Une grille de lecture

Ce billet s’adresse à la jeunesse. Précision : à la jeunesse éternelle, celle qui ne vieillit pas, qui est en constant renouvellement, pour qui rien n’est acquis, qui cherche…

À qui, aujourd’hui, la jeunesse d’hier a apporté une technologie si puissante qu’elle pourrait s’y perdre.

En fait, qu’elle s’y perd, à tel point qu’elle est au bord du chaos.

À cette jeunesse, qu’on pourrait appeler simplement la vie, je dis ceci : il y a ceux qui trichent et ceux qui ne trichent pas. C’est aussi simple que ça.

Oui mais, comment savoir ? D’abord par rapport à quoi ? Puis comment les reconnaître ?

Effectivement c’est le problème, et malheureusement il ne me semble pas qu’il ait de solution scientifique. Et ce n’est pas l’Education Nationale qui me contredira.

Une piste empirique.

Nous avons tous un déguisement. Certains sont codifiés, dans l’apparence, dans la réflexion ou dans la posture. Je veux parler des uniformes, des écoles de penser ou des hiérarchies sociales. D’autres sont plus improvisés, donc moins codifiés et moins immédiatement détectables.

Mais nous avons tous un déguisement derrière lequel se protège notre fragilité d’homme, qui elle est absolument identique pour tous.

Ces déguisements ont une utilité, ils nous permettent l’entrée dans la comédie humaine, ce vaste spectacle qui nous occupe un certain temps, jusqu’au moment où nous sommes appelés ailleurs.

Chaque déguisement correspond à un rôle, chaque rôle a sa place et l’ensemble est naturellement en équilibre, en harmonie.

Et puis, il y a ceux qui trichent, qui se déguisent pour jouer un rôle qui n’est pas le leur.

Ceux-là biaisent la comédie qu’ils transforment en tragédie, il faut les fuir.

Oui, mais comment les reconnaître ?

Je dirais que c’est assez facile. Il suffit d’admettre que nous sommes tous des déguisés pour voir apparaître derrière chacun l’homme identique. Alors, avec un peu d’habitude, il est assez facile de voir s’il est à l’aise avec son déguisement ou si au contraire il le gêne.

S’il est à l’aise il ne triche pas, s’il ne triche pas l’homme qu’il est derrière son déguisement reste accessible, rien n’est perdu, la vérité reste accessible, la vie est possible.

S’il n’est pas à l’aise, s’il triche, il va s’enfoncer dans le mensonge, l’homme derrière le déguisement est éteint, alors rien n’est possible, il faut fuir ou combattre.

Suis-je sur de la méthode ? Oui. En ai-je la preuve ? Non.

Mais vous pouvez toujours essayer. Puis nous en reparlerons.

Bien à vous.

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A propos Henri Dumas

Je suis né le 2 Août 1944. Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil. Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société. Amicalement à vous. H. Dumas

3 réflexions sur « Une grille de lecture »

  1. J’ajouterais que dire que les tricheurs sont faciles à reconnaître peut être trompeur.
    Beaucoup de personnes qui abusent, manipulent ou trichent notamment les profils dominateurs sont justement experts dans l’art de paraître irréprochables.
    Ils jouent leur rôle parfaitement, ce qui fait que leurs victimes ne “manquent pas de voir”, elles sont simplement confrontées à quelqu’un qui maîtrise parfaitement le masque qu’il porte.
    C’est donc moins une question de morale que de structure et de stratégies d’emprise.
    Non, les tricheurs ne sont pas “faciles à reconnaître”. Ce qui est facile à reconnaître, c’est leur dégâts mais trop tard !

    1. Je me suis mal expliqué. Pour détecter le malaise du tricheur, il faut d’abord admettre que l’on est soi-même déguisé.
      Nous sommes déguisés comme nous sommes habillés, parce qu’il ne peut pas en être autrement.
      Une fois cela admis, et ce n’est pas si courant, on perçoit si son propre déguisement est sincère et, si c’est le cas, on détecte immédiatement le comportement des tricheurs.
      Si vous me dites que cela ne règle pas les problèmes, je peux vous entendre.
      Mais pour espérer les régler, il n’y a pas d’autre solution.

  2. Votre texte est très beau dans sa forme, presque poétique.
    Mais en le lisant, j’ai été frappée par l’écart avec la réalité que beaucoup d’entre nous vivent.
    La métaphore du déguisement est riche, mais elle me semble parfois trop morale pour décrire un monde où les injustices structurelles jouent un rôle immense.
    Dans mon expérience, les « tricheurs » ne sont pas mal à l’aise, ce sont des virtuoses qui jouent leur rôle à la perfection : certains prospèrent depuis des années, précisément parce qu’ils savent utiliser les failles du système.
    C’est pourquoi, pour beaucoup d’entre nous, la grille de lecture n’est pas tant morale que systémique.
    Ce n’est pas seulement un problème d’individus qui trichent, mais aussi d’un système qui laisse la tricherie prospérer.
    Je partage cette réflexion simplement comme un autre point de vue, né d’une expérience de vie différente.

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