Qu’ont-ils dans la tête ?

Au moment où l’Amérique se pose des questions sur la domination des noirs par les blancs, ces questions sont formulées de telle sorte que la réponse induite serait qu’il s’agit d’un problème racial.

Je ne pense pas que ce soit le cas.

Je ne crois pas aux problèmes raciaux. Je crois que les émotions humaines ne sont aucunement rattachées à la race, j’en veux pour preuve que des enfants jeunes se lient facilement, égalitairement, indépendamment de toute notion de race.

J’en conclus que la soumission et la domination, exacerbées aux Etats-Unis, sont les rejetons d’une organisation matérielle où la force a pris la place de la liberté, cela dans un but simple et unique : le pillage.

Tout est question de pillage.

Après avoir pillé les autochtones — les Amérindiens — les envahisseurs blancs européens ont importé et pillé des esclaves noirs. C’est un fait.

Je ne juge pas et ne me pose pas en moralisateur, c’était une époque où cela se pratiquait, c’était ainsi.

Mais je constate qu’à cette époque, globalement, cela paraissait normal au plus grand nombre. C’est un peu dur quand même.

J’ai du mal à croire aujourd’hui qu’il existerait, chez nous comme ailleurs, des problèmes raciaux.

Par contre, et quelles que soient les excuses derrière lesquelles ils se cachent, les actes de domination insupportables, mortels, sont légions, avec pour but, toujours et encore, le pillage.

Le pillage est pour moi l’explication à tout, le reste n’est que maquillage. Ce maquillage comprend la politique, la religion, la philosophie, etc… tout ce qui en général se prétend au-dessus des contingences matérielles, attitude qui permet le pillage déculpabilisé.

Le pillage est-il inéluctable ? C’est-à-dire que tout échange supposerait un gagnant et un perdant, donc un pilleur et un pillé. Je ne le crois pas.

Je crois que l’échange peut s’établir au profit des deux contractants, je crois même qu’il est impératif qu’il en soit ainsi, que c’est uniquement quand il en est ainsi qu’une société peut se prétendre civilisée.

La première partie de ma vie, consacrée à l’architecture et aux affaires, a été pour moi l’occasion de mettre en pratique ma croyance en une économie où les bénéfices sont répartis en fonction de l’apport de chacun à une transaction. Car évidemment, qui ne fait rien n’a rien me parait aussi une évidence.

A cette époque, j’ai rencontré la grande distribution naissante, dont les ambitions sociales et économiques étaient passionnantes, elles ont définitivement modifié l’échange.

Puis soudain, et je ne m’explique toujours pas comment, tout est parti en vrille. La corruption a envahi le monde de l’économie.

Il me semble que la faute est attribuable aux politiques qui ont eu besoin d’argent facile pour acheter la population, qui s’est avérée particulièrement vénale.

Les entrepreneurs ont été consentants, ils n’ont pas défendu l’honneur de leurs activités économiques. Les élus dressaient devant eux de faux obstacles administratifs, ils payaient pour les contourner en faisant mine de trouver cela normal, mais en faisant comprendre qu’ils savaient pour pouvoir monnayer leur silence.

Je suis parti, écœuré. Je n’ai donc pas connu la grande distribution flamboyante, j’étais alors convaincu qu’elle serait inévitablement nationalisée, nous n’en sommes peut-être pas loin.

La deuxième partie de ma vie, j’ai rejoint le camp des pillés, des blacks US. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un accident, d’une erreur. Puis d’une querelle de personnes que j’aurai accidentellement froissées au point qu’elles souhaiteraient ma mort.

Mais au terme de vingt ans, je suis formel, il s’agit d’un pillage institutionalisé, anonyme et global. Bercy, pour appeler un chat un chat, est un outil très sophistiqué de pillage.

J’ai payé, et je paye encore, pour pouvoir en rapporter la preuve.

Mais, c’est incroyable — et c’est là que je me pose la question, mais que ce passe-t-il dans leurs têtes ? – tout le monde s’en fout, tout le monde vit et profite du pillage.

La majorité des américains blancs pensent que les noirs méritent le sort que les blancs leur font subir, la majorité des français pensent que les pillés du fisc méritent le sort qu’ils sont heureux qu’on leur fasse subir.

Et pourtant

Les signes de ce paillage sont visibles, perceptibles.

Ceux qui profitent du pillage sont parfaitement conscients. “- Rentre dans la fonction publique mon fils, tu auras la planque, pas de responsabilité, un bon salaire, une bonne retraite, pas trop de boulot, de bons syndicats, que veux tu de plus ?”

Oui, quoi de plus ? Être un homme qui s’assume, qui prend des risques, qui se bat, qui veut être libre et juste pour lui, pour tous.

— Pourquoi faire ?

— Eh bien juste… parce que ce ne peut pas être autrement, non ?

— Vous rigolez, regardez autour de vous, C’EST autrement.

En effet, merde.

Ceux qui pillent, sont-ils conscients ? Je ne sais pas ? Je me demande si les becs ouverts et les piaillements de ceux qui profitent ne leur donnent pas finalement l’impression qu’ils font le bien.

Je ne comprends plus rien, mais je constate, comme aujourd’hui où je me suis présenté devant des magistrats — nous en reparlerons — pour une affaire simple, où je ne crois pas avoir été entendu, où mon urgence a dû paraître ridicule puisque le délibéré est à un mois.

Quand je vous raconterai, les bras vous tomberont.

Je paierais cher pour comprendre comment les cerveaux de la majorité de mes concitoyens ont pu se polluer à ce point en quelques années. Ont pu perdre de vue la vérité, toute humanité, et se mettre à piller à tout va.

Mais au bout de ce pillage, en dehors de ma disparition, qui ne me parait pas un évènement mondial, qu’espèrent-ils trouver ?

Sont-ils tout simplement cyniques ? Alors, je les plains.

Comment voient-ils dans leur tête l’avenir de leurs pillages ?

Je ne sais pas, je cherche.

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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5 thoughts on “Qu’ont-ils dans la tête ?

  1. Götz Aly, Comment Hitler à acheté les Allemands

    Livre édifiant qui montre comment le pillage systèmatique de l’Europe à assuré aux Allemands de ne pas crever de faim. ‘e jour où le führer leur a demandé de crever avec lui, tout le monde s’est tiré.

    Il n’ y aucune différence de nature entre un dictateur qui envoit des gens dans un camp d’extermination et François Hollande qui prend 75 % aux footeux.

  2. 75% de la jeunesse a comme 1er objectif d’être fonctionnaire, tout est dit en France.
    Rappel de La triste réalité française de ce pays d’aveugle=
    – La chute de l’agriculture française et ce n’est pas fini (France2 12 janvier 2018), « Historiquement, la France était la grande puissance agricole européenne […], aujourd’hui elle a rétrogradé en 5e place ». cliquez pour écouter la suite : https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/video-l-angle-eco-la-chute-de-l-agriculture-francaise_2548377.html

    – « L’abandon de notre industrie se poursuit avec un cynisme inqualifiable » cliquez pour lire la suite= https://www.entreprendre.fr/labandon-de-notre-industrie-se-poursuit-avec-un-cynisme-inqualifiable/

    Pourtant La réponse des élus devrait passer par la valorisation de solutions basées sur l’innovation et l’investissement, les économies de gestions à réaliser et non, par le traditionnel ‘nouvelles taxes’ et arrosages de subventions fiscales, et non par le développement de la peur. Pour les dirigeants d’un pays le temps long doit primer sur les solutions de court terme.

    1. @R. Armenante
      Je vous rejoins parfaitement : on ne pourrait pas s’y prendre autrement pour anéantir ce qui reste d’agriculture et d’industrie.
      La devise (cachée) des ponx : tout pour nous, rien pour les autres !

    2. Le pouvoir d’un élu passe passe par la distribution du pognon des autres. Pourquoi scier la branche qui lui assure de vivre très bien du parasitisme ?

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