Magnifique fiasco de l’hydrogène à Pau

Peut-être avez-vous entendu cette information restée relativement discrète ?

Six ans après leur inauguration par E Macron, les bus à hydrogène de Pau vont être progressivement retirés de la circulation. La transition écologique voulue par François Bayrou, à l’origine du projet et maire de Pau à l’époque, tourne au désastre industriel.

Rien ne fonctionne :

La station de ravitaillement enchaîne les pannes, le constructeur belge Van Hool a fait faillite, 2 bus sur 8 sont hors service faute de pièces détachées disponibles, le prestataire chargé de la maintenance de la station de ravitaillement réclame un tarif multiplié par 4 et l’approvisionnement de secours par camion coûte désormais une fortune à la collectivité car il faut acheter de l’hydrogène produit ailleurs et qui doit être transporté par camion à moteur … diesel !

On se situe bien là dans l’écologie pensée par des élites déconnectées des réalités économiques !

Ces 8 bus ont coûté 13M€ payés grâce à 15M€ de subventions publiques mais l’investissement initial du projet, baptisé Fébus, serait en fait de 70 et 75M€.

Bien évidemment, François Bayrou, droit dans ses bottes, rejette les critiques et défend son bilan malgré un véritable désastre économique et fiscal dont l’ampleur dépasse la seule facture des véhicules.

Il y a quand même un élu, André Duchateau, ex-premier adjoint à la mairie de Pau, pour affirmer  « courageusement », en se désolidarisant des décisions prises : « C’était un pari perdu d’avance. » ; manière de dire que tout le monde savait, dès le début, ce qui allait se passer !

L’avenir :

Pau va donc être obligée de basculer vers des véhicules électriques et hybrides ; sans que le coût de la reconversion soit encore connu. Toutefois, les bus électriques et hybrides qui doivent remplacer la flotte à hydrogène ne sont pas attendus avant plusieurs années car les carnets de commandes des constructeurs européens sont saturés.

Explications :

Nous sommes en présence du phénomène typique de l’alliance entre l’idéologie, le clientélisme électoral, les petits arrangements politiques, la démagogie, la dépense publique, l’irresponsabilité et l’incompétence des décideurs.

On peut tourner le problème dans tous les sens : l’hydrogène n’est pas une source d’énergie ; c’est un vecteur d’énergie c’est à dire qu’il faut utiliser des procédés complexes de transformation pour arriver à le produire à des couts absolument prohibitifs !

Ces difficultés sont en outre exacerbées par des complications technologiques liées à l’utilisation de ce gaz. Son stockage est particulièrement délicat compte tenu de sa très faible densité alors qu’il est aussi corrosif !

Cerise sur le gâteau : sa capacité énergétique est très inférieure à celle de l’essence ou du gazole …

Tous les constructeurs automobiles s’y sont essayés et aucun n’a réussi ; que ce soit par le biais de piles à combustible ou l’injection du gaz dans un moteur à combustion de type GPL.

On a connu Hopium, le futur de la voiture à hydrogène qui s’est écroulé, les stations de recharge qui explosent ; on nous a même affirmé qu’il existait des gisements d’hydrogène blanc, c’est à dire d’hydrogène pur, ce qui constitue la négation des règles de base de la chimie, avant que tout cela ne disparaisse dans le brouillard de la communication !

Cela veut dire que, malgré tout ce qui a pu être affirmé dans les médias par des personnages incompétents, la filière hydrogène pour le transport ne peut pas fonctionner en l’état de la technologie disponible. Même JM Jancovici, l’ingénieur médiatique pourtant fervent adepte de l’écologie futuriste, n’y croit pas !

Si les décideurs, qui ne seront jamais responsables de ces dérives financières inacceptables, avaient bien voulu solliciter et écouter l’avis d’experts réellement spécialisés dans ce domaine et non pas celui d’idiots utiles liés à la mouvance écologiste ou à des filières industrielles « nouvelles » mais surtout subventionnées, ils n’auraient jamais engagé la ville de Pau dans une telle impasse financière !

Mais, en France, les décideurs politiques ne sont jamais responsables … et les palois savent désormais pourquoi ils paieront encore plus d’impôts !

Couts de production prohibitifs, couts d’exploitations démentiels, risques technologiques connus, il était évident que cette voie n’était pas rentable économiquement ; mais il est vrai que lorsqu’on dépense sans compter les impôts des autres, sans encourir aucune responsabilité, la notion de rentabilité devient tout à faire relative si ce n’est superflue …

Vous avez là, à l’échelon local, un exemple des maux qui minent la France !

Bien cordialement à tous !

 

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A propos Dominique Philos

Navigateur, né en 1958, diplomé de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, je suis devenu Conseil Juridique, spécialisé en droit des affaires et fiscalité. L'Etat ayant décidé l'absorption des Conseils juridiques par les avocats, j'ai poursuivi mon activité en tant qu'avocat jusqu'à ce que je sois excédé par les difficultés mises à l'exercice de mon activité professionnelle. J'ai démissionné du Barreau en 1998 et partage ma vie entre la France et la Grèce. Pour moi, le libéralisme est la seule option possible en matière économique.

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