L’officine

« Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain », mais …

Et par conséquent se garder de condamner à mort le Conseil Constitutionnel au motif qu’il a démérité. Ce n’est pas la première fois. Et sûrement pas la dernière. Il faut donc le rappeler à l’ordre. Par la bande, puisqu’on ne peut rien contre ceux qui se prétendent sages et se comportent en militants.

Le Conseil Constitutionnel, allant à l’encontre de sa mission de sauvegarde des grands principes constitutionnels, toujours servilement rappelés mais jamais défendus, détruit d’un seul coup ceux qui avaient jusqu’à présent pour objet de sauvegarder l’intégrité de la vie et de la personne.

Désormais – ce sont ses deux dernières décisions – le Conseil soutient :

  • Que l’accès à la mort mérite moins de précaution (juridictionnelle en particulier) que le maintien de la vie.
  • Que la dégradation de sa santé mentale aboutissant parfois à son suicide, n’exige pas qu’on prive le mineur d’accès à des sites internet destructeurs.
  • Autrement dit, que la liberté de se détruire (devenue un droit) doit être mieux protégée que la liberté de vivre.

C’est le nouveau mantra de la Constitution de la Vème République. À l’opposé de tout ce que De Gaulle défendait.

On n’en revient pas. À tous les sens du terme.

Si le Conseil Constitutionnel doit s’assurer du respect de la Constitution par le législateur, c’est-à-dire des principes sur lesquels, selon le texte, est fondée notre vie dans la société, il devrait être impératif qu’il ne devienne jamais un maillon de la chaîne de transmission des idées destructrices de ces principes.

C’est pourtant ce qu’il vient de faire au nom d’une présomption de liberté de l’individu considéré comme toujours à-même de l’exercer. Ce qui est loin d’être le cas des espèces évoquées. Les mineurs et les mourants sont toujours en situation de faiblesse. Ils méritent toujours protection. Ce n’est pas le moment de les abandonner au nom du confort de ceux qui cherchent ou chercheraient à en profiter.

Les restrictions de liberté – toujours condamnables lorsqu’elles ont pour objet de favoriser l’exercice du pouvoir politique sur l’individu, sont nécessaires lorsque la sauvegarde de la personne humaine est en danger.

C’est l’honneur de la démocratie de défendre ce principe.

A défaut, c’est le Conseil Constitutionnel qui met la démocratie en danger.

Il devient urgent de repenser le système de nomination des membres du Conseil.

Trois partialités issues de trois camps différents (Présidence de la République, Assemblée Nationale et Sénat), susceptibles de s’opposer, ne font pas l’impartialité.

Ils sont simplement l’officine d’un compromis d’arrière-cuisine.

 

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