Madame,
Vous avez entre vos mains le destin de notre pays. Enfin, la part maîtrisable qui, comme pour un simple individu, n’est pas essentielle. Disons qu’elle est de l’ordre de 20%, pour donner un chiffre, le reste étant le fruit du hasard non maîtrisable par nos moyens limités d’êtres humains.
Cependant, cette part de responsabilité vous engage vous et les quelques cent mille agents que vous avez sous vos ordres. Prendre la direction d’une institution, c’est en accepter l’héritage. Si cet héritage comporte des dérives, les ignorer revient à les valider. Dès lors, la responsabilité du passé devient celle de la continuité, et la responsabilité de l’avenir celle du choix de ne pas corriger.
Pourquoi portez-vous cette responsabilité ?
C’est extrêmement simple, cela tient au théorème suivant : il n’est pas d’effet sans cause.
Qui en matière de pouvoir décisionnel peut être ramenée à : il n’est pas de conséquence décisionnelle sans responsable de la décision.
Remonter à la décision initiale pour établir les responsabilités n’est pas si facile. Les apparences sont souvent trompeuses.
L’absurdité de notre démocratie est de véhiculer l’idée que les élus — représentant soi-disant le peuple — ne seraient pas responsables, que ce serait de ce fait le peuple lui-même qui serait responsable de la politique engagée par ses élus.
C’est évidemment absolument faux, puisque le peuple est en réalité cantonné au rôle éventuel de juge tous les cinq ou six ans. Rôle qu’en plus les mensonges dont on l’abreuve rend impossible.
En réalité, juridiquement, le mandat donné aux élus devrait engager leur responsabilité. Mais ce n’est pas ainsi que la loi est établie. Les élus étant donc légalement irresponsables, la responsabilité de leurs décisions se déplace inévitablement, elle vient naturellement se poser sur ceux qui proposent et concrétisent ces décisions.
Or, c’est vous Madame qui vous trouvez — que ce soit lors de leur préparation ou lors de leur exécution — au point de départ de la mise en œuvre matérielle de toutes les décisions qui organisent notre collectivité.
Ainsi donc, par le jeu de la loi, mais aussi finalement par la réalité construite par cette loi, vous portez personnellement, avec tous vos agents, la responsabilité de l’état de notre collectivité.
À ce jour, force est de constater que nous sommes dans une situation globalement précaire, quasiment en faillite, qui génère des tensions sociales qui exposent notre démocratie à une violence inquiétante.
Qui plus est, votre pouvoir s’est anormalement étendu sur la sphère privée, qu’il a gravement détériorée.
Il va bien falloir engager votre responsabilité, puisqu’il est malheureusement exclu de pouvoir discuter de tout cela avec vous, de remettre les choses en place par la concertation, par la démocratie défaillante, pulvérisée par la désinformation.
Je vais donc m’y coller à mon petit niveau.
J’ai été englouti dans le pillage que vous avez organisé sur l’immobilier depuis plus de cinquante ans,
Assez inélégamment vous m’avez en plus collé des redressements indus, qui ont bien failli m’emporter.
Heureusement, il me reste encore un peu d’énergie, et peut-être de temps, pour vous poursuivre en responsabilité en compagnie de vos agents qui sont vos bras armés.
Nous allons donc nous retrouver dans les prétoires, où il faudra bien qu’un jour les responsabilités soient sanctionnées, si l’on veut repartir avec une constitution rectifiée où chacun sera responsable de ses décisions.
Respectueusement.
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