Il est un peu lassant d’entendre à longueur de journée que l’Etat est au-dessus de tout soupçon puisque lui, et lui seul, aurait le sens de la répartition juste.
A-t-on des études précises sur les prélèvements, les dégâts qu’ils occasionnent lorsqu’ils ne sont pas consentis, et les répartitions, leurs avantages humains et moraux, leurs dégâts potentiels, notamment en cas de rupture de justice ?
Car enfin, une émotion intime me fait supposer que l’histoire que l’on nous raconte à ce sujet est en fait une propagande, très éloignée de toute réalité.
Pourquoi étudie-t-on en permanence les bienfaits supposés de la redistribution, mais presque jamais les coûts humains, psychologiques et économiques du prélèvement qui la rend possible ?
Le prélèvement
Aux oubliettes sa base constitutionnelle : « le consentement », article 14 de la DDHC : « Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».
A l’inverse et sans ambiguïté, l’époque tant à démontrer que les biens de chacun ou collectifs font partie intégrante de l’homme ou de ses regroupements, et que lorsque l’on veut nuire fortement et durablement à ces entités on capte ces biens, on les en prive. Voir les guerres en cours.
La souffrance de la dépossession de nos biens n’est pas une vue de l’esprit. C’est un véritable viol d’une partie de nous-même, certes rapportée mais participant à notre tout une fois acquise.
La dépossession est ressentie par celui qui la subit comme une forme de vol, même lorsqu’elle est légale, c’est un fait incontournable. Lorsque cette dépossession a pour but la participation au financement d’un objet à utilité commune, ce n’est plus une dépossession c’est une quote-part de financement. Cette utilité doit être évidemment avérée.
La répartition
Est-elle un objectif d’utilité commune ?
La répartition existe à l’état naturel, dans tout le monde vivant, donc évidemment chez l’homme. Dans la totalité du monde vivant la répartition naturelle n’est pas contestée, sauf guerre, et loi du plus fort.
Chez les hommes la répartition naturelle est identiquement contestée, aussi par la force. Elle aboutit pareillement à une redistribution qui n’a pas plus de légitimité que chez les chimpanzés, pendant que le prélèvement est une souffrance absolue.
La répartition imposée est-elle plus juste que la répartition naturelle ? Rien n’est moins sûr. Apporte-t-elle bonheur et félicité, au moins en quantité égale ou supérieure aux souffrances qu’elle occasionne lors des prélèvements obligatoires qu’elle nécessite.
L’effet masque du gaz de troc.
Nous parlons de la répartition par prélèvements sur les fruits de l’économie, pas de la répartition d’émotions, de compassion, de passions…. Donc de la répartition par prélèvement sur la monnaie, que nous appelons ici le gaz de troc.
Si cette répartition intervient par prélèvement direct au moment du troc, ses effets sont immédiats. Voir le prélèvement direct sur les produits agricoles par l’URSS en Ukraine dans les années 1930 et ses 7 millions de morts.
Dans le cadre d’une répartition par prélèvement sur le gaz de troc, les effets catastrophiques sont différés, d’une part parce que le troc, donc l’économie, n’utilise pas constamment la totalité du gaz de troc qu’elle génère, d’autre part parce que le crédit permet de faire fonctionner artificiellement le troc, à partir du gaz de troc fictif qu’est le crédit.
Qui plus est
Non seulement la répartition imposée crée des dégâts irréversibles chez les dépossédés lorsqu’elle ne vise pas le co-financement d’un outil collectif, mais de plus tout laisse supposer qu’elle n’améliore nullement la condition d’homme de ceux qui reçoivent une répartition artificielle.
Au contraire, il semblerait, malgré l’absence d’études à ce sujet, que la répartition artificielle génère des réactions qui déstabilisent le fragile équilibre des humains, individuellement, mais aussi et surtout collectivement.
Conclusion
Nos chercheurs feraient bien de plancher sur le sujet, ce qui, probablement, aboutirait à la suppression de la partie excessive des prélèvements qui tuent et à une meilleure compréhension de ceux qui passent à côté de la répartition naturelle. Compréhension indispensable pour qu’ils acquièrent les compétences nécessaires sur le sujet.
Oui, mais
La machine à répartir artificiellement a accumulé un nombre incalculable de croyants et de dévots, tous achetés par elle. Ils sont le principal obstacle au retour vers une répartition naturelle rendue juste par la compétence de chacun et sa capacité à trouver l’équilibre entre ce qu’il souhaite et ce qu’il est capable d’obtenir. A retrouver, en fait, la notion de responsabilité, donc d’être humain, d’être vivant.
Bien à vous. H. Dumas
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