La réforme impossible de l’Etat

La France est aujourd’hui l’homme malade de l’Europe !

Elle accumule une quantité impressionnante de handicaps qui sont liés à l’incapacité du pouvoir et de la haute fonction publique de décider et de réaliser les réformes nécessaires.

Le monde change, c’est une réalité et il faut s’y faire !

La France aussi change, mai seulement … en augmentant toujours plus ses handicaps qui sont bien connus :

-Un secteur public hypertrophié inefficace et extrêmement couteux,

-une administration sur abondante,

-un chômage de masse incompressible,

-une dette publique abyssale,

-un système éducatif qui ne fonctionne pas,

-un système de santé au bord de l’effondrement,

-des régimes de retraites au bord de la déroute financière

Il y a tout même de quoi s’inquiéter …

E Macron, alors candidat, avait bien annoncé en 2017 qu’il réduirait le nombre de fonctionnaires de 150.000.

Il n’en a rien été, et, au lieu de cela, il s’est lancé, avec son gouvernement, dans le « quoiqu’il en coute » avec le regard fixé sur … les élections de 2022.

Ils distribuent à rythme sans cesse accéléré des chèques pour éviter, à sept mois des élections, un nouveau mouvement des gilets jaunes qui serait du plus mauvais effet … sur l’électeur.

La plupart des candidats à la future élection présidentielle font d’ailleurs des promesses de dépenses publiques qui relèvent de la folie furieuse (que ce soient les écolos, Mme Hidalgo ou el señor Melenchon …)

Le problème est que cet argent si généreusement distribué ne correspond à aucune recette fiscale et qu’il est soit emprunté soit tout simplement imprimé ; ce qui pose à terme le problème du sort de cette dette accumulée (2.672 Mds€ à ce jour …).

Il est d’ailleurs curieux de constater que lorsqu’il s’agit d’imposer des contraintes à la population et d’attenter à sa liberté, le pouvoir n’hésite pas à prendre les mesures les plus dures comme par ex le pass sanitaire ou des restrictions de déplacements basés sur des arguments prétendument écologiques (tels que les ZFE) ; mais quand il s’agit d’agir contre les dérives de l’Etat et la dépense publique, il ne se passe rien !

Chaque tentative d’une petite réforme fait immédiatement l’objet d’une contestation et d’un blocage ; et il ne sera pas pour vous étonner que les principaux opposants à toute réforme sont toujours les salariés de la fonction publique et du secteur public !

Les apparatchiks du régime font tout ce qu’ils peuvent pour bloquer toute tentative de réforme qui se ferait à leur détriment ; même si leur situation est … scandaleusement avantageuse.

I-Des recours pour excès de pouvoir en rafales contre la petite réforme de la fonction publique

Le conseil d’Etat a été saisi de plusieurs recours en excès de pouvoir contre l’ordonnance du 2 juin 2021 portant réforme de l’encadrement supérieur de la fonction publique de l’Etat.

Le premier émane de l’association des anciens élèves de l’ENA auquel se sont joint des membres de l’IGA (Inspection générale de l’administration), de l’IGF (Inspection générale des finances) et de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) et porte sur la suppression de l’ENA ainsi que sur l’indépendance des inspections générales et des juridictions financières.

Deux syndicats de magistrats administratifs et l’Association pour l’égal accès aux emplois publics et la défense de la méritocratie républicaine ont également déposé le leur.

Il est donc clair que la haute administration française refuse toute réforme, aussi minime soit-elle, qui serait de nature à porter atteinte à ses avantages ; même si ceux-ci sont illégitimes.

Dans leur esprit, c’est évidemment au pauvre employé du secteur privé de faire les efforts d’adaptation et de payer les pots cassés des dépenses publiques non contrôlées !

II-le rejet de toute réforme de la part des syndicats de cheminots

Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué aux Transports, voulait engager une concertation avec les syndicats  de la SNCF à propos des « facilités de circulation » accordées par la SNCF à plus d’un million de cheminots et membres de leur famille.

Il s’agit des billets gratuits ou à tarif réduit dont bénéficient non seulement les cheminots actifs et retraités mais aussi leurs partenaires et conjoints, leurs enfants de moins de 21 ans ou étudiants, ainsi que leurs ascendants.

Il s’agit d’un avantage dont le cout est estimé, selon un rapport commandé par le gouvernement, à 105 millions € par an par la SNCF ; sous réserve de connaitre les comptes exacts de l’entreprise et de la sincérité de cette déclaration (c’est probablement plus, beaucoup plus mais il est politiquement délicat de le dire).

Il n’est pas inutile de rappeler que la SNCF est une entreprise publique en état de coma dépassé qui ne survit que grâce à des subventions massives de plus de 12 milliards € par an et dont la situation va encore se dégrader avec la fin inéluctable, et pourtant sans cesse repoussée par le gouvernement français, du monopole sur le trafic voyageurs.

Toute honte bue, les syndicats ont néanmoins refusé en bloc et campent sur la sacro-sainte notion de droits acquis remontant aux années 50 ; à une époque où les conditions de travail, de déplacements et de rémunération étaient totalement différentes.

Pour SUD-Rail, il n’y a rien à discuter, ni à négocier et les cheminots mettront tout en œuvre pour ne pas se laisser dépouiller (sic) de leurs droits et la CGT-Cheminots demande le maintien des billets gratuits ou à tarif réduit dont bénéficient les cheminots et leurs proches sans contrepartie et “elle mettra tout en œuvre pour que cette revendication soit satisfaite”, c’est à dire avec le sous-entendu de menaces de grève.

En attendant, les conducteurs de TGV, déjà très bien payés (5.000€/mois), aux horaires de travail allégés, à la retraite précoce, veulent plus de salaires et de primes et vont faire grève !

Or, à bien y regarder, ces avantages sont payés par les autres clients de la SNCF mais aussi par ceux qui paient des impôts mais qui ne prennent pas le train et qui contribuent au financement des 12 Mds€ de subventions annuelles. Il s’agit clairement d’un privilège lié à la naissance, puisque les enfants de cheminots ainsi que les ascendants ont droit à ces voyages gratuits.

Doit-on rappeler que les privilèges liés à la naissance ont été abolis dans la nuit du 04 aout 1789.

En fait, dans le cadre d’un fonctionnement normal de l’économie, la SNCF déposerait le bilan et serait démantelée. Mais nous sommes en France, pays du service public radieux aux couts de fonctionnement … insondables !

III-la bombe des régimes spéciaux de retraite

La réforme de 2008 avait pour but principal de faire passer progressivement la durée de cotisations de 37,5 ans à 40 ans compte tenu à la fois d’un déficit de cotisants (6 millions de chômeurs ne cotisent pas!) et de l’allongement considérable de la durée statistique de vie et de la pression exercée sur les régimes de retraites du fait de l’effondrement du nombre de cotisants par rapport au nombre de bénéficiaires de pensions de retraites (on est passé de 4/1 à 1,4/1).

On se souvient que la réforme des retraites a été suspendue opportunément, alors qu’elle était déjà complètement enlisée, à la suite de l’épidémie de Covid et encore faut-il se souvenir que le projet était essentiellement de regrouper tous les régimes dans un régime général avec le but évident, mais dissimulé, de faire financer les régimes déficitaires du secteur public par ceux excédentaires du secteur privé !

Néanmoins, dans un discours de juillet dernier, E Macron a annoncé vouloir mettre fin aux régimes spéciaux ; sans autre conséquence d’ailleurs que ce simple effet d’annonce.

C’est l’arlésienne du gouvernement, régulièrement annoncée mais jamais vue !

Il faut savoir que ces régimes dits spéciaux bénéficient essentiellement aux salariés de trois régimes : les industries électriques et gazières ((IEG) qui regroupent 158 entreprises comme EDF et Engie), la SNCF et la RATP ; et, comme par hasard, ce sont tous des salariés relevant ou ayant relevé du secteur public !

Mais, il y en a d’autres tels que les égoutiers, les policiers municipaux ou encore … les sénateurs, les salariés de l’Opéra de Paris et de la Comédie française.

Les avantages procurés portent essentiellement sur le droit de partir à la retraite, à taux plein, avant 40 années de cotisations et/ou avec des pensions très au-dessus de la moyenne par rapport aux cotisations versées (RATP ou sénateurs).

Pour les IEG, le financement public passe par la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) laquelle est une taxe affectée payée par tous les consommateurs (à l’exception des personnels et des retraités des IEG) notamment par le biais de votre facture d’électricité. Cette taxe s’élève à 1.5 Md€.

Pour la SNCF et la RATP il s’agit d’une dotation annuelle de l’État, respectivement de 3,28 Mds€ et 0,681 Md€.

Et, l’on sait que si on supprime ces régimes spéciaux, cela ferait économiser chaque année 8 Mds € chaque année sur le budget car la vision correcte de ces régimes, qui sont lourdement déficitaires, est qu’ils sont en fait financés par la collectivité ; c’est à dire par ceux qui … n’en bénéficient pas !

Il n’y a aucune justification objective à bénéficier de ces avantages dérogatoires qui ont été accordés par le pouvoir politique il y a bien longtemps au nom d’une pénibilité qui n’existe plus ou par … pur clientélisme !

Entre les mesures de compensations exigées, les grèves, les gains différés dans 30 ou 40 ans, les départs anticipés de ceux qui voudront échapper au nouveau régime, on peut estimer, sans se tromper, qu’aucune réforme n’interviendra avant longtemps !

Et comme de toute façon, l’époque est à la distribution gratuite d’argent, il n’y a vraiment pas de quoi s’en faire !

Puisqu’on vous dit que tout va bien !

Bien cordialement à tous !

Απο την Ελλαδα – Πεταλας (De la Grèce – Petalas)

Licence de publication : la reproduction de cet article est autorisée à la condition de le reprendre en totalité, d’en rappeler l’auteur et le site originel de publication.

Dominique Philos

A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, après un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat en droit fiscal et droit des sociétés spécialisé ... en divorces ; jusqu'à ce que je sois excèdé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage désormais ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique, soucieux du respect des libertés individuelles, je suis un libertarien qui déteste l'Etat et son administration tentaculaire.

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11 thoughts on “La réforme impossible de l’Etat

  1. 5000 euros net par mois pour un conducteur de TGV en fin de carrière : j’ai de très gros doutes sur ce chiffre, je dirai plutôt 3500 euros toutes primes comprises et la plupart des autres cheminots : manoeuvres, aiguilleurs, cantonniers ont des salaires de misère.

    Les facilités de circulations : rien d’étonnant à ce que les syndicats ne veulent pas céder sur ce point quand Macron veut donner le train gratuit aux policiers pour l’année 2022, ils ont d’ailleurs actuellement déjà 75% de réduction tout comme les militaires.

    On peut aussi ajouter les billets gratuits distribués aux journalistes, aux officiers des ports maritimes et autres privilégiés style élus locaux que la SNCF veut avoir de son côté en cas de problème.

    On peut aussi ajouter les mesures sociales et politiques comme les très fortes réductions accordées aux étudiants boursiers, aux bénéficiaires du RSA, aux vieux etc

    Dire que quand un cheminot prend le train gratuitement pour ses loisirs c’est un manque à gagner pour la SNCF est un raccourci simpliste car s’il ne l’avait pas gratuitement il y a de bonnes chances que le cheminot utiliserait son automobile car c’est souvent beaucoup plus pratique.

    Beaucoup de gens prennent le train parce qu’ils en sont contraints : étudiants, travailleurs banlieusards, adultes n’ayant pas de voiture ou le permis, en dehors des grandes transhumances estivales il y a très de familles en temps ordinaires dans les trains.

      1. 3800 euros en toute fin de carrière et que pour quelques conducteurs de TGV, il y en a beaucoup qui tirent des trains de marchandises la nuit pour beaucoup moins.

        3800 – 3500 = 300

        5000 – 3800 = 1200

        300 < 1200

        C.Q.F.D

  2. Bonsoir Richard,
    Ce n’est pas possible de noyer tous les billets sous une avalanche de commentaires.
    Votre fidélité à ce blog et votre personnalité attachante ne sont pas en cause, mais essayez de limiter vos commentaires, de les cibler en rapport direct avec les billets, de ne pas utiliser le travail des autres comme rampe de lancement pour des idées souvent éloignées du sujet du billet commenté.
    Ou alors, comme cela vous est possible, écrivez vos propres billets.
    Amicalement. H. Dumas

  3. Pourquoi la France est en déclin !=
    Les peuples forts sont ceux qu’anime, dans la vie publique, l’esprit d’Union, de Respect, de discipline, et d’un comportement exemplaire des dirigeants politiques. Le comportement est plus important que les objectifs et d’ailleurs Le Général Charles De Gaulle l’avait non seulement compris mais imposé à toute son équipe ministérielle. Car sans un comportement exemplaire une nation ne pourra pas réaliser les objectifs. Un pays est cultivé non en raison de sa fertilité ou de son économie, mais en raison de sa liberté !
    Tout cela permet à la nation de présenter un corps solide, les peuples forts sont ceux qui possèdent, dans la vie privée, l’esprit d’audace et d’initiative de sorte que l’individu s’y développe et entreprend sans cesse. Les peuples qui possèdent ces qualités s’élèvent, les autres déclinent et le plus ou moins d’instruction n’a rien à y voir.
    Lino Ventura contre le monde moderne, écoutez=
    https://www.youtube.com/watch?v=0fxeqZVKqwI

    1. La triste réalité française depuis 1970 dont les partis politiques sont les 1er responsables=
      -La chute de l’agriculture française et ce n’est pas fini (France2 12 janvier 2018), « Historiquement, la France était la grande puissance agricole européenne […], aujourd’hui elle a rétrogradé en 5e place ». cliquez pour écouter la suite : https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/video-l-angle-eco-la-chute-de-l-agriculture-francaise_2548377.html et sur Facebook = https://www.facebook.com/france2/videos/10156996423347598/UzpfSTk1NzUwOTQ3NTk3OlZLOjEwMTU2OTk2NDIzMzQ3NTk4/

        1. La réponse des élus devrait passer par la valorisation de solutions basées sur l’innovation et l’investissement, les économies de gestions à réaliser et non, par le traditionnel ‘nouvelles taxes’ et arrosages de subventions fiscales, et non par le développement de la peur. Pour les dirigeants d’un pays le temps long doit primer sur les solutions de court terme”

          1. Objet : Regardez, écoutez “SIMONE WEIL philosophe ne pas confondre avec Simone Veil la politique – Pourquoi il faut supprimer les partis politiques. Comme elle a raison….!!! ETONNANT QUE SON ANALYSE DES PARTIS POLITIQUES NE SOIT PAS PLUS CONNUE !! Son analyse est excellente et prêche pour Des valeurs…la gouvernance du PEUPLE SOUVERAIN…DANS UNE VRAIE DEMOCRATIE… Cliquez pour écouter = https://www.youtube.com/watch?v=Pg0qv0kIaKo

          2. « M. Charles de Gaulle aurait dit : « Je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes, je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes, et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent. »
            Charles De Gaulle disait les partis politiques sont bel et bien une catastrophe pour la nation ! = Cliquez pour écouter l’analyse = https://www.youtube.com/watch?v=uELQqG5Lews

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