« Aujourd’hui, ce que nous constatons sur le marché de la dette française, c’est qu’il n’y a pas de difficultés de l’Agence France Trésor pour lever des fonds. La dette française est très attractive et les investisseurs achètent nos titres, demandent plus de titres que ce que nous offrons et donc il n’y a pas de craintes sur le financement de l’État ».
Ces propos rassurants sont ceux du gouverneur de la Banque de France mais ils ne reflètent malheureusement pas la réalité car les faits disent le contraire … mais il s’agit essentiellement pour le pouvoir de gagner du temps au moins jusqu’aux élections de 2027. Il sera alors bien temps pour « l’heureux élu » de prendre les mesures … qu’il conviendra de prendre.
Nous nous dirigeons sans défaillir vers une magistrale crise financière, amplifiée par une crise énergétique déclenchée par notre « ami » D Trump qui fragilise les ménages les plus modestes ; ce que le gouvernement veut pour l’instant ignorer !
Ce type de crise étatique, dont le déclenchement est lent au départ mais qui tend à s’accélérer au cours du temps du fait du cumul des effets négatifs, passe par plusieurs étapes successives à mesure que les choses s’aggravent : cela commence par (1) une crise budgétaire (c’est le cas actuellement – le gouvernement cherche des solutions sans les trouver) qui déborde ensuite (2) sur une crise du financement (qui est atteinte lorsque l’on n’arrive plus en emprunter sur les marchés ou seulement à des taux très élevés) pour finir (3) par une crise de la dette (on ne peut plus ni emprunter ni rembourser les dettes échues) ; c’est alors le défaut !
Actuellement, le gouvernement est coincé dans ses calculs budgétaires … il n’a plus de marge de manœuvres parce qu’il a refusé de prendre les mesures qu’il fallait quand c’était encore possible ; et ces mesures c’était la réduction de la dépense publique. Cela n’a pas été fait et désormais la dette française est hors de contrôle
Nous nous approchons donc du stade (2).
Les faits :
Nous empruntons désormais à 4.54% au 15 septembre ; ce qui fait que le montant des intérêts à payer en 2026 sera probablement très largement supérieur à 70 Mds€. La croissance est nulle et le déficit budgétaire va s’envoler bien au-delà des 5% annoncés (on parle déjà de 6.5%) !!
Le spread avec l’Allemagne (écart de taux) atteint désormais 100 points de base c’est à dire 1% et l’augmentation des taux s’accélère ; ce qui établit sans aucune contestation possible que la trajectoire budgétaire et financière de la France n’est pas considérée comme crédible !
Plusieurs phénomènes inquiétants viennent en outre assombrir le tableau :
-La France est confrontée à une forte concurrence qui tend mécaniquement à faire grimper les taux ; il y a beaucoup de demandes de capitaux, pour l’IA, de la part des allemands qui empruntent massivement pour financer leur réarmement ou encore de la part des USA qui viennent d’augmenter leurs taux !
-On sait que la moitié des acheteurs de la dette française sont désormais des Hedge Funds ; c’est à dire des fonds spéculatifs. Fatalement, ces fonds, qui n’ont pas vocation à être de porteurs de dette française sur le long terme, vont évidemment spéculer sur la dette française et rien ni personne ne pourra les en empêcher. Et si ces Hedge Funds vendent en masse les titres français (OAT), il en résultera une envolée des taux d’intérêts demandés à l’Etat français !
-Plusieurs banques (Deutsche Bank, Goldman Sachs) commencent à proposer à leurs clients des produits financiers leur permettant de spéculer contre la dette française ; ce qui n’est évidemment pas un bon signe !
-Les agences de notation n’ont pour l’instant pas réagi parce qu’elles ne veulent pas être accusées d’avoir engendré la panique et une crise qui s’annonce mémorable ; mais devant les faits, elles vont nécessairement devoir réagir et dégrader la note de solvabilité du pays ; ce qui pourrait être le signal de l’hallali !
Les raisons :
Elles sont malheureusement connues : les fondamentaux de l’économie française sont mauvais ; étouffée par trop d’impôts, trop de charges, trop de contraintes, trop de bureaucratie, trop de fonctionnaires avec un effet imparable : nous consommons plus que nous produisons et le gouvernement ne peut plus rien faire alors qu’il ne faut fâcher personne avant les élections de 2027 !
La soviétisation de la société ne peut amener qu’à son effondrement !
Ce qui est grave, c’est que notre dette progresse plus vite que le PIB, qui ne progresse plus et, indice supplémentaire, la bourse patine après un gros coup de baisse de 500 points ces derniers jours ; ce qui veut dire que les marchés ont pris la mesure de la « qualité » des candidats à l’élection présidentielle française et du risque lié à la détention des titres français.
Or, quand la dette d’un pays est égale ou supérieur à son PIB, que ce pays emprunte pour payer les intérêts sur la dette (on parle de déficit primaire) et enfin que les taux d’intérêts appliqués à sa dette sont supérieurs au taux de croissance de son économie, il est dans une trappe à dettes.
La faillite est alors inéluctable puisque, quoi qu’il fasse, les dettes augmentent et elles augmentent de plus en plus vite. La France emprunte actuellement plus de 300 Mds€ par an et, au rythme où vont les choses, ce serait probablement 500 Mds€ en 2030 ; ce qui est évidemment totalement impossible !
Il faut ne pas non plus perdre de vue que la mauvaise économie française pénalise les autres pays membres de l’UE et que ceux-ci vont nécessairement s’impatienter devant les arguties des dirigeants français qui n’ont pour l’instant que pour but de masquer une réalité catastrophique !
Nous décrochons de plus en plus vite !
Pour faire court : la mèche est allumée … reste à savoir quelle est sa longueur ; ce qui veut dire que la crise financière est désormais inévitable !
Il faut dire que les élites françaises ont toujours cru au principe du too big to fail c’est à dire du trop gros pour faire faillite. Il leur était inconcevable que la France, ce si grand pays, (en décrochage permanent depuis plusieurs décennies et qui est désormais en dérive complète), puisse se retrouver en pareille situation !
Ce faisant, nos grosses têtes de Bercy ont oublié ou n’ont pas voulu voir qu’il n’y a pas d’exemple dans l’histoire d’un pays qui soit sorti d’une faillite en augmentant sans cesse les impôts ou en empruntant toujours plus !
La France est devenue une bombe financière, elle est à bout de ressources et son modèle économique ne fonctionne pas puisque la spoliation fiscale massive de ces dernières années n’a fait qu’engendrer un ralentissement économique qui s’est muté en récession pure et simple.
Le gouvernement contemple désormais l’abime des dettes accumulées sans avoir de solution parce qu’il sait qu’une nouvelle augmentation des impôts ne va faire qu’aggraver les choses et, contrairement à ce que nos élites ont escompté, il se pourrait même que les choses se dégradent plus vite que prévu avant même … les élections de 2027.
Et ce ne sont pas les propos de G Attal, le tout petit premier ministre à l’époque, selon lesquels la dissolution de 2024 aurait « flingué » l’économie française, qui changeront quoique ce soit. Cela prouve juste qu’il ne comprend rien à l’économie tout en cherchant à se défausser !
Nous serons amenés, dans les prochaines semaines, à étudier de plus près l’évolution de cette situation avec une série d’articles intitulés « la France va faire sauter la zone € ! »
Ce sera un sujet brulant … à n’en pas douter !
Bien cordialement à tous !
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