Si je rencontrais le Pape, je lui dirais…

Je lui dirais : « je ne connais pas ce que vous avez appris, vous ne connaissez pas ce que j’ai appris.

Je ne souhaite pas échanger ce que j’ai appris contre ce que vous avez appris, car il me semble que ce que j’ai appris est plus intéressant que ce que vous avez appris.
Vous pensez le contraire ? C’est votre droit. Je le respecte, respectez le mien. »

Conclusion, aucune discussion possible.

Mais je vous ferai remarquer que je n’ai ni l’ambition ni les moyens de lui imposer mes vues, alors que lui… pense encore les avoir. Certes il ne les a plus, mais quand il les avait : bonjour les dégâts.

Aujourd’hui le Pape, un matheux, parait-il, nous explique qu’il est indispensable de limiter l’Intelligence Augmentée ou Artificielle.

De quoi j’me mêle ?

Ne se rappelle-t-il pas les interdits prononcés par son organisation dont nous avons la preuve de leur sottise ?

N’a-t-il pas appris quelque part dans ses bibliothèques que toute découverte porte en elle le pire et le meilleur, que ce n’est pas une raison pour l’ostraciser, que ce n’est que l’histoire qui peut porter un jugement et tirer des conséquences que seules la liberté et la novation construisent.

Mais, et c’est là que son bât le blesse, la découverte n’est jamais issue de la croyance, elle est au contraire la fille du doute.

Comment espérer l’intégration du doute dans l’esprit et l’élocution du Pape. Impossible. Il n’est là qu’en tant que détenteur de la vérité révélée. Comment lui expliquer que la vérité n’est jamais révélée, jamais définitive ?

Il sait tout cela, mais il ne peut pas le dire.

Bien sûr sa fonction n’est pas totalement critiquable. Le besoin de croire doit être assouvi. Depuis des siècles il y aide, avec plus ou moins de bonheur, mais aujourd’hui plutôt sans violence, ce n’est pas si mal.

Mais l’IA, en quoi lui fait-elle peur ?

Elle pourrait faire des dégâts dans l’esprit des humains ? Et c’est lui qui dit ça ?
Bon passons à autre chose avant de nous crêper le chignon.

Pas besoin du Pape pour craindre des dérapages de l’IA. Nous sommes tous conscients, enfin ceux qui s’en servent, que l’IA pourrait nous dépasser. Dont acte.
Mais serait-ce la première fois que quelque chose nous dépasse, ou plutôt nous aide à nous dépasser ?

D’abord le cheval, puis la roue, puis la voiture, puis l’avion, puis la fusée, etc., liste non exhaustive. Chaque fois la maîtrise du moyen et de la méthode n’a pas été de tout repos. Mais chaque fois le résultat a été d’abord stupéfiant, puis spectaculaire pour l’humanité, et in fine pour la fraternité chère, par vocation, au Pape.

Alors, que le Pape ait des angoisses, quoi de plus normal, n’est-il pas un homme, comme nous ?

Mais que, dans sa position, il fasse le lit pour la presse d’un doute malsain face à un progrès stupéfiant qui est en train de révolutionner notre humanité, c’est très indélicat et indigne de sa fonction.

Des doutes ? Oui. Des conseils ? Aucune raison objective d’en avoir les moyens. Des propositions d’interdits ? Inacceptables, trop tôt et hors sujet.

Le Pape n’est pas un devin, un sorcier. Il fut un temps, pas si lointain, où il les faisait brûler.

Bon, pas d’énervement, je ne rencontrerai jamais le Pape, je ne lui dirai jamais rien.

Si je le rencontrais, je lui parlerais plutôt du diable : de Bercy.

Bien à vous.

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A propos Henri Dumas

Je suis né le 2 Août 1944. Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil. Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société. Amicalement à vous. H. Dumas

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