Les présidentielles occupent le terrain. Mélenchon et Le Pen ramassent les frustrés. Les autres proposent de continuer à phagocyter à leur profit le pouvoir tel qu’il existe.
Tous ont un point commun : leur fonds de commerce est la violence.
J’ai passé ma vie à slalomer pour éviter la violence. Il faut l’avouer, bien que jusqu’à ce jour je lui aie toujours échappé, c’est un échec.
La caricature de la violence, c’est l’affaire Bruel. Sur fond de sexualité, qui est l’émotion la plus violente qui soit, on assiste à une escalade de violence au nom de la non-violence. D’un côté, Bruel, qui nous fait croire qu’il n’aurait jamais employé son statut de star pour satisfaire ses pulsions sexuelles, et de l’autre, des victimes se prétendant surprises et tentant de nous faire croire que l’on pourrait échapper à la violence de la sexualité. C’est le bal des faux-culs.
Ramené à la politique c’est l’illusion de la non-violence du pouvoir. Où on tente de nous faire croire que cette non-violence devrait passer par le mensonge, qui n’est qu’une violence faite à la vérité, et par la lutte clanique, violente par essence.
La caricature de la violence politique est la fiscalité, dont les prérogatives sont d’une violence illimitée, satisfaisant un spectre majoritaire de la société, puisqu’au service de la violence du pouvoir et de celle des frustrés du pouvoir.
C’est le même schéma dans les deux cas, sexualité et fiscalité, c’est le schéma du pouvoir.
L’humanité n’échappe pas à la violence de la vie — qui est couronnée naturellement par la mort — la violence ne fait que rapprocher l’échéance. Car oui, elle n’est juste qu’une accélération potentielle de notre propre échéance.
Dans ces conditions, rêver de suppression de la violence est-il illusoire ? Doit-on abandonner l’idée de non-violence ?
Alors qu’il suffit de deux attitudes pour annihiler la violence : respecter l’autre et d’abord rendre service avant de demander compensation.
Ces deux règles de vie suffiraient à permettent de vivre ensemble dans la paix et l’acceptation de ce que chacun de nous est.
Sauf que la violence n’a pas qu’une dimension intellectuelle.
Pour certains elle est biologique, réflexe, incontrôlable. Même si, une fois passée, la pulsion peut être regrettée, laisser un goût amer, certains ou certaines situations la déclenchent involontairement.
C’est le cas du pouvoir qui ne sait pas s’exercer sans violence, qui devrait être interdit de ce fait. Nous n’avons pas plus besoin de pouvoir que de violence.
Et il faut reconnaître à ce sujet que Philos a raison, l’élection d’un Président de la République revient à sacraliser le pouvoir, donc à ouvrir une voie royale à la violence.
Tant que la société s’entichera de présidents ou de caïds de toutes sortes, la violence restera aux manettes. Autant dire qu’il y a peu d’espoir de la voir en régression.
Bien à vous. H. Dumas
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Bonjour M. DUMAS,
puisque vous évoquez le cas de Patrick BRUEL et que vous et moi avons sensiblement le même âge, vous vous souvenez sans doute des émeutes qui émaillaient à une certaine époque (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre) les spectacles de Patriiiicccckkkk BRUEL, où une palanquée de péronnelles hystériques hurlaient leur fan-atisme pour lui! Ces manifestations avaient fait en leur temps les choux gras des “Guignols de l’Info” de Canal+. Comment dans ces conditions ne pas penser que parmi toutes ces hystériques, il n’y en ait pas eu un certain nombre prêtes à agrémenter ses nuits d’hôtel? Il faut être sacrément bien équilibré et mature pour résister quand la notoriété vous inflige de telles tentations! Je n’excuse pas M. BRUEL s’il a fait ce qu’on lui reproche plusieurs décennies plus tard, mais justement n’est-il pas bien tard pour que les “victimes” se réveillent et demandent justice?
« La caricature de la violence, c’est l’affaire Bruel. Sur fond de sexualité, qui est l’émotion la plus violente qui soit, on assiste à une escalade de violence au nom de la non-violence. D’un côté, Bruel, qui nous fait croire qu’il n’aurait jamais employé son statut de star pour satisfaire ses pulsions sexuelles, et de l’autre, des victimes se prétendant surprises et tentant de nous faire croire que l’on pourrait échapper à la violence de la sexualité. C’est le bal des faux-culs. »
Je ne sais pas si le cas en l’espèce est une caricature, mais c’est de toute façon ce qui se passe tous les jours, ici, ailleurs. L’humain est miné par les sept péchés capitaux et la plupart d’entre nous parviennent à les tenir pour qu’ils ne deviennent pas des passages à l’acte et basculer dans un ou plusieurs d’entre eux. Et c’est grace à cela que nous faisons société et que nous avons créé les religions pour nous en prémunir.
« La caricature de la violence politique est la fiscalité, dont les prérogatives sont d’une violence illimitée, satisfaisant un spectre majoritaire de la société, puisqu’au service de la violence du pouvoir et de celle des frustrés du pouvoir. »
Effectivement et c’est le Syndrome de Stockholm, car avec cette violence fiscale que vous décrivez depuis la création de votre propos ici, il ne fait aucun doute qu’elle est acceptée par la population qui la subit. La Caste à l’œuvre est franche et accepte n’importe lequel d’entre nous pour en faire partie. Les concours sont ouverts à quiconque. Ce dimanche, je me suis pris à regarder le film « The Firm » avec Tom Cruise diffusé sur Arte. C’est exactement le propos.
« Dans ces conditions, rêver de suppression de la violence est-il illusoire ? Doit-on abandonner l’idée de non-violence ? »
Oui, tout simplement parce que la nature évolue par la prédation et la disparition, d’une manière ou d’une autre. C’est ainsi et nous ne pouvons rien y faire.
« Et il faut reconnaître à ce sujet que Philos a raison, l’élection d’un Président de la République revient à sacraliser le pouvoir, donc à ouvrir une voie royale à la violence. »
Oui, car ceci est reconnaître notre servilité subie et acceptée selon un schémas immuable, alors qu’il existe tant d’autres possibilités de se faire gouverner …