée et singulièrement des journalistes affectés à la tâche méprisée hier mais aujourd’hui recherchée de la météo.

Après la pédagogie de la Covid assénée durant des mois par des« sachant » s’adressant à des ignares, est venue la pédagogie du « réchauffement climatique » mis à toutes les sauces du moindre orage et de la moindre pluie pour déchaîner les foudres des écologistes, animalistes et autres antispécistes, garants de la sacro-sainte biodiversité.

Sans contester le bien-fondé du constat du réchauffement, on aurait pu espérer éviter le bourrage de crâne qui s’est emparé du moindre documentaire animalier jusqu’ici refuge des allergiques à la « pédagogie politique » de nos Diafoirus du 20H et de nos Trissotin des magazines. Espoir déçu.

Les prophètes de la décadence l’ont emporté haut la main.

Arte se maintenait avec la Cinq comme havres de paix dans le fracas des catastrophes. C’est fini. Le diable de Tasmanie, le lion du Kalahari, le tigre du Bengale, la Girafe Masaï de Tanzanie et le loup blanc de Sibérie sont devenus les sujets d’angoisse du Français moyen réfugié dans sa réserve de Ute au cœur d’une Métropole assiégée.

Pas de répit pour les défenseurs de la planète acharnés à dénoncer nos forfaits journaliers. L’écocide, sorte de génocide anonyme entrepris par la puissance occulte des ignorants, est déjà plus recherché que l’homicide qui a pour lui l’avantage – sauf meurtre en série – de ne faire qu’une seule victime à la fois.

Ainsi donc nous sommes condamnés – parce que tous coupables – à subir à toute heure la messe-météo qui expose en détail comment nous allons tous mourir, ce qui n’est pas à proprement parler un scoop, mais surtout mourir d’ennui, de lassitude et, comme au grand siècle, de componction au simple énoncé d’un dérèglement climatique endémique dont nous sommes évidemment responsables.

Les pauvres, parce qu’ils veulent avoir moins chaud, les riches parce qu’ils mettent trop la clim, les vieux parce qu’ils ne meurent pas assez vite, les jeunes parce qu’ils sont inconscients, les Blancs parce qu’ils prennent l’avion et qu’ils saccagent les terres vierges des Noirs, les Noirs parce qu’ils émigrent chez les Blancs et les Jaunes parce qu’ils sont trop nombreux et qu’ils colonisent la planète.

Bonnes vacances !

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L’auteur

Il guette. Tous les signes. Comme un naufragé espère une présence. Improbable. Comme lui, tout seul sur son radeau, il attend. Sinon le secours, du moins un témoignage.

Il a lancé sa bouteille à la mer. Il faut encore que quelqu’un la trouve. La mer est immense et le littoral bien loin.  Il faut que ce quelqu’un soit curieux, ouvert sur les autres et sur l’inconnu. Qu’il débouche la bouteille, retire le message, le lise et fasse ce qu’il faut. Tout cela n’est pas joué d’avance. Loin de là.

L’auteur est un naufragé volontaire, un solitaire qui a besoin des autres et surtout de lecteurs.

Et chaque fois, c’est la même chose. Le texte est publié, livré au hasard et à l’inconnu.

L’auteur d’un livre aura trois types de réponses : d’abord celle de son éditeur, qui prend ou ne prend pas le risque d’éditer, une première marque de confiance, ou de défiance, l’espoir qui naît ou la déception qui tue. La seconde réside dans les critiques, bonnes ou mauvaises, sujettes à plus d’interrogations que d’indices de satisfaction, mais néanmoins guides pratiques de compréhension de l’œuvre. Et enfin les ventes qui consacrent ou non la rencontre de l’œuvre et d’un public. Ce n’est pas toujours la preuve de la qualité du livre ou l’assurance qu’il sera lu, encore moins qu’il est apprécié. Il est seulement vendu. Cela peut tenir à la notoriété de l’auteur et à ses fans, pas toujours lecteurs quand l’auteur est un sportif, un acteur ou un politique. C’est alors un témoignage de soutien, de respect ou d’amour. C’est beaucoup. Mais lorsque le livre est vendu comme un vrai livre et pas comme un acte de publicité, et qu’il est vendu pour être lu, pour l’auteur qui y a mis tout son être, c’est énorme.

Le chroniqueur bénévole de billets n’a pas ce type de retour.

Alors, avec la vigilance d’une vigie au sommet de son mât, il scrute l’horizon, fronce les sourcils et plisse les yeux pour décrypter à travers un simple émoticon, un point d’exclamation ou d’interrogation, ou mieux encore une réflexion, directe ou indirecte, la lueur la plus ténue, l’image la plus floue, l’indice capable de lui fournir une réponse à son questionnement, elliptique, incertain et réservé en définitive à lui-même.

Ce n’est pas tant le nombre que la nature de ces réactions qui lui importent. Plutôt un encouragement qu’une satisfaction. Il ne veut pas forcément plaire. Il s’interdit de quêter l’approbation. Le texte s’en ressentirait. Il ne la souhaite pas. Il cherche le débat.

Ce que le livre n’offre pas, il veut le découvrir là, dans les réseaux sociaux qui sont ouverts à tous, avec les risques bien connus qu’ils comportent.

Le naufragé ne demande jamais à son sauveur pourquoi il est là.

Il suffit qu’il soit là.

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Incroyable

Une photo falsifiée du pape François, ou de Rimbaud, toutes deux aussi vraies que nature, nous conduisent à admirer les merveilles de la technologie connue sous le nom d’intelligence artificielle et désormais d’IA. Il n’y en a plus que pour elle, nouveau Janus de la civilisation numérique.

On la prie ou on l’exècre, on la révère ou on la craint, souvent les deux à la fois. Parce qu’elle nous échappe.

Et pourtant elle n’est qu’un moyen. Certes infiniment plus rapide que n’importe quelle intelligence humaine mais elle n’est pourtant qu’un produit de cette intelligence dont elle ne possède et ne possèdera jamais ni le pouvoir émotif, ni le pouvoir créatif.

C’est insulter l’esprit que de la comparer. L’intelligence humaine est incroyable au sens premier du terme. Elle plonge au plus profond de ce qui nous est et nous restera inconnu,  dans le mystère des origines et de l’avenir de la création.

Qui n’avait jamais vu la roue, a inventé la roue. En établissant un rapport entre ce qui est rond et qui peut rouler et ce qui n’est pas rond mais que l’on peut faire rouler. C’est ce rapport nouveau qui constitue la pensée créatrice. Ce n’est pas la connaissance acquise, c’est l’observation.

L’intelligence artificielle n’est pas incroyable. Elle, n’est qu’extraordinaire. Seulement à raison de la vitesse à laquelle elle fournit les résultats de l’intelligence humaine faite d’observations et d’émotions, pour en délivrer une somme, des pastiches ou des contrefaçons.

Il faut bien sûr saisir cette formidable avancée technologique pour permettre à l’homme d’accélérer ses facultés créatrices et d’élargir le domaine de ses connaissances.

Il n’y a pas de place dans une telle aventure pour les esprits chagrin. Mais il faut rester lucide et vigilant. Les escrocs sont partout.

L’intelligence artificielle fait déjà partie de notre quotidien. Il suffit donc de la domestiquer, de lui imposer des règles et d’empêcher les faussaires d’abuser les non-initiés, c’est-à-dire presque tout le monde. Paradoxalement, à considérer le degré de sophistication auquel les chercheurs sont déjà parvenus, il n’est pas sûr que nous y parvenions sans l’aide de l’IA.

Parmi les connaissances qu’elle ingurgite, les règles éthiques peuvent être assimilées par l’IA. Elles ne sont que le produit de nos exigences humaines. L’utilisation de l’IA peut ainsi favoriser non seulement la création mais aussi l’éthique.

C’est donc la faculté créatrice de notre cerveau qu’il va falloir doper – l’expérience a déjà été entreprise – pour déjouer les pièges tendus par les utilisateurs de l’IA.

Fournir à notre cerveau de quoi aller aussi vite que l’IA pour nous permettre, dans le respect de l’éthique, d’établir les rapports capables de déclencher nos facultés créatrices.

Dopée par l’intelligence artificielle, l’intelligence humaine va bientôt devenir sans limite.

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Décider

Après avoir été paternaliste et intransigeant, le patronat est devenu réglementaire et pointilleux.

Le patronat balzacien a laissé le champ libre au patronat mondialisé.

Après avoir été populaire et emphatique, la politique est devenue élitiste et logique.

La République des avocats a laissé le champ libre à la République des technocrates.

Mais,

Après avoir été rigoureuse et intransigeante, la justice est devenue influençable et versatile.

La Justice sans cœur de Jean Valjean a laissé le champ libre à la Justice apitoyée des droits humains.

Après avoir été dévoreuse de chair à canon, la défense nationale est devenue empathique.

L’armée sans cœur des massacres de Céline a laissé le champ libre à l’armée compatissante du général Dourakine.

Un simple constat pour démontrer combien la façon de décider, de commander ou de gouverner évolue en fonction des rapports de force issus de la collectivité, dans les rapports entre patrons et salariés, gouvernants et gouvernés, juges et justiciables ou dans la hiérarchie militaire.

On pourrait d’ailleurs ajouter d’autres exemples comme les rapports entre maîtres et élèves ou médecins et patients qui sont passés du rapport autocratique au dialogue et à la bienveillance.

Tout cela pour en venir à la place de l’intelligence artificielle dans la sphère de la décision.

S’il ne s’agissait que de trouver, entre mille formules déjà répertoriées, la formule la plus logique à appliquer, sans prendre en compte la dimension humaine de la décision, l’intelligence artificielle, pointe avancée de la technocratie la plus aboutie – qui a balayé l’humain du monde politique et du monde du travail – serait la panacée du siècle.

Elle ouvrirait sans doute la voie à un régime autoritaire peu enclin à se préoccuper des individus face à la volonté formulée par le mécanisme du pouvoir. C’est le schéma déjà annoncé comme un cataclysme de civilisation.

Mais elle ouvrirait une voie plus large encore à un populisme débridé, tel que déjà affiché comme remède à la technocratie : le pire pour traiter le mal.

La décision, pour éviter l’incantation populiste, doit sortir d’urgence de l’équation dans laquelle elle s’est enfermée sous couvert du déterminisme syncrétique du « en même temps » qui échappe à toute émotion.

L’émotion est inhérente à la décision.

L’émotion n’est pas déconnectée de tout fondement idéologique ou religieux. Elle ne se satisfait jamais du virtuel « en même temps ». Elle est réellement d’un côté ou de l’autre.

Avis à la technocratie qui croit que l’IA sera le guide suprême de la bonne gouvernance alors qu’elle ouvre les voies de l’autoritarisme et de la démagogie.

On n’évitera la dictature et le populisme qu’en réintégrant l’émotion dans la décision.

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La République

Les peuples exigent la liberté lorsqu’ils sont bien nourris et l’égalité après avoir acquis la liberté. Au Soudan, c’est pour se nourrir qu’ils se battent. Pas pour la liberté. Ça viendra plus tard. Peut-être.

En Iran, en Turquie, en Chine ou en Russie, ce sont les mieux nourris qui se battent pour la liberté. Les autres se taisent. Ils attendent des jours meilleurs.

En Afrique, en Amérique du Sud, certains, pour se nourrir, sont prêts à renoncer à toute liberté.

Et sans aller si loin, l’histoire a démontré que le danger guette à tout moment le peuple qui a faim.

Le combat pour l’égalité se résume à un combat pour la chute du mieux placé pour donner corps à la fiction de l’égalité.

Quant à la fraternité, elle se restreint au fur et à mesure qu’augmente la liberté et que triomphe l’égalitarisme sur l’égalité.

Le constat est amer. Il illustre combien la démocratie est un état ardu à atteindre et difficile à conserver.

Il n’est pas pessimiste. Il tente simplement de mettre en évidence l’effort à fournir pour avoir accès à l’idéal démocratique défini comme le bonheur.

Tout simplement parce que nos principes s’expriment au contraire de nos pulsions. La volonté de survie à l’encontre de la tentation de liberté, la tendance à la liberté à l’encontre de l’exigence d’égalité, et la fiction d’égalité à l’encontre de l’idéal de fraternité.

Tout cela se traduit dans notre univers démocratique pourtant très éloigné des affres de la dictature.

Dès lors que la survie est assurée, la liberté prend tous ses droits, y compris le droit d’abuser de sa liberté.

On voit dans les menaces de la CGT-Energie chez EDF ou chez Total, dans les blocages d’entreprises, de centres d’élimination des déchets, d’établissements scolaires et d’universités par les comités Théodule baptisés collectifs de lutte, combien la dérive de la liberté du droit de grève permet d’enfreindre sans retenue l’encadrement du droit de grève et dénie au pouvoir le droit d’imposer cet encadrement.

On voit combien la dérive d’exigences égalitaires juridiquement indues, mais imposées par la force, érodent le principe d’égalité au point de nuire aux droits des citoyens et combien le mépris des droits des citoyens crée une impasse à la fraternité.

Dans ce maelstrom républicain au service d’un peuple gavé, triomphent désormais les charlatans de la République, violeurs de la démocratie, décidés au nom de l’envie à restreindre la liberté.

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Abdiquer

La République ne permet pas d’abdiquer. Seulement de renoncer. L’abdication est réservée au roi. C’est normal. Comme gage de la continuité du régime, le roi a un successeur désigné en faveur duquel il abdique. L’élu républicain n’en a pas. Il est seul dans l’espace et le temps pour réaliser son œuvre. Renoncer est son lot, et, croit-il, la sauvegarde de son maintien.

À défaut de renoncer l’élu républicain peut être renvoyé. C’est sa crainte.

Autour de lui s’empressent d’abord ceux qui veulent prendre sa place, ensuite ceux qui n’ont d’autre ambition que de le détruire et enfin, loin de lui, les électeurs qui, par définition, fustigent son action. Personne n’est fiable en somme dans cette galaxie.

Laurent Berger appartient à la deuxième catégorie. Par esprit de vengeance de s’être senti humilié pour n’avoir pas été suffisamment pris au sérieux au début du premier quinquennat ou par la conviction née sur le tard d’une mission de libération du peuple, peut-être des deux, le voici qui, mettant en pièces le principe républicain de la souveraineté de la représentation nationale, il propose de confier à des médiateurs – on croyait jusqu’à présent ce type de proposition réservé aux seuls technocrates – le soin de trouver un arrangement entre les acteurs de la loi reportant l’âge de la retraite à 64 ans et les diverses thèses syndicales prônant pour les unes, son retour à 60 ans, voire au-dessous, ou pour les autres son maintien à 62.

On peut parier, dans l’esprit de Berger, sur son adhésion à la dernière hypothèse, compromis facile du statu quo qui plaît tant aux abouliques.

Comme d’habitude, se rallient à cette proposition les faibles,  les vénaux et les lâches plus soucieux de sauvegarder leur place que d’assurer la pérennité de la nation qu’ils ont juré de servir. Mais ce sont tous des imbéciles qui, croyant ainsi se préserver du désastre, ne font qu’accélérer leur chute.

Car c’est de la dépossession du Parlement qu’il s’agit.

Resterait à créer un tribunal populaire et à faire allégeance à « l’auto-incarné de la République », pour que l’idéologie révolutionnaire de la Nupes triomphe.

À jouer les idiots utiles de Mélenchon, Berger, conforté par les Vichystes du Parlement, aura généré l’anarchie dont il est cependant l’un des plus farouches adversaires. Ce ne sera pas son plus grand titre de gloire.

Reste à espérer qu’à aucun moment, biberonné par les habituelles renonciations de l’appareil d’État qui ont conduit à toutes les démissions, le gouvernement n’en arrive pas, lui aussi, à abdiquer…

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Cabotins !

Un acteur est d’autant plus mauvais que son rôle est médiocre. Apostrophes, hurlements et outrances émaillent alors le texte, révélant dans la pièce les failles, les manques et les contradictions du personnage.

Au Parlement, la messe est dite. Il n’y a que des utilités, des petits rôles et des seconds couteaux. La tragi-comédie est à l’affiche.

Dans la rue, on joue un navet.

Passe encore pour l’archaïque CGT, pour Sud la trotskiste ou pour FO la gauchiste incertaine, de tenter, moulinets à l’appui, d’impressionner leur public. On sait depuis longtemps que la défense de l’emploi n’est plus leur préoccupation première. Elles se voudraient tant révolutionnaires ! En chambre, bien entendu, à l’abri du besoin grâce à la tétée qu’elles prennent chaque jour à la mamelle de Bercy, et donc au sein de la nation.

Plus désolante est l’attitude de la CFDT, de la CFTC et d’UNSSA tout autant nourries au lait de la mère-patrie qui se prétendant raisonnables et s’entêtent pourtant à s’enliser dans le déni.

Il faut vraiment qu’il y ait quelque chose de pourri en République de France.

Ne cherchons pas. C’est trop facile. Et pas nouveau.

C’est l’éternel rapport « démocratique » du dirigeant et du peuple. Et le problème posé par le financement de ce rapport intime.

Le dirigeant surjoue son rôle pour que le peuple lui accorde sa confiance grâce à laquelle le premier obtient de l’État l’argent qui lui permet de conserver le pouvoir. La boucle est bouclée.

Pour cela, ils sont tous d’accord. De l’idéologue le plus radical au démagogue le plus corrompu pour jouer le rôle qui les maintient là où ils sont et pour obtenir les parts de marché les plus grosses. Tout est spectacle. L’enjeu sont les clients, citoyens, syndiqués ou les deux.

Sur le ring politique, le financement des partis pourvoit aux combats programmés.

L’affiche annonce les rencontres Majorité contre Opposition, puis,  NUPES contre RN, LR contre RN, PS contre LFI et EELV contre LFI. Arbitrage médiocre de Renaissance, Horizon et Modem. Pagaille. Résultat nul.

Le financement social organise les rencontres du ring social.

Syndicats contre Gouvernement, puis SUD contre CGT, FO contre SUD, et enfin CFDT contre tous les autres avec en prime le rôle-titre. Pas d’arbitre. Pagaille. Résultat nul.

Les marionnettistes encaissent. La nation trinque.

Alors se pose une question: Comment Bercy et la Cour des Comptes, en principe si regardant sur les dépenses, peuvent-ils fermer les yeux :

  • Sur l’utilisation des fonds destinés en principe à assurer l’indépendance des partis politiques mais détournés de leur destination pour faire taire leur électorat,
  • Sur l’utilisation de fonds affectés en principe à la défense du salarié dans l’entreprise, mais détournés de leur destination pour jouer la comédie de la révolution ?

« Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette » !

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