Plus personne ne peut ignorer que les comptes publics sont catastrophiques … et le gouvernement vient de découvrir que l’excès de fiscalité a pour principal effet de liquider toute croissance économique. La dernière note de conjoncture de l’Insee à cet égard est catastrophique !
La situation est limpide : Plus nous dépensons, plus les déficits se creusent, et donc plus nous empruntons ; et plus nous empruntons… plus les taux montent et plus les déficits se creusent … c’est l’équation impossible de la dépense publique incontrôlée. Fatalement, les marges de manœuvres se réduisent sans cesse ; raison pour laquelle, le gouvernement cherche (ou du moins fait semblant) à supprimer ou raboter certaines niches fiscales, plutôt que d’infliger de nouvelles hausses d’impôts qui ne pourraient qu’augmenter l’effet dépressif sur l’économie.
Le gouvernement cherche donc à faire des économies à hauteur de 54 Mds€ … « sans trop augmenter les impôts » afin de limiter le déficit budgétaire à 5.1% malgré une pression à la hausse de la charge d’intérêts qui devrait dépasser 70 Mds€ en 2026 !
Face au risque de se retrouver, après juin 2027, ou pire avant, sous tutelle de Bruxelles et du FMI, il entend donc prendre des mesures d’économies …
Vous apprécierez, et vous allez comprendre, toute la nuance sémantique contenue dans la sentence « sans trop augmenter les impôts » !
Le problème du gouvernement est que ses marges de manœuvres sont très faibles car l’hypothèse d’une amélioration de la croissance économique reste pour l’instant totalement inatteignable et le pouvoir d’achat des français est en berne du fait de la confiscation fiscale opérée sur un produit de première nécessité : le carburant pour aller travailler, amener et rechercher les enfants à l’école ou aller au supermarché ; c’est à dire … vivre tout simplement !
Pour l’instant, le gouvernement rejette d’entrée le gel du barème de l’IRPP car ce serait provoquer une hausse des impôts par le simple effet de l’inflation.
Mais, comme on le pressentait déjà depuis plusieurs semaines, le discours du gouvernement insiste beaucoup sur le cout des retraites … Et, fatalement, les retraités se retrouvent en première ligne, sans avoir rien décidé ; surtout qu’avec 2.000€ par mois on vit très bien a affirmé ce ministre des finances qui perçoit 15.000€ par mois tous frais payés et qui n’a probablement jamais vécu avec 2.000€ par mois. En outre, il “oublie” que la moyenne des retraite est de 1.700€ par mois et que les mutuelles de santé vont encore augmenter du fait du transfert 1.5 Md€ de l’assurance maladie vers les complémentaires de santé.
Le discours officiel est que les retraités coutent trop cher et qu’il va falloir faire des économies … sur leur dos au nom de la solidarité et de la justice fiscale. On en retiendra juste que faire contribuer les retraités qui ont déjà contribué toute leur vie constitue, à n’en pas douter, une idée révolutionnaire !
Seulement, en proférant de telles affirmations, le gouvernement ne présente qu’un aspect tronqué des choses … et procède à une globalisation abusive qui masque une réalité un peu différente !
Des situations différentes en fonction des régimes
Les régimes du privé sont à l’équilibre ou faiblement déficitaires …
Par ailleurs, les retraites du privé ne sont pas toutes financées par l’Etat mais par des caisses autonomes (CGRCR, CNBF, CIPAV, …). Le seul point d’action de l’Etat est donc la CNAV-CARSAT qui est financée par les cotisations sociales (patronales et salariées), des impôts et taxes affectés (essentiellement constituées par la CSG) et des transferts divers dont ceux de la CNAF (caisse nationale des allocations familiales). Par ailleurs, il faut savoir qu’il existe un mécanisme de péréquation qui permet de faire financer les caisses déficitaires par les caisses excédentaires.
Par contre, ce qu’il ne dit pas c’est que les régimes du public sont, eux, lourdement déficitaires : pas moins de 80 Mds€ par an, excusez du peu !
L’opération « R » comme retraites ou … ratissage ?
L’objectif sera donc de faire un petit tour de passe-passe comptable pour pomper les ressources de la CNAV-CARSAT et alimenter le budget général de l’Etat ; ce qui ne résoudra pas pour autant le problème des déficits structurels des retraites du secteur public puisque le problème de leur financement n’est à aucun moment évoqué !
Ainsi donc, dans le cadre d’une vaste manipulation, il faut comprendre que le gouvernement a décidé de faire payer tout le monde ; c’est à dire … les autres !
Néanmoins, la méthode qui sera utilisée n’est pas encore arrêtée ; le gouvernement ayant déclaré qu’il laissera au Parlement le soin de trancher entre un gel des retraites et une suppression de l’abattement fiscal de 10 % pour frais des retraités.
Le gouvernement hésite encore entre :
-la non revalorisation des pensions au-dessus d’un certain seuil (2.034€ par mois ou plus ou … moins)
-la suppression de l’abattement de 10% tout court ou seulement dans la limite de 3.000€,
Tout en se gardant bien de dire qu’il s’agit d’un faux choix puisqu’il s’agit bien de choisir entre deux mauvaises solutions qui entraineront bien, et contrairement à ce qu’affirme le ministre, une augmentation de la pression fiscale sur les retraités.
En effet, en cas de non revalorisation, les pensions seront amputées au minimum du montant de l’inflation (4 à 5% l’an bien loin des 1.7% officiels) et en cas de suppression de l’abattement, l’impôt s’appliquera nécessairement sur ces 10% qui n’étaient pas fiscalisés auparavant !
Mais bien évidemment, le ministre a pu affirmer, sans rire : « Aucune pension ne diminuera » ; ce qui est vrai en € courants du montant brut de la pension ; c’est à dire si l’on ne tient pas compte de l’inflation ni de l’abattement supprimé. Par contre, le net fiscal en € constants sera bien en baisse !
Vous avez dit manipulation ?
Encore une fois, on s’aperçoit que mensonge et manipulations sont les principaux moyens d’action du gouvernement et que la solidarité et la justice invoquées par le ministre ne sont que les paravents d’un système profondément inégalitaire !
Le ministre assure qu’ « il ne veut pas matraquer les retraités » … et bien sûr on va le croire !
En fait, quand le ministre fait cette déclaration, il faut traduire sa pensée … c’est à ceux du secteur public qu’il pense car ce sont eux les électeurs du système. Dans ces conditions, matraquer ces derniers et seulement eux, parce que ce sont leurs régime de retraite qui sont déficitaires, ce serait scier la branche sur laquelle s’appuie toute la technocratie fonctionnarisée !
Néanmoins, trouver plusieurs milliards sans donner le sentiment de faire des 17 millions de retraités les boucs émissaires et la principale variable d’ajustement budgétaire risque d’être un exercice de haute voltige face à un Parlement sans majorité décidé à en découdre avant les élections de 2027.
Pour l’instant, le gouvernement cherche …
Bien cordialement à tous !
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