Hélène Perlant vient de publier un ouvrage exceptionnel. Sous le titre « Le Déni », elle porte un regard sans concession et d’une lucidité exceptionnelle sur la violence.

Sa réflexion part de l’institution Betharram, où elle a été élève. Elle prend appui sur la violence éducative au départ, pour ensuite décrire une organisation de la violence plus globale.
Elle constate que la violence sexuelle, annexe ici de la violence éducative, finit souvent par le viol, qui est son expression ultime. Elle implique trois intervenants : la victime, le bourreau, et le spectateur sans lequel la violence n’existerait pas.
Le spectateur est un complice actif en ce qu’ici il banalise, voire idéalise, la violence comme moyen ultime mais naturel — donc légitime — de l’enseignement, ce qui permet au bourreau d’exprimer son plaisir sadique et de passer à l’action sans retenue. In fine elle esquisse chez la victime sexuelle la notion de plaisir culpabilisant et dégradant parce qu’imposé contre sa volonté.
Hélène Perlant est hautement diplômée, je ne sais pas dans son ouvrage ce qui vient de ses connaissances et ce qui vient de son expérience. Peu importe, le résultat est stupéfiant. On comprend soudainement la violence.
La force de son livre c’est d’avoir mis à jour les conditions de la violence, qui permettent de comprendre toutes les violences, pas uniquement les violences éducatives.
Soudain pour moi lecteur, une révélation : Betharram, c’est Bercy.
La violence n’a pas un seul territoire, hélas.
Hélène Perlant ne saura jamais, sauf si elle lit ce billet, le bien que la lecture de son livre m’a apporté. Il n’est pas certain qu’elle partagerait mon émotion.
Les témoins
La fiscalité devrait :
- ne concerner que la participation de chacun à un compte commun, ce n’est pas compliqué,
- dans ce cadre être strictement limitée au financement des organisations qui imposent l’engagement de tous, elles ne sont pas si nombreuses.
Mais ce n’est pas ce que la fiscalité prétend être.
Elle se voit en justicier qui redistribue plus justement les richesses matérielles, en acteur unique, parfait et ultra protecteur, de l’aide sans laquelle nous ne serions pas capable de vivre.
Elle se la pète un peu la fiscalité, mais à force de corruption des consciences et des êtres, un peu aussi avec la force publique, elle a imposé cette vision.
C’est ainsi qu’elle a transformé le pays en témoin, cher à la définition de la violence par Hélène Perlant.
Tous observent les victimes sans compassion, et même avec mépris, adhérant à l’image de perfection et de nécessité d’une fiscalité forte, si forte qu’il est légitime qu’elle soit imposée par la violence. Nos témoins sont parfaits, la violence peut s’en donner à cœur joie.
Les sadiques
Tout comme Betharram sent dès l’entrée le sexe et la peur, la France sent l’impôt et la peur. C’est une ambiance qui colle à la peau, dans laquelle les prédateurs vont exceller en toute impunité et en toute visibilité.
Je citerai un nommé Pierre, Directeur des SF à Sète qui, au sortir d’une commission où ses services avaient présenté un faux consistant en un plan où apparaissait un chemin inexistant qui prétendait apporter la preuve que mon terrain n’était pas enclavé, m’avait agressé de la façon menaçante suivante : « si vous aviez été dans mon bureau ce ne se serait pas passé ainsi. »
Il faut dire que je m’étais violemment insurgé contre ce faux au point que la moitié de la commission, représentée par des contribuables pourtant choisis pour leur docilité, avait voté pour moi. Le magistrat présidant la séance avait dû voter pour les agents du fisc qui représentaient l’autre moitié de la commission, donc pour le faux, afin d’éviter la preuve de ce faux plan, que je n’ai ensuite jamais pu récupérer.
Je citerai, pour le fun, le célèbre Martineau, inspecteur au look de curé compatissant et obséquieux, mais tenace et vicieux dans son rôle de bourreau.
Ou encore Flory, l’actuel directeur des SF de Sète qui vient de me mettre, volontairement, en situation d’interdit bancaire, à 82 ans, après plus de 60 ans d’activité… Je vous laisse prendre connaissance de sa crapulerie avec ce lien.
Donc oui, la France est violentée par Bercy. Y aura-t-il un jour la même prise de conscience qu’à Betharram ? Les victimes vont-elles se révolter et parler ? Pour l’instant je me sens un peu isolé et la facture que je paie pour dénoncer est salée.
Les victimes
Parlons-en, j’en suis. Elles sont conditionnées et terrorisées au plus profond d’elle-même.
D’abord elles sont assignées à un langage fiscal, à une comptabilité fiscale, à une pensée fiscale qui n’ont aucun rapport avec la vraie vie, mais qui finit par leur occulter la vraie vie.
Elles avancent dans ce brouillard devenant dépendantes de ceux qui prétendent s’y retrouver. Elles sont en réalité sans défense quand les bourreaux sortent de ce brouillard leur arme à la main : le Code Général des Impôts, dont le seul sommaire fait 162 pages, que nul n’est censé ignorer.
Les bourreaux sèment le froid et le chaud, la sanction et la cajolerie, la connivence et l’intransigeance. Ils ne lâchent pas la victime tout au long de sa vie. C’est largement plus long qu’à Betharram…
Et le déni ? Comme dirait Hélène Perlant, pour ne pas affronter le sujet plein fer.
Ici il est total, absolu. Pire, certains croient échapper à la violence fiscale, au motif qu’ils seraient pauvres. Quelle erreur ! La plus grande partie des pauvres le sont justement à cause de la violence fiscale qui réduit à outrance le capital et donc la part qui devrait leur revenir.
Si j’étais écrivain j’écrirais un livre sur le sujet. Si j’étais un élu je tenterais de légiférer pour nous débarrasser de cette violence fiscale.
Mais je ne suis que le couillon de service, j’attends bêtement que Bercy soit légalement supprimé, et que l’anniversaire de cette suppression soit au moins du niveau du 14 Juillet.
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Merci pour ce sujet qui tente de poser la question de la légitimité de l’impôt violent,
alors que l’art 14 lui impose la priorité du “consentement” (…”libre et éclairé “! ) du citoyen, libre et souverain par nature!… puisque c’est lui qui achète le service pour un contrat totalement trahi !
« Sa réflexion part de l’institution Betharram, où elle a été élève. Elle prend appui sur la violence éducative au départ, pour ensuite décrire une organisation de la violence plus globale.
Elle constate que la violence sexuelle, annexe ici de la violence éducative, finit souvent par le viol, qui est son expression ultime. Elle implique trois intervenants : la victime, le bourreau, et le spectateur sans lequel la violence n’existerait pas. »
Je n’ai pas lu l’ouvrage que vous citez, mais pour ce qui est ci-dessus je dirais peut-être la victime, le bourreau et le collabo, sans lequel effectivement la violence n’existerait pas. Pourquoi collaboration ? Par refus de voir ? Par au contraire l’accepter en espérant ne pas être désigné ? Pour en tirer parti ? Par indifférence ? Dans la notion de collaboration, vous avez je pense pour les deux premières éventualités – refus de voir, désigné, des induits par la peur et c’est à mon sens ce que traduit la majorité des populations. L’indifférence et en tirer parti relève plutôt des queues d’une courbe de Gauss.
Mais attention, je regarde ces choses d’une manière occidentale. Par exemple, dans l’Islam le Jihad ne veut pas dire forcément détruire l’ennemi mais avoir été capable de combattre et sacrifier sa propre vie, pour une cause certes mais pas comme nous l’entendons nous occidentaux. Sacrifier sa vie est un honneur quand d’autres cherchent à la préserver et c’est là que le combat se passe actuellement en Iran.
Chez l’humain, la violence et le viol se ressemblent par les mots mais très souvent dans l’action. Le viol peut avoir une connotation corporelle mais aussi en termes de propriété physique et peut-être aussi à notre époque numérique, celle qui peut nous infliger une mort sociale d’un trait de plume. Un animal ne viole pas sauf un territoire, un humain oui dans tous les sens du terme. L’humain, aussi idiot soit-il ou très intelligent est un être différent, c’est-à-dire que même s’il est idiot il est intelligent. Alors je vous laisse deviner les pervers intelligents.
Finalement, ce qu’il faut comprendre est qu’à partir du moment où nous sommes en vie en tant qu’humains, choisis par les gamètes, mais libres ensuite de notre sort, il vient l’ivraie et l’ivresse et à nous de choisir…
Empressons-nous toutefois de disculper le très respectable fondateur de cette institution à la dérive, à savoir : saint Michel Garicoïts, lequel se situait aux antipodes de ces infâmes pratiques et qui, s’il avait vécu de nos jours,
n’aurait jamais approuvé de pareilles choses !
D’autant plus que lui-même avait été châtié enfant par son maître d’école,
et que, choqué par cette correction, il avait essayé, armé d’un bâton et moyennant le concours de ses condisciples, de lui rendre la pareille, en lui tendant une embuscade qui, d’ailleurs, échoua, ce qui le força à demander grâce…pour éviter de peu une punition nouvelle !
D’autres épisodes tirés de ses diverses biographies, comme le refus de la lapidation utilisée alors à la campagne comme jeu moral et éducatif contre des élèves récalcitrants, lors de “récréations déjà fort douteuses”, ne laissent planer aucun doute sur sa mansuétude et sa véritable originalité de réformateur.
C’est ainsi qu’ayant engagé un laïc du nom de Pierre-Vincent Eliçabide, qu’il avait eu pour élève au Grand Séminaire, pour diriger la première école primaire qu’il créa en 1837, le Père Garicoïts, dès qu’il apprit que l’irascible pédagogue infligeait lui-même des coups de fouet dans un grenier, lui ordonna sur le champ d’y mettre fin.
Pour se venger, Eliçabide exigea une augmentation exorbitante et, ne l’ayant pas obtenue, en tira prétexte pour allumer un incendie. Une fois renvoyé, le coupable sombra inexorablement dans la folie au point de commettre au-dehors…un triple assassinat qui justifia amplement son incarcération et sa décapitation finale !
Donc, selon un étonnant paradoxe et une régression inattendue, les déviants d’aujourd’hui ont, par leurs méfaits impunis, attenté à la noble mémoire de leur père spirituel et, tout en se réclamant indûment de lui, ont ramené l’établissement à une rustrerie antérieure que saint Michel Garicoïts avait pourtant été…le premier-et même le seul de son temps-à condamner comme à combattre !
Vous êtes le témoin-spectateur idéal Millerand
Si vous avez été aimable un jour, j’ai dû vous connaître le lendemain !
Je vous préfère comme ça.