Vive les traitres

Le cynisme électoral permet parfois d’éclairer la doctrine. La reddition du PS à LFI en est la démonstration. Personne, depuis Manuel Valls, n’avait osé tirer les conséquences de la guerre des gauches. L’union de façade avait prévalu, au nom de l’assiette au beurre.

Pour son seul intérêt, ou ce qu’il croyait l’être, Olivier Faure les a tirées. Invitant les fidèles à l’exil, il a rejoint l’ennemi. Tout est désormais clair.

Pour Hollande, Hidalgo, Dray, Cambadélis et Delga, le divorce est acté.

Mais il y a longtemps que les époux faisaient chambre à part. Les deux gauches, ennemies de toujours, sont ressuscitées au nom de l’union de la vraie gauche contre les faux-fuyants. La précédente union – celle de Mitterrand – avait tué le PC. C’est le PS, cette fois, qui perd tout. La revanche des Insoumis.

Les traîtres de Solférino, « munichois » de la débandade, écolos déstructurés et survivalistes en rémission en ont ainsi décidé. La refondation passera par eux.

À LR, on n’en est pas là. On se parle encore, par sous-entendus. Mais on couche déjà dans des lits jumeaux. Les traîtres d’hier se sont grillés les ailes à la lumière de RN, de LaREM ou de Reconquête. Ils ont raté leur coup. Ça fait réfléchir les suivants.

Les nouveaux traîtres, artisans de l’union à droite, hésitent. On réaffirme les principes du « chacun chez soi » pour sauver l’unité du parti, les postes et les avantages qui vont avec. Mais le vase est brisé. Et la verveine y meurt.

Jacob est seul dans son bunker.

Copé triomphe,  Wauquiez plastronne, Bertrand se cache.

L’un après l’autre ils rejoignent sur trois rangs l’ennemi d’hier. Et c’est au nom d’LR que ses plus acharnés défenseurs d’hier trahiront leur parti. Abad, Lisnard, Aubert viennent de découvrir qu’il n’est pas de grand homme d’État sans grande trahison.

Ils s’érigent en artisans de la pensée commune. Il n’est pas de plus grand dessein que de confondre son intérêt avec celui de la nation.

Le scrutin proportionnel achèvera bientôt la décomposition de la vie politique et des partis.

A la fuite des urnes succèderont les ruines.

Pas de révolution pour autant. La recomposition n’est pas le fait des politiques. Elle n’est que le résultat d’un mode de vie.

Ce sont les mœurs qui changent les régimes.

La IVème République était la République de la défaite.

La Vème, la République de l’ambition.

Nous venons d’éviter la République de la soumission.

Le régime vers lequel nous nous dirigeons sera le fruit de ce que nous sommes devenus. Une nation sur la défensive.

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