Ce n’est pas le procès du Mercosur qui s’est ouvert en France au nom de la défense des agriculteurs mais un procès d’intention anti-européen suicidaire pour notre agriculture et nos agriculteurs.
Faute de s’être modernisée comme ses concurrentes européennes, l’agriculture française souffre, asphyxiée par l’économie d’assistance dans laquelle elle s’épuise.
Mais au lieu de se réformer, elle s’en prend à son mécène.
Notre agriculture ne survit que grâce aux subventions de l’Europe.
Ces subventions vont se tarir. Tout le monde le sait.
L’Europe doit choisir l’avenir, c’est-à-dire l’investissement dans les découvertes à forte valeur ajoutée. Elle doit se battre sur ce terrain contre les États-Unis et la Chine, des concurrents déjà surarmés et dominants.
Le marché européen doit donc s’élargir et engager le combat sur le sol américain. C’est ce que l’Europe s’apprête à faire.
À examiner les termes du traité, il n’y a objectivement aucun danger de concurrence déloyale ni au regard de la quantité des sur-importations agricoles envisagées (1.6% de la consommation de bœuf par l’Europe), ni au regard de la qualité. Celle-ci restera déterminée comme aujourd’hui par les normes européennes en vigueur.
Tout le bruit fait autour de cette affaire, vieille de plus de 25 ans, ne ressort pas du traité lui-même mais du chaos politique dans lequel se débat notre pays. C’est une affaire de politique intérieure. Coordination rurale et Confédération paysanne, toutes deux extrémistes, sont à la manœuvre.
Aucun syndicat agricole ne croit sérieusement au danger que présenteraient les importations alimentaires d’Amérique du Sud. Mais ils entretiennent l’opinion publique dans un réflexe nationaliste pour retarder l’échéance des efforts qu’exigera la réforme inéluctable de notre agriculture.
Sous l’influence de partis politiques engagés dans un combat à mort contre le Président de la République, la presse d’opinion et les réseaux sociaux ont manipulé une opinion publique mal renseignée et sourde à la raison.
Le traité sera cependant signé. La France bénéficiera ainsi de droits de douane réduits ou même abolis pour ses exportations et devra, en contrepartie, accueillir en nombre limité des produits sous taxés ou détaxés.
Il favorisera notre intelligence artificielle et nos secteurs industriels de pointe.
Il favorisera les secteurs de notre agriculture la plus concurrentielle.
Il imposera la réforme de notre agriculture moins bien portante.
Ce n’est pas la faute des autres si notre agriculture est malade.
La guérison est possible.
Elle passe par sa réforme en profondeur.
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