Alain Finkielkraut, le judas de l’infosphère

En aparté

Chaque lundi sur LCI, Alain Finkielkraut avait rendez-vous sur LCI avec Mr Pujadas. Lundi dernier il s’est exprimé ainsi sur l’affaire Duhamel : “Y a-t-il eu consentement ? A quel âge cela a-t-il commencé ? Y a-t-il eu ou non une forme de réciprocité ? On parle d’un adolescent. Ce n’est pas la même chose”.

Poser ces questions est-il irrecevable ? Quand j’étais jeune adolescent, j’ai été approché par des hommes matures pour m’inviter dans des choses dont je comprenais tout de suite la finalité. Avec aucune expérience de vie en la matière, j’aurais pu être curieux. « Qu’est-ce que c’est ? »

Il est vrai qu’à l’époque de mon adolescence, j’étais dans un village, sans la furie d’Internet, ce qui devait être peut-être la situation de la victime dans l’affaire Duhamel.

Mais j’ai aussi été approché par d’autres hommes de qualité sur lesquels mon choix s’est rapidement reporté en toute conscience !

Dans mon adolescence, j’ai fréquenté Pigalle, avec le mari de ma tante. J’ai toujours été précoce dans ma tête, ce pourquoi je recherchais toujours la compagnie d’adultes car j’étais une éponge pour comprendre par de l’expérience. Mon oncle indirect avait donc choisi de laisser ma tante s’endormir pendant que nous allions faire une virée à Pigalle. Il m’a montré ce monde de la nuit, m’a introduit dans un Peep Show pour voir une femme à poil derrière une vitre se caresser et vaquer ensuite dans les lumières de la ville.

Et puis quoi ? Et puis rien. Mon oncle indirect ne m’a pas montré que cela, car il m’a fait découvrir toute la ville de Paris, ses musées pour ouvrir les yeux d’un enfant de village. Il n’était pas riche mais se fendait pour moi, tellement ma compagnie lui faisait plaisir.

Avant lui, donc un peu plus jeune, mon voisin de huit ans plus vieux que moi avait aménagé une discothèque dans la cave de ses parents. Ils et les miens trouvaient notre relation d’un œil bizarre mais sans interdit. C’était magique pour moi ! Mais mieux, avec lui j’ai conduit une voiture à l’âge de 14 ans, une Simca blanche un peu customisée sur quelques routes désertes sur les bords de l’Armor, avec lui à côté de moi pour m’instruire. Que s’est-il passé de fâcheux ? Rien, juste une camaraderie bienveillante pour transmettre à l’un ce que l’autre sait déjà.

Alors ?

Donc, en tant qu’adolescent, on peut parfaitement comprendre le monde qui nous entoure et plus particulièrement celui des adultes et choisir ce qu’ils nous proposent. Et quand on réfléchit plus loin, il y a l’Ednat. Des adultes qui nous font cours pour s’adresser à nous afin de nous structurer et atteindre cet âge “imbécile” de l’adolescence où tout se chamboule dans nos têtes. Il nous faut juste en garder raison.

On commence à s’émanciper à la fin du collège avec une orientation qui débute véritablement, pendant que les premiers baisers tombent sur les lèvres des filles. Celles que j’ai visitées pour la première fois en fin de troisième lors d’une Boum étaient celles de ma promise depuis le CM2, sans lendemain ensuite, de ma part. Un trophée en quelques sortes …

Ecrire ces mots en tant qu’adulte mature est facile, connaissant l’histoire, mais en rien quand on grandit jeune pousse dans la vie.

La philosophie suit souvent les coursives des mathématiques, en écartant autant que possible l’émotionnel ou son surcroît, l’émotivité des débats. C’est un discours de raison, factuel pour tenter d’établir une ou des solutions possibles.

Notre société en regard de cela est plongée dans la réaction émotive exacerbée par le Clergé de l’instant, plongeant comme n’importe quelle hyène sur n’importe quoi, sans objectivité, recul ni même réflexion. Nous avons ainsi un fil émotif qui prend en otage toute une population où la croyance tient office de preuves.

Alain Finkielkraut a-t-il le droit de s’exprimer ainsi ? Mille fois oui à mon sens et son excommunication s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Les religions et les croyances reprennent le dessus sur les lumières.

Bien à vous !

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One thought on “Alain Finkielkraut, le judas de l’infosphère

  1. Quel courage. Bravo.
    Oui la rencontre entre l’asexualité de l’enfant et la sexualité des hommes (ou des femmes) entre 8 et 13 ans n’est jamais un fleuve tranquille.
    Mon opinion est que cela ne se passe bien pour personne, qu’il faut faire avec.
    Les drames, ici comme ailleurs, sont évidemment la violence, la sottise, le mensonge, l’arnaque, guères différents que ceux qui vont suivre, pour tout, dans la vie d’adulte.
    Les jeter en pâture au public, sans l’intime, est-ce la solution ?
    C’est ce que Finkielkraut a peut-être tenté de dire, mal lui en a pris…
    Ce n’est pas la saison.

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