L’explication d’un déclin

La carte politique française est extrêmement simple … et se réduit à peu de chose !

Elle se partage entre les étatistes de gauche, les étatistes de droite avec, au milieu, pour les départager, les … étatistes du centre.

Amer constat …

Il existe une telle uniformité politique qu’il n’y a aucune alternative à l’étatisme ; ce qui explique, pour une large part, l’absence de toute réforme d’un système dont on sait pourtant qu’il court à sa perte !

Par étatiste, il faut bien évidemment comprendre qu’il s’agit de personnes qui sont convaincues, ou qui affectent de croire à la supériorité de l’Etat alors que l’on sait que l’organisation étatique est lourde, pesante, couteuse et inefficace.

Et ce consensus politique, spécifiquement français, tend à faire accroire à la population que le libéral est d’extrême droite, en le taxant d’ultra-libéral, voire de fasciste afin de soumettre l’esprit des électeurs à un mur psychologique : le libéral est dangereux pour les libertés alors que c’est bien l’Etat qui est le plus attentatoire aux libertés !

Comment expliquer un tel paradoxe ?

C’est tout simplement parce que ces étatistes de tous bords sont aussi des démagogues, c’est à dire des gens élus, qui ne font rien de concret mais promettent à leurs électeurs des revenus et des avantages sans avoir besoin de travailler en taxant le patrimoine et les revenus que l’on va confisquer aux riches (voir la taxe Zucman).

Le mécanisme est à la fois simple et pervers : il suffit de promettre des avantages à certains en confisquant les biens des autres alors qu’on n’est soi-même pas impacté par ses propres décisions ?

Autrement dit : il suffit de promettre de distribuer aux uns l’argent des autres pour être populaire !

Démonstration : Il suffit que vous confisquiez les revenus d’un entrepreneur pour les distribuer à 5 personnes qui, elles, ne font rien, pour vous assurer une base électorale inexpugnable car, comme le droit de vote est le même pour tout le monde, on comprend très vite que les 5 personnes (qu’on surnommera le Club des cinq), qui ne font rien, voteront toujours  pour ce système alors que l’entrepreneur se retrouve piégé dans un système qui lui est hostile par définition mais qu’il ne pourra jamais changer.

L’entrepreneur, seul créateur de richesses, est donc perdant à tous les coups au jeu du suffrage universel perverti sous sa forme la plus démagogique car les élus démagogues et les hauts fonctionnaires font eux-mêmes partie du Club des cinq … et passent leur temps à expliquer à leurs braves administrés que les entrepreneurs sont des profiteurs, qui ont extorqué l’argent aux travailleurs, des fraudeurs et des exploiteurs, …il n’y a aucune chance que cela change.

Un mensonge, aussi énorme soit-il, répété suffisamment, finit par devenir la vérité et ce mensonge, on l’assène aux français depuis au moins 45 ans !

Ce discours est d’autant plus crédible qu’une majorité de français ne demandent qu’à y croire ; et c’est d’autant plus pervers que l’on a créé chez les bénéficiaires du Club des cinq une illusion de gratuité (notamment sur les transports urbains ou la santé) sur laquelle il est impossible de revenir en arrière !

Cela explique que nous ayions enchainé les mauvaises décisions, toutes très couteuses, depuis 1981 :

-la retraite à 60 ans mais aussi des préretraites financées à prix d’or pour dégager des emplois,

-le maintien à coup de replatrages de la retraite par répartition alors que tout le monde sait qu’elle va dans le mur en raison de la pyramide des âges, mais elle permet de financer les retraites des fonctionnaires qui sont déficitaires de 50 à 80 Mds € par an !

-la 5ème semaine de Congés Payés,

-les 35 heures et les RTT à l’effet catastrophique, n’en déplaise aux thuriféraires de L Jospin, mais sur lesquels aucun dirigeant n’a osé revenir y compris « l’ultra libéral » en carton bouilli recyclé pro entreprises et spécialiste du « Choose France » qui siège à l’Elysée …

-l’IGF devenu ISF puis IFI qui a institutionnalisé la « chasse aux riches »

A tout cela vous ajoutez :

-la violence fiscale contre les entreprises qui sont prises par l’Etat et ses hauts fonctionnaires  pour une cash machine en oubliant que les impôts qui leur sont appliqués sont nécessairement répercutés sur les consommateurs ; mais cela permet aux petits hommes gris de l’Etat d’affirmer que ce sont les entrepreneurs les fautifs et les français les croient !

-un Etat providence financé à crédit pour « aider » les français avec des subventions pour tout un tas de dépenses qui relèvent … de la vie courante (prime de noël, chèque énergie, ma Prim’rénov, chèque pour le vélo, pour les chaussettes, …) : le règne du tout gratuit payé par l’Etat parce que l’on sait, depuis F Hollande, que quand l’Etat paie ça ne coute rien !?!

Toutes ces mesures, certes très populaires, ont surtout eu pour résultat de fortement dégrader la compétitivité du pays en provoquant délocalisations, faillites ou robotisation et avec pour corollaire un chômage de masse quasiment incompressible et pour effet … d’augmenter inexorablement les membres du Club des cinq !

Fatalement, ce clientélisme démagogique coute très cher ; ce qui explique que toute l’énergie française soit tournée vers la création de nouveaux impôts et non d’emplois !

Mais cet excès de taxation a forcément des effets délétères car, en refusant de voir la réalité des choses, on entraine la France dans un déclin à la fois économique et politique parce qu’il faut être conscient qu’il n’y aura jamais assez d’impôts et de taxes pour assouvir le Moloch étatique qui est en train d’engloutir toute la richesse du pays !

Nous sommes devenus le pays de l’inefficacité bureaucratique avec 400.000 normes, 70 codes, un code du travail de 10.000 articles et 3.600 pages alors que nos voisins en ont 200, 5 strates de collectivités territoriales empilées sans aucune efficacité (pour prendre la moindre décision il faut convoquer une armée d’élus et de fonctionnaires).

Le pire est que l’Etat, dans son jusqu’au-boutisme administratif, a réussi à mettre en place un système d’administration de l’administration ; avec pour corollaire des frais de fonctionnement colossaux de 365 Mds €/an !

Mais, finalement, à quoi sert le fonctionnaire ?

A la mise en place d’une société de surveillance, à contrôler le système, à collecter et diriger les flux d’argent vers les personnes désignées pour les recevoir !

Les conséquences sont malheureusement parfaitement documentées :

-la valeur travail est dévaluée pour ne pas dire dénigrée (il n’y a pas si longtemps les socialistes promettaient même le revenu universel pour tous avec l’argent … des autres !),

-Le refus de travailler pour une part importante de la population … qu’il faut quand même entretenir !

-la mise en place d’une fiscalité confiscatoire qui fait fuir. En 2025, 800 multimillionnaires ont quitté le pays et, ne resteront à la fin que les pauvres car, ceux qui le peuvent quittent le pays ; estimant qu’il n’y a pas d’avenir dans un système où vous ne pouvez rien faire et que le si peu que vous faites est soumis à la confiscation fiscale et à des contrôles tatillons de l’administration.

-un développement inquiétant de la violence et de l’insécurité là encore parfaitement documentée qui fait de la France une zone spéciale en Europe.

-comme il n’y a jamais assez d’argent pour satisfaire tout le monde, malgré une pression fiscale tout à fait excessive, la situation se dégrade sans arrêt. Les hommes de l’Etat sont donc obligés d’emprunter l’argent qui manque de manière chronique pour payer ceux qui profitent du système … et c’est comme cela qu’on se retrouve avec 3.500 Mds€ de dettes !

Mais il faut être conscient que ce système vit ses dernières années car nous avons atteint les limites … et les révisions seront brutales !

Définitivement, tout ce qui précède confirme que le socialisme s’arrête quand on a fini de distribuer l’argent des autres !

Bien cordialement à tous !

 

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A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, diplomé de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat jusqu'à ce que je sois excédé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage ma vie entre la France et la Grèce. Pour moi, le libéralisme est la seule option possible en matière économique.

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