Les gesticulations

Lorsque, sur une montagne russe, une voiture attaque la descente phare ou le grand huit, les occupants ont peur – c’est pour cela qu’ils viennent – cette peur artificielle se traduit en gesticulations qui n’ont aucun effet sur la suite des évènements.

Les vraies peurs de la vie génèrent de la même façon des gesticulations, dont l’utilité est, pareillement, totalement nulle.

Et pourtant, que ce soit pour les occupants de la voiture de la montagne russe ou pour les spectateurs, les gesticulations paraissent liées à l’action, alors qu’elles n’exercent aucune influence et n’ont aucun lien avec l’action, seulement avec l’émotion liée à l’action.

Les gesticulations pourtant sont le principal moteur de la politique, ses références. Là est le drame.

Lorsqu’en 1963 apparait la grande distribution, évolution inévitable pour distribuer les produits enfantés par l’enrichissement général, les gesticulations des structures alors en place, tout particulièrement des petits commerçants, vont amener les politiques, bras armé des gesticulateurs, à imaginer la loi Royer en 1973.

Très impliqué dans cette activité, j’expliquais alors que le monopole induit par cette loi, pour ceux qui étaient en place, ne pouvait qu’entrainer leur disparition. Il devait générer une croissance protégée, sans lutte, donc aveugle aux réalités. Aujourd’hui la cause est entendue. Carrefour, notre champion mondial, est agonisant. Il meurt de son obésité et de son insensibilité au marché.

Avais-je raison cinquante ans trop tôt ? Non, évidemment, tout cela n’est pas le fruit d’un phénomène divinatoire.

Il suffit d’effacer de sa vision les gesticulations, sur n’importe quel sujet, pour voir immédiatement apparaître la logique implacable de toute décision.

Ainsi le keynésianisme, une fois retirées les gesticulations pseudos altruistes, apparait pour ce qu’il est. Il s’agit de donner aux consommateurs les moyens de consommer.
En fait l’argent, qui peut être considéré comme une transformation en fluide, utilisable librement, des fruits de l’économie, ne peut pas être dissocié sans danger de cette économie. Car alors dans ce cas, il devient extrêmement complexe de maîtriser les fuites liées à la circulation de ce fluide hors de son espace propre.

Ainsi donc, le destin du Keynésianisme est d’assécher, par fuite dans le trajet technique du fluide argent, le capital nécessaire à l’activité économique. Que ce soit par le biais de l’impôt prétendument redistributeur ou toute autre voie.

Moralité, le Keynésianisme n’est qu’une gesticulation, une apparence, ce n’est pas un fait, une réalité. Son terme ne peut être que l’échec lié à son irréalité. Qu’importe le nom ou l’apparence qu’il aura pris en cours de route.

On peut aussi appliquer cette méthode de réflexion aux si fameuses « civilisations », dont on nous beure le nez, qui ne sont que des gesticulations, qui n’ont aucune prise sur les réalités de la bête humaine. Civilisations dont les gesticulations se transforment vite en outil de domination, puis de décadence et in fine de disparition. Tout cela sur des périodes qui paraissent éternelles à l’homme, mais qui sont infimes à l’univers.

La seule question qui vaille : y a-t-il un ailleurs ? Je ne sais pas vous, mais moi je ne suis pas impatient d’avoir la réponse.

Bien à vous. H. Dumas

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A propos Henri Dumas

Je suis né le 2 Août 1944. Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil. Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société. Amicalement à vous. H. Dumas

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