On peine aujourd’hui à imaginer que la masse de la population française ait pu croire qu’une partie d’elle-même, par un signe divin, tenait entre ses mains un droit de vie et de mort sur tous.
Il suffisait que l’église sacre une famille pour que celle-ci à son tour puisse distinguer ses amis et relations et leur transmettre le même épouvantable statut sur le dos des autres.
Au départ était des motifs à la fois sérieux et stupides, puisqu’il s’agissait d’un côté de différencier et de se mettre à disposition de ceux qui engageaient leur vie pour protéger la population, mais aussi de craindre la mort et de s’en protéger par l’intermédiaire de charlatans qui prétendaient, sous certaines conditions à leur avantage, garantir après elle un paradis perpétuel.
Tout cela nous paraît aujourd’hui folklorique et dérisoire, tant nous oublions facilement les souffrances et les morts alors engendrées.
Or la situation n’a pas évolué d’un iota.
Seule la croyance s’est déplacée.
Les hommes sont restés les mêmes. Ils ont toujours, et on les comprend, peur de la mort. Mais ils pensent maintenant un jour la maîtriser. Leur mensonge de domination a lui aussi évolué, il ne s’agit plus de garantir une protection physique, mais un environnement matériel. Le nouveau clergé appelle cela la redistribution.
Elle s’assoit, comme précédemment, sur la réalité de l’homme faite de sa pensée et de ses biens.
En son nom ce nouveau clergé pille les possédants, prélève pour lui-même la plus grande part de ses pillages et en redistribue effectivement une infime partie à ceux qui acceptent sa totale domination.
Donc, rien de changé.
On retrouve exactement les mêmes individus, les cupides, les charlatans, les tueurs, et surtout la grande masse des croyants.
Malheur à celui qui voit clair, il n’y a pas de place pour lui.
Bien à vous.
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