Cette croyance française ridicule selon laquelle les dettes de l’Etat alimentent la croissance

Les keynésiens de tous bords, les étatistes de tous bords, les socialistes, les fonctionnaires sont tous persuadés que l’Etat est un moteur de la croissance économique.

Cette idée est fermement ancrée dans l’esprit d’une part importante de la population et l’expression qui la résume le mieux est la notion d’Etat stratège à laquelle la candidate V Pécresse croit fermement ; ce qui prouve qu’elle n’est qu’un clone de E Macron et un partisan de l’étatisation de l’économie !

La vérité est toute différente !

L’Etat est un moteur puissant de décroissance et de récession car l’Etat est un prédateur !

Avec ses 5.6 millions de fonctionnaires, il ne créé pas de richesses, il prélève de la richesse pour permettre à son organisation de vivre (et plutôt bien d’ailleurs).

Les seuls créateurs de richesse sont les entreprises privées mais le dire serait reconnaitre que l’organisation étatique basée sur une caste de hauts fonctionnaires au minimum ne sert à rien et au pire est totalement nuisible ; ce qui relativiserait fortement leur rôle dans la société et serait de nature à porter atteinte à leur pouvoir !

Les conséquences sont évidemment imparables :

Plus l’Etat prend de l’importance, plus il dépense, plus il prélève et plus il appauvrit le pays et il n’a cessé de prendre de l’importance ; E Macron ayant d’ailleurs fermement oublié ses promesses de réduire de 120.000 les effectifs de la fonction publique.

Et la dette ?

Elle sert simplement d’amortisseur pour camoufler les erreurs de l’Etat et de trop prélever d’impôts dans un pays qui détient déjà le record mondial de la pression fiscale !

On comprend dès lors aisément que contrairement à l’affirmation des étatistes, la croissance des dépenses publiques est un moteur puissant de récession et de décroissance !

La seule solution pour sortir de ce cercle vicieux serait d’imposer une règle d’or en matière budgétaire : l’interdiction des déficits budgétaires dont le caractère clientéliste a pris ces dernières années des proportions particulièrement inquiétantes !

Le pire exemple est ce fameux « quoi qu’il en coute » qui ne coute à rien à ceux qui l’on décidé mais qui va couter extrêmement cher à ses prétendus bénéficiaires parce que cette « politique » est basée sur un endettement colossal (2.850 Md€ au 3ème trimestre 2021 soit rien moins que 450 Md€ de dette ajoutée en seulement deux ans) et sur une émission monétaire massive porteuse d’inflation !

Examinons la prime inflation de 100 € censée compenser l’augmentation du prix de l’énergie.

Quand Bruno Le Maire affirme : « Aucune porte n’est fermée concernant l’éventualité de nouvelles mesures liées aux prix de l’énergie » « L’indemnité inflation, le chèque énergie, ce que nous avons fait sur EDF, ce que nous faisons pour plafonner les prix du gaz : la facture de l’ensemble de ces mesures, c’est 15 milliards d’euros déjà engagés par l’État pour protéger les Français »,

Bruno Le Maire ment et dissimule la vérité pour protéger sa caste car ces mesures ne servent pas à protéger les français  mais seulement à protéger l’élite contre des mouvements de la rue de type gilets jaunes qui deviendraient incontrôlables.

Parce que ce n’est pas avec 100€ que vous compenserez l’inflation.

Prenons l’exemple d’un retraité qui perçoit 1.500€/mois de pension soit 18.000€ par an (moyenne nationale des retraites).

Sa retraite sera revalorisée de 1% en 2022 alors que l’inflation est officiellement de 2.8% ; et encore s’agit-il d’un indice officiel … expurgé des postes qui augmentent le plus !

Le calcul est dès lors très simple : 1%-2.8% = -1.8%. La perte est donc de 324€ par an ; bien loin de 100 € et forcément … plus le montant de la retraite est important plus le montant de la perte s’élève !

Alors, certes il n’y a pas de perte de revenus (qui restent nominalement les mêmes) mais bien une perte de pouvoir d’achat !

Or, l’inflation réelle est probablement déjà au-delà de 6% l’an !

Dans ce cas, plus en rapport avec la réalité, la perte de pouvoir d’achat est de 18.000×5% = 900€ ce qui est tout sauf anecdotique !

Alors évidemment, E Macron avait fustigé « le fétichisme Allemand pour les excédents budgétaires » et le même Bruno Le Maire a appelé récemment à la révision des règles européennes concernant les critères de convergence de Maastricht en matière de dette publique et de déficit annuel (60% du PIB et 3% du PIB) parce que l’élite qui dirige la France ne veut absolument pas réduire son train de vie et ses avantages.

Alors, où se situe la vérité ?

L’€ a constitué pour les Etats européens une opportunité extraordinaire de stabilité et de croissance que, pour la plupart, ils n’ont pas saisie !

Au lieu de profiter d’une monnaie forte et stable pour désendetter le pays, les politiciens fonctionnaires ont dépensé à tout va l’argent qu’ils n’avaient pas (tout comme la Grèce et l’Italie) pour satisfaire des caprices électoraux dans des dépenses publiques improductives dont aujourd’hui il ne reste plus que les dettes !

Et, au lieu de convergence, nous avons eu droit à une forte divergence entre les pays du nord vertueux et les pays du sud dits « du club Med » dont la France est aujourd’hui le chef de file !

Les politiciens fonctionnaires qui ont dirigé ce pays depuis l’avènement de l’€ en 1999 n’ont, en fin de compte, été que les fossoyeurs de votre niveau de vie et en cela il faut les considérer comme de véritables criminels !

Désormais, tout le monde s’inquiète d’une forte remontée des taux d’intérêts associée à une réduction, voire une suppression, des facilités bancaires et monétaires accordées par la BCE, parce qu’en ce cas, l’issue sera inévitablement une grave crise des finances publiques dont on ne pourra sortir que par une réduction drastique des dépenses de l’Etat et partant du nombre de ses fonctionnaires !

Bien cordialement à tous !

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A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, après un DEA de droit commercial de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat jusqu'à ce que je sois excédé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage désormais ma vie entre la France et la Grèce. Européen convaincu, je suis persuadé que le libéralisme est la seule option possible en matière économique.

3 réflexions sur « Cette croyance française ridicule selon laquelle les dettes de l’Etat alimentent la croissance »

  1. Ce qu’il y a de formidable en comptabilité publique c’est qu’il y a les dépenses d’investissement et les dépenses de fonctionnement.

    Dans le secteur privé une dépense d’investissement consiste par exemple à acheter une nouvelle machine plus moderne plus productive pour en remplacer une obsolète.

    Mais dans le secteur public pas du tout, une dépense d’investissement consiste la plupart du temps à réaliser un gaspillage tel qu’une médiathèque, un musée surdimensionné ou autre bidule parfaitement inutile dans une petite commune qui resteront désespérément vides d’usagers mais qui auront pour avantage de permettre au maire d’y planquer sa famille et ses proches et d’augmenter ipso facto les dépenses de fonctionnement.

    Tant que le système reposera sur le clientélisme et le népotisme, tant que le contribuable n’aura pas un droit de regard sur les dépenses publiques, la situation ne pourra pas s’améliorer.

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