Pacifisme

Le vendredi saint qui, dans la religion chrétienne, commémore le sacrifice du Christ sur la croix, n’inspire pas vraiment les belligérants. C’est bien normal.

Il n’y a pour invoquer le pacifisme en temps de guerre que ceux qui ne risquent rien. Les agressés ne pensent évidemment qu’à se défendre, à défendre leurs familles, leurs biens, leur patrie. L’instinct de survie.

Quant aux agresseurs, ils redoublent leurs coups pour faire céder leur victime.

Le pacifisme n’a droit de cité que lorsque la guerre n’est pas déclarée.

N’empêche, à défaut d’être armé, on succombe sans coup férir.

Je m’arme pour me faire respecter.

L’armement est un préalable, un avertissement à qui voudrait s’en prendre à moi.

Le non-armement, et pire le désarmement, provoquent l’appétit des brutes et justifient l’agression du plus fort.

La question consiste donc à savoir si la défense d’une cause aussi essentielle que la liberté de la nation et de ses citoyens, justifie ou non l’éventuel sacrifice de la nation.

Ou posée autrement si le renoncement à la défendre est compatible avec le concept de nation.

Ou posée encore autrement, si accepter la servitude n’entraîne pas le renoncement à se considérer comme humain.

Vainement pourrait-on invoquer l’exemple du Christ ou de Gandhi.

Aucun des deux n’avait la charge d’une nation. Tous les deux invoquaient la dignité de l’Homme. Et tous les deux, jusqu’au bout, ont défendu cette conviction. Ni l’un ni l’autre n’ont eu à risquer, pour leurs convictions, la vie de leurs disciples. Ils n’étaient pas missionnés. Il n’ y avait là qu’éveil des consciences et engagement personnel.

Au contraire, préserver la liberté et l’indépendance de la nation est la mission première d’un gouvernement mandaté par des citoyens. Il s’arme pour cela. A défaut, il trahit sa mission.

Zelenski n’a pas d’autre choix. Quel qu’en soit le prix.

Et il est du devoir de ceux qui constatent l’agression de venir en aide à l’agressé à peine de se rendre coupables de non-assistance à nation en danger.

Attitude aussi méprisable et aussi condamnable par la morale et par le droit que celle qui consiste à ne pas venir en aide, directement ou indirectement, à la victime d’une agression ou d’un danger.

Nous n’avons pas le choix. Il faut aider l’Ukraine.

Jusqu’à quel point ?

La réponse est donnée par la loi pénale française sur l’assistance due à une personne en danger : « Sans risque pour soi, ni pour les tiers ». A savoir, dans le respect des règles de proportionnalité. On ne saurait mettre en jeu la sécurité des tiers, c’est-à-dire, tous les autres indépendamment des Russes et des Ukrainiens. On doit même la préserver, en particulier celle de ses voisins mêlés au conflit par leur proximité.

Il faut donc aider l’Ukraine avec tous les moyens proportionnés à l’attaque, sans prendre part au conflit directement, mais seulement indirectement.

Ce n’est pas de la lâcheté. C’est de la sagesse.

Pour ne pas faire de l’Ukraine le Christ des nations.

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2 thoughts on “Pacifisme

  1. La non assistance à personne en danger a été mise en place dans deux pays où l’on faisait peu de cas de la vie et de la dignité humaines : la France de Pétain et l’Allemagne de Hitler.

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