Y a-t-il une différence entre l’excès et le mensonge, entre la vulgarité et la grossièreté ?
C’est le thème du film « The Drama », c’est la problématique à laquelle nous sommes journellement confrontés.
« Tout ce qui est excessif est insignifiant » disait Talleyrand.
Bien d’autres avant et après lui ont évoqué le sujet.
Personnellement, j’aurais tendance à avoir de cette maxime une lecture pragmatique, qui consiste à penser que l’excès étant insignifiant, il n’impacte pas la vérité, il complique juste sa perception, et donc qu’il n’a rien à voir avec le mensonge.
Et c’est là que les choses se compliquent. Car l’excès est insupportable alors que le mensonge est séduisant.
Bien pire, l’excès dans le mensonge est plus acceptable que dans la vérité.
En fait il faut revenir à la base.
Le mensonge, le plus souvent est involontaire, il résulte d’une perception erronée des faits. Un excès de cette perception ne modifie pas l’erreur initiale. Alors que la vérité étalonne immédiatement l’excès qui la vise et le rend insupportable.
C’est ce qui me fait dire que la vulgarité qui n’est qu’une propension à exagérer l’espace que les autres sont prêts à nous accorder n’a rien à voir avec la grossièreté qui est l’absence totale de notion différentielle entre notre espace personnel et celui des autres.
Le sujet est prégnant dans l’espace politique où l’excès est d’un usage commun.
Ainsi la politique basée sur le mensonge est plus séduisante que celle issue de la vérité, puisque les excès de la première ne vont pas sauter aux yeux, alors que ceux de la seconde vont nous apparaître en CinémaScope.
La première permet de sempiternelles discussions, toutes inutiles et nous entraînant vers l’abîme, la seconde déchaîne ironie et sarcasmes alors que c’est elle qui, incluant la vérité, est la route à suivre.
Tout se noue au moment du mensonge et de sa sincérité. Car, et c’est vraiment le point de bascule, le mensonge est la plupart du temps sincère pour celui qui le prend pour base de départ de son action ou de sa réflexion.
Seul le déroulement des événements fait, avec le temps, le tri, et encore …
Que dire ? Que bien sûr il ne faut pas confondre excès et mensonge, qu’il s’agit de deux choses bien distinctes qui, malheureusement, engagent dans notre émotionnel les mêmes stimuli.
Je dois avouer qu’ayant tendance à l’exagération, les vérités que je m’efforce de porter, avec lesquelles je ne transige pas, sont particulièrement lourdes et leur inertie impacte profondément ma vie.
Pourrais-je mieux les servir discrètement ? Je ne sais pas.
Ne dit-on pas : « Ceci est criant de vérité » alors que l’on parle plutôt de « discrets mensonges » ?
Compliqué, non ?
Trump et Poutine se rejoignent-ils par le mensonge ou par l’excès ? Je vous pose la question.
Bien à vous. H. Dumas
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