L’inconfortable situation de la magistrature

Les magistrats sont pris entre deux obligations qui peuvent devenir contradictoires : la loi et leur intime conviction.

La loi est loin d’être parfaite. Elle est la résultante de l’opinion publique, de son interprétation par les hommes de l’Etat qui font la loi, des croyances et des habitudes. Evidemment aussi des intérêts de ceux qui sont au pouvoir.

Les imperfections de la loi peuvent prendre une telle ampleur que le serment des magistrats se trouve alors immoral. Ce fut le cas lorsque, en vertu de l’acte constitutionnel n°9 du 14 Août 1941, tous les magistrats de France, sauf Paul Didier, prêtèrent serment au Maréchal Pétain : « Je jure fidélité à la personne du chef de l’État. Je jure et promets de bien et honnêtement remplir mes fonctions, de garder religieusement le secret des délibérations et de me conduire en tout comme un digne et loyal magistrat. »

Leur intime conviction. Elle est faite de leur sensibilité, de leurs croyances personnelles, de l’analyse sociologique que permet leur situation stratégique, de leur humanité, de leur sens de l’ordre et de la tolérance, en un mot de leur intelligence.

C’est cette intime conviction qui a amené certains magistrats à résister aux lois de Vichy après avoir prêté serment, alors qu’au bout était la mort comme pour René Parodi.

Revenons sur terre, pour l’instant nous sommes près de l’absolu qui ne concerne que les minorités.

Plus prosaïquement, la grande majorité des magistrats ne se pose pas ces questions existentielles. Ils tentent simplement d’endiguer l’afflux des procédures générées par les presque cent mille avocats que compte notre pays, ils échappent rarement aux croyances qui polluent leur raisonnement, ils personnalisent leur jugement en fonction de la servilité ou de l’arrogance qu’ils pensent détecter chez le justiciable, en fait ils ne sont pas au niveau de la fonction.

S’ils l’étaient, la profession d’abord puis le corps social tout entier leur accorderaient-ils leur confiance ? Rien n’est moins sûr.

Face à tant de problématiques, le corps des magistrats revendique le privilège de ne pas être jugé lui-même, de l’impunité. Tout est dit.

Alors que faire ? Les chances de tomber sur le magistrat possédant toutes les qualités requises pour juger étant minimes, le mieux est de ne jamais aller devant un tribunal chercher la justice.

J’admets que je suis le contre-exemple de mes constats et de la théorie qui en découle, eh oui… c’est un peu contrariant, mais c’est ainsi.

Alors ? Doit-on se soumettre à des lois liberticides et suicidaires pour nous, mais aussi pour le pays tout entier ? Ou doit-on affronter l’humiliation suprême de la confirmation par le juge des ignominies dont nous sommes l’objet ?

Je parle évidemment tout particulièrement du délire législatif de la fiscalité, de son interprétation vicieuse par les inspecteurs fiscaux animés par le seul moteur du pillage alimenté par le carburant de l’opinion publique, puisque les politiques ont fait de cette opinion publique une masse d’assistés égalitaristes ne pouvant pas vivre autrement que par le vol d’autrui.

La réponse est non, nous ne devons pas nous soumettre.

Parce que ce n’est pas simplement chacun de nous que l’égalitarisme et sa folie fiscale mettent en danger, c’est toute notre société, notre avenir et celui de nos enfants qui sont aujourd’hui gravement exposés.

L’acte de résistance judiciaire est donc incontournable, il est le seul possible. Même si les chances de croiser un magistrat exceptionnel sont minimes acceptons l’idée qu’elles existent.

Bien à vous. H. Dumas

Henri Dumas

A propos Henri Dumas

Que les choses soient claires, je n'ai jamais triché fiscalement. Cela indiffère le fisc, qui considère que ses intérêts immédiats sont supérieurs à ceux de la survie de l'entreprise. C'est ainsi qu'il est capable de redresser et de tuer à partir de données relatives telles que des provisions, des évaluations de stock, des refus de déduction ou de récupération de TVA que le chef d'entreprise a pu gérer en toute bonne foi dans le cadre de ses responsabilités légitimes. De la sorte, alors qu'il est consentant vis à vis de l'impôt, respectueux des règles fiscales, l'entrepreneur peut se trouver, du fait de la cupidité du fisc, exposé lors d'un contrôle fiscal à des redressements qui, suivis des moyens de coercition démesurés du fisc, vont le paralyser, ruiner la confiance de ses partenaires et, finalement, le détruire.

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2 thoughts on “L’inconfortable situation de la magistrature

  1. Régis de Castelnau, est un avocat français et enseignant à l’Université Panthéon-Assas Paris II=
    Une justice politique outil principal de la répression. Régis de Castelnau – Charles Gave. Régis de Castelnau est l’invité de l’émission « Entre les lignes » animée par Charles Gave pour la sortie de son livre Une justice politique aux éditions de l’artilleur. La situation de notre pays est aujourd’hui à la fois étonnante et inquiétante sur le plan institutionnel. Les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, qui devraient être séparés, ne font plus qu’une véritable aberration anti-démocratique = Cliquez pour écouter : https://www.youtube.com/watch?v=sy2RNNMca5M
    Régis de Castelnau : Les coulisses de la justice, sa politisation et son mode de fonctionnement, cliquez pour écouter= https://www.youtube.com/watch?v=T2_R-LTplq8&fbclid=IwAR30ifbwX5vdQqeLZ6D-VdFcjleyG5n_O2v1cOs4r98BBt3hOmS8tTiGWek

    1. « Il y a deux histoires en France, l’une que l’on enseigne dans les médias et qui ment, l’autre que l’on tait parce qu’elle recèle l’inavouable sur la justice ». Certains ne veulent pas lire et entendre la vérité par ce qu’ils ne veulent pas que leurs illusions se détruisent. Pour les mensonges il faut de la mémoire pour la vérité il faut du « COURAGE » !
      « La justice en FRANCE pour votre curiosité un peu d’histoire mais pas seulement » cliquez pour lire la suite : https://developpement-mental-semantique.com/rappel-historique-de-la-justice-en-france/

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