Conflits de pouvoir.

On va faire simple. Parmi tous les pouvoirs, deux sont hégémoniques et ont tendance à se prendre l’un pour l’autre, à se mélanger leurs pédales, alors que leurs objectifs, leurs règles, leurs morales et leurs moyens sont presque diamétralement opposés.

Il s’agit du pouvoir politique et du pouvoir économique.

Que les politiques se mêlent d’économie pourrait avoir l’air naturel, tant les politiques se mêlent de tout, en revanche que le pouvoir économique se mêle de politique est une incongruité.

Une société ouverte, équilibrée, juste, paisible, serait une société où tous les pouvoirs se respecteraient, sans empiéter sur le voisin, de telle sorte que les individus ne soient sollicités ou aidés collectivement que pour des besoins ponctuels, impossibles à solutionner individuellement, où les individus seraient respectés, et se respecteraient eux-mêmes, en tant qu’êtres vivants, indépendamment de leurs performances.

Revenons à nos deux pouvoirs du type coucou friand du nid du voisin.

Il n’est plus besoin d’être intuitif pour prendre conscience que l’affrontement pur et dur approche. Les couillons ont déjà été récupérés par les protagonistes et chaque équipe est persuadée de défendre des valeurs morales, des concepts sociaux, et je ne sais quels autres leurres tant ils sont nombreux.

La vérité est bien plus prosaïque. Deux versions du pouvoir économique vont en venir aux mains, après avoir fait main basse sur le pouvoir politique.

Revenons à la source que nous avons déjà décrite.

Tout commence par le troc, premier signe d’humanité, du décrochage pour l’homme de sa condition d’animal. Vient ensuite le troc différé et la naissance de la monnaie.

Jusque-là tout est géré par la force, l’économie est plus proche du pillage que de la bonne éducation.

Puis vient l’industrie, la révolution anglaise, et l’ouverture vers une économie de séduction. Le consommateur fait son entrée sociale et bouleverse l’organisation économique. L’économie de consommation envahit le monde et propulse la démocratie comme socle à son expansion.

L’économie de séduction donne l’impression qu’elle va s’imposer. Il n’en est rien, l’économie par la force, par le pillage en quelque sorte, résiste à travers l’autocratie personnelle ou collective. Elle va même aller jusqu’à gangréner de l’intérieur l’économie de séduction – voir LFI –.

Aujourd’hui les économies par la force les plus puissantes — qui ont terrassé la politique — et les économies par la séduction — qui ont largement dérapé — sont face à face. Chine, Russie et leurs affidés d’un côté, l’Occident de l’autre.

Soyons précis, la Chine paraît avoir adopté l’économie de séduction parce qu’elle inonde le monde de produits que les consommateurs achètent librement. Mais cette séduction n’est qu’apparente. Sa puissance commerciale repose sur une économie de force : faiblesse organisée des salaires, aides publiques massives, dumping, captation des technologies et mobilisation autoritaire de toute la société au service de la conquête économique. La séduction est dans la vitrine ; la force est dans l’arrière-boutique. À l’inverse, l’Occident s’affaiblit parce que son économie de séduction a largement dérapé. Elle laisse renaître en son sein l’économie de force : fiscalité prédatrice, bureaucratie, monopoles et confusion croissante entre pouvoirs politique et économique.

On ne voit pas très bien ce qui pourrait éviter l’affrontement. Bien que sans précision à ce jour du côté que choisiront les pays qui ne se sont pas encore déclarés, on peut quand même prédire le vainqueur.

Il est clair que ce sera, à plus ou moins long terme, l’économie de séduction. Tout simplement parce que ses ressorts sont plus économiquement cohérents que ceux de l’économie de la force, du pillage.

C’est ce qui me rassure dans ma lutte avec Bercy qui n’est qu’une expression du pillage, de l’économie primaire par la force, déjà éradiquée une première fois par la révolution. Son avenir est derrière elle et sa disparition, à terme, assurée.

Bien à vous. H. Dumas

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A propos Henri Dumas

Je suis né le 2 Août 1944. Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil. Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société. Amicalement à vous. H. Dumas

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