La France face à 100 000 gendarmes !

La France face à 100 000 gendarmes !

J’ai vu défiler sous la pluie, hier, les internes en médecine. Un troupeau mouillé et malheureux. On traite ces jeunes gens d’élite comme des valets taillables et corvéables à merci. Les énarques du ministère, qui n’ont pas le tiers des années d’études des internes, ont eu l’idée d’imposer aux jeunes médecins une année d’internat de plus et de les affecter ainsi dans ce qu’il est convenu d’appeler les déserts médicaux.

Le régime politique français a pour principale caractéristique l’irresponsabilité des politiciens, et singulièrement des gouvernants. La figure emblématique de cette caste est Georgina Dufoix. Mise en cause en 1991, en tant que ministre des affaires sociales, dans l’affaire du sang contaminé, elle se déclare « responsable mais pas coupable ». Elle a fait école depuis. Tous ceux qui gouvernent la France le font sous cette égide.

Rien n’est plus grave pour la démocratie que la fuite des gouvernants face à leur responsabilité. Refuser d’assortir celle-ci de la culpabilité en cas de faute, c’est ôter tout son sens à la notion de responsabilité. Et c’est bien le vœu profond de la classe politique française, constituée d’individus qui ont fait de la politique un métier et non plus une mission.

Aucun des problèmes qui se posent aujourd’hui à la France n’est imputable à d’autres qu’aux politiciens français. Ce sont leur choix, leurs actions et leur inaction qu’on retrouve à chaque détour de notre vie collective. Le climat de profond mécontentement et de révolte qui règne en ce moment en France est le résultat de plusieurs décennies de mauvaise gouvernance. Il ne s’apaisera pas tant que des élus dignes de considération et efficients n’auront pas pris les rênes du pays.

La première condition au redressement de la France est l’analyse lucide de ses problèmes. Pour le moment, ce n’est pas la voie choisie. On cherche plutôt des boucs émissaires, selon la tradition multiséculaire de l’humanité. Le bouc émissaire a pour caractéristique d’être innocent. Si tel n’était pas le cas, il ne serait qu’un coupable ordinaire, dont la société se débarrasse selon les moyens du temps. Si le bouc émissaire remplit son office, les victimes oublieront leurs souffrances et leur ressentiment. Sinon …

Sinon, c’est la révolte et parfois, beaucoup plus grave, la révolution. Aujourd’hui, en France, les conditions de la révolte sont réunies. Tout le pays est mécontent. Si le peuple se met à défiler, il faudra des changements. Mais s’il s’empare de préfectures et de ministères, ce sera la révolution. Face à elle 100 000 gendarmes et 14 000 CRS. C’est tout. C’est beaucoup face à une émeute. C’est peu, pire ce n’est rien face à des émeutes dans tout le pays.

Le tableau est dressé. Reste à savoir ce que fera la pouvoir. La probabilité est qu’il prendra la fuite. Car face au nombre, on est impuissant. Verra-t-on alors surgir un homme providentiel ? Forcément. Car quand on n’en a pas, on en invente un. Et s’il n’est pas bon, un autre peut prendre la place. Jusqu’à ce que s’installe la  chienlit.

Les politiciens ne peuvent plus grand-chose dans une telle situation. Seuls les médias peuvent conduire à une solution. A condition qu’ils fassent honnêtement leur travail. Vu ce qu’ils font actuellement, on peut être pessimiste. Quant aux réseaux sociaux, ils sont la grande déception de la révolution technologique qui leur a donné naissance. A quelques rares exceptions près, ils ne charrient que des torrents de haine et de déraison.

Tocqueville a dit : «  Ce qui met en danger la société, ce n’est pas la corruption de quelques-uns, c’est le relâchement de tous. » Il n’y a qu’une explication possible au relâchement de tous en France : l’Etat providence. L’abroger est une nécessité vitale pour notre pays. Le faire est d’autant plus nécessaire que l’Etat providence n’est en rien une nécessité pour la France du 21e siècle. L’assurance maladie n’est qu’une assurance banale, qui peut s’obtenir au meilleur coût si on la contracte jeune, l’assurance vieillesse doit surtout se défier de la répartition, qui est le meilleur chemin de la faillite, et ne peut garantir une retraite qu’à la suite d’une capitalisation diversifiée. Quant aux autres subventions à l’inactivité, elles peuvent facilement faire le tri entre les victimes de la vie et les paresseux.

On a presque envie de crier : « Mais enfin, chers compatriotes, un peu de bon sens, un peu de considération pour votre patrie et pour vos concitoyens ! » Mais ce serait crier dans le désert. Si l’on veut être entendu, il faut d’abord agir. Et parmi les actions à privilégier, il y a surtout celles qui vous libèrent. Des abus de l’Etat et des liens qu’ont jetés sur vous ceux qui ne voient de sens à la vie que dans l’asservissement du plus grand nombre au profit d’une caste de voleurs. Il n’y faut qu’un peu de courage. Je suis certain que l’avez !

Claude Reichman

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3 réflexions sur « La France face à 100 000 gendarmes ! »

  1. La police est partout, la justice nulle part disait Victor Hugo, les politiques Français depuis ce moment vivent dans la médiocratie et ne sont plus capable, ils sont soumis aux USA, de 1914 à 1918 et de 1939 à 1945 et de 1970 à ce jour.
    Donc 3 solution :
    – comme disait un maffieux Al CAPONE= « On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un révolver, qu’avec un mot gentil tout seul »,
    – et Pierre Desproges un honnêtes homme = «Si la violence ne résout pas ton problème, c’est que tu ne frappes pas assez fort»,
    – et Rappel de Mr Blaise PASCAL disait (Pensées) « Il est juste que ce qui est juste soit suivi, il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants ; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; et pour faire cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste ».

    Mais La culture en France c’est ce qui manque le plus en particulier chez les journalistes et Jean Rostand se posait la question – Qu’est-ce que la culture ?=
    La culture ce n’est pas avoir le cerveau farci de dates, de noms ou de chiffres, c’est la qualité du jugement, l’exigence logique, l’appétit de la preuve, la notion de la complexité des choses et de l’arduité des problèmes. C’est l’habitude du doute, le discernement dans la méfiance, la modestie d’opinion, la patience d’ignorer, la certitude qu’on n’a jamais tout le vrai en partage; c’est avoir l’esprit ferme sans l’avoir rigide, c’est être armé contre le flou et aussi contre la fausse précision, c’est refuser tous les fanatismes et jusqu’à ceux qui s’autorisent de la raison ; c’est suspecter les dogmatismes officiels mais sans profit pour les charlatans, c’est révérer le génie mais sans en faire une idole, c’est toujours préférer ce qui est à ce qu’on préférerait qui fût.( J.Rostand 1968)

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