La délation peut se parer de termes plus séduisants tels que la dénonciation ou l’indignation. Mais force est de constater qu’elle n’est que l’écume de l’océan de l’humanité, tout en étant une spécificité exclusive de cette humanité et une fille incontrôlable du langage, qui définit l’homme.
La preuve en est rapportée par la trajectoire de Trump, délateur parmi les délateurs, qui fut un champion mondial de la délation dans ses nouveaux moyens d’expression que sont les réseaux sociaux.
Qu’a-t-il changé à la réalité ce champion de la délation ? Rien, absolument rien.
Les faits se déroulent inexorablement, quel que soit le vacarme de la délation.
Ainsi les Américains sont en faillite chronique dissimulée jusqu’à aujourd’hui par l’acceptation de la domination mondiale de leur organisation. Cette domination qui vit au détriment des autres est contestée, les Américains sont-ils en mesure de rétablir cette domination en justifiant son utilité à la face du monde, ou vont-ils s’enfoncer dans la jouissance de cette domination sans l’altruisme et les efforts qui la justifient ? C’est la seule question qui compte. Le verbiage délationniste de Trump ne peut avoir aucun effet sur cette situation.
Seule l’addition des réactions individuelles des Américains face à ce défi générera la solution.
La délation peut-elle aider à ces réactions ?
C’est là qu’au terme de mes indignations, dénonciations ou délations, à votre choix, face au fisc, je crois pouvoir vous dire que non.
Qu’au contraire elle exacerbe et fige les positions.
Dire que je regrette ce que j’ai dit et dis encore serait mentir. Ça m’a permis de tenir le coup face à tant d’ignominies, d’injustices et, finalement, de bêtises crasses. Mais cela n’a eu aucun impact sur l’évolution des choses.
Pas plus que Trump n’a eu prise sur la faillite en cours des États-Unis, je n’ai eu et n’aurai d’influence sur celle de Bercy ni sur les terribles dégâts qu’elle entraînera.
Car, en réalité, ce que dit le délateur, le lanceur d’alerte, tout le monde le sait, même quand tout le monde le cache.
C’est la relativité de nos verbiages, de tous les verbiages, ceux-ci comme les autres, en fait de la parole par rapport aux faits, à la vie, à l’univers.
Bien à vous. H. Dumas.
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