Sanctionner

Le mal est partout. En chacun de nous, dirait le chrétien. Ce n’est pas une raison pour feindre de ne pas le reconnaître, pour refuser de le dénoncer et négliger de le sanctionner lorsqu’il se pavane avec indécence.

Confondre autorité et dictature aboutit à l’extravagance de considérer l’acte de guerre comme inique ou légitime, selon que le régime convient ou ne convient pas à celui qui s’improvise juge, historien ou stratège.

Au motif que les gardiens de la loi ne seraient pas exempts de fautes, il faudrait, pour certains, passer sous silence le crime ouvertement commis avec cynisme et brutalité par un voyou, sous prétexte que la police ne serait pas tout à fait impartiale.

Il n’est sans doute pas inutile de rechercher les causes de l’apparition du mal, surtout si elle est soudaine. Ne serait-ce que pour éviter de reproduire les erreurs du passé. Mais il serait inepte que la découverte des causes du mal interdise de le faire cesser, par tous les moyens.

Il ne s’agit pas de rétablir la loi du talion, d’ailleurs invoquée par ceux qui violent la loi internationale, mais de réprimer l’atteinte portée aux droits des plus faibles.

Il est vrai que chez nous la dénonciation d’une lointaine faute originaire, comme explication d’un crime ou d’un délit, justifie souvent l’absence de sanction du coupable. C’est le travers de la bienpensance, devenue racialiste et wokiste.

Ainsi en est-il de l’absolution accordée au voleur sous prétexte d’une société fautive de l’avoir condamné à la pauvreté, de l’absolution imposée par l’autorité légitime à l’élève violent issu de l’immigration sous prétexte de sa prétendue situation d’infériorité.

Comme si tous les pauvres étaient voleurs et tous les immigrés violents.

Ainsi en est-il de l’absolution donnée aux auteurs de la seconde guerre mondiale, « victimes » du traité de Versailles, et à Poutine, assassin de l’Ukraine, « victime » de l’OTAN.

La vengeance est une sottise. Elle est sans fin et perpétue la guerre.

La sanction est lucide. Juste, elle éteint le conflit et ouvre la voie à la paix.

Alors oui, le mal est partout, en chacun de nous. Ce n’est pas une raison pour ne pas le combattre. Il peut avoir des causes. Pas de justification.

Individuellement, le mal est affaire de conscience. Chacun prend ses dispositions pour le combattre en lui-même, sachant qu’il y succombera à nouveau.

Collectivement, le mal est affaire de justice. Il appartient à l’Etat de s’y opposer, sachant que le mal est sans fin.

La sanction ne s’exerce avec efficacité qu’au prix de son renouvellement.

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2 réflexions sur « Sanctionner »

  1. La complexité des stratégies et des actions réelles est trop complexe pour que le quidam de base puisse se faire une idée de qui mérite une sanction. Mais il semble que cette guerre était en gestation depuis des années, que les accords de Minsk n’étaient pas respectés, que la « promesse «  des américains de ne pas installer des bases de missiles proches des frontières russes non plus. Les stratèges américains piqousés à la guerre froide trouvent normal de harceler les russes par tous les moyens et probablement pour éviter une véritable alliance entre l’EU et la Russie qui représenterait un concurrent plus que sérieux sur l’échiquier mondial. Qui sont nos amis ? A -t-on des amis ? That’s the question !

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