France : Un système mafieux au pouvoir

Les français, dans leur immense majorité, perçoivent E Macron comme une nuisance, une personnalité toxique mais rien ni personne ne peut le démettre. Fatalement, le mécontentement monte et les partis extrémistes en tirent parti car l’opposition se radicalise lorsqu’elle se rend compte qu’il n’y a pas d’issue raisonnable à une question politique qui est celle de la responsabilité des hommes de pouvoir.

Pire, au sommet de son impopularité, non seulement il s’accroche à ses fonctions … mais, imperturbable, il organise son départ en mettant en place une structure informelle lui permettant de garder, plus ou moins, le contrôle et éventuellement de revenir en 2032.

La France est un Etat de droit mais, visiblement, les droits ne sont pas les mêmes pour tout le monde !

Un pouvoir sans limites et sans contrôle

Le seul rempart aux dérives du pouvoir est le Conseil Constitutionnel qui, contrairement à la Cour suprême des Etats Unis ou à la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, est un organe politique composé des copains du pouvoir nommés, de manière discrétionnaire, par le président de la république, le président du sénat et le président de l’assemblée nationale ; sans aucune exigence de compétence et de probité et fatalement avec pour conséquence d’agir de manière constante en faveur de celui-ci et … contre toute tentative de contestation de nature à remettre en cause le système.

Le constat est que nous sommes clairement face à un déficit démocratique dont il faut être conscient qu’il est … totalement volontaire. C’est évidemment choquant mais c’est l’histoire de la Vème République ; cette fausse démocratie devenue une république de hauts fonctionnaires qui verrouillent le système afin de mieux le contrôler.

Cette situation provient d’un déséquilibre voulu dans les institutions ; lesquelles fonctionnent sans contre-pouvoir et sans réel contrôle. C’était totalement volontaire de la part du gal De Gaulle et les choses se sont aggravées avec le référendum du 28 octobre 1962 par lequel il a obtenu des français qu’il soit élu au suffrage universel.

On aurait pu penser qu’il s’agissait d’un pas vers plus de démocratie ?

Pas du tout, il s’agissait en fait, pour lui, de ne pas dépendre des élus de la nation (dans sa version initiale, la Constitution prévoyait que les députés et sénateurs élisaient le président) qu’il méprisait au plus haut point parce qu’il refusait, selon la version officielle, de se soumettre à leurs petites combines politiciennes !

Misant sur sa popularité, perçu comme le libérateur de la France, ce qu’il n’a jamais été, puis ayant réussi à mettre un terme à la désastreuse guerre d’Algérie, bien que ce le soit dans des conditions extrêmement douteuses, il a fait le calcul qu’il obtiendrait facilement l’assentiment des français !

Son calcul s’est avéré exact …

Seulement, le gal De Gaulle a créé, à son seul bénéfice personnel narcissique, une ambiguïté constitutionnelle dans la mesure où le président de la république peut prétendre agir sans contrôle, en se basant sur cette légitimité électorale, en ne rendant de comptes qu’à tous les français c’est à dire à … personne, et bafouer le mandat donné à des députés qui finalement ne servent plus à rien !

Il est devenu le personnage central du système politique français ; véritable potentat, irresponsable politiquement, au-dessus des lois. Il est devenu un monarque en parfaite … violation avec l’esprit républicain !

Et cette dérive anti démocratique et anti républicaine s’est accentuée au cours du temps …

Le président est même devenu inexpugnable dans son château puisqu’il n’a pas été possible d’y pénétrer pour procéder à une perquisition concernant ses proches collaborateurs ; sans aucun recours et sans que personne au sein de l’autorité judiciaire (en France, la justice n’est pas un pouvoir comme l’exécutif ou le législatif c’est une simple autorité dont le garant est … le président de la république art 64) ne s’en émeuve même s’il s’agit d’une interprétation abusive de la Constitution.

Tout ce qui concerne, de près ou de loin, le pouvoir présidentiel, est devenu intouchable !

La Cour de cassation avait pourtant affirmé que l’irresponsabilité présidentielle ne s’étendait pas à l’ensemble des personnes qui concourent à l’exercice de la fonction présidentielle, et ne s’étendait certainement pas aux collaborateurs du président de la République.

Le verrouillage des institutions

Dans toutes les démocraties parlementaires, lorsque le chef de l’exécutif perd la majorité au parlement, il démissionne et l’opposition désigne un remplaçant.

Mais, pas en France car ce processus démocratique n’intervient pas !

E Macron a pu procéder, du fait de son statut, prétendument au-dessus des partis, à la nomination de premiers ministres issus de son camp et non de la majorité parlementaire malgré la perte des élections. En France, miracle constitutionnel totalement anti démocratique, les choses continuent sans aucun problème … jusqu’à la révolte d’une population qui se sent méprisée et bafouée ?

Peut-être faut-il y voir un début d’explication de l’émergence de tous ces partis politiques et de ces élus aux idées aussi extrémistes que farfelues pour ne pas dire ineptes ?

Et cela déborde évidemment le « jeu » parlementaire car ce système s’organise pour se maintenir quoiqu’il arrive …

Le mandat du président de la république prend fin en juin 2027 et il prépare sa sortie … mais pas pour cultiver son jardin !

Tous les postes importants sont soumis à la discrétion du président de la république qui y nomme, sans contrôle ni contre-pouvoir, ses copains politiques ou des gens qui lui seront redevables ; phagocytant ainsi les institutions par des procédés que personne ne dénonce. C’est même devenu une pratique constante et admise par nos élites qui espèrent bien en profiter, elles aussi, à un moment ou à un autre!

Amélie de Montchalin, ancienne ministre du budget, est devenue présidente de la Cour des Comptes et de ce fait sera appelée à contrôler ses propres actes de gestion en tant que ministre. On se trouve évidemment en plein conflit d’intérêts et cela ne choque personne !

-Le général Mandon a été désigné chef d’Etat major des armées à compter du 1er septembre 2025 après avoir été chef d’Etat-major particulier du président de la république.

Nous avons vu aussi la nomination, au tour extérieur, des copains politiques dans des administrations pour lesquels ils n’ont aucune qualification. Le tour extérieur est le droit discrétionnaire du chef de l’Etat de nommer à des postes de hauts fonctionnaires des personnes qui n’ont pas les diplômes nécessaires et qui n’ont pas passé le concours de l’ENA.

Najat Belkacem, nommée au conseil d’Etat,

Richard Ferrand, à la présidence du Conseil constitutionnel,

Emmanuelle Wargon, haut fonctionnaire, nommée à la tête de la CRE (commission de régulation de l’énergie – machin administratif inutile destiné à recaser les errants du système),

S Séjourné recasé à la Commission européenne

Clément Beaune, recasé au haut-commissaire au plan

Olivier Dussopt qui, bien que condamné pour favoritisme et prise illégale d’intérêts, recasé à la présidence d’Orpea (qui gère des maisons de retraite) et ne supportera donc pas les conséquences de sa condamnation.

Et la Banque de France attend aussi son nouveau gouverneur.

Pensez-vous que ces pratiques soient faites dans l’intérêt du pays et de la population ou que cela relève  du népotisme, du clientélisme, du favoritisme et, pour tout dire, de l’ancien régime dont l’aspect mafieux peut fonctionner sans aucun complexe parce qu’il n’y a rien pour l’empêcher ?

Profiter du système à tout prix

Ces dérives ne s’arrêtent pas à la nomination des copains en déshérence à la suite de la perte d’une élection ; recasés dans des machins administratifs (comités, haut conseil …) grassement rémunérés pour n’y accomplir absolument rien (CESE).

-Les membres du Conseil Constitutionnel, ces gardiens de la constitution, se sont octroyé de très confortables rémunérations totalement illégales ; sans que personne n’y trouve quoique ce soit à redire !

-La commission d’enquête sur l’audio-visuel public a mis au jour des pratiques mafieuses, des détournements de fonds, des contrats léonins, des frais de bouche et des avantages en nature dispendieux … le tout aux frais du contribuable. Et le pire c’est que les acteurs de ces pratiques, surs de leur impunité, ont souvent refusé de répondre aux questions, ont menacé, insulté ceux qui posaient des questions trop gênantes, brandi le complot d’extrême droite, pratiqué l’obstruction systématique à propos de l’usage des deniers publics ou, pire, se sont faits passés pour les victimes d’une inquisition abominable alors qu’il s’agissait seulement de leur demander des explications !

Et pourtant, l’Article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 ; laquelle a valeur constitutionnelle rappelle : La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

Mais, bien sûr, nos élites s’estiment au-dessus des dispositions constitutionnelles !

Personne ne rend de comptes, personne n’est responsable de rien et il faut s’étonner que tout aille mal !?!

Et, pire, dans un tel système, l’incompétence n’est même pas sanctionnée.

A preuve, le récent piratage de l’ANTS, établissement public chargé de la délivrance des documents d’identité et documents administratifs, dont les directeurs, tous issus de l’ENA n’auront jamais à rendre de comptes … à propos de systèmes de sécurité qui se sont avérés être totalement défaillants avec un cout estimé par la Cour des Comptes à un Md€ !

On fait croire à la population à la supériorité de l’administration qui serait efficace et désintéressée alors que bien souvent elle est inefficace, couteuse et que ses membres font surtout la chasse aux bons postes, aux prébendes et aux avantages en tous genres.

Evidemment, tout cela n’a rien à voir avec la démocratie, il s’agit d’un dévoiement institutionnel en faveur d’une caste et d’affidés qui ont détourné le système à leur profit mais à vos frais !

Bien cordialement à tous !

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A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, diplomé de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat jusqu'à ce que je sois excédé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage ma vie entre la France et la Grèce. Pour moi, le libéralisme est la seule option possible en matière économique.

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