La prochaine crise sera, à n’en pas douter, de la faute des riches … forcément car, dans un pays comme la France où la moitié de la population est contre le capitalisme, tout en étant persuadée que les riches volent le « peuple », et râle sans arrêt pour tout et n’importe quoi tout en cherchant un exutoire à son insatisfaction générale, quels meilleurs boucs émissaires que les riches !
Il faut dire que les petits français apprennent, à l’école républicaine, que le seul capitalisme admissible est celui de l’Etat stratège, que le socialisme est l’avenir de l’homme, que le profit est immoral et résulte exclusivement de l’exploitation de l’homme alors qu’au contraire les services publics ne font pas de profits et sont donc bien plus moraux !
Ils vivent dans un monde fantasmé de fortunes acquises sur le dos du peuple, de profits indécents du CAC40, de la fraude fiscale (des seuls riches) qui ruinerait le pays, de la confusion entre industrie financière et économie réelle, de leur propre victimisation, de la solidarité pour eux-mêmes, des retraites payées par les autres, des services gratuits, de l’argent inépuisable, de la dette infinie, de l’Etat tout puissant et protecteur …
D’ailleurs, entre le cinéma qui les présente comme des méchants, les écolos anticapitalistes et décroissants qui les accusent de tuer la planète, les politiciens et les journalistes qui adorent dévoiler leurs turpitudes, les syndicats révolutionnaires ou marxistes qui n’hésitent jamais à dénoncer la violence faite au peuple, on ne manque pas en France de « spécialistes de la question des riches » !
Le dernier avatar de cette saga est bien sûr l’évasion de C Ghosn présenté comme un abominable patron, un manipulateur pervers narcissique dépourvu de toute empathie ou une victime des calculs d’E Macron d’un côté, de Nissan et de l’Etat Nippon de l’autre …
De surcroit, E Macron (« le président des riches ») a commis cette provocation de supprimer l’ISF qui était, non pas un impôt sur le revenu mais un impôt sur le capital. L’ISF pouvait aboutir à ce que le contribuable se trouve à payer des impôts d’un montant supérieur à ses revenus et être dans l’obligation de vendre une partie de son patrimoine pour faire face à une dette fiscale. Or, à bien y regarder, payer moins d’impôt n’est pas un cadeau mais seulement une moindre spoliation ou un moindre vol …
Cet épisode a juste révélé que l’Etat fonctionnaire est incapable de réduire ses dépenses et qu’il fallait compenser le « manque à gagner fiscal ». Les sbires de Bercy n’ont alors trouvé que la solution d’une augmentation des impôts pour les autres (notamment sur le carburant) ; ce qui a forcément été ressenti comme une injustice de la part de la population qui a assimilé qu’elle payait, à la place des riches, un impôt qu’on leur avait supprimé !
Et ce sentiment est aggravé par une double confusion entre d’une part égalité et égalitarisme alors que la devise de la République « liberté, égalité, fraternité » ne consacre que l’égalité des droits juridiques (et la fin des privilèges liés à la naissance) et ne signifie nullement « gratuité, égalitarisme, solidarité. » et d’autre part, les riches avec certaines banques qui utilisent le trading à haute fréquence pour acheter et revendre les mêmes actions 500 fois par seconde. Or, cette technique ne sert à rien, ne produit rien, ne créé aucune richesse ; ce n’est que de la spéculation pure qui ne s’intéresse même pas à la valeur réelle des sociétés.
Alors, des riches responsables de tout ?
En outre, on comprend mieux la stigmatisation du capitalisme et des riches lorsque l’on sait que les français n’ont pas d’actions des sociétés du CAC 40, lesquelles ont souvent pour actionnaires des … fonds de pensions étrangers, parce que l’Etat fonctionnaire, qui vit exclusivement du racket fiscal, a réussi à les détourner de la bourse pour canaliser à son profit une épargne devenue non productive et ne servant qu’à financer son train de vie !
Cette attitude souffre néanmoins d’un handicap : sans riches, il n’y a pas d’entreprises qui créent des emplois, pas de création de richesses, pas de revenus taxables au profit de l’Etat. Car, l’Etat ne créé pas d’emplois productifs, il embauche des fonctionnaires qui sont payés par vos impôts avec cette conséquence inéluctable que, plus il y a de fonctionnaires, plus il y a … d’impôts !
L’Etat est seulement un prédateur qui ne fonctionne pas selon les règles normales de l’économie !
Les français devraient donc se poser quelques questions à propos des riches …
Sont-ils responsables de la pression fiscale excessive et en sont-ils les bénéficiaires ?
Ont-ils décidé une augmentation de la dette publique ou sont-ils d’une manière ou d’une autre responsables de cette dette ?
Ont-ils bénéficié des aides sociales, des distributions gratuites d’avantages qui ont creusé la dette publique à 2.415 mds€ ?
Ont-ils bénéficié des impôts, des prélèvements obligatoires, de la taxe carbone ?
Sont-ils à l’origine des taux à zéro et des QE qui laminent l’épargne ?
Sont-ils responsables du fait que nos services publics et nos entreprises publiques (SNCF et RATP) ne fonctionnent pas ?
Sont-ils responsables de la faillite pourtant prévisible des retraites par répartition et des injustices manifestes entre les régimes du public et ceux du privé ?
Sont-ils à l’origine des rentes de situation qui existent au sein de la fonction publique ?
Sont-ils les bénéficiaires des impôts et des taxes levés en France ou responsables de leur augmentation constante ?
La réponse est manifestement non à toutes ces questions !
Alors, que reproche-t-on réellement aux riches ? Eh bien, finalement d’être riches c’est à dire essentiellement d’avoir accès à un train de vie inaccessible au commun des mortels !
Qui est riche ?
F Hollande nous avait expliqué qu’il détestait les riches et que le riche, c’est celui qui gagne plus de 4.000€/mois (montant qui se trouve être, par hasard, le salaire moyen d’un chef d’entreprise). Ce faisant, il a oublié que lui-même, qui, un jour, avait reconnu qu’il n’avait jamais travaillé de sa vie, perçoit, outre de nombreux avantages en nature liés à ses anciennes fonctions, entre sa retraite de haut fonctionnaire, celle d’ancien député de la Corrèze et celle d’ancien président de la république, largement plus de 15.000€/mois payés intégralement par nos impôts. Selon ses propres critères, il fait donc partie des hyper riches mais n’en conçoit visiblement aucune gêne ni aucun complexe !
JL Mélenchon, le pourfendeur des riches, l’admirateur des régimes totalitaires de Cuba et du Venezuela, l’élu (actuellement il est député de Marseille) qui vit confortablement de ses mandats électoraux et qui n’a pratiquement jamais travaillé de sa vie (eh oui ça fait deux avec F Hollande) est en fait un « capitaliste anticapitaliste» puisque, selon les critères de l’ONG OXFAM, il fait partie des 1% les plus riches avec un patrimoine dépassant très largement le million € … (la moyenne est de 100.000 €) !
On peut aussi se poser la question à propos de tous ces fonctionnaires qui perçoivent 10.000 voire 15.000€/mois (à Bercy notamment) sans jamais avoir rien investi après avoir surtout profité des « filières d’excellence » des écoles de la république réservées de facto aux milieux très favorisés dont ils sont issus !
Car, finalement, tous ces gens payés par nos impôts n’ont aucun complexe, les riches sont toujours les autres et, à travers un mécanisme intellectuel pour le moins surprenant, les gros salaires perçus par le biais de la spoliation fiscale par l’Etat se trouvent être plus respectables que les salaires des entrepreneurs !
On peut d’ailleurs se poser la question : Combien de capital faut-il accumuler pour gagner 10.000€/mois ?
Cette question n’est pas innocente car beaucoup de riches ne sont riches que des entreprises qu’ils dirigent et bien souvent c’est même leur seul patrimoine. En fait, il s’agit, la plupart du temps, d’un abus de langage ou d’une confusion volontaire de la part de journaleux en mal de sensationnel car les entreprises ne leur appartiennent pas vraiment ; ils n’en sont que les dirigeants et les propriétaires minoritaires !
En fait, leur patrimoine personnel est souvent bien inférieur à la valeur théorique des entreprises qu’ils dirigent ; pour certains même leur patrimoine est négatif car ils ont de lourds emprunts sur le dos.
Car, l’outil de travail n’est pas la richesse personnelle !
L’exemple type, quoique américain, est celui d’Elon Musk dirigeant de Tesla dont la capitalisation boursière complètement farfelue fait l’objet actuellement d’une intense spéculation !
Or, Musk n’est pas propriétaire de Tesla et Tesla ne vaut pas 100 Md$ (c’est plus que la valeur boursière accumulée de Ford et GM qui produisent 15 millions de voitures quand Tesla ne gagne pas d’argent et produit 400.000 voitures !) et contrairement au titre de l’article « E Musk ne vaut pas 100 Md$ » !
La réponse est simple : pour un entrepreneur, il faut beaucoup de capital ; au moins 3.6 Millions € si l’on escompte un rendement de 3% l’an sur l’outil de travail. Pour les hauts fonctionnaires … rien et ils n’ont même pas besoin de faire d’économies et d’ailleurs officiellement, ils n’ont … aucun patrimoine !
Car, à la différence de l’entrepreneur qui doit prévoir l’avenir et économiser, le fonctionnaire, au mieux, prévoit ses prochaines vacances et, au pire, sa future retraite mais n’économise pas puisqu’il est assuré d’avoir toujours les mêmes revenus à la fin du mois jusqu’à … sa mort !
On peut alors légitimement se poser la question de qui vit vraiment « sur le dos du peuple » ; le riche qui travaille, souvent beaucoup, prend des risques, investit tout en créant des emplois, vend des produits ou des services utiles ou ces hauts fonctionnaires qui travaillent peu, ne prennent aucun risque, prennent leur retraite de bonne heure et sont payés par nos impôts et ne font que nous compliquer la vie ?
Enfin, il ne faut pas oublier que les riches ne sont pas les bénéficiaires des impôts prélevés mais les premiers à les payer surtout qu’en France, l’impôt sur le revenu est concentré sur les 10% de la population ayant les revenus les plus élevés (alors que plus de la moitié des contribuables ne paient pas d’impôt sur le revenu) et que le seul « avantage » des riches est, qu’en cas de problème, ils risquent d’y perdre beaucoup plus que les autres ; sauf à prendre la fuite … s’ils arrivent à contourner un contrôle des changes qui ne manquera pas de se mettre en place quand tout ira mal !
Que gagneraient « les pauvres » à une spoliation des riches ?
La promesse du grand soir reste une constante de l’inconscient français ; la spoliation des riches permettrait une distribution équitable des « richesses » !
Seulement, cela a déjà été fait, même en France, et cela s’appelle une nationalisation. Le problème c’est que les nationalisations n’ont enrichi personne car l’Etat est un mauvais gestionnaire ; il ne sait que dépenser et ne fait jamais d’économies et quand l’argent vient à manquer, il augmente les impôts ! Eventuellement, il recrutera des fonctionnaires en masse, donnant l’illusion de la création d’emploi ; illusion qui s’évanouit le jour où l’argent vient à manquer alors que la charge desdits fonctionnaires, qui restent en place pour la vie, devient intolérable !
En fait, tous les pays qui ont nationalisé les biens des riches ont fini par … faire faillite car la démarche a toujours été idéologique, la plupart du temps marxiste, en niant la vision capitalistique de l’entreprise ; car c’est en accumulant du capital que l’on peut investir et qu’une entreprise fonctionne !
Spolier les riches : tous pauvres !
A la fin des années 70, Teng Hsiao Ping avait compris qu’une armée de pauvres ne peut rien faire et que, pour s’en sortir, la Chine devait impérativement changer de modèle économique. On en voit aujourd’hui le résultat : elle est passée en 40 ans du néant communiste à la deuxième place mondiale !
Fustiger les riches et les menacer de spoliation ne sert en fait à rien et au pire ne fera que les faire fuir alors qu’un pays composé exclusivement de pauvres ne vaut rien, n’a aucun moyen et ne peut rien faire !
De plus, contrairement à la vision française, une entreprise doit faire des bénéfices car elle doit pouvoir dégager des marges pour investir et l’absence de bénéfice des services publics masque surtout le fait que les couts réels sont cachés et ne sont pas intégrés dans le prix final qui est juste subventionné par l’impôt et coute en fait, à la fin, beaucoup plus cher ! (par exemple : les transports en zone francilienne sont subventionnés à 50% c’est à dire que 50% du prix est payé par les impôts des autres français qui n’utilisent pas les services publics franciliens – et eux n’ont droit qu’à la voiture diesel …) !
La lutte contre les inégalités, qui caresse ce sentiment d’injustice typiquement français, n’est finalement que la tarte à la crème des politiciens français en mal de programme depuis 40 ans alors qu’il n’y a pas pire injustice que de ne pas avoir de travail et de ne pas pouvoir faire face à sa vie sociale ; et sur ce plan les politiciens n’ont pas de réponse alors que l’appauvrissement des classes moyennes « inférieures » est essentiellement dû à la rapacité d’un Etat insatiable qui exerce une pression fiscale excessive et en augmentation permanente !
Finalement, entre les impératifs économiques que l’on refuse de voir, les promesses électorales irresponsables et les revendications sociales, la France se contente juste de tourner en rond dans une danse macabre de chaises musicales dans le but de savoir qui va payer pour les autres !
Bien cordialement à tous !
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