Justice : 30.000 euros d’indemnisation provisoire pour Jérôme Rodrigues, «gilet jaune» éborgné

INDEMNISATION Le 26 janvier 2019,  le «gilet jaune» Jérôme Rodrigues avait été touché à l’oeil par un éclat d’une grenade de désencerclement lancé par un policier. « Une justice spécialisée dans les violences policières commence à se faire jour », s’est félicité son avocat

20 Minutes avec AFP

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Jerome Rodrigues, l'une des figures du mouvement
Jérôme Rodrigues, l’une des figures du mouvement — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi) du tribunal judiciaire de Paris a alloué 30.000 euros d’indemnisation provisoire le 11 mars à Jérôme Rodrigues, «gilet jaune» éborgné lors d’une manifestation le 26 janvier 2019, selon une décision consultée mardi par l’AFP.

Dans ce dossier, un policier a été mis en examen le 14 janvier par les juges d’instruction chargés depuis février 2019 d’établir les responsabilités dans la mutilation de Jérôme Rodrigues, place de la Bastille lors de l’acte 11 des «gilets jaunes».

30.000 euros « à titre provisionnel au regard de la gravité de ses blessures »

Après un long travail d’enquête, basé sur des recoupements vidéos et des témoignages, le policier soupçonné d’avoir lancé la grenade de désencerclement, dont un éclat a frappé l’oeil de Jérôme Rodrigues, a été mis en examen pour «violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente», aggravées par plusieurs circonstances. Une qualification criminelle relevant des assises.

Le 11 mars, la Civi a estimé qu’il était désormais possible d’allouer 30.000 euros à Jérôme Rodrigues «à titre provisionnel au regard de la gravité de ses blessures», contre l’avis du ministère public qui avait demandé d’attendre la fin de l’information judiciaire avant de statuer sur cette demande.

Selon la Civi, «il est établi que Jérôme Rodrigues a été blessé par un tir de grenade (…) qui présente le caractère matériel d’une infraction de violences, alors que la légitime défense ne peut être opposée» à Jérôme Rodrigues, pas plus qu’un acte qui aurait été légitimement accompli dans l’exercice du maintien de l’ordre, «ni même une faute» qu’il aurait commise.

Les débuts d’une « justice spécialisée dans les violences policières »?

Les experts ont notamment fait «le constat d’absence de comportements violents ou hostiles de (M. Rodrigues) ou des personnes qui se trouvaient à proximité de lui, tandis que les policiers étaient la cible de manifestants se trouvant à un endroit bien différent de la place de la Bastille», selon cette décision.

Pour fixer le montant de l’indemnisation définitive, la Civi a ordonné une expertise qui doit être rendue en septembre. Pour l’instant, une expertise ordonnée dans le cadre de l’information judiciaire a évalué le préjudice du «gilet jaune» à «un déficit fonctionnel permanent de 25%». «Une justice spécialisée dans les violences policières commence à se faire jour, intégrant l’indemnisation des victimes dont les vies sont détruites par l’appareil policier» s’est félicité l’avocat de Jérôme Rodrigues, Me Arié Alimi.

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