Jusqu’où peut aller le fantasme sécuritaire et jusqu’où peut aller le stress de l’insécurité ?
D’abord convenons que tout cela, est à la fois objectif et subjectif, évolue dans un même temps lui-même relatif évidemment. La seule réalité absolue de la vie est la mort, pour le reste elle n’est qu’incertitude et insécurité liées.
La sécurité est un état qui n’existe que dans le présent, l’idée de sa pérennité ne peut être qu’un sentiment, une émotion, un rêve, rien de plus. Et pourtant c’est le moteur de l’humanité.
COVID
Lorsque COVID est arrivée le tableau informatif était effrayant, majoritairement la population s’est confinée pour se protéger. Les hommes de l’Etat, le nez au cul de la population, se sont appropriés la pulsion majoritaire du confinement à l’aide de leur gadget préféré : la loi.
Satisfaction générale des confinés, oui mais…
Pour qu’ils se confinent égoïstement il a bien fallu que certains s’exposent. Le chauffage, la nourriture, les distractions, les soins, etc… tout cela ne leur a pas manqué parce que d’autres l’ont payé de leur insécurité.
Cet échange est aujourd’hui oublié, personne n’en parle, mais ceux qui l’on fait une fois ne le referont peut-être pas aussi facilement à l’avenir. Les premiers pompiers à Tchernobyl y sont allés de bon cœur, ils n’y retourneraient pas.
Pour COVID la question ne se pose pas, elle est apprivoisée, dont acte. Mais pour les autres risques, présents ou à venir, pas sûr que des candidats vont se précipiter au secours de la sécurité des autres en payant eux le prix de l’insécurité.
Les fonctionnaires
Voilà des gens qui par le passé payaient d’un petit salaire le statut sécuritaire dont ils jouissaient. Je parle de la sécurité de l’emploi, de l’absence de sanction, d’une retraite sûre, d’une noble indifférence aux résultats, toutes ces choses qui font écran entre eux et l’insécurité.
Tout cela a un coût, payé par ceux qui s’activent dans l’insécurité, voire la précarité.
Aujourd’hui ce statut des fonctionnaires est toujours là, mais, en plus, leur salaire a tellement grimpé qu’il dépasse largement celui de ceux qui le financent de leur insécurité : les travailleurs du privé, salariés ou patrons.
Le stress de ses derniers, lié à l’insécurité qu’ils assument pour la sécurité des fonctionnaires, est arrivé à un point de non-retour. La probabilité qu’ils refusent de continuer est importante.
Mettons-nous à leur place. L’insécurité du secteur privé est devenue telle que les retours économiques censés le dédommager sont actuellement ridicules. Cela tient au fait que le coût de la sécurité des fonctionnaires a atteint de tels sommets que les prélèvements sur les revenus du secteur libre en insécurité compensatoire sont disproportionnés, confiscatoires, dolosifs.
Voilà donc où nous en sommes
Très proches de la débâcle de 1940.
Quand la population fuyait l’insécurité à venir, se jetant par cette fuite dans une insécurité plus grande encore. De la même façon qu’aujourd’hui, elle s’était bercée d’un sentiment de sécurité qui ne correspondait à aucun effort le justifiant. Personne alors ne voulant affronter l’insécurité de sa vie pour la sécurité de cette lâche population.
Nous sommes très près de la débâcle. Elle sera d’abord économique, puis sans doute rapidement physique quand l’essentiel viendra à manquer et que les pillards pointeront le bout de leur nez.
Avant ou après la présidentielle ? Les paris sont ouverts.
Bien à vous. H. Dumas
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