Tous les articles par Claude Reichman

Coronavirus : un gouvernement de somnambules !

Coronavirus : un gouvernement de somnambules !

Les gouvernants français donnent l’impression d’un groupe de somnambules. Ils marchent mécaniquement sans savoir où ils sont ni où ils vont. Ils ont pris des ordonnances et des décrets pour suspendre le recouvrement des cotisations et emprunter massivement, et ils attendent la fin de l’épidémie pour remettre en marche leur système.

Rappelons-leur quelques chiffres. La France compte 17 millions de retraités, 6 millions de fonctionnaires, 6 millions de chômeurs et 20 millions d’enfants. Ce qui fait 49 millions de personnes qui ne produisent rien. Il reste 18 millions d’adultes pour faire vivre tout le monde, dont 3 millions d’entrepreneurs.

L’épidémie de coronavirus va envoyer au tapis des milliers d’entreprises et faire des millions de chômeurs. Il n’y a vraiment que les gouvernants français pour croire que cette économie de survivants va pouvoir allouer à l’Etat et aux régimes sociaux les 1300 milliards qu’ils dépensent chaque année ?

Les quelques lignes qui précèdent suffisent à dessiner la France de demain. Un pays où tout – absolument tout – sera remis en question. Qui peut croire sérieusement que les derniers vrais actifs de notre pays accepteront sans broncher d’être saignés jusqu’à la dernière goutte pour permettre à 49 millions de personnes de vivre sans travailler ? Le voudraient-ils d’ailleurs qu’ils ne le pourraient pas. Les entreprises qui le pourront ne vont reprendre que très progressivement leur activité, et probablement à plus petite échelle. Tout le monde va devoir ses restreindre.

L’arbitrage politique d’une telle situation va demander des dirigeants de haute stature. Les petits hommes gris qui se sont emparés du pouvoir dans notre pays depuis des décennies vont être balayés. La seule inconnue est le processus qui y aboutira. Souhaitons qu’il se déroule sans violence.

L’Europe est, non sans raisons, l’objet de nombreuses critiques. Mais toutes ne sont pas justifiées. Car pour ce qui est des mesures accompagnant l’ouverture des frontières intérieures, l’Europe avait pris les dispositions appropriées en édictant, en 1992, des directives qui établissaient des règles de concurrence en lieu et place des monopoles sociaux. L’Allemagne et les Pays-Bas les ont appliquées et ce n’est pas par hasard que ces pays sont les mieux portants de l’Union et que leur organisation a le mieux su faire face à la pandémie actuelle.

La France a mené – et mène encore – un combat acharné pour ne pas appliquer les textes qu’elle avait pourtant votés. Et tout ça pour préserver « le meilleur système du monde », qui vient pourtant de s’effondrer sous les coups d’un simple virus.

L’aveuglement français a des précédents. En 1940 nos soldats étaient transportés vers le front dans des camions dont le « blindage » était constitué de toiles peintes. En 2020 nos soignants n’ont ni masques, ni surblouses, ni tests, ni respirateurs. Dans les années trente, tandis que l’Allemagne s’armait, la France se jetait avec volupté dans les congés payés.

L’épidémie de coronavirus sera pour la France une guerre perdue. La défaite de 1940 a détruit la IIIe République, créé le régime de Vichy, qui a lui-même été chassé par la IVe République, avant que l’échec de celle-ci ne laisse place au retour du général de Gaulle et à la Ve République. La guerre du coronavirus aura forcément des conséquences de même nature, tout simplement parce que les Français ne pourront ni ne voudront vivre comme avant.

« Les peuples, disait Nietzsche, ne savent apprendre et ne peuvent apprendre que dans la souffrance et par la souffrance ». Nous allons apprendre !

Claude Reichman

 

 

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Pour un référendum sur les fonctionnaires

Pour un référendum sur les fonctionnaires

Une fois vaincu le coronavirus, la France se trouvera dévastée au plan économique et toujours pourvue du système maléfique qui l’a laissée sans défense face au péril infectieux : la prédominance du fonctionnaire.

Il n’y a plus grand monde dans notre pays pour contester les méfaits d’un système fondé sur une dépense publique de 57 % du PIB et ce qui va avec : 6 millions de fonctionnaires, dont la principale occupation consiste à empêcher les autres de travailler.

Le problème n’est pas nouveau, puisque Clemenceau, il y a plus d’un siècle, pouvait dire que « la France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts ».

En ce début de vingtième siècle, l’excès de la plantation a fini par paralyser le pays. Celui-ci ne se relèvera pas de la catastrophe du virus en maintenant une organisation identique.

Seul un référendum peut changer la donne. Encore faut-il lui donner un contenu susceptible de convaincre une majorité de Français. Il me paraît que l’argument le meilleur consiste à se demander pourquoi on doit être fonctionnaire pour exercer un métier que d’autres exercent avec un statut privé. Pourquoi faut-il être fonctionnaire pour enseigner quand il y a des enseignants dans le secteur privé ? Pourquoi faut-il être fonctionnaire pour exercer un emploi de bureau dans une administration quand il y a des millions d’emplois de bureau dans le secteur privé ? Pourquoi faut-il être fonctionnaire pour être médecin ou infirmière à l’hôpital quand le même métier est exercé dans des centaines de cliniques privées ?

Si bien que la question à poser au référendum devrait être : « Approuvez-vous la disposition stipulant que peuvent seules bénéficier du statut de fonctionnaire les personnes exerçant un métier que nul n’exerce avec un statut privé ? »

La réponse à cette question dépend du simple bon sens, même si certains s’efforceront évidemment de la politiser. Mais après la terrible épreuve du coronavirus et les ravages que l’Etat et ses fonctionnaires ont laissé se perpétrer, le moment est propice pour opérer un changement vital pour la France.

Il se trouve que j’ai eu l’occasion de tester cette interrogation dans un débat télévisé avec des représentants de syndicats de fonctionnaires. Ceux-ci s’attendaient à tout sauf à cela. Au point qu’ils restèrent un long moment muets, avant qu’un des leurs, blanchi sous le harnois, ne me lançât : « Monsieur, vous êtes un provocateur ! », ce qui d’après lui devait mettre un terme à tout débat. Bien entendu ses collègues présents sur le plateau ne sortirent que péniblement de leur trouble, se disant sans doute qu’ils vivaient un mauvais rêve.

L’emploi à vie est certes une aspiration de beaucoup de Français. Mais au nom de quoi les autres devraient-ils avoir un emploi susceptible de ne pas les accompagner au fil des décennies ? L’égalité ne figure-t-elle pas dans la devise de la République ?

Il ya quelques années, constatant que les députés n étaient imposés que sur les onze vingtièmes de leur rémunération, j’avais mené avec succès une campagne pour l’extension de cette disposition à tous les contribuables sur le thème « Tous parlementaires ». Les députés s’employèrent ensuite à rétablir d’une façon moins voyante leur privilège supprimé, et il ne se trouva personne dans le monde politique pour s’y opposer. Il n’en reste pas moins que la notion d’égalité est redoutable pour tous ceux dont les mérites ne sont pas évidents.

« Entre la liberté et lui, il y a toujours un papier qui manque », a écrit Félicien Marceau. C’est ce papier manquant qui fait la différence entre une tyrannie administrative et la démocratie. Nous devons, par un vote, rétablir nos droits de citoyens !

Claude Reichman

 

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Pourquoi la France est gouvernée par des crétins !

L’épidémie de coronavirus qui frappe la France (et tous les autres pays) donne aux citoyens français l’occasion de constater la tragique inefficacité de leurs gouvernants. Les décisions stupides se succèdent, aussitôt démenties par leurs auteurs puis maintenues avant d’être à nouveau rapportées. Et les Français meurent par dizaines de milliers.

« Ce n’est pas possible, murmure le citoyen effondré, ils le font exprès ! » En réalité les gouvernants français souffrent du syndrome du tailleur de Fernand Raynaud, mais à l’envers. « Je voudrais faire un défaut, disait l’homme de l’art, que je ne pourrais pas. » « Je voudrais prendre une bonne décision que je ne pourrais pas », s’écrie le gouvernant français. Et pour cause.

Pour être un gouvernant français, il faut être issu de l’administration. Ce n’est écrit nulle part, mais c’est strictement appliqué. Tout vient du général de Gaulle, qui revenu au pouvoir en 1958, met en œuvre sa doctrine de l’Etat fort. L’Etat de la IVe République est en effet déliquescent et a bien failli s’effondrer sous les coups d’une sédition militaire. Malheureusement le général, pour exécuter sa réforme, choisit de s’appuyer sur les hauts fonctionnaires formés par l’Ecole nationale d’administration.

Le général n’attend de ces présumés « grands serviteurs de l’Etat » qu’obéissance, dévouement et neutralité politique. Bien entendu, c’est le contraire qui se produit. Face à des élus de moindre consistance que le général, ils s’enhardissent et finissent par prendre le pouvoir, tout le pouvoir. Si bien qu’aujourd’hui aucun grand mandat, aucun grand poste ne leur échappe. La France est gouvernée par ses fonctionnaires.

Et c’est alors que le drame éclate. Comme tout pays moderne, la France est confrontée à l’évolution de la civilisation et condamnée à se réformer pour s’y adapter. Or elle en est incapable. Les gouvernements se succèdent et les échecs aussi. Et quand une épreuve majeure survient, comme l’épidémie du covid-19, la carence et l’impuissance du pouvoir éclatent aux yeux de tous. Les Français s’écrient en chœur : « Nous sommes gouvernés par des crétins ! » Et ils ont raison. A ceci près que les citoyens ne comprennent pas pourquoi des individus assez intelligents pour acquérir de bons diplômes sont finalement des crétins.

La raison est aussi simple qu’accablante. Les élites françaises sont formatées à l’obéissance. En effet le moule universitaire par lequel elles passent les destine à occuper les hauts postes de la fonction publique et de l’Etat. On ne fait pas l’Ena ou polytechnique pour créer une entreprise mais pour commander aux entreprises et aux entrepreneurs. Et comme on ignore tout de leur fonctionnement – sauf en termes théoriques – on les soumet à des règles théoriques qui, bien entendu, les paralysent et les mènent à la catastrophe.

Apprendre à obéir n’est pas apprendre à commander. C’est pourtant à commander que s’occupent les fonctionnaires. Ils en sont évidemment incapables et passent pour ce qu’ils sont : des crétins. Et c’est ainsi qu’après des années de stagnation et de crise, notre pays explose sous les coups d’un virus.

L’unanimité est près de se faire en France sur la nécessité de chasser les fonctionnaires du pouvoir et de le confier à des personnalités issues de la société civile. Le problème est que les fonctionnaires n’entendent pas se laisser exclure des avantages, délices et prébendes du gouvernement et qu’ils sont prêts à tout pour les conserver, notamment à employer la force contre ceux qui les contestent. On l’a vu pendant la révolte des gilets jaunes, on le voit dans le maintien du confinement auquel personne pourtant ne s’oppose mais qui permet au pouvoir de montrer ses policiers et gendarmes au peuple à titre d’avertissement.

Cette attitude du gouvernement est très dangereuse. Elle fait rimer opposition avec révolution et ne laisse plus d’autre choix à ceux qu’indigne l’incompétence du pouvoir que de le renverser. Et l’on sait bien que ce genre d’exercice ne se fait pas sans casse.

Oui, il faut chasser les crétins du pouvoir. Oui il faut s’organiser pour y parvenir. Oui, le plus vite sera le mieux.

« La seule condition au triomphe du mal, c’est l’inertie des gens de bien », disait le grand penseur Edmund Burke. Cela fait trop longtemps que les gens de bien dorment en France. Debout !

Claude Reichman

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