Un jeune homme de 23 ans tué par d’autres jeunes gens.
C’est pour lui que c’est terrible. Il est mort, il ne vivra pas les 60 ans que lui promettait l’espérance de vie de notre société. Il n’aimera pas, il ne sentira pas, il ne regardera pas, il ne goutera pas, il ne touchera pas, il ne réfléchira pas, il ne s’exprimera pas… Peut-on ressentir au fond de nous tout ce que représente le fait de perdre la vie ? Rien n’est moins sûr.
Pour les proches c’est le chagrin, cet immense chagrin, sans limite pour les parents accompagné de la sidération totale. Chagrin qui perd un peu en intensité pour ceux qui le connaissaient moins ou peu, qui fait place au fait divers pour ceux qui ne le connaissaient pas.
Les deux questions que pose ce fait divers :
A – Comment peut-on frapper à terre, de coups de pied, à plusieurs, un homme, seul après qu’il a été isolé, jusqu’à le tuer… au lieu de lui tendre la main ?
On parle de lynchage parce que les coups ont été portés individuellement, lâchement, par des agresseurs sortant du groupe et s’éloignant aussitôt après.
Le lynchage est l’expression ultime de la haine, de la lâcheté, de la bête ignoble qui existe au fond de nous tous, qu’il faut maîtriser toute sa vie.
Le constat n’est pas d’aujourd’hui : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre. » — Jean 8,7
Avant le lynchage, au départ, il y a la haine.
Chacun fabrique la sienne en terrain connu, entre voisins ou connaissances, et généralement elle est contenue, quoique…
Mais la vraie haine, celle qui dévaste tout sur son passage, c’est celle qui est activée par la croyance, la rumeur, l’apparence, la vengeance, celle qu’on partage à plusieurs. C’est elle qui finit en lynchage, puis en guerre totale puisque le lynchage n’est que le premier pas vers la guerre.
Ainsi la responsabilité de ceux qui divisent, puis excitent la division pour assoir leur pouvoir, ou qui martyrisent et humilient pour conserver leur pouvoir, est écrasante. Tout comme ceux qui réfutent la raison et manipulent des croyances, qui abusent des esprits faibles.
Cette responsabilité n’a d’égale que leur hypocrisie insondable quand il s’agit pour eux de pousser des cris d’offrais face aux résultats de leurs manipulations.
Notre Assemblée nationale, qui prétend nous représenter, qui exige notre confiance, a donné à ce sujet un aperçu catastrophique.
Ce sont eux, pas uniquement mais significativement, qui dressent les Français les uns contre les autres, à chaque élection, à seule fin de leur soutirer le titre qui leur permettra, entre chaque élection, de les diviser encore et encore…
Chacun de nous connait la haine, évidemment, il peut donc mesurer l’immense responsabilité d’exciter celle des autres. C’est un jeu auquel personne ne peut s’adonner par erreur ou par hasard. Tous ceux qui s’y amusent sont donc lucides et responsables.
Force est de constater que non seulement nos élus entretiennent la division, attisant ainsi la haine, mais qu’en plus ils en sont fiers. Quand même…
B – L’informatique et notre société.
Qui aurait été frappé par ce fait divers, par les problèmes humains qu’il soulève, sans le ou les films réalisés et immédiatement portés à la connaissance de tous ?
Il est clair que la vérité gagne énormément avec l’accélération de la communication entre nous, même si elle génère aussi des fake news, toujours postérieures aux faits.
Qui peut aujourd’hui raisonnablement douter de l’impérative nécessité de l’utilisation libre des moyens d’enregistrement qui permettent de saisir la vérité dans son instantanéité, sa réalité éphémère.
Conclusions
Les méthodes pour diviser sont là, utilisant : des croyances, des passés revisités, des présents agités par la jalousie où des faux spectaculaires, ou encore l’avenir qualifié d’inquiétant, d’angoissant.
Il ne manque pas de sujet pour diviser et enclencher les haines qui mènent aux lynchages. Ah, si les oppresseurs et les diviseurs voulaient bien nous lâcher la grappe… Je suis sûr que nous arriverions à nous supporter, nous ne sommes pas si méchants que ça…
Bien à vous. H. Dumas
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