Les français aiment la pierre !

Les français aiment la pierre et préfèrent être propriétaires de leur maison plutôt que d’être locataires !

On peut le comprendre !

D’ailleurs, le rêve du français moyen n’est-il pas d’avoir sa propre maison individuelle avec jardin ?

Seulement, cela n’est pas du gout de la caste au pouvoir !

En effet, Mme Wargon, ministre déléguée au Logement, a réussi à défrayer la chronique en affirmant, lors d’une conférence intitulée “Habiter la France de demain” que ce rêve de l’accession à la maison individuelle était désormais interdit car ce rêve construit pour les Français dans les années 70, ce modèle d’urbanisation qui dépend de la voiture pour les relier, sont un non-sens écologique, économique et social »

Après s’être fait l’apôtre de l’habitat collectif et de la mixité sociale, elle a terminé par ce constat définitif « le modèle du pavillon avec jardin n’est plus soutenable en France » !

Il est intéressant de savoir que Mme Wargon est la fille de M Lionel Stoléru, plusieurs fois ministre, qu’elle est membre de la caste au pouvoir depuis des décennies, et que, de ce fait, elle n’a évidemment pas connu les affres de la vie en HLM, la surpopulation, la délinquance, les conflits de voisinage !

Elle peut donc évoquer cette question toute à son aise … en toute connaissance de cause.

En outre, face au tollé déclenché, elle a été obligée de reconnaitre, de mauvaise grâce, posséder elle-même, en toute modestie, une maison individuelle de 150m2 à St Mandé.

Il faut savoir que St Mandé est la banlieue chic du nord-est parisien, une ville où le prix du m2, qui tutoie les 14.000€ le m2, est plus élevé qu’à Paris intra-muros et où il n’y a … aucune mixité sociale !

Rapporté à sa surface, on en déduit que la modeste demeure de Mme Wargon est évaluable, au minimum, à 2.100.000€ !

On comprend dès lors qu’elle puisse effectivement se permettre d’affirmer que la maison individuelle n’a plus d’avenir ; elle est déjà pourvue à cet égard, et largement !

En fait, Mme Wargon fait doublement partie des nantis à la fois du fait de son héritage patrimonial mais aussi du fait de son statut : énarque, membre de la caste, bénéficiant de revenus plus que confortables (bien au-delà des 2.000€/mois bruts du français moyen), pour toute la vie sans risque perte d’emploi ou de chômage !

Vu sous cet angle, on comprend donc qu’elle puisse effectivement se permettre de moraliser à bon compte ; car il est évidemment beaucoup plus facile de moraliser lorsque l’on n’est pas concerné par les conséquences de ses propres décisions !

L’extension du pouvoir de nuisance

Cette déclaration est emblématique de « l’action » du gouvernement et plus particulièrement d’une caste au pouvoir dont le pouvoir est surtout celui du pouvoir de nuisance !

Car finalement, que voit-on ?

Encore une fois, le discours est celui des interdictions qui impactent défavorablement la vie des gens ordinaires !

Après l’interdiction des voitures en ville, des chaudières au fuel, du chauffage au bois (en ville), d’Airbnb, de la location de certains logements ne satisfaisant pas à certaines normes, pourquoi pas l’interdiction des pavillons !

Il s’agit évidemment d’une atteinte à la liberté individuelle car, quand il en a les moyens, le français moyen doit pouvoir conserver le droit de choisir son mode de résidence ; pour lequel il doit souvent consentir de très lourds sacrifices …

C’est encore une fois l’histoire de la caste qui décide ce que le bon peuple doit accepter ou subir ; en l’occurrence vivre dans des cages à lapins avec l’argument que désormais c’est pour sauver la planète !

Quels sont les arguments de Mme Wargon ?

Les incidences du modèle pavillonnaire sont connues : artificialisation des sols, « mitage pavillonnaire » avec l’extension de zones pavillonnaires en périphérie des grandes villes au détriment des terres agricoles et, horreur, dépendance à la voiture !

Le Gouvernement semble donc vouloir reconfigurer l’habitat, en privilégiant la densification, la construction en ville et l’édification de « logements collectifs de qualité ».

Elle critique un « fonctionnement urbain de plus en plus éloigné des centres villes et de plus en plus dépendant de la voiture individuelle » ; car la voiture est devenue la bête noire des politiques avec la multiplication des interdictions de circuler (ZFE).

Alors évidemment, elle s’est enflammée avec des affirmations aussi creuses et vides de sens que : « Une guerre culturelle s’ouvre pour ainsi aller vers une ville intense, qui ne transige pas avec la qualité et qui tient sa promesse en matière de services” !

Elle vante la qualité de vie qu’apporte la mixité sociale … sans savoir de quoi elle parle car elle n’a jamais été confrontée à ce problème mais, c’est la principale caractéristique de l’énarque : il doit être apte à discourir sur des sujets dont il ignore à peu près tout !

Une volonté de contrôle

C’est en fait l’habillage technocratique d’une volonté du pouvoir de contrôler une population qui n’est pas suffisamment éclairée pour savoir quel est le cadre de vie qui lui convient alors que la caste, elle, elle le sait !

Et pourtant, des statistiques déjà anciennes montrent que 75% des français veulent habiter dans une maison individuelle et au bord de la mer ; et, avec l’épidémie de Covid et les confinements à répétition, cette tendance à la fuite des grandes villes ou des grands ensembles s’est accentuée. On peut aussi comprendre que les gens puissent préférer habiter en périphérie, dans un cadre plus calme, assurément plus confortable pour une famille avec enfants !

Quel est le rêve de l’urbain surtout lorsqu’il est mal logé ? Sortir de la ville et spécialement de ces grands ensembles ou de ces cités, où la vie est plus difficile avec des risques d’agressions de vols multipliés !

Mme Wargon devrait d’ailleurs faire un tour dans certaines cités à la mixité sociale tant vantée, avec une population immigrée très importante, des immeubles dégradés, des agressions dans les cages d’escaliers, des vols fréquents, des voitures volées, dégradées ou même carrément brulées … les soirs de fêtes ; et on passera rapidement sur les cités islamisées ainsi que sur celles mises en coupe réglée par des trafiquants de drogue.

D’ailleurs, les ambitions de Mme Wargon ne s’arrêtent pas à vouloir empiler tout le monde dans des logements sociaux. Elle tient aussi des propos à l’ambigüité inquiétante en expliquant qu’« Il faut mobiliser le parc privé existant pour réguler le marché ».

Régulation du marché et immixtion dans le privé ?

L’Etat fonctionnaire veut s’immiscer dans la gestion privée et imposer ses choix aux propriétaires privés par le biais d’un dispositif intitulé « Louer abordable » visant à inciter les propriétaires à louer leurs biens, en-dessous du prix du marché, à des locataires à petits revenus, en échange d’un abattement fiscal.

C’est à dire que l’Etat veut prendre indirectement le contrôle de la gestion patrimoniale des propriétaires d’appartements à louer !

Nous nous retrouvons encore une fois devant un système technocratique visant à fausser la loi du marché par le biais de ce qu’on peut appeler d’un terme générique « la politique du logement » et dont le premier effet est généralement de provoquer une pénurie du marché !

Cela s’appelle du communisme mais, bien évidemment, Mme Wargon pratique le communisme exclusivement pour … les autres car il est beaucoup plus facile de moraliser lorsque l’on n’est pas concerné par les conséquences de ses propres décisions !

Le propriétaire, ennemi de classe

En fait, il faut bien comprendre que le propriétaire individuel de sa maison est un ennemi de l’Etat car l’Etat n’aime pas se confronter à des propriétaires moins manipulables qu’une classe de locataires dépendants de politiques publiques pour se loger. Ce ne sont pas des clients en demande mais des opposants potentiels qui défendront leur patrimoine face aux contraintes voire aux agressions de l’administration !

En effet, là où le locatif met tout le monde sur un pied d’égalité, la propriété privée organise une diversité patrimoniale de l’habitat et surtout rend les gens indépendants des fluctuations politiques et sociales des « organisateurs publics de la vie sociale ».

Outre le fait qu’il y a un problème de concordance entre les objectifs de la ministre et les vœux des français, cela revient à poser cette question primordiale : est-ce que les humains sont faits pour vivre entassés dans des cages à lapins ?

Car, très franchement, il ne faut jamais y avoir habité pour avoir envie d’y vivre !

Il serait d’ailleurs intéressant de connaitre le cadre de vie de tous ces hauts fonctionnaires et politiciens et en outre de savoir combien disposent d’une ou plusieurs résidences secondaires ?

Alors évidemment, on peut masquer cette volonté d’enrégimenter la population derrière l’écologie et affirmer que le pavillon petit bourgeois est anti-écologique mais, en fait, l’utopie écologiste a juste succédé à l’utopie socialiste ; ce qui permet d’ailleurs de nous rappeler l’urbanisme si particulier des pays communistes avec ces barres d’immeubles sans âme, mal conçus, mal construits, au cadre de vie déplorable mais obligatoire et il faut vraiment beaucoup de bonne volonté, ou de mauvaise foi, pour voir, dans ce type d’habitat, un exemple d’écologie !

Quel avenir ?

Heureusement, ce genre de déclaration n’a aucune chance d’aboutir compte tenu de la forte résistance à la fois des français, qui préfèreront  toujours habiter dans un pavillon que dans une barre d’immeuble social à la mixité festive … et des maires qui préfèreront toujours des pavillons à la population responsable plutôt que des immeubles sociaux avec des populations à problèmes !

Finalement, au-delà de la boutade d’Alphonse Allais selon lequel il fallait créer des villes à la campagne, il n’y a rien de pire qu’un haut fonctionnaire déconnecté des réalités qui prétend faire de la politique et contrôler le mode de vie des gens ce que l’on pourrait résumer par cette formule :

Il ne devrait pas y avoir de « politique du logement » !

Bien cordialement à tous !

Licence de publication : la reproduction de cet article est autorisée à la condition de le reprendre en totalité, d’en rappeler l’auteur et le site originel de publication.

 

 

Dominique Philos

A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, après un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat en droit fiscal et droit des sociétés spécialisé ... en divorces ; jusqu'à ce que je sois excèdé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage désormais ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, soucieux du respect des libertés individuelles, je suis un libertarien qui déteste l'Etat et son administration tentaculaire.

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2 thoughts on “Les français aiment la pierre !

  1. Bonsoir Monsieur ,

    Vous êtes brillant et vous tapez dans le mille !
    Les nantis ( énarques “f. p” onctionnaires , que sont nos élus ou ministres et qui vivent dans leur vase clôt comme les agents du fisc qui déblatèrent entre eux dans leur microcosme et leurs sujets en ignorant le réel , sont tous issus de la même classe qui vit sur les prélèvements faits sur les autres

    Ces gens là sont en dehors de la vie réelle et de la création de richesses , ils vivent du travail des autres et se perpétuent entre eux .

    Vous voterez ?

    Moi surtout pas sauf si les élus renoncent à toute indemnité .
    Il n’y aura pas foule et ne resterons que les vrais convaincus du bien public .

    Pas d’élu n’ayant pas connu la vie dure ni issu du sérail

    Seuls élus ; ceux qui auront franchis les difficultés sans cuillère en argent dans la bouche à la naissance et qui auront montré leur réussite

    Rendre non éligibles les militaires ,( déjà fait) , les membres des cultes divers ( pas en cours) et surtout les fonctionnaires car ils sont juges et partie. L’impôt ? c’est leurs revenus .

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