Sur ce blog nous avions, en février 2022, largement évoqué la dimension mondiale de l’intervention de Poutine en Ukraine. A cette époque, il n’était pas besoin d’être grand clerc, ni diplômé de Sciences Po ou de l’ENA, pour percevoir l’alliance évidente — et contre-nature, nous en reparlerons — entre Xi Jinping et Poutine, pour ravir le pouvoir mondial à l’Occident, avec la bénédiction, affirmée ou timide, des autres pays du monde. Qui ne serait pas heureux de l’affaiblissement du plus fort, qui n’a pu que froisser les autres, volontairement ou accidentellement ?
Aujourd’hui l’abcès se crève en Iran. Cela, pour le néophyte que je suis, était plus difficile à prévoir. Mais c’est une constante : les grandes lignes se perçoivent assez nettement, les arcanes de leur réalisation sont plus imprévisibles.
En échec, Trump, égal à lui-même, pense qu’il va s’en sortir par un « deal ». Quel touriste…
La conquête du monde n’est pas une question de deal, c’est une simple et imbécile question de force. Force qui doit être collective et partagée, qui n’a rien à faire de la justice et de l’équité.
Trump devrait se rappeler l’histoire de son pays, qui n’est pas très ancienne, où la violence et l’injustice ont formaté les USA qu’il dirige. Car la démocratie telle que nous la connaissons, la liberté telle que nous la pratiquons, sont des luxes, qui comme tous les luxes sont appelés à tomber face à la force brute de la naissance des pouvoirs, de ceux que nous appelons les barbares, les sauvages, les nouveaux riches, les parvenus, les pécos….
Donc Trump est à Canossa, qu’en espère-t-il ? Peu importe. Il y est, c’est tout.
Ce cirque inquiétant à l’extrême me rappelle mon enfance et le Père Noël.
Enfants, nous sommes ignorants. Cette ignorance est la pureté de la vie. Nous la chercherons ensuite constamment, sans le savoir.
Un jour nous savons que le Père Noël est un mensonge, nous avons quitté l’ignorance. A partir de ce jour, les cadeaux de Noël seront empoisonnés, pleins d’arrières pensées, d’espérance et d’insatisfaction, de manipulations du donneur et du receveur. Nous ferons semblant de ne pas le voir.
La connaissance est faite de 99% de mensonges et de 1% de vérité. Cette vérité il faut la chercher sans cesse, telle une aiguille dans une botte de foin.
L’ignorance est l’acceptation involontaire de la domination, elle est confortable, c’est son souvenir qui nous entraine à imaginer qu’elle pourrait revenir, portée par l’homme ou le système providentiel qui déciderait tout ce que nous souhaitons.
Oui, mais voilà, l’ignorance nous quitte à notre insu, son départ est irréversible, imprévisible, inorganisable.
Il est possible que Trump ignore ce qu’il est, ce qu’est le système dans lequel il croit être un champion — ce dont je vous l’avoue je doute – qu’il le découvre en Chine.
Que fera-t-il alors ? Que peut-il faire ? N’a-t-il pas déjà trop fait ?
Ou, est-il génial, nettement au-dessus du lot ? Si c’est le cas, où sont ses troupes ?
Ce sont les questions que je me pose et partage avec vous. Je ne vois pas, dans notre civilisation policée, libre, capricieuse, des armées conquérantes.
Qui pour défendre notre décadence ? Où sont les égaux des Américains de décembre 1941 ?
Bien à vous. H. Dumas
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A suivre …
Les USA, coutumiers des opérations de « Regime Change » se sont invités une fois de plus en Ukraine avec les événements de Maïdan pour renverser le président de l’époque V. Yanukovych qui n’était certes pas un parangon de la vertu mais qui préservait les relations entre les différentes communautés, russophobes, russophones et intermédiaires. V. Poutine a senti le coup venir et a annexé la Crimée, à l’origine russe mais rétrocédée par Kroutchev, d’origine ukrainienne, en 1954, toujours pour préserver l’accès de la Russie à la Mer Noire.
P. Porochenko a été installé pendant la génèse des accords de Minsk I et II (2014 et 2015) qui cherchaient à retrouver un consensus entre la Russie et L’Ukraine parrainés par le France sous Hollande et l’Allemagne sous Merkel.
La volonté de ce consensus s’exprimait également par le peuple Ukrainien qui a choisi V. Zelensky en 2019 sur un programme de paix car il (le peuple) sentait bien la russophobie s’installer et le danger que cela pouvait représenter. “Les promesses n’engagent que ceux qui les croient” dixit C. Pasqua. Merkel, la chancelière allemande pratiquant le Russe, savait clairement le danger mais s’est couchée.
Nous y sommes. Les USA après avoir initié la tension avec la Russie avec l’appui de leurs bons amis britanniques dont le pouvoir n’est pas au palais de Buckingham ni au Parlement mais à la City de Londres qui perdure l’empire britannique via une connexion mondiale et leurs paradis fiscaux mais d’une manière beaucoup plus opaque ont plié les gaules.
Londres avec les élites « autoproclamées » européennes et d’Etats composant l’Europe ont plongé dans la belligérance avec la Russie. Les fers de lance de cet affrontement se trouvent au sein des pays baltes, la Lituanie, la république de Lettonie et la république d’Estonie.
Le canal de la diplomatie entre les nations dans l’esprit des traités de Wesphalie (1648) a toujours été préférable à la guerre. Qui veut parler à Poutine dans le registre en Europe ? Personne. Est-ce que ceux qui ne veulent pas lui parler comprennent bien les enjeux face à une puissance nucléaire démultipliée ? Pensent-ils que la Russie va s’effondrer, comme envisagée par la pléaide de sanctions administrée contre elle ?
Je ne suis pas un pro Poutine mais je connais la Russie et j’en parle à peu près sa langue. Il y a en Russie une lassitude parmi les élites – autoproclamées ? En général beaucoup mieux instruites de ce que nous voyons chez nous pour nous représenter. Parmi la population aussi ce qui veut dire qu’on en finisse. Et c’est notre danger …
La masse d’un groupe n’est jamais monolithique. C’est pourquoi ceux qui pensent faire l’histoire se trompent et ceux qui pensent connaître ceux qui écrivent l’histoire et seraient cachés se trompent aussi.
La masse a des tendances constituées de millards de connexions que personnes ne maîtrise, mais que certains représentent symboliquement sans les maîtriser même s’ils le croient.
Pour revenir à l’Ukraine, le ver était dans le fruit lors de l’indépendance révisable acceptée sous la contrainte par Eltsine.
La folie des grandeurs du peuple russe a fait le reste.
Si cette folie des grandeurs s’avère justifiée La Russie gagnera, dans le cas contraire elle perdra.
Nul ne peut empêcher les délires du plus fort, tant qu’il l’est.
L’homme n’est qu’un animal, objectivement passionnant, quelque fois attachant, d’autres fois odieux, sa masse suit le mouvement, nul ni peut.
Bien à vous.
Connaissez-vous la différence entre la dictature et le totalitarisme ? Donnez-moi une définition de l’une et l’autre …
Pouvez-vous me donner une définition du totalitarisme et de la dictacture ?
Bien à vous
N’ayant pas l’ambition d’entrer à L’Academie Française, je pense raisonnable de vous suggérer de consulter les ouvrages appropriés qui répondront à votre question.
Si vous voulez savoir ce qu’évoque chez moi ces deux mots, ce serait : la totale répulsion.
Bien à vous.
« La conquête du monde n’est pas une question de deal, c’est une simple et imbécile question de force. »
A l’issue de la 2ème Guerre Mondiale, un monde de dominance bipolaire partagé entre les USA et L’URSS survient.
L’ONU est née en 1945 : « La paix entre les nations est la mission fondatrice des Nations unies. »
L’OTAN est venu un peu plus tard en 1949 : « Il établit une alliance politico-militaire entre ses membres afin d’assurer leur sécurité collective dans le contexte de la Guerre Froide. »
Le Pacte de Varsovie apparaît en réaction en 1955 sous Nikita Khrouchtchev : « Le Traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle est une ancienne alliance militaire groupant les pays d’Europe de l’Est avec l’URSS dans un vaste ensemble économique, politique et militaire » en contrepoids à l’OTAN.
Deux puissances nucléaires cherchent ainsi à préserver une zone de sécurité entre l’une et l’autre, mais les USA ont pris l’initiative dans cette intention.
La crise des missiles de Cuba est un affrontement diplomatique et militaire qui oppose les USA et l’URSS en 1962. Les détroits turcs avait envenimé les relations entre les deux superpuissances selon l’installation de 15 missiles Jupiter en Turquie capables d’atteindre Moscou.
La chute de l’URSS en 1991 laisse un monde unipolaire. Les USA avaient promis sans l’inscrire dans le marbre à Gorbatchev de ne pas menacer l’URSS déchue de ses pays satellites dans sa zone de sécurité pour être la Russie.
L’OTAN s’est avancée au Kosovo en 1999 avec une campagne de bombardements pour « libérer une ethnie » – comme nous pourrions libérer les Corses de la France ou les Catalans de Madrid. L’ère Poutine n’avait pas commencée.
A la conférence de Munich sur la sécurité de 2007, V. Poutine s’est exprimé contre l’unipolarité des USA.
Mais la cavalerie s’est permise de toucher à l’Ukraine, une ligne rouge pour la nouvelle Russie, lui interdire l’accès à la Mer Noire avec évidemment l’approbation de la Perfide Albion.
A suivre …