La si fragile démocratie

La démocratie est le pendant du marché au service de la politique.

Elle en possède les mêmes avantages et les mêmes inconvénients. Elle est basée sur la liberté de choix et sur la confiance, elle suppose une égalité d’information. Elle est dépourvue face au mensonge et à la mauvaise foi.

L’information en démocratie ne s’obtient que par la proximité du candidat. Elle est vite au bout de ses limites lorsqu’il s’agit de voter pour un personnage inaccessible, puisqu’aussitôt les informations le concernant ne seront plus vérifiables.

La fausse information, traquée sur les marchés, est au contraire le fer de lance de la démocratie. Le savoir-faire de l’homme politique se juge à ses promesses “qui n’engagent que ceux qui y croient”.

Tout cela tient au fait que pour obtenir une majorité le ciment idéal est : la croyance partagée.

La croyance étant l’inverse du doute, lui-même terreau indispensable à l’intelligence, on devine le problème : la connerie arrive au galop.

Les croyances paralysent l’intelligence. La démocratie sourit aux croyances, ainsi en son sein les luttes démocratiques pour le pouvoir, qui instillent des croyances, sont affligeantes.

Et pourtant :

Tout comme le marché, qui lui aussi est torturé par ses croyances, la démocratie garde une intelligence de base qui lui permet d’absorber ses échecs est d’en renaitre plus forte au service du groupe qui la pratique.

Je n’ai pas d’explication à ce mystère, lié sans doute à la liberté de penser et d’être sans lesquelles il n’est pas de véritable démocratie.

Tiraillé dans tous les sens depuis des millénaires le marché finit toujours par s’imposer.

Beaucoup plus récente, mais bâtie sur les mêmes bases et allant de conserve, il semble que la démocratie soit capable de la même chose.

Quelques croyances, non exhaustives, qui polluent la démocratie.

L’homme providentiel

La croyance en l’homme providentiel présuppose d’avoir au préalable rendu responsable la démocratie des tares qui pourtant lui sont imposées, de l’avoir discréditée.

Hitler déclarait : ” On ne prétendra pas, j’espère, que des hommes d’Etat naissent par centaines des bulletins de vote d’électeurs qui sont tout plutôt qu’intelligents. On ne saurait assez s’élever contre l’idée absurde que le génie pourrait être le fruit du suffrage universel…. Tout ce qui a été réalisé d’extraordinaire depuis que le monde est monde l’a été par des actions individuelles.”

On connait la suite après que les Allemands ont cru majoritairement à cette idée de l’homme providentiel.

De nos jours l’idée de l’arrivée de l’homme providentiel est hélas largement répandue.

L’égalité de résultat

L’égalité initiale d’informations et de moyens est la base indispensable à l’exercice de la démocratie. De la façon la plus perverse qui soit certains ont distillé, avec succès, l’idée que l’égalité devait se comprendre en fonction du résultat, quels que soient les efforts ou compétences des citoyens.

La conséquence a été la légalisation du vol au bénéfice d’autrui : l’impôt progressif, et son corollaires l’intervention de l’Etat dans le marché.

Tout a été essayé à ce sujet y compris la suppression totale du marché au profit de cette croyance. Les échecs se sont accumulés, aucune réussite n’est à mettre en avant.

Pourtant l’égalitarisme est une croyance très actuelle, pratiquement majoritaire.

La primauté de l’initiative collective sur l’initiative personnelle

Cette croyance est largement entretenue par les campagnes électorales.

Il n’est pas rare que les candidats au pouvoir collectif promettent aux citoyens de régler pour eux leurs problèmes personnels. Cela finit toujours par un échec tant la sphère des actions collectives est différente de celle des vies individuelles. Ce ne sont pas les mêmes contraintes, pas les mêmes objectifs, ni les mêmes moyens à mettre en œuvre.

Nous avons la nécessité d’assumer notre vie personnelle et de participer à la marche de celle du groupe. Les confondre est une erreur dangereuse et développer anormalement l’une au profit de l’autre est suicidaire.

L’infaillibilité de la démocratie

Cette croyance se retrouve chez les dirigés, ce qui peut se comprendre, mais aussi chez les dirigeants, ce qui est plus troublant.

Comment un homme de l’Etat pourrait-il se fourvoyer sur son compte au point de penser qu’il détient la vérité ? En réalité, il ne peut être alors que mû par le mensonge, voire carrément l’escroquerie.

Pour les citoyens ce n’est qu’une croyance de plus à mettre au rayon des accessoires qui accompagnent la démocratie, que l’ont doit éviter comme toutes les autres.

Conclusion

La démocratie, de mon point de vue, reste la bonne solution, même lorsqu’elle se trompe, puisque, comme le marché elle possède en elle la force d’accepter ses erreurs et de pouvoir en renaître.

Dénoncer les croyances mortelles pour la démocratie est un devoir. Nous tentons de le faire sur ce blog, nous n’en tirons pas grand avantage et beaucoup d’inconvénients.

Qui plus est, il est largement probable que nous ne les repérions pas toutes tant elles avancent masquées.

La dernière en date, l’écologie, va nous donner du fil à retordre…

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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