Il n’y avait que Brassens pour faire rimer « Quelque part » avec « Zanzibar ». Il y a désormais Mélenchon pour faire rimer « Chez nous ! » avec « Pas vous !». Comme Marine et Jordan. Et faire hurler les foules en s’affirmant « Chez nous » pour contester le droit des autres à prétendre être aussi chez eux : Non, pas vous !
Le poète sétois avait aussi chanté « Le temps ne fait rien à l’affaire », « quand on est con, on est con » ! Et c’est bien vrai. Les générations passent, ils demeurent. Les mêmes recettes produisent les mêmes effets. Il suffit de s’en tenir à une seule règle : ériger une sottise en loi. Et c’est bien ce que nous enseignent RN et LFI.
Car faut-il être con pour tirer vanité de son lieu de naissance !
On serait donc chez nous pour y être né, selon Bardella, et selon Mélenchon, pour y avoir trouvé refuge. Pour le premier seuls les « natifs » seraient chez eux. Pour le second, seuls les immigrés, irréguliers de préférence, le seraient. Dans le premier cas par hasard et dans le second, par effraction justifiée par l’histoire.
Mais on n’en est pas à une contradiction près. Pour RN et LFI, être né chez nous ne donne pas nécessairement à tous le droit d’être chez eux là où ils sont nés.
Tout dépend de la consonnance de son patronyme.
Malheur à lui, selon Mélenchon, si sa consonnance est germanique. Il y a suspicion de judéité, et donc de complicité avec les assassins de Gaza. M. Glucksman en a fait les frais.
Et malheur à lui, selon le RN, si sa consonnance évoque l’Afrique et l’Islam. Tant pis pour les Yasmine, les Fatima et les Ali. Ils seraient tous a minima, ennemis, et au pire, complices de terroristes.
N’est pas chez lui qui peut. Encore faut-il qu’il soit admis par ceux qui ont décidé de qui pouvait revendiquer la qualité de « natif ».
C’est partout comme cela. Est-on bien d’une ville, même si l’on y est né, lorsqu’on ne porte pas sur soi les insignes de sa naissance (accent – apparence physique) ? Il existe toujours et partout un tribunal du peuple autodésigné chargé d’examiner les dossiers et de prononcer la décision d’adoption ou de rejet du « Chez Nous », sans appel possible. Il a d’autant plus de pouvoir qu’il est anonyme, fondé sur la seule renommée. (Brassens, encore, en a chanté les trompettes).
Il n’y a qu’un lieu où notre présence soit, du moins jusqu’à présent, incontestable : notre planète.
Et c’est bien là où le bât blesse. Il va falloir désormais déceler les terriens qui font du mal à la planète, ses ennemis de l’intérieur, ceux qui ne sont pas dignes d’être « Chez Nous ».
Faudrait-il les éliminer ?
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