Il y a des jours, de plus en plus de jours, où l’homme me terrorise. Profondément, irréversiblement, jusqu’au dégoût, sans limite.
Je pense à la guerre actuelle en Ukraine. Jusqu’alors la guerre avait un front où s’échangeaient balles et obus, plus ou moins aveuglement. Nous avons tous vu ces serveurs de canons, qui engagent l’obus dans le fut, puis se bouchent les oreilles, tirent sur une corde, alors une fumée sort du canon et la munition va tomber quelque part, ils ne savent pas vraiment où ni comment. Certes ils s’en doutent, particulièrement quand ils reçoivent la même chose de la part du camp adverse, mais cela reste globalement anonyme.
Aujourd’hui rien de tel. Un probable gamin dirige, à partir d’un écran, un drone équipé d’une caméra. Il voit parfaitement l’environnement de ce drone. Il choisit sa cible et la tue. Juste il ne voit pas la mise à mort puisque le drone disparait lors de l’explosion.
Ce n’est donc pas tout à fait le coup de baïonnette qui tue, il manque quelques stimuli sensitifs, mais quand même.
Que ce passe-t-il dans la tête de « l’opérateur » quand il voit un bus ou un train et qu’il précipite son drone explosif dessus ? Que lui reste-t-il d’humanité après un tel geste ?
Cette question était déjà invasive dans le cadre de tortures morales ou physiques, mais bon elle se situait dans des espaces limités en temps et en lieu.
Evidemment le meurtre entre gangs de trafiquants, en famille, entre amis est révoltant. Le pillage, le cambriolage, l’agression sexuelle, l’erreur judiciaire, la dépossession fiscale indue, tout cela désespère, mais on se dit que c’est réversible, qu’avec un peu de courage, d’organisation et de persuasion on pourra faire cesser ces violences.
Mais, quand on assiste à l’évolution de la guerre en Ukraine, quand on voit que tous les pays, au lieu d’aller éradiquer les deux antagonistes pour crime contre l’humanité, essaient au plus vite de s’équiper des mêmes outils, ne doutent donc pas d’être capables d’en faire autant, alors là…. misère.
Il n’y a donc pas de solution. Tous ces pervers qui, pour quelque raison que ce soit, sont prêts à piller, à violer, à torturer, à tuer, sont la norme. Il suffit qu’ils s’entichent d’une croyance, n’importe laquelle : la nation, la race, le clocher, l’égalitarisme ; d’une pulsion : la haine, la jalousie, la prétention, l’ordre ; alors ils succombent à leur âme profonde : la violence, le sadisme, l’instinct de mort, le pouvoir absolu, la négation de l’autre.
C’est désespérant.
Alors que la vie peut-être enthousiasmante. Construire, améliorer, repousser les limites, rêver du meilleur, sans limite, c’est possible.
Ou plutôt, pourquoi n’est-ce plus possible ? Pourquoi faut-il que les démolisseurs imposent leur vision et leurs délires, qui plus est en prétendant qu’à ne pas suivre leur ligne nous serions appelés à disparaître ?
L’histoire, s’il en reste une, trouvera-t-elle l’explication à cet immense dérangement ?
Bien à vous. H. Dumas
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« Pourquoi faut-il que les démolisseurs imposent leur vision et leurs délires, qui plus est en prétendant qu’à ne pas suivre leur ligne nous serions appelés à disparaître ? »
Il y a derrière cela, chez les démolisseurs, une vision “Schumpeterienne” : la destruction créatrice. Mais il s’agit ici d’un point de vue de l’agresseur vis-à-vis de la cible, car en fait la valeur ajoutée n’est pas forcément au rendez-vous pour l’un et l’autre, mais surtout en général pour la cible qui ne peut se défendre. Il devient alors pour cette dernière une destruction pure et simple ou une soumission. Est-ce naturel ? Oui et non. Dame Nature trouve toujours son chemin pour nous faire évoluer selon un état d’équilibre à trouver et établir entre le prédateur et la proie, de toute façon dans l’instinct de survie, peu importe finalement les moyens.
Alors vous allez me dire, oui mais : émotions, rationalité, histoire, ne comprenons-nous rien ? Oui et non encore ! Nous savons mais nous faisons malgré tout. Les seules choses que nous ne connaissons pas encore, ce sont nos limites. Mais ce qui est finalement intéressant est que la Terre est juste un terrain et rien d’autre. Ce n’est juste qu’un véhicule spatial où nous ne sommes pas aux commandes. Nous pouvons le saborder, en surface, mais il sera là encore pour quelques temps.
“La Guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent, mais ne se massacrent pas”. Paul Valery
L’acharnement de Poutine à vouloir faire plier l’Ukraine fait basculer cette guerre dans la guerre terroriste et inéluctablement les 2 belligérants vont y recourir … comme entre 1940 et 1945.
M. Dumas,
Vous en faites pas : comme il est dit dans le film Lucy, on ne meurt jamais vraiment.
Une connaissance m’avait dit un jour : être tué par quelqu’un…
Si on y regarde bien, ce n’est pas si terrible, ce n’est qu’un moyen de partir avant lui.