La pédopolitique

De 1966 à 1968, Mao lance les gardes rouges à travers la Chine. Leurs dévastations et leur endoctrinement seront particulièrement bien rapportés dans l’extraordinaire livre La Rivière et son secret, de Zhu Xiao-Mei.

Mélenchon ferait bien de le relire.

Et Bardella aurait mieux fait d’avouer : « Jeune, j’étais un couillon, mais je ne le suis plus. C’est ce qui nous différencie, Monsieur Plenel, car vous, vous l’êtes encore. » Plutôt que de crier au mensonge.

L’intelligence est de comprendre que l’on est con. C’est ce que les cons ne comprennent jamais, comme le disait élégamment Michel Audiard.

Il faut du temps et de la patience pour comprendre, puis admettre, que nous sommes cons, en réalité ignorants de presque tout. Même si nous pouvons percer quelques mystères, ils ne sont qu’à la marge de notre ignorance, des arcanes du hasard qui régit notre vie.

Donc profiter de l’ignorance naturelle de la jeunesse, la flatter alors qu’elle est sans défense, lui faire croire qu’elle a compris ou qu’elle est apte à comprendre ce que nous-mêmes ne comprenons pas, c’est de la pédopolitique.

C’est grave.

Lorsqu’une société endoctrine sa jeunesse, c’est en principe pour faire la guerre. Pour envoyer de jeunes naïfs se faire étriper ou étriper les autres, ce qu’à partir d’un certain âge nous n’avons plus envie, ou plus les moyens, de faire.

Les jeunes sont instrumentalisés partout. Notamment par l’Éducation nationale qui, sous couvert de les instruire, les endoctrine et annihile chez eux toute velléité d’être, par eux-mêmes. Tout simplement.

Qu’ils se révoltent est sain. Que cette révolte soit libre de s’exprimer, pas de problème. Mais qu’elle soit récupérée, par qui que ce soit, est un acte de pédopolitique dont l’Assemblée nationale ferait bien de s’emparer, plutôt que de mettre à feu et à sang les familles et les curiosités chaotiques des découvertes sexuelles qui s’y logent fatalement.

Il n’est évidemment pas question d’être laxiste sur les actes de violence physique qui peuvent y être liés : ils sont inacceptables. Mais il est malsain, ici comme ailleurs, de décréter qu’il n’y aurait qu’une solution pour apprendre et comprendre la sexualité : celle de l’Éducation nationale.

Méfions-nous des donneurs de leçons à ce sujet. Pensons aux curés.

La vie et ses complications appartiennent à chacun de nous. Respectons au moins cette propriété.

Laissons les jeunes libres. Ouvrons-leur la porte des connaissances, librement, sans les enfermer de force dans un système qui, fatalement, tentera de les formater au lieu de les ouvrir à la vie.

Bien à vous.

H. Dumas

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À propos de Henri Dumas

Je suis né le 2 Août 1944. Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil. Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société. Amicalement à vous. H. Dumas

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