Transition énergétique : les moulins de la faillite

Nous avons vu que l’écologie est une idéologie construite et parfaitement préméditée.

On a donc décidé idéologiquement de se débarrasser du carbone et de se tourner vers d’autres formes d’énergie sans mesurer les conséquences de cette décision car, il ne faut jamais perdre de vue que l’économie c’est de l’énergie et que nous avons besoin d’une énergie abondante, stable et bon marché pour que le pays puisse fonctionner, que ce soit pour les machines ou les moyens de transport et payer les salaires !

Nous avons fait exactement l’inverse avec une transition énergétique qui va raréfier et renchérir le cout de l’énergie !

On pourrait comprendre le remplacement rapide du pétrole et du gaz en cas de risque de disparition prochaine et rapide de ces derniers. Mais ce n’est même pas le cas, il y a du pétrole et du gaz en quantité … sauf que l’on dissuade désormais les compagnies pétrolières de poursuivre leurs recherches de nouveaux gisements ; ce qui va évidemment aboutir inéluctablement à une pénurie et à un renchérissement du cout de l’énergie !

La pénurie de gaz et de pétrole à venir sera donc provoquée et nous nous retrouverons alors pris au piège d’un mécanisme dont il sera très difficile de sortir !

L’un des symboles de ces errances est la persistance à vouloir implanter des éoliennes alors qu’on ne manque pas de spécialistes pour effectuer toutes les études de rentabilité et de faisabilité des infrastructures de production d’énergie.

On savait donc, dès le départ, que les éoliennes ne fonctionnaient pas suffisamment pour alimenter le réseau ; mais on l’a fait quand même en dépensant des centaines de milliards, ces dernières années parce qu’on est parti de l’idée, complètement farfelue et anti scientifique, d’une énergie gratuite et inépuisable parce que … « du vent et du soleil, il y en aura toujours » !

Sauf que ça ne fonctionne pas comme cela :

-le rendement des éoliennes n’est pas bon et les marges de progression de ce rendement sont extrêmement faibles (il existe des calculs mathématiques très précis à ce sujet). On bute donc sur un plafond et on ne pourra pas faire beaucoup mieux.

-du vent il n’y en a pas tout le temps et le taux de charge des éoliennes est, au mieux, de 20%. Cela signifie que pendant 80% du temps elles ne produisent rien ou si vous préférez, elles ne produisent rien pendant 4 jours sur 5 … dans le meilleur des cas !

-les couts de production, quoiqu’en disent les écolos, sont beaucoup plus élevés que pour une centrale nucléaire parce qu’un moulin à vent ne produit finalement pas grand-chose et qu’il en faut des quantités énormes pour espérer avoir un peu d’électricité … les jours de vent !

-l’empreinte écologique est catastrophique puisqu’on sait que les pales usagées sont enfouies faute d’être recyclables et que les socles en béton (800 tonnes de béton ferraillé) sont là pour l’éternité !

-les éoliennes fournissent, par nature, un courant instable et aléatoire ce qui a contraint EDF à mettre en place de couteuses structures d’adaptation du réseau pour éviter le black-out par effet de domino,

C’est encore pire avec les panneaux solaires qui produisent peu et pendant peu de temps et essentiellement l’été ; mais on continue à en installer y compris dans des lieux où il y a peu de soleil … ce qui est complètement idiot !

Et aujourd’hui, parce qu’on n’a pas suffisamment investi dans des moyens de production stables et pilotables (centrales nucléaires), nous nous retrouvons avec un parc insuffisant, qu’il faut aussi entretenir (ce qui provoque des arrêts importants), l’obligation de recourir au gaz et même au charbon pour produire les jours de vent insuffisant ou encore d’importer du courant d’Allemagne dont on sait qu’il est produit à partir de centrales au charbon.

Vous pouvez vous en rendre compte par vous-mêmes en consultant le site de RTE qui montre, en temps réel, la production d’électricité.

Le 18 janvier 2022, à 12h00, nucléaire, gaz et hydraulique produisaient 93% de l’électricité. Le reste était donc anecdotique si ce n’est, et cela l’est beaucoup moins, que nous importions, ce jour-là, 4.500 Mw d’électricité, essentiellement d’Allemagne (donc produite avec du charbon).

Le 25 janvier à 8h00 nucléaire, hydraulique et gaz produisaient encore 93% mais comme il a fait plus froid, on a importé encore plus d’électricité (5919 Mw) !

Le constat est toujours le même : les énergies dites renouvelables sont, bien souvent, insignifiantes ce qui prouve, résultat à l’appui, qu’elles ne servent à rien en dépit des sommes dépensées ; avec un effet induit imparable : on est obligé de compenser les trous de production avec du charbon et du fioul parce que personne ne pourrait accepter de n’avoir de l’électricité qu’un jour sur cinq !

Conclusion qui s’impose : un moyen de production d’énergie qui ne produit rien … ne sert à rien ou bien alors il sert à autre chose (clientélisme électoral, capitalisme de connivence).

Un « mauvais esprit » estimera même que cet argent « investi » dans ces énergies renouvelables a en fait été dépensé en pure perte … sauf pour certains industriels et intermédiaires qui ont pu faire leur beurre sur votre dos puisque vous payez ces engins inutiles par le biais de la CSPE (contribution au service public de l’électricité) dans votre facture d’électricité et à travers le mécanisme de la taxe carbone.

La question incorrecte qui vient fatalement à l’esprit est : Combien de centrales nucléaires aurait-on pu construire avec l’argent dépensé inutilement avec les éoliennes ?

Et le gouvernement, pris dans le piège d’une transition énergétique ratée, se trouve dans désormais l’obligation de mettre la pression sur EDF pour la forcer à brader le prix de l’électricité et à vendre à perte ; quitte à mettre l’entreprise en difficulté !

Tout vient du fait que l’on sait que la concurrence ne peut jouer qu’au niveau de la production ; et nos élites fonctionnaires ont cru qu’il serait possible de créer un système concurrentiel de production d’électricité à base d’énergies alternatives dans un pays où EDF a le monopole absolu.

Cela ne s’est pas produit puisque ces énergies renouvelables ne produisent rien ou si peu ; et cela s’est aggravé avec l’envolée récente des cours de l’énergie !

De ce fait, EDF est confrontée à une équation impossible entre financer la rénovation du parc existant, construire de nouveaux réacteurs, gérer les énergies renouvelables qui lui ont été imposées et brader son courant électrique à ses concurrents.

Car, pour faire semblant qu’il existe un marché concurrentiel, EDF est contraint de vendre de l’électricité à perte à ses concurrents ; c’est à dire que l’on a créé une concurrence artificielle en pillant EDF !

Mais attention, il ne faut surtout pas y voir un effet du libéralisme ou de la concurrence car c’est très exactement un effet direct de décisions particulièrement inopportunes prises par l’administration !

C’est donc bien un effet de l’étatisme qui a amené à cette situation ; situation à ce point grave que même le personnel d’EDF commence sérieusement à s’inquiéter des mesures électoralistes du gouvernement E Macron.

Le cout de ces mesures sera colossal et met en péril l’entreprise qu’il faudra évidemment un jour recapitaliser avec … vos impôts !

Le paradoxe de cette situation est que, pourtant, les autorités poursuivent imperturbablement leur politique d’orientation contrainte du marché vers le tout électrique avec l’interdiction des chaudières au fuel et au gaz  et qu’elles tentent, en plus, de convertir l’ensemble du parc automobile à la propulsion électrique … sans savoir si on pourra effectivement alimenter tous ces appareils.

La transition énergétique, avec son développement des éoliennes et les fermetures de centrales nucléaires en état de fonctionnement (Fessenheim), s’avère en fait être un énorme échec dont l’effet le plus visible, avant des coupures d’électricité d’ores et déjà annoncées voire même un futur black-out traduisant une fragilisation du réseau, est l’envolée des factures d’électricité ; bien que la propagande officielle tende à vouloir occulter cette vérité en manipulant les chiffres et les données

Le gouvernement fait n’importe quoi mais c’est vous qui paierez alors qu’il apparait pour le moins nécessaire que nos ministres fonctionnaires expliquent aux contribuables et électeurs qui va payer cette transition énergétique dont on n’avait pas besoin.

En tout état de cause, il faut être conscient que nous nous acheminons vers une écologie élitiste car le système qui va se mettre en place, à vos dépens, sera un système totalement réservé à ceux qui auront les moyens ; même si certains écolos se sont engouffrés dans le déni en expliquant qu’il ne s’agissait pas de vivre moins bien mais de vivre mieux !

La future réalité sera que si vous n’avez pas d’argent vous serez écolo par obligation car, faute de moyens, vous devrez vous passer de tout un tas de choses qui ne seront plus autorisées par l’élite comme nous le verrons dans un prochain article.

Cela ressemblera beaucoup à cet aphorisme de Coluche « Dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer ».

Je ne suis pas sûr que l’on puisse y voir un progrès tout comme  je ne suis pas sûr que la population l’accepte longtemps !

À suivre …

Bien cordialement à tous !

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A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, après un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat jusqu'à ce que je sois excédé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage désormais ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, je suis persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique.

2 réflexions sur « Transition énergétique : les moulins de la faillite »

  1. En Roumanie, le chauffage pour les gueux était coupé tout l’hiver pour rembourser les dettes de l’état. La France va être une mixture de Roumanie pour l’énergie et de Venezuela pour la violence.

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