Sonia Mabrouk a reçu Mélanie Luce, la jeune présidente de l’Unef.

 

L’UNEF ou le naufrage d’un syndicat étudiant

 

 Ce matin dans sa matinale d’Europe 1, Sonia Mabrouk a reçu Mélanie Luce, la jeune présidente de l’Unef. Déroulant ses questions comme un rouleau compresseur, Sonia Mabrouk a mis au jour les dangereuses contradictions du syndicat étudiant.

L’interview a commencé en douceur, ce qui dans la matinale de Sonia Mabrouk n’est souvent pas bon signe pour l’invité. « L’augmentation des bourses et des aides au logement, c’est ça l’urgence. Il faut des mesures qui permettent d’avoir de l’argent dans les poches des étudiants et de manière immédiate », réclame Mélanie Luce. Et puis vient déjà le moment de la deuxième question : « Pour les auditeurs qui ne vous connaîtraient pas, vous vous présentez comme la première présidente « racisée » de l’Unef. A quelle catégorie raciale estimez-vous appartenir ? »

« Cela signifie que je ne suis pas blanche, et que je suis la première personne non-blanche à diriger l’Unef », explique Mélanie Luce, ajoutant qu’il ne s’agit pas d’une « race biologique » mais d’une « race sociale », c’est-à-dire ce à quoi (la couleur de peau) chacun serait renvoyé dans la société. « En vous présentant ainsi, vous validez vous-même cette assignation racialisante… », rétorque Sonia Mabrouk. Pour Mélanie Luce, il ne s’agirait que d’un « constat ». Rappelons ici ce que la réponse de Mélanie Luce a de fondamentale. Il s’agit du cœur nucléaire de ce qu’on appelle « l’identité victimaire », soit le fait de se définir non pas positivement, mais négativement, c’est-à-dire de la façon – évidemment oppressive – dont vous prétendez que les autres vous voient.

A partir de là, le cafouillage rhétorique commence à s’installer chez la jeune présidente de l’Unef. L’intervieweuse quant à elle semble savoir parfaitement où elle va : « vous estimez qu’il y a un racisme institutionnel venant des blancs ? Vous vous présentez comme « non-blanche » donc je me permets de vous demander s’il existe un racisme venant des blancs à votre égard ? »

« Le constat qu’on fait, c’est que nous sommes dans une société qui reproduit les discriminations, qui reproduit le sexisme. Aujourd’hui on a un écart de salaire entre les femmes et les hommes… » Et Sonia Mabrouk d’anticiper le changement de sujet : « Je vous parle du racisme. Existe-t-il un racisme d’Etat ? » « Vous voulez que je vous réponde ? », rétorque la jeune femme, comme pour essayer de gagner du temps. « Oui, j’aimerais bien, directement si c’est possible », répond la journaliste avec un sourire un brin carnassier.

Le combat est certes pour partie inégal. Malgré ses éléments de langage, la jeune fille de 24 ans n’est pas taillée pour un entretien sur le fil du rasoir. Sonia Mabrouk est une professionnelle de l’interview et elle va le montrer en déminant les réponses préfabriquées de Mélanie Luce. Exemple avec ce piège à double détente : « j’imagine que vous dénoncez toute forme de racisme ? » Réponse à la fois évidente et suicidaire de l’intéressée : « Bien sûr ». L’auditeur averti connaît déjà la question suivante et elle arrive une demi-seconde plus tard : « Y compris le racisme anti-blanc ? » Le piège est refermé.

Mélanie Luce a désormais le choix entre deux contradictions : soit elle répond par l’affirmative et contredit le postulat de base de l’indigénisme (le racisme anti-blanc n’existe pas car il n’est pas systémique), soit elle répond par la négative et contredit sa phrase précédente. C’est pour ce dernier choix qu’elle opte : « Alors…attention…je pense que la question c’est… »« Ah, attention ? », jubile Sonia Mabrouk.

A partir de là, il ne reste plus à Sonia Mabrouk qu’à dérouler en appuyant sur le nœud de contradiction rhétorique duquel la jeune représente de l’Unef n’arrivera plus à se délivrer. « Le premier à avoir parlé de racisme anti-blancs, c’est Jean-Marie Le Pen », explique Mélanie Luce pour tenter de disqualifier l’expression. « Oui oui, bien sûr…je vois bien l’extrême droite… », rétorque la journaliste avant d’enchaîner sur les réunions « en non-mixité » (donc interdites aux blancs) organisées par le syndicat étudiant. Complètement débordée, la jeune femme interroge la journaliste : « est-ce que vous voulez des vraies réponses ? » Et Sonia Mabrouk, intraitable : « Je les attends depuis toute à l’heure, à vrai dire. »

Après moult tentatives d’esquives et de contorsions, la présidente de l’Unef est obligée d’admettre, à grands renforts d’explications louches, que l’Unef organise des réunions interdites aux blancs. Reste encore à avaler la polémique de l’IEP de Grenoble dans laquelle l’Unef a relayé les photos des professeurs pris pour cibles sur les réseaux : « Vous apportez ce matin votre soutien clair et franc à ces deux professeurs dont les noms ont été placardés sur les murs au nom d’une prétendue islamophobie ? »Et Mélanie Luce de répondre : « Mon soutien face aux menaces qu’ils peuvent subir, oui, par contre…il y a deux sujets… »

« Ah, il y un mais ? », enchaîne Sonia Mabrouk avant d’ajouter : « Est-ce que vous pensez que l’islamophobie tue aujourd’hui dans notre pays ? » Question quasi rhétorique à laquelle Mélanie Luce répond en ciblant l’extrême droite. « Madame Mélanie Luce, après les accusations d’être islamophobes, Charb et ses amis ont été tués à Charlie Hebdo. Après avoir été accusés d’être islamophobe, l’enseignant Samuel Paty a été décapité dans notre pays. Je vous pose une nouvelle fois la question. Qu’est-ce qui tue dans notre pays : l’islamophobie ou l’islamisme ? »

L’échange se poursuivra encore quelques minutes, mais en réalité, il a déjà cessé. Sonia Mabrouk vient de démontrer que l’agressivité n’est pas nécessaire pour pousser un invité dans ses retranchements. Poser les bonnes questions au bon moment suffit. La présidente de l’Unef est KO debout. C’est le problème des interviews en mixité !

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