A la hâte

On le presse d’agir. Vite ! Mais pour quoi faire ?

Équilibrer les dépenses publiques ? C’est éviter la ruine et l’asservissement.

Réformer la Justice ? Indispensable pour redonner confiance aux citoyens.

Améliorer la sécurité ? Prioritaire pour éradiquer les attentats et sortir du cauchemar des banlieues.

Viser le plein emploi ? C’est la condition du progrès partagé.

Redonner corps à une éducation nationale à la dérive ? C’est miser sur l’avenir d’une jeunesse en perdition.

Réformer le système sanitaire ? C’est offrir une oasis aux déserts médicaux, revaloriser les professions médicales hospitalières et accorder à l’hôpital du prestige.

Rendre la démocratie plus attrayante ? C’est en finir avec l’abstention.

Trouver une solution aux problèmes migratoires ? C’est réduire le populisme et porter un coup au racisme et au racialisme.

Orienter la France vers les nouvelles technologies ? C’est lutter contre la fuite de l’intelligence.

Renforcer l’Europe ? C’est assurer la paix et l’indépendance de notre pays.

Rendre à l’égalité tout son sens ? C’est en finir avec l’égalitarisme.

Restituer la valeur de fraternité ? C’est en finir avec l’État assistance.

Il faut tout faire.

Mais par quoi commencer ?

L’urgence augmente-t-elle avec le temps qui passe ? Non. L’urgence reste urgente. Elle change seulement de camp.

Et nul ne sait définir ce qui est plus urgent, car l’urgence d’une action dépend d’une autre action urgente. Et toute action nouvelle renvoie à plus tard une autre action urgente.

Le paramètre de l’action n’est pas l’urgence.

Tout commence par la confiance.

La joute politique est engagée sur le schéma ancien fondé sur la défiance. N’en attendons rien que de la chicaya.

Le populisme a dépossédé la gauche et la droite de leurs valeurs humanistes. Elles ne se reconstruiront pas du jour au lendemain.

Ce ne sont pas les programmes qui manquent. Ce sont les fondements de l’action.

Depuis l’avènement de la démocratie, la politique n’est plus la méthode de gouvernement chère à Machiavel pour le Prince.

La politique doit épouser une perspective de masse.

Encore faut-il inspirer cette perspective à la masse.

C’est le défi à relever par nos démocraties au moment où seuls les gouvernements autoritaires en donnent l’illusion.

Tandis que les fractures ne cessent de diviser nos sociétés, aucun dirigeant démocratique n’a encore su y répondre.

Combinaisons électorales et mesures ponctuelles concoctées dans l’urgence ne feront que les élargir.

Méfions-nous de ceux qui promettent de sauvegarder la paix civile en calmant des revendications particulières.

La nation n’est pas une juxtaposition d’intérêts à satisfaire d’urgence.

Elle doit être porteuse d’un destin collectif à long terme.

C’est la seule urgence.

À défaut, c’est la nation qui disparaît.

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7 thoughts on “A la hâte

  1. Mais rappel de Socrate qui a dit =
    – 1) Les gens intelligents apprennent de tout et de tout le monde.
    – 2) Les gens moyens apprennent de leurs expériences.
    – 3) Les Gens Stupides ont déjà toutes les réponses.
    Beaucoup sont en 3 en particulier des journalistes et des politiques et votent pour ceux qui ont ruiné la France, Les Français, Les retraités dont les revenus n’ont pas évolué malgré les promesses, les travailleurs ..etc.
    La France que nous avons connu disparaîtra bientôt car rien ne changera et deviendra, un pays en total déclin, un pays de fonctionnaires, un pays de tourisme à + de 80%, car la france est devenue le Plus Grand restaurant du monde du tourisme, mais le service laisse à désirer et enfin avec une police armée pour maitriser les esclaves issus de l’immigration ou toutes manifestations. C’est aussi l’élargissement de l’Europe qui a permis de tirer les salaires vers le bas et précaires. Quand on réfléchit à l’Ukraine dont le salaire Moyen est très bas 300€/ mois on comprends pourquoi certains défendent l’Ukraine et sa pauvreté, des esclaves créés par l’Europe et exploités par l’Europe!
    De + avant 2014 8 millions d’Ukrainien ont quitté leur pays car trop de misère.
    Ma Famille des résistants de la 1ere heure en 1940, des rues et avenue ainsi que décoration de la Grand-croix de la légion d’honneur, témoignent du sacrifice humains . Ma famille m’a appris cette curiosité nécessaire à la vérité et la cruauté des hommes et de la guerre. Quand ma famille tentait d’informer sur ce que faisait les Nazis les français ne voulaient pas le croire.
    “Tous ces mensonges en France qui vous font croire que l’économie se porte bien” – Myret Zaki, qui s’indigne ?, cliquez pour écouter= https://www.youtube.com/watch?v=9u_UrufDdAI

    1. Comment faites-vous Richard pour écrire des commentaires qui n’ont rien à voir avec le billet sous lequel vous les publiez ?

  2. J’aime bien l’article d’Yves.
    L’Etat des lieux et ses conséquences sont clairement exposés.
    La nation est mise en avant, OK. Pas l’Etat et les hommes de l’Etat, c’est bien.
    Car si : “La nation n’est pas une juxtaposition d’intérêts à satisfaire d’urgence”, elle est une juxtaposition des forces individuelles.
    Dit autrement, rien n’incline pour moi à penser que toutes ces nécessités doivent être résolues par plus d’Etat, bien au contraire elles ne trouveront de solution que par les libertés individuelles d’entreprendre.
    Je ne suis pas sûr que nous partagions intégralement cette vision avec Yves, mais en partie probablement.

    1. Si, nous partageons cette vision. Je ne prétends pas, bien au contraire, que plus d’Etat est la solution. Je pense qu’il y a beaucoup trop d’Etat et j’espère, sans y croire, pour l’instant, que moins d’Etat va devenir la règle.

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