Le paon

Notre pays est dans la situation de ce ménage aisé, brusquement privé de ses ressources, qui ne peut plus faire face aux exigences de confort auxquelles était habituée sa famille.

Certes il peut se priver de sports d’hiver et de vacances au soleil. Il peut même, comme   des milliers de familles françaises, restreindre sur ses loisirs ordinaires.

Mais il ne peut pas réduire ses charges fixes. Le passé commande. Il faut continuer à payer la maison, la résidence secondaire et les entretenir toutes les deux.

Difficile de vendre en ce moment. Les prix ne sont plus ce qu’ils étaient.

Il faut continuer à payer les études des enfants, les chambres d’étudiant et, à moins de disparaître complètement, continuer à avoir une vie sociale, un train de vie, qui coûte cher, très cher. Il faut tenir le coup. Ça grince mais ça passe.

La France, elle, grince de ce qu’elle n’a plus, s’ankylose, rétrillonnée sur des acquis devenus trop cher pour elle.

Nous ne pouvons plus nous payer le luxe du rang auquel en vain nous prétendons encore.

Ce sont évidemment les services et les entreprises d’État qui souffrent les premiers, surtout ceux qui dépendent exclusivement des choix du budget national : la recherche ( l’épreuve du coronavirus en a été le symptôme), la justice ( notre incapacité à appliquer les peines faute d’établissements pénitentiaires décents), l’éducation nationale (la dégradation du niveau moyen des élèves et des étudiants en atteste), la santé (les déserts médicaux et la crise hospitalière en sont le témoignage).

Tous ces secteurs sont d’anciens riches devenus pauvres.

L’essentiel de la pauvreté provient de l’intervention de l’État, comme supplétif de notre incurie qui ne lui laisse plus aucune marge de manœuvre. Insolvable, il continue de vivre à crédit.

Un gauchisme rampant, socialo-individualiste et dégagé de tout esprit communautaire au profit d’un apitoiement électoraliste démagogique ( que l’on nomme à juste titre populisme), a depuis longtemps triomphé dans la société.

L’intervention de l’État apparaît comme un remède absolu. Il s’agit de dépenser comme un riche en distribuant à tort et à travers, sans avoir le sou.

Contrairement à notre famille paupérisée, l’État fait le beau. Au lieu de restreindre ses dépenses, il les accentue. Et contrairement à notre famille autrefois aisée, il ne paie plus ses dettes, ni ne rembourse ses crédits. Il en contracte de nouvelles. La maison se lézarde. Il ne répare pas.

Ce sombre tableau qui avait fait dire il y a 15 ans à un ancien Premier ministre que la France était en faillite, ne s’est pas éclairci depuis.

Les uns disent que la faute en revient au gouvernement présent, d’autres plus réalistes aux gouvernements successifs…

Ils ont tous tort.

La faute en revient à une société laxiste qui refuse de réduire ses dépenses et de se soumettre au régime adapté à un riche ruiné, atteint d’une maladie chronique.

Bref, Il ne faut pas péter plus haut qu’on a le cul.

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One thought on “Le paon

  1. Dans ce monde français qui est le nôtre maintenant, lire, penser, rêver, rire, découvrir, c’est résister.
    La France n’existe plus maintenant, c’est une simple zone commerciale touristique de l’Europe et des USA.

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