Mark Zukerberg était le garçon le moins populaire de son collège. Il cherchait à se faire des potes.
Tout seul, ou en pompant allègrement le devoir d’un copain, il a inventé Facebook, le moyen simple et rapide d’hameçonner quelques amis. Un coup de génie. Une machine à affection devenue en quelques années une machine à cash.
Zukerberg, c’est aujourd’hui une fortune qui vaut des milliards de dollars, d’euros, de yen et même de yuan. On ne crée pas une fortune de cette ampleur sur de seuls bons sentiments. Il faut plus.
Les algorithmes ont pris le relais des messages d’affection, des « like » et des « j’adore » pour laisser le champ libre à un syndrome addictif fondé sur l’amitié. C’est là que réside son génie.
« L’enfer est, dit-on, pavé de bonnes intentions ».
C’est ainsi que Meta qui plane sur Facebook en fabriquant des messages hallucinogènes, a pris la relève de Mark, étudiant esseulé, pour procurer à Zuckerberg, capitaine d’industrie, ses junkies addicts de réseaux sociaux.
Tout le monde s’en émeut. Les parents, les profs, les gouvernants partout dans le monde, même en Chine malgré TikTok qui rapporte tant à l’Empire du Milieu. Pas de réponse. Mark aussi s’en émeut lorsqu’il comparaît devant le Sénat américain pour donner ses explications. Il sait que c’est mal. Mais le Frankenstein des réseaux sociaux n’a plus prise sur sa créature.
Ainsi en est-il de toutes nos découvertes, surtout de celles qui confinent au génie.
L’intention est souvent bonne, la réalisation exemplaire et le résultat probant. Ainsi Einstein a-t-il pu, grâce à Oppenheimer, mesurer les effets de sa bombe sans jamais pouvoir en limiter ni les dangers ni les risques.
Le pétrole, après avoir été l’énergie la moins chère et la plus pratique est devenue un danger.
Le plastique après avoir été la solution à tout, a envahi la planète et constitue une menace pour les océans, ou du moins pour leur faune.
On pourrait multiplier les exemples, jusqu’à l’IA, l’outil le plus formidable, susceptible de devenir notre ennemi le plus redoutable.
Une seule question demeure : L’homme peut-il dominer son génie ?
Evidemment non. Le Pape l’espère mais la compétition est lancée. Rien ne l’arrêtera.
Il n’est pas dans la nature de l’homme de se restreindre. Il n’y parvient que contraint et forcé. La course aux armements l’a prouvé. Sous toutes ses formes, après le nucléaire, elle se poursuit au point de donner aujourd’hui, dans une nouvelle dimension, l’avantage aux faibles sur les forts. L’arme de jet contre la toute-puissance.
L’affaire de David et Goliath, en somme …
On ne peut jamais connaître les résultats bénéfiques du génie humain.
Encore faut-il le circonscrire autrement que par le profit.
C’est tout l’enjeu pour vaincre les dérives de nos dernières découvertes.
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