Il ne s’agit pas d’un questionnement, mais d’une proposition affirmative. Que je vais tenter d’expliquer.
Chaque groupe, sous réserve d’un nombre de membres significatif, inclut, en proportion constante, tous les types de caractères. Ainsi vont cohabiter les pacifistes, les belliqueux, les tueurs, les romantiques, les poètes, les cupides, les stratèges, les manipulateurs, les crédules, les altruistes, les affectifs, les pornocrates, les rêveurs, etc… il n’y a pas de limite à la diversité des êtres humains, tant dans leurs apparences que dans leurs caractères.
De la même manière qu’il est difficile de modifier profondément son apparence, notre caractère est pratiquement scellé dès le départ.
La société, résultante de la somme des individualités, va se colorier, favoriser une tendance, en rapport avec la prééminence de certains caractères.
Mais, et c’est là que le contrôle perd la main, c’est la situation qui génère — ou favorise à minima — la sélection des caractères que le groupe va privilégier instinctivement en fonction de la problématique qui lui est imposée. Cela contrairement à ce que prétendent les moralisateurs – ou faiseurs de croyances – qui affirment faussement être aptes à organiser cette sélection naturelle, alors qu’ils n’en sont la plupart du temps qu’une caricature qui, au contraire, l’exacerbe.
Par exemple, si l’économie s’effondre, tous les coups deviennent possibles pour survivre, arrive alors le règne des escrocs, de ceux pour qui l’honneur et la dignité ne comptent pas, seul compte le résultat. Si l’insécurité se répand, la masse va sélectionner ses violents pour se protéger, jusqu’à leur demander de tuer, ouvrant ainsi la porte à la légitimité pour les tueurs.
Aujourd’hui, il n’est pas douteux que l’inconséquence du pays, puis sa faillite, ont amené au pouvoir des pillards, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’iIs pillent, quelles qu’en soient les conséquences.
Cette sélection est insidieuse. Comme la marée qui monte elle s’infiltre en suivant des courbes de niveau qui sont loin d’être toutes évidentes. Comme la marée, un jour elle est haute et recouvre tout.
Parmi ces courbes de niveau trompeuses sont la délation et le mensonge qui occultent la réalité. Je prendrai pour exemple l’affaire Epstein, où la délation sans limite, le complotisme extrême, nous parlent exclusivement de sexualité — à une époque où elle sortait du non-dit et où ce type d’exposition dans le mannequina, gravement illégal, était malheureusement banal — cachant ici le parcours d’un escroc hors norme, qui annonçait le désastre actuel de la dignité et de l’intégrité qui ont eu raison de l’économie de notre société.
Mais la pire de ces courbes de niveau trompeuse est la guerre ailleurs. Elle génère une crainte justifiée pour les pacifistes, elle transforme en héros les meurtriers. Cette transformation se diffuse jusqu’à s’étendre suffisamment pour que, tout d’un coup, l’embrasement devienne général. Nous sommes déjà arrivés au moment ou les belliqueux redorent leur blason, donnent leur avis, fourbissent leurs armes. Sous peu ils s’imposeront, le meurtre sera alors récompensé.
C’est cela qui me fait penser que la situation est vraiment inquiétante.
Peut-on espérer que les institutions pourraient nous protéger de ces malaises ?
Si les institutions pouvaient protéger de quelque chose, ça se saurait. Ne finassons pas, les institutions sont issues d’un pouvoir ou d’un rêve de pouvoir.
Elles peuvent indifféremment favoriser la paix ou la guerre, la richesse pour tous ou le pillage pour quelques’uns, l’amour ou la haine, sans vergogne et sans pudeur.
Mais, et c’est là leur particularité, leur spécificité, elles ont une lourde inertie, qui est incompatible avec les besoins individuels et leurs volatilités. C’est ce qui devrait les rendre modestes et discrètes, si elles avaient un minimum d’humanité.
Convenons que ce n’est pas le cas.
Bien à vous.
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« La société, résultante de la somme des individualités, va se colorier, favoriser une tendance, en rapport avec la prééminence de certains caractères.
Mais, et c’est là que le contrôle perd la main, c’est la situation qui génère — ou favorise à minima — la sélection des caractères que le groupe va privilégier instinctivement en fonction de la problématique qui lui est imposée. »
Excusez-moi, mais j’ai du mal à comprendre. Est-ce que vous pourriez exprimer votre pensée autrement ? Je prends ce passage mais je trouve l’ensemble de votre article confus.
Le commentaire de MB semble en avoir fait une bonne synthèse que j’aurais été incapable de produire.
« Si les institutions pouvaient protéger de quelque chose, ça se saurait. Ne finassons pas, les institutions sont issues d’un pouvoir ou d’un rêve de pouvoir. »
Néanmoins, ces institutions, peu importe leurs travers, font encore une société, certes loin des canons de celle qui fonctionnait sous « les trente glorieuses » sous l’impulsion du Général de Gaulle, qui n’était pas parfaite non plus, mais qui dessinait une vision et un avenir entreprenant.
Mais en amont, l’Union Européenne s’est patiemment construite, en fait sous le régime de Vichy avec des figures comme Maurice Lagrange, dont je vous laisse parcourir son pédigrée avec Jean Monnet. Le prévu de l’abandon de souverainetés était déjà programmé pour un avènement d’une caste actuellement au pouvoir, une technostructure qui copule entre gens.
Le scénario est fléché : https://www.lecourrierdesstrateges.fr/ue-macron-valide-un-saut-federal-immediat-avec-5-autres-pays-par-elise-rochefort/
Donc en conclusion, la France est ni plus ni moins en train de disparaître dans un avachissement complet de sa population pour autre chose, peut-être un empire européen, mais très surestimé. Je reste persuadé que vis-à-vis de sociétés à bout de souffle de sociétal, il se prépare un avenir pas très gai en coulisses technocratiques : la servitude numérique, ou la guerre. Et c’est très proche dans notre calendrier d’humains.
Désolé pour la confusion de mon billet, d’autant que je suis de votre avis.
J’écris pour éclairé mon chemin, mon stylo est ma lueur, il n’arrive pas toujours à éclairer suffisamment le sujet pour que tout soit limpide. Est-ce une raison pour ne pas publier ? Non, au contraire, ce peut-être le début d’un partage.
Alors, la question que je pose est la suivante : la structure découle-t-elle de la volonté du peuple, ou le peuple est-il façonné par la volonté de la structure ?
Pour l’instant ce n’est pas clair dans ma tête, d’où le manque de clarté de l’exposé. Merci pour votre commentaire.
Les causes et les effets sont souvent contraires aux apparences.
“Alors, la question que je pose est la suivante : la structure découle-t-elle de la volonté du peuple, ou le peuple est-il façonné par la volonté de la structure ?”
Les deux mon général. Mais sous les Rois d’autrefois, le peuple se dessinait beaucoup plus par lui-même et savait se rebeller. Après l’épisode Napoléon, le peuple s’est encore insurgé en 1830 et en 1848. Mais la République, “Res Republica” ou la chose du peuple s’est travestie peu à peu en sachants pour la chose du peuple dont l’incarnation est évidente aujourd’hui.
Le dernier templier de la chose du peuple était probablement Charles De Gaulle. Ensuite, le socialisme sous faux drapeau de la défense de la chose du peuple a compromis tout le monde , l’élite et le peuple. Le résultat, nous l’avons sous les yeux.
Gardez votre plume Mr Dumas, elle a participe à nous sentir en vie vis à vis de la chose publique.
TU AS BIEN RAISON ET COMME UN DE TES LECTEURS TE LE DIT SURTOUT GARDES TA PLUME…..
Votre vision dans ce billet est intéressante, bien que pessimiste.
La crise révèle les caractères humains : certains destructeurs, maladroits ou opportunistes, d’autres constructifs, bienveillants ou héroïques.
Le danger reste que les circonstances favorisent souvent les comportements immédiats et opportunistes plutôt que les actions réfléchies et altruistes.
Les institutions ne sont pas foncièrement mauvaises, mais j’observe actuellement que leur fonctionnement réel favorise leur propre préservation plutôt que la protection des citoyens.
Oui, les institutions sont en échec. Sont-elles responsables de cet échec nous entraînant avec elles ? Ou en sommes-nous les responsables ?
le mauvais état de nos institutions étant alors une conséquence de notre propre dérive ? C’est la question.