Jaja et les EHPAD

Avant de plonger avec délice dans la rigolade que nous propose Jaja, un instant de recueillement.

D’abord en pensant au respect dû aux personnes âgées qui souffrent du fait de la perte de leur autonomie physique, intellectuelle ou matérielle. Qui voient leur statut d’être humain à la merci de l’aide des autres.

Puis en se rappelant la définition du fascisme : “Tout pour l’Etat, tout par l’Etat, rien en dehors de l’Etat”.

En n’omettant pas que le fascisme n’est que ça, que ce n’est pas une couleur politique. Qu’il peut être de droite, de gauche et même centriste. Sa caractéristique est uniquement une totale dépendance à la fiction de l’Etat, donc en réalité à ceux qui prétendent le représenter sous quelque déguisement que ce soit.

Oublier cela revient à s’exposer à la séduction fasciste, qui en fait prône l’irresponsabilité, l’infantilisation, fol espoir de l’homme adulte en panne.

Le fascisme finit toujours en meurtre de masse, tant il hait les libertés individuelles.

Revenons à Jaja et aux EHPAD

Jaja est un vrai écolo, de ceux qui n’hésitent pas à parler sans réfléchir, juste pour escroquer l’électeur et capter le pouvoir.

Les EHPAD.

Enfant j’ai vécu le poids des vieux dans la famille. C’était ainsi. Tous les jeudis, pour 5 Frs, je rasais mon grand-père de 96 ans qui vivait l’hiver chez son fils mon père et l’été chez sa fille. Avec les 5 Frs j’achetais un carambar. Il était dans la maison, malheureux de vieillir et d’imposer aux siens ses contraintes. On ne parlait pas alors de maison de retraite. Il y avait les enfants ou l’hospice pour ceux qui n’avaient plus leur totale autonomie.

L’hospice c’était la vieillesse prise en charge par l’Etat ou par le clergé qui se prenait encore pour l’Etat qu’il avait été. Personne n’y allait volontairement, seuls les enfants indignes y abandonnaient leurs parents.

Vers les années 1970 sont apparus les appartements pour personnes âgées, incluant soi-disant une assistance médicalisée légère. C’était un pas vers la séparation des générations. Il me semble qu’il s’agissait d’un souhait conjoint de distanciation entre les jeunes et les vieux.

Puis les sexagénaires des années 70 ont vieilli et les prestations dont ils ont eu besoin sont devenus plus hospitalières qu’hôtelières.

Vers 1990, les familles ne voulaient, ou ne pouvaient, plus assumer leurs vieux. Eux-mêmes sans doute imaginaient pouvoir garder une indépendance, une certaine liberté, en évitant le statut du vieillard familial rangé dans un coin du salon.

Il y eut un énorme besoin d’établissements dédiés à cet objectif. L’Etat et ses hospices en lente rénovation étaient au taquet, dépassés comme toujours.

La porte fut entrouverte au secteur privé. Mais attention, sous total contrôle de l’Etat, à tous les niveaux.

C’est ainsi que vit le jour une des plus fameuses connivences de notre organisation économique “facho-libérale”, plus connue sous le néologisme de “néolibérale” : les EHPAD.

Les autorisations de création de ces établissements, tout comme les hypermarchés en leur temps, comme les éoliennes aujourd’hui, furent d’une beauté “facho-libérale” absolue.

Une poignée d’opérateurs hypocrites et roués rencontrèrent naturellement notre bureaucratie fasciste et cette association s’empara du marché, sans vergogne, au nom des grands principes. Lesquels ?? Les mêmes qu’ailleurs : “l’intérêt général”.

A ceux qui ne connaitraient pas “l’intérêt général” je peux dispenser un cours de deux heures en échange d’un bon gueuleton.

Ainsi fut fait, nos vieillards devinrent des assujettis devant répondre aux différentes contraintes ou objectifs que s’étaient fixés les complices de l’opération en fonction de ceux qu’ils servaient : financiers ou électeurs.

A aucun moment nos vieillards n’ont été considérés comme des clients que l’on respecte, que l’on tente de séduire au milieu de la concurrence.

C’est là que Jaja prend son essor comique.

L’ineffable Jaja nous assène : “Si je suis élu (on peut rêver) j’interdirai les EHPAD privés à but lucratif”. Et vlan…

Explication de texte

Ce serait quoi un EHPAD privé à but non lucratif, dans l’esprit de Jaja ?

L’inverse d’un EHPAD public à but lucratif ?

Tout simplement un EHPAD public sans doute. Puisqu’il pense que tout doit être public et que rien ne doit avoir un but lucratif. Sans pour autant qu’il expose comment il nourrit la population, sans les sous…

Soyons sérieux.

Dans une société libérale, les EHPAD s’ouvriraient où elles voudraient, quand elles voudraient. Aux normes nécessaires évidemment.

Leurs clients seraient des consommateurs, qui choisiraient l’EHPAD qu’ils souhaiteraient. Toujours dans le cadre de la concurrence.

Pour ceux qui n’ont pas suivi, les adorateurs de Jaja notamment, la concurrence c’est par exemple un TripAdvisor disponible pour les clients des EHPAD, où chacun donne son avis, où la prestation est décrite et notée. C’est que ça change les choses….

Oui mais, les opérateurs sont alors à la merci de leurs clients… et oui, ils font faillite s’ils perdent leurs clients pour mauvaises prestations… et oui.

C’est ça le libéralisme, Jaja.

Le néolibéralisme ça n’existe pas, car le libéralisme ne peut pas être autre que lui-même.

Le néolibéralisme n’est que le facho-libéralisme, une grave mutation du virus collectiviste, plus dangereuse que le virus initial, parce que plus contagieuse et toujours mortelle.

Réfléchis Jaja…

Bien à vous. H. Dumas

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A propos Henri Dumas

Je suis né le 2 Août 1944. Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil. Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société. Amicalement à vous. H. Dumas

2 réflexions sur « Jaja et les EHPAD »

  1. Le même jaja a lancé une opération à but lucratif appelée revenu inconditionnel de base : 1200 balles/mois à tous les adultes non retraités sans bosser avec en échange un bon vote. Mais pas un mot sur l’origine des six cents milliards annuels que coûterait ce projet.

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